
Selon une enquête du New York Times, les États-Unis voient émerger une nouvelle série de procès : des entreprises accusent les intelligences artificielles de leur avoir causé des torts bien réels en inventant des affirmations totalement fausses.

En mars 2025, la société Wolf River Electric, installateur de panneaux solaires dans le Minnesota, a porté plainte contre Google. Motif : l'IA Gemini affirmaient — à tort — qu’elle faisait l’objet d’un procès pour pratiques douteuses. En tapant le nom de l’entreprise dans Google, les clients tombaient sur ces fausses informations. Conséquences : une réputation écornée, des annulations de contrats en série, des centaines de milliers de dollars de pertes, et une entreprise à deux doigts du dépôt de bilan.
Quelle mouche a piqué Gemini ? On ne le saura sans doute jamais mais les hallucinations de l'intelligence virtuelle se traduisent par des conséquences bien tangibles dans le monde réel.
Comment accuser une machine ?
Ces plaintes posent une question inédite : peut-on parler de diffamation quand aucun humain n’a écrit le propos incriminé ? Dans le droit américain, pour obtenir gain de cause, il faut prouver une intention de nuire ou au minimum une négligence. Mais comment démontrer l’« état d’esprit »… d’un algorithme ?
Résultat : des procès sont rejetés. Un autre, assez similaire, visant OpenAI pour des propos inventés par ChatGPT, a été abandonné faute de base juridique suffisamment solide.
Les géants préfèrent payer en silence
Selon le New York Times, les grandes plateformes redoutent que ce tout un jugement défavorable à leur encontre ne fasse jurisprudence. Dans un autre cas, un influenceur aurait poursuivi Meta pour une information complètement fausse produite par un outil d’IA. L’entreprise aurait conclu un accord confidentiel pour éviter que l’affaire n’aille trop loin.
En clair : mieux vaut sortir discrètement le chéquier que risquer un précédent explosif.
Bientôt en Europe ?
Dans les années 2010, des professionnels avaient porté plainte contre le moteur de recherche Google pour diffusion d'informations préjudiciables à leur encontre. Google n'a jamais été condamné à ce jour (certaines sont encore en suspens).
Ces affaires concernant les hallucinations de l'intelligence artificielle, pour l'instant exclusivement américaines, toucheront-elles prochainement l'Europe ?
🎧 Cette actualité est tirée de L'Hebdo du 15/11/25
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