
Le géant américain Qualcomm se positionne au cœur de la voiture de demain en annonçant trois partenariats stratégiques majeurs à l’occasion du CES 2026. Avec le constructeur chinois Leapmotor, avec Google pour l’IA embarquée et le cloud, et avec l’équipementier ZF pour l’assistance avancée à la conduite.

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Derrière une grande partie des objets technologiques du quotidien se cache le nom Qualcomm. Spécialiste mondial des puces électroniques et des plates-formes de calcul, le groupe américain conçoit les composants qui font fonctionner smartphones, montres connectées, écouteurs sans fil, PC, objets connectés et aussi les voitures.
Si son logo est rarement visible pour le grand public, ses technologies sont omniprésentes, au cœur des appareils que nous utilisons chaque jour. Avec ses puces Snapdragon, Qualcomm s’est imposé comme un acteur clé de l’écosystème numérique, capable de combiner puissance de calcul, connectivité, intelligence artificielle et efficacité énergétique à très grande échelle.
Leapmotor et Qualcomm : un cerveau central pour la voiture de demain
Qui a dit que les Américains et les Chinois ne pouvaient pas collaborer dans le domaine des technologies automobiles ? Première mondiale pour le constructeur chinois Leapmotor, son futur modèle phare, le D19, sera le premier véhicule de série à embarquer deux plates-formes Snapdragon Automotive Elite. Une architecture inédite qui marque un tournant dans la conception électronique des voitures.
Concrètement, Qualcomm et Leapmotor ont développé un contrôleur central capable de regrouper dans un seul système des fonctions jusqu’ici séparées : le cockpit numérique (écrans, multimédia, interfaces), les aides à la conduite des véhicules (ADAS) très gourmande en puissance de calcul, les commandes de carrosserie (climatisation, éclairage, portes) et la connectivité du véhicule.
Cette approche permet de réduire fortement la complexité électronique, le nombre de calculateurs embarqués et les coûts de développement, tout en améliorant les performances globales.
Le système peut faire fonctionner simultanément plusieurs modèles d’IA avancés. Un grand modèle multimodal pour le cockpit et un autre dédié à l’aide à la conduite. À la clé, des interfaces plus réactives et selon Qualcomm, une architecture prête à accueillir les futures applications d’IA agentique.
Qualcomm et Google : l’IA embarquée connectée au cloud
Autre annonce clé du CES, c’est l’extension du partenariat entre Qualcomm et Google, déjà à l’œuvre depuis plus de dix ans avec Android Automotive, l’interface logiciel entre les smartphone Android et la voiture.
Les deux entreprises souhaitent accélérer le développement des véhicules définis par logiciel en combinant la puissance des puces Snapdragon avec l’IA de Google, notamment Gemini. L’objectif est de faire fonctionner de concert des modèles d’IA embarqués et des modèles hébergés dans le cloud, afin d’offrir des expériences plus personnalisées.

« Alors que l’industrie automobile évolue rapidement vers un avenir défini par le logiciel et alimenté par l’IA, cette collaboration nous permet d’intégrer nos logiciels et capacités d’IA au matériel de base de Qualcomm Technologies » à explique Patrick Brady, vice-président de l’ingénierie chez Google.
Cette approche ouvre la voie à des assistants vocaux plus intelligents, capables d’anticiper les besoins du conducteur, tout en simplifiant le travail des constructeurs grâce à une plate-forme de référence unifiée, alignée sur Android Automotive OS à partir d’Android 17.
Qualcomm introduit également les Snapdragon vSoC sur Google Cloud. Des puces virtuelles permettant aux constructeurs de développer, tester et valider leurs logiciels automobiles directement dans le cloud, sans attendre le matériel final. Un gain de temps et de coûts significatif.
ZF et Qualcomm misent sur une intelligence embarquée évolutive
Dernier pilier de cette offensive, c’est la collaboration entre Qualcomm et ZF, l’un des plus grands équipementiers automobiles mondiaux, basé en Allemagne. ZF ne fabrique pas de voitures, mais fournit des systèmes clés à de nombreux constructeurs (Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz, Stellantis…).

Les deux groupes travaillent ensemble sur les ADAS (Advanced Driver Assistance Systems), ou les systèmes d'aides à la conduite des véhicules. Ces technologies visent à assister le conducteur via des fonctions comme le freinage automatique d’urgence, le maintien dans la voie, l’alerte anticollision ou encore l’aide au stationnement. Les ADAS constituent également la base des systèmes de conduite automatisée de niveaux 1, 2 et 3.
Qualcomm fournit sa plate-forme Snapdragon Ride, intégrée au nouveau superordinateur ZF ProAI. ZF apporte ses briques logicielles ADAS (sécurité, confort, stationnement), tandis que Snapdragon Ride Pilot assure la perception par caméra, la fusion des capteurs et la prise de décision en temps réel.
Le système peut agir comme calculateur ou contrôleur central, avec une puissance allant jusqu’à 1 500 TOPS, soit l’équivalent d’un supercalculateur embarqué capable de traiter 1 500 000 milliards d’opérations par seconde dans sa configuration la plus avancée.
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