📰 Actu - Google échappe au démantèlement, mais à quel prix ?
Maison Connectée04 septembre 202505:00

📰 Actu - Google échappe au démantèlement, mais à quel prix ?

Le verdict est tombé à Washington : Google conservera son intégrité. Le juge fédéral Amit Mehta, chargé du procès antitrust historique engagé contre la firme en 2020, a décidé de ne pas imposer le démantèlement du géant technologique.

⚖️ Une décision judiciaire très attendue

Le juge fédéral américain Amit Mehta a tranché : Google n’aura pas à se séparer de Chrome, ni d’Android. Une décision prise au nom de la stabilité économique, malgré la reconnaissance d’un abus de position dominante. La justice américaine a préféré éviter un scénario de démantèlement qui aurait pu provoquer un déséquilibre dans l’écosystème numérique mondial.


🤝 Des partenaires rassurés

Cette issue favorable permet à Google de maintenir ses accords stratégiques avec Apple, Samsung ou Mozilla, auxquels il verse des milliards chaque année pour rester le moteur de recherche par défaut. Ces partenariats, essentiels pour l’équilibre économique du secteur, auraient pu être remis en cause en cas de mesures plus radicales. Sans surprise, les marchés ont réagi positivement à l’annonce du verdict.


🔓 Une ouverture forcée à la concurrence

En contrepartie, Google devra partager certaines données clés — comme son index de recherche ou les requêtes utilisateurs — avec ses concurrents, notamment Bing et DuckDuckGo. Les contrats d’exclusivité seront interdits, ouvrant la voie à une concurrence plus visible sur les appareils et navigateurs. Une décision qui pourrait favoriser l’innovation, diversifier l’offre publicitaire et donner plus de choix aux utilisateurs.

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Jérôme Colombain: [0:01] Google a sauvé sa peau, ça fait bizarre de dire ça en parlant de Google. Google le géant, le mastodonte, l'invincible, on n'imaginait même pas qu'il puisse être en danger. Et pourtant, la décision de justice qui vient d'être rendue aux Etats-Unis fait réaliser que les dirigeants de la firme américaine ont dû avoir quelques nuits agitées ces derniers temps. Habillage: [0:20] Alors aujourd'hui, ils peuvent souffler. Jérôme Colombain: [0:21] Non, Google ne sera pas démembré. Google n'aura pas besoin de céder Chrome ni Android. Oui, c'est la décision rendue le 2 septembre 2025 par le juge fédéral de Washington, Amit Mehta, dans un procès qui dure depuis un an. Puisqu'en 2024, ce juge avait écrit « Google est un monopole et il a agi comme tel pour maintenir son monopole ». Mais un an après, l'accusation demeure. Toutefois, la sanction est moins lourde que prévu. Le juge a décidé d'appliquer des sanctions avec humilité. Il semble en effet que celui-ci est considéré que forcer Google à se séparer du navigateur Chrome, notamment au prétexte du respect de la concurrence, serait de nature à sérieusement ébranler le marché. Car derrière Chrome, le navigateur, il y a l'accès au moteur de recherche Google, la machine à cache du géant américain, qui continue de tourner et de faire tourner Google à plein régime grâce à la publicité, malgré les bouleversements dus notamment à l'arrivée de l'intelligence artificielle dans la recherche. Un démantèlement aurait certes ouvert la voie à plus de concurrence. Habillage: [1:26] Mais au prix d'un risque immédiat de chaos technologique et économique. Jérôme Colombain: [1:31] Baisse probable de la qualité, désorganisation des marchés publicitaires, fragilisation de certains services. Habillage: [1:38] Car c'est tout un écosystème en réalité qui fonctionne autour de Google. Et c'est sans doute ce que le juge a voulu éviter. Jérôme Colombain: [1:45] Alors cette décision fait aussi des vainqueurs, Car Google va pouvoir continuer à payer des fortunes, notamment à Apple, 20 milliards de dollars par an, mais aussi à Samsung, encore à Mozilla, éditeur du navigateur Firefox, pour être le moteur de recherche par défaut dans les écosystèmes de ses acteurs. Donc, ses partenaires de Google, aujourd'hui, respirent. Le petit chèque annuel de Google à Apple représenterait quand même 15 à 20% du bénéfice net de la firme de Tim Cook. Donc, on comprend pourquoi les actions de Google et d'Apple ont subitement grimpé Jérôme Colombain: [2:19] à l'annonce du verdict, marquant ainsi la satisfaction des investisseurs. Habillage: [2:24] Mais la décision de justice américaine n'est cependant pas un blanc-seing autorisant Google à continuer joyeusement comme avant. Jérôme Colombain: [2:30] Non, même s'il n'est donc pas obligé de se séparer de Chrome ni d'Android, il va devoir mettre de l'eau dans son vin. Et notamment, Google va devoir partager certaines données, des informations sur les requêtes de recherche ainsi que son index. Habillage: [2:45] Avec des concurrents comme Bing ou DuckDuckGo. Jérôme Colombain: [2:48] Et puis, il sera également interdit de signer des contrats exclusifs empêchant l'installation d'autres moteurs de recherche sur les appareils ou les navigateurs. Donc, il peut continuer à s'imposer. Habillage: [2:59] Mais pas à bloquer les concurrents et même à partager ses trésors de guerre. Ce n'est pas innocent et ce ne sera sans doute pas indolore. Jérôme Colombain: [3:08] Concrètement, qu'est-ce que ça pourrait changer pour les utilisateurs ? Eh bien, plus de concurrence dans les moteurs de recherche. Habillage: [3:13] Certes. Jérôme Colombain: [3:13] On a cité Bing, DuckDuckGo ou d'autres aussi, qui pourraient devenir plus performants et aussi plus visibles grâce à ces données partagées. Habillage: [3:22] Pour l'utilisateur, encore plus de choix à l'installation. Jérôme Colombain: [3:25] On pourra peut-être plus facilement installer, activer d'autres moteurs sur son navigateur, sur son smartphone, là où Google était imposé. Habillage: [3:32] Et cela présentera surtout peut-être plus d'intérêt. Jérôme Colombain: [3:36] Un effet indirect sur la publicité, avec une diversification possible des fournisseurs via la montée de rivaux. et puis un impact sur les publicités ciblées et puis à moyen ou long terme peut-être davantage d'innovation grâce à l'arrivée de nouveaux acteurs, Jérôme Colombain: [3:51] toujours grâce à ce partage de données. C'est donc une décision qui sauve les meubles mais qui pourrait quand même changer pas mal de choses pour le business de Google. On comprend alors pourquoi la firme ne renonce pas pour autant à faire appel de la décision initiale qui qualifie sa position commerciale de dominante et hégémonique. Pas question d'en rester là, selon la direction de Google. Habillage: [4:12] A noter que sur le plan politique. Jérôme Colombain: [4:14] C'est un revers pour l'administration Trump qui avait engagé les poursuites Jérôme Colombain: [4:18] en 2020 et aussi pour celle de Joe Biden qui avait poursuivi ce procès. Habillage: [4:23] Alors que faut-il en retenir ? Jérôme Colombain: [4:24] Eh bien, comme Microsoft, il y a 25 ans, Google sauve sa tête et son intégrité. Faut-il y voir une nouvelle preuve de la toute-puissance des GAFAM que l'on n'ose même plus déranger. Habillage: [4:34] De peur d'ébranler le marché ? Ou au contraire, tout simplement. Jérôme Colombain: [4:37] La stricte application du grand principe américain de respect de la concurrence ? En tout cas, Google va pouvoir reprendre son business presque as usual en se concentrant maintenant sur la prochaine étape, c'est-à-dire l'intelligence artificielle.
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