🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Assistants IA : que nous préparent Apple et OpenAI ?
Monde Numérique26 janvier 202626:26

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Assistants IA : que nous préparent Apple et OpenAI ?

Entre rumeurs crédibles, stratégies industrielles et enjeux de souveraineté, le Debrief Transat fait le point sur l’actualité tech de part et d’autre de l’Atlantique. Apple, OpenAI, publicité dans ChatGPT et télécoms européens : une semaine dense, décryptée sans filtre.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Apple et OpenAI à la recherche du nouvel objet IA

Apple travaillerait sur un nouvel appareil dopé à l’intelligence artificielle, une sorte de badge ou d’objet à porter sur soi, intégrant caméra et micro, selon des informations relayées notamment par Bloomberg et The Information. Rien d’officiel à ce stade, mais ce projet s’inscrirait dans une tendance lourde : trouver une nouvelle interface pour dialoguer avec les agents conversationnels, au-delà du smartphone.
En parallèle, OpenAI avance aussi sur un produit matériel, développé avec Jonathan Ive, l’ex-designer d’Apple. Un objet sans écran, encore mystérieux, qui pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année et illustrer la course au “nouveau Graal” de l’IA grand public.

IA physique, lunettes connectées et vie privée

Lunettes intelligentes, écouteurs autonomes, badges ou objets de bureau : les pistes se multiplient pour intégrer l’IA dans le quotidien. Meta, Google et d’autres acteurs explorent déjà ces usages, avec une question centrale : la contextualisation par la caméra.
Mais cette évolution soulève aussi des inquiétudes majeures sur le respect de la vie privée. Des dispositifs toujours plus discrets pourraient banaliser la captation d’images et de données, relançant un débat déjà sensible autour de la surveillance et du consentement.

La publicité arrive dans ChatGPT

ChatGPT va intégrer de la publicité, d’abord aux États-Unis, puis progressivement ailleurs. Selon OpenAI, ces annonces seront clairement identifiées et réservées aux utilisateurs des versions gratuites ou intermédiaires.
L’objectif est clair : diversifier les sources de revenus pour compenser les coûts colossaux de fonctionnement. Pour autant, la publicité seule ne suffira pas à équilibrer le modèle économique, d’où la multiplication des offres payantes, des services spécialisés et des projets matériels.

L’Europe veut se passer des équipementiers télécoms chinois

L’Union européenne envisage d’exclure progressivement les équipementiers chinois des réseaux télécoms, notamment dans la 5G. Sont principalement visés Huawei et ZTE, leaders technologiques du secteur mais jugés sensibles sur le plan géopolitique.
Si certains pays, comme la France, ont déjà réduit leur dépendance, d’autres restent fortement équipés. Le remplacement de ces infrastructures poserait un défi financier majeur, estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros, au nom de la souveraineté numérique et de la sécurité des données.

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Jérôme : [0:06] Salut, Bruno, à Montréal. Bruno : [0:08] Salut, Jérôme, à Paris. Jérôme : [0:10] Ravi de te retrouver, comme chaque semaine, pour ce débrief transatlantique entre ton carnet et monde numérique. Bruno : [0:16] Il faut que je te raconte, Jérôme. Jérôme : [0:17] Oui. Bruno : [0:18] J'ai eu cette semaine une très belle conversation épistolaire avec un auditeur belge. Jérôme : [0:24] Oui. Bruno : [0:25] Et qui adore ce qu'on fait. Jérôme : [0:27] Eh bien, on le salue. Bruno : [0:28] Lui, il a cessé d'écouter mon carnet et mon numérique, et il va chercher uniquement le débrief. Jérôme : [0:33] Oh, mon Dieu. Bon, alors il faut que... Bruno : [0:35] Moi, c'est de la catastrophe. Je ne sais plus où donner. Jérôme : [0:36] C'est pareil. Bruno : [0:38] Mais je te salue de sa part. Jérôme : [0:39] Si le débrief transat prend le pas sur nos émissions respectives, où va-t-on ? Bruno : [0:44] En tout cas, on salue les gens qui nous écoutent. Jérôme : [0:47] Cette semaine, il faut qu'on parle de cette info qui n'en est pas encore tout à fait une. C'est encore un peu une rumeur, mais c'est quand même sorti dans des médias de qualité, je crois. Bruno : [1:00] Bloomberg et The Information. Jérôme : [1:02] Exactement. Bruno : [1:03] Et mon carnet. Jérôme : [1:04] Et ton carnet. Oui, c'est vrai. Bruno : [1:06] J'attendais que tu le dises. Jérôme : [1:09] Donc, Apple aurait l'intention de créer une nouvelle race d'appareils. Il aurait l'intention d'aller un peu sur les traces de ce qui a déjà été un petit peu fait, de fabriquer une espèce de, on ne sait même pas comment on peut appeler ça, de badge, de petit appareil connecté à porter sur soi, sur ses vêtements, boosté à l'intelligence artificielle, c'est ça? Bruno : [1:31] En France, on parlerait de pins. Jérôme : [1:34] Et au Québec on pourrait. Bruno : [1:37] Parler de brochettes de broches. Jérôme : [1:40] Ou des paillettes un badge une broche etc bref alors qu'est-ce que c'est que cette histoire-là est-ce qu'il faut prendre ça au sérieux d'après toi. Bruno : [1:48] Oui, il faut prendre ces choses-là au sérieux. Il y a deux pans sur lesquels Apple est en train de travailler au niveau de son IA, avec évidemment les gens de Google. Donc, c'est à la fois la nouvelle version de Siri qui va vraiment devenir un agent conversationnel, comme vous l'avez avec Gemini, Copilot et ChatGPT. Jérôme : [2:09] Merci Google. Bruno : [2:10] Ça, c'est une chose. Et donc, ça, c'est une chose. L'autre chose dont tu parlais, ça, c'est The Information, je pense, qui l'a sorti. Et l'idée là-dedans, c'est qu'ils sont en train de travailler, les gens de Apple, sur un petit appareil, mais on ne sait pas ce que c'est, qui contiendrait une caméra, un micro, qui serait directement connecté à l'IA de Apple. Parce qu'on parle encore d'Apple Intelligence, il faudra voir. Et tout ça permet donc d'avoir une interface qui n'est pas uniquement vocale. Et de pouvoir communiquer, de partager ce qu'on voit avec cet appareil-là pour obtenir de l'information. Mais comme tu disais, et je trouve que tu es passé trop rapidement là-dessus, ça s'est déjà fait. Toi-même, il y a deux ans, tu étais tombé à la renverse devant un petit appareil qui s'appelle le Rabbit. Jérôme : [3:04] Le AIP, oui, bien sûr. Bruno : [3:08] Mais donc, c'est ça. Alors, c'est quelque chose qu'on connaît déjà, qu'on a déjà vu. Et je ne m'explique pas encore pourquoi ils vont le faire. Mais sachant que c'est Apple qui le fait, comme avec d'autres produits, bien, ça a des bonnes chances de fonctionner. Jérôme : [3:19] Oui. Alors, deux choses, si tu peux me permettre. D'abord, OK, peut-être que l'info est donnée par des médias sérieux, mais il n'y a encore rien d'officiel. Donc, on peut quand même, on est quand même encore en droit un petit peu de douter. Bruno : [3:33] Est-ce que tu penses au Apple Car ? Jérôme : [3:35] Oui, bien sûr. Non, mais tu sais très bien que parfois, il y a des choses comme ça. Ça peut être juste un projet parmi d'autres et puis une fuite organisée ou pas. Ça peut être un brevet qui est déposé, mais qui est juste pour verrouiller quelque chose et qui ne sera absolument pas suivi des faits. Donc, on n'a aucune certitude pour l'instant. Maintenant, à l'inverse, si c'est un projet sérieux, pourquoi pas ? Et ça montrerait que finalement... toutes les boîtes de tech aujourd'hui, tous les gérants de la tech, notamment qui font de l'IA. Jérôme : [4:10] Cherchent un petit peu le nouveau Graal, le nouveau joujou qui nous permettra d'interagir avec les assistants d'intelligence artificielle. Parce que, on peut rapprocher ça d'une autre info et d'une autre fuite récemment, c'est OpenAI. OpenAI également a un projet très concret, celui-là, ils l'ont annoncé, puisque c'est avec Jonathan Ive, l'ancien designer d'Apple, OpenAI a racheté la start-up de Jonathan Ive pour fabriquer un produit mystère, pareil, qui sortira. Et alors ça, c'est la nouveauté qui devrait sortir à la fin de l'année. C'est une indiscrétion d'un administrateur, un directeur juridique d'OpenAI qui s'est confié à un journaliste à Davos et qui a juste dit que oui, oui, ça allait sortir à la fin de l'année. Mais on n'en sait pas plus. On parle donc d'un appareil sans écran, etc. Mais ça voudrait dire que finalement, tout le monde cherche un petit peu quel sera le produit connecté demain. Bruno : [5:09] Oui, le prochain point d'accès à l'IA. Il y a déjà Meta, déjà, qui fait bien avec ses lunettes. Et c'est eux un peu qui, aujourd'hui, mènent la cadence. Bien qu'il y en a d'autres qui ont essayé de faire des choses. Jérôme : [5:23] Google promet des lunettes également. Google promet des lunettes connectées, un peu comme celle de méta. Bruno : [5:29] Donc, j'ai hâte de voir. Écoute, d'ici un an, on le saura. Jérôme : [5:34] On devrait savoir des choses. Alors, oui, qu'est-ce que ce sera? On parle d'un badge, mais on n'a aucune preuve. Et notamment, pour OpenAI, on ne sait pas. On parle aussi de lunettes connectées éventuellement. On parle possiblement, pourquoi pas, d'un stylo. une espèce de stylo connecté qu'on mettrait dans sa poche moi je croirais plutôt, et c'est ce que j'ai eu l'occasion de dire pas plus tard qu'hier soir sur le plateau de notre camarade François Sorel BFM Business, je pencherais plutôt pour des écouteurs, Je pense que les écouteurs, c'est une bonne interface. Les écouteurs connectés, comme les Airpods aujourd'hui, c'est une bonne interface. Alors, François me disait, oui, mais qu'est-ce que ça va apporter de plus que ce qu'on a aujourd'hui ? Tu prends une paire d'écouteurs connectés à ton smartphone. Peut-être l'autonomie, c'est-à-dire que tu puisses utiliser ça sans smartphone. Mais alors, techniquement, ça paraît un peu compliqué, effectivement, d'avoir une grosse batterie, de la 5G, etc. Je ne sais pas. Écoute, on verra. Bruno : [6:35] Mais tu fais bien de le mentionner comme ça parce qu'effectivement, aujourd'hui, on est en janvier 2026 et depuis, je peux dire quoi, un an, un an et demi, il est possible d'avoir justement cette expérience d'IA sans fil. si vous avez un iPhone ou si vous avez un Android. Bruno : [6:54] Vous vous branchez des écouteurs, que ce soit un casque fermé d'une marque ou que ce soit des casques oreillettes qui viennent avec les téléphones, vous pouvez être en contact comme ça puis accéder aux agents IA en mode vocal. Donc, ça, ça existe. Et là, on parle carrément de quelque chose où on rajouterait, et ça, c'est important, une caméra pour qu'elle puisse contextualiser l'information. Et je pense que c'est là où ça commence à bouger, à changer, un peu comme les fameuses Ray-Ban de méta permettent d'avoir une contextualisation du service. Mais encore là, si on utilise, bien là, c'est plus avec les Android parce qu'avec quoi que ChatGPT sur iOS fonctionne aussi, si on prend un agent conversationnel sur notre téléphone et qu'on pointe la caméra de notre téléphone sur quelque chose, il va nous expliquer. Il va nous aider à changer quelque chose. Je pense que même ça peut-être déjà arriver de demander comment changer quelque chose en lui montrant. Donc, ça, c'est déjà disponible. Mais là, ce qui est intéressant, c'est de voir quelle sera l'interface, quel sera l'objet, le nouvel objet, on présume, qui sera amené à la table pour dire, bien, voici maintenant, nous, l'offre qu'on vous propose, c'est d'utiliser tel objet. pour mettre sur vous et pour accéder à tout ça. Jérôme : [8:13] Mais bon, autant Apple a un smartphone, autant OpenAI n'a pas de smartphone. Donc, il a besoin d'une interface, il a besoin d'un produit. Bruno : [8:22] Et c'est ça la différence entre les deux. Eux, ils ont besoin de quelque chose. Jérôme : [8:25] Et en même temps. Bruno : [8:26] Idéalement pour faire rentrer des revenus aussi. Jérôme : [8:28] Voilà, et on rejoint un peu d'ailleurs, finalement, cette idée qui était dans l'air au CES de Las Vegas, cette idée d'IA physique, de l'IA déportée, qui sort un peu de l'ordinateur, a fortiori qui s'éloigne du data center, et de l'IA qu'on porte sur soi dans un appareil, quel qu'il soit. Cela dit, les lunettes, la caméra et tout, moi je veux bien, mais il va bien falloir ouvrir le dossier un jour ou l'autre, ça va commencer à poser un gros problème de respect de la vie privée. C'était déjà tellement facile de filmer les gens avec un smartphone, Mais là, avec les lunettes, ça devient encore plus facile. Bruno : [9:07] Oui, on imagine avec une broche, ça semble encore plus innocent. Jérôme : [9:11] Oui. Bruno : [9:11] Parce qu'on ne le voit pas directement dans ton visage et il est déporté sur ta poitrine. Tout à fait. Oui. Ah non, ça va être intéressant. Mais tu sais, quand on parle de l'IA sur des objets, moi, c'est ce qui fait que j'ai beaucoup d'espoir dans le petit avatar. On en avait parlé au débrief qu'on a fait dans ta chambre d'hôtel à Vegas, du petit Razor, l'avatar qui va venir dans une colonne et qui va se déposer sur votre bureau, sur votre meuble préféré et avec lequel vous allez pouvoir avoir une relation. parce qu'il a une caméra, parce qu'il a un micro. Et donc, je ne veux pas dire qu'on dématérialise, mais ça ne se passe plus sur un téléphone, ça ne se passe plus sur une montre, ça ne se passe plus sur un ordinateur. C'est un objet qui est là, qui fait partie de votre quotidien, à qui vous vous adressez, et lui, il voit votre quotidien et est capable de s'adapter en fonction de ça. Et ça, je trouve qu'au niveau de l'expérience d'utilisation, ça, ça va être assez novateur. Maintenant, ça va être de voir la réaction des gens quant à l'arrivée d'un outil comme ça. J'ai l'impression que ça a des bonnes chances pour Razer d'avoir un succès. Jérôme : [10:23] Oui. Celui de Razer est très orienté jeu vidéo. Il est là pour assister les gamers pendant les parties, en regardant l'écran, etc. Oui, mais pas que. Bruno : [10:32] Parce qu'au départ, il est branché sur Grok. C'est là-dessus qu'ils l'ont développé. Mais il est agnostique. Razer, moi, m'a confirmé qu'on pourra le brancher sur l'IA qu'on utilise, que ce soit Claude, Copilote, du mini au tchat GPT ou à Apple quelque chose. On va pouvoir le faire. Donc, moi, je trouve que c'est quelque chose d'intéressant. Jérôme : [10:54] Écoute, c'est sans doute le e-pet de demain. On pourrait inventer ça comme mot. C'est pas mal, l'animal de compagnie numérique. Voilà. Rendez vos chiens et vos chats. Ne vous inquiétez pas, vous aurez bientôt un Jérôme : [11:09] assistant virtuel que vous pourrez garder sur vous. Bruno, tout autre chose, mais on va toujours parler d'IA. Chat GPT a fait pas mal de bruit en début de semaine en laissant entendre très clairement que ça y est, la publicité allait arriver dans Chat GPT. Alors à quoi ça va ressembler ce bazar-là ? Bruno : [11:28] Il est peur, tremblé. Jérôme : [11:29] Oh là là! Bruno : [11:30] Maintenant, la publicité arrive. Non, plus sérieusement, d'entrée de jeu, il faut dire clairement que selon les informations qui ont circulé et qui ont été publiées par les gens d'Open&Air, pour le moment, la publicité, elle va d'abord sortir aux États-Unis, puis après, elle va être déployée à travers le monde. Et la publicité va être vraiment bien identifiée. On n'est pas dans la publicité éditoriale. Ça ne va pas changer les réponses qu'ils vont vous donner à des questions. Mais évidemment, si vous demandez des suggestions, on va peut-être glisser cette information-là. Mais pour le moment, ça devrait être délimité à des bandeaux. On ne joue pas dans l'éditorial. Ça, c'est une chose. Deuxième chose, ça va affecter uniquement les utilisateurs de la version gratuite. Quelque part, c'est un peu normal parce que ça doit se payer. Si c'est gratuit, c'est que c'est vous le produit. Alors là, c'est vous qui allez regarder les publicités. Et puis, ça va aussi toucher à la nouvelle version qu'on vient de déployer, une version qui est disponible à 8 $ qui vous permet d'accéder à plus de temps d'utilisation et à plus de force, de puissance de réflexion et de traitement de données. Mais si vous payez 20 $, si vous payez 100 $ ou 200 $ pour votre farfait, là, vous ne serez pas touché par la publicité. Jérôme : [12:42] On n'aura pas de pub. Oui. Alors, en plus, ce sera probablement de la publicité ciblée, un minimum ciblée. Alors, ciblée de quelle manière par rapport aux requêtes qu'on fait? C'est-à-dire que, voilà, tu dis, tiens, aide-moi à choisir une machine à laver. Là, c'est un boulevard. Il va me proposer des pubs pour la machine à laver. Bruno : [12:59] Hé, mon Jérôme, ça tombe bien. Cette semaine, j'ai deux belles machines pour toi. Jérôme : [13:02] Voilà, exactement. Mais si je lui demande, je ne sais pas, n'importe quoi, aide-moi à faire mon business plan, qu'est-ce qui va me sortir, là? Bruno : [13:11] Ah, ben, là, je vais parler de publicité de KPMG ou Deloitte. Jérôme : [13:15] Ouais, c'est pas faux. Ouais, peut-être. Bon, enfin, ça fait un moment, de toute façon, qu'ils avaient dit que ça arriverait. Après, je pense qu'il y a une réalité derrière. C'est-à-dire que... D'après les analyses que j'ai vues passer, même ça, il n'est pas certain que ça parvienne à compenser les énormes, les énormes monstrueuses dépenses d'OpenAI. OpenAI a besoin d'argent, Sam Altman a besoin d'argent, il a réussi à en trouver, à trouver des milliards jusqu'à présent, avec ses tours de table multiples, mais ça lui coûte un pognon de dingue de faire tourner Tchadjipiti. et avant que la publicité lui permette véritablement de répondre à ces besoins-là, apparemment, ce n'est pas gagné quand même. Bruno : [14:04] Et c'est pour ça qu'il est en train de décliner toutes ces utilisations de cette puissance de calcul qu'est ChatGPT et les autres services pour justement arriver à amasser ces revenus-là parce qu'effectivement, ce n'est pas la publicité qui va venir régler leurs problèmes et c'est pour ça notamment, on en parlait il y a quelques secondes, de l'outil, le petit bidule qu'on va nous vendre pour utiliser ChatGPT, ça fait partie aussi des différents moyens qui sont là pour essayer d'arriver à nous attraper. Puis moi, je suis, j'ai l'impression que quand on est en train de parler de la déclinaison médicale de ChatGPT, avec l'onglet qui va apparaître, c'est d'abord aux États-Unis, mais après ça va être ailleurs. Moi, j'ai l'impression que ça aussi, à un moment donné, ça va être probablement des sources de revenus potentiels pour eux. Jérôme : [14:50] Oui, ça sera monétisable. Bruno : [14:51] Oui, alors c'est autant de possibilités. Et d'ailleurs, c'est le mandat, quand il a été cherché, la française qui est derrière là. qui est derrière le succès d'Instacart. C'est ça. L'idée là-dedans, c'est d'arriver à créer des produits qui peuvent ramener de l'argent à la maison. C'est son défi. Jérôme : [15:09] Tout à fait. Bruno : [15:09] Et on le voit dans les derniers mois, ça commence à produire dans sa division. Jérôme : [15:14] Oui, c'est la mission de Fidjissimo, effectivement, faire rentrer de l'argent. Voilà, voilà. De quoi on parle sinon, Bruno, cette semaine? Qu'est-ce qui a retenu ton attention? Bruno : [15:28] Écoute, est-ce que j'ai entendu parler que les Chinois seraient plus bienvenus en Europe? Jérôme : [15:33] Aïe, aïe, aïe. Dans les télécoms. Effectivement, c'est l'Union européenne qui veut bouter les Chinois hors d'Europe en matière de télécoms, c'est-à-dire la 5G, les réseaux au débit, etc. Bruno : [15:46] Non, on parle d'équipementiers, là. Jérôme : [15:47] Tout à fait. Principalement, voilà, c'est pas les Chinois, on ne fait pas de la xénophobie gratuite. C'est essentiellement les industriels Huawei et ZTE, qui sont par ailleurs des pointures du secteur, qui sont les leaders du secteur, qui fabriquent des équipements de très bonne qualité. Malheureusement, ce n'est pas pour des raisons de qualité, c'est plus pour des raisons diplomatiques. On craint en fait une perte de souveraineté, on craint des risques de piratage, d'interception de données et peut-être même si demain les relations se tendent entre l'Europe et la Chine, des moyens de pression, un petit peu comme on voit ce qui se passe avec les États-Unis où on commence même à trembler. Jérôme : [16:34] Par rapport aux Etats-Unis, où on craint qu'un jour, Donald Trump demande à Google ou à Microsoft de nous couper le robinet, donc on sera bien embêtés. Il pourrait le faire, mais il faut qu'il attende un peu, qu'on ait trouvé des moyens de substitution, ce qui n'est pas le cas. Bref, pour ce qui est des équipementiers chinois, et donc l'Union européenne souhaite que d'ici trois ans, eh bien, ce soit entièrement banni, entièrement interdit. Alors, il faut comprendre quelle est la situation aujourd'hui. En fait, si tu veux, par exemple, nous, en France, on a déjà commencé à faire ça. Il y a déjà eu une prise de conscience, il y a plusieurs années, et les grands opérateurs, Orange, etc., ont écarté les équipements chinois, et notamment de leur cœur de réseau, donc aux endroits les plus sensibles. Ils en utilisent un petit peu dans certains endroits, en périphérie, etc., mais beaucoup moins, et beaucoup moins que dans d'autres pays, parce qu'il y a certains pays d'Europe comme l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, les Pays-Bas, etc., où là, on est à plus de 50% d'équipements chinois. Et donc, c'est un problème parce que si véritablement ces pays, d'ici trois ans, doivent trouver une solution de substitution, il y a une équation financière très importante. On parle de 200 milliards d'euros pour compenser tout ça, donc ce n'est pas évident. Voilà pourquoi les Chinois vont être boutés hors d'Europe, en tout cas des télécoms. Bruno : [18:01] Je comprends très bien parce que nous, la discussion a eu lieu au Canada quand il y a eu la mise en place de la 5G. Il y avait énormément d'équipementiers qui étaient sur la ligne de départ pour offrir leur service. Et puis, rapidement, le gouvernement canadien a dit qu'on était…, Pas loin de l'époque où il y avait toute cette histoire de Huawei et la nièce du grand patron de Huawei qui était détenue à Vancouver. Et donc, les relations étaient vraiment froides entre la Chine et le Canada. Et on avait dit, bon, bien, tout ce qui est équipementier chinois, vous ne ferez pas partie du nouveau réseau qui sera déployé de 5G. Sauf que dans la 4G, ils sont encore présents. Et bon nombre de services canadiens dépendent encore dans certains coins de la 4G. Et ça passe par l'équipement de 5G. Jérôme : [18:44] Oui, mais alors, je crois que la 4G, c'est moins grave que pour la 5G. Parce que la 5G, c'est vraiment des réseaux intelligents, entre guillemets, qui sont pilotés par du software et où, quelque part, ils se retrouvent plus vulnérables, en tout cas, plus manipulables. On ne sait pas trop s'il n'y a pas une ligne de code cachée quelque part qui peut, effectivement, nous nuire à un moment ou à un autre. Donc, voilà, c'est un vrai problème. En plus, le problème, c'est que c'est des équipements de très bonne qualité, très performants et beaucoup moins chers. Donc, pour les opérateurs, c'est un vrai problème parce qu'ils ont choisi ça en comparant les solutions du marché. Bruno : [19:24] Par qualité égale à un produit moins cher, évidemment, tu es intéressé par ça. Jérôme : [19:28] Bien sûr, bien sûr. Et la puissance chinoise dans ce domaine, elle est énorme. Donc, encore faut-il avoir des solutions de substitution. Alors, nous, en Europe, on a de la chance parce qu'on a des équipementiers. On a Ericsson. Bruno : [19:39] Ericsson, notamment. Jérôme : [19:40] Oui, tout à fait. Et donc, alors, ça fera plaisir à Ericsson, cette décision, mais ça ne fait pas plaisir aux Chinois. Et rappelle-toi, le salon Mobile Congress de Barcelone, tous les ans, le stand Huawei est impressionnant. Ce n'est pas un stand, c'est un hall. C'est un hall entier où ils étalent tout leur savoir-faire. Et effectivement, ils sont à tous les échelons, en fait, des télécoms. Bruno : [20:06] Tu sais que, puisqu'on parle de la Chine, tu me permets de faire un petit peu d'actualité canadienne. Nous, notre relation, elle est au beau fixe avec la Chine, hein? Et puis, notre premier ministre, avant d'aller à Davos et de faire un merveilleux discours qui a épaté la planète, il était en terre chinoise. Jérôme : [20:24] Mais nous aussi, tout va bien. Mais notre président était en Chine il n'y a pas très longtemps. Je dirais que même les relations avec les Chinois sont meilleures qu'avec les Américains aujourd'hui. Bruno : [20:32] Avec les Américains. C'est fascinant. On a réussi cette discussion-là l'an dernier, et puis on n'aurait pas parlé de la même façon. Mais donc, c'est ça. Alors, c'est assez intéressant de voir à la fois la politique, comment c'est en train de changer, le positionnement industriel, comment il est en train de se poser. Mais de l'autre côté, il reste encore qu'il y a de la cybersécurité. On va mettre ça dans cette taille-là. Elle est encore affectée. Alors, c'est à suivre. Jérôme : [20:56] Et puis après, il y a les Américains qui en soument sont toujours là pour expliquer aux Européens que, surtout, il ne faut pas contribuer à la puissance de la Chine. Bruno : [21:08] Ils sont mal placés pour parler aux distances. On ne dira que ça. Jérôme : [21:13] Eh oui, mais on les aime, nos alliés et nos amis américains. Franchement, on les aime quand même par ailleurs. Jérôme : [21:18] Mais bon, là, ils nous donnent un peu des bâtons pour se faire battre. En ce moment. Bruno : [21:23] Bon, Jérôme, si je te faisais changer de sujet et que je te demandais de quoi tu parles cette semaine dans mon numérique. Jérôme : [21:30] Cette semaine dans Monde Numérique, je reviens un petit peu sur le CES de Las Vegas, les annonces. Bruno : [21:39] C'est déjà nostalgique. Jérôme : [21:40] Oui, je suis déjà nostalgique avec Patrice Dubois de Capgemini. On prend un peu de recul et on parle notamment d'intelligence artificielle et on parle aussi de programmation par intelligence artificielle. Et on parle du Vibe Coding qui, comme tu le sais, est mon nouveau dada puisque je n'arrive même plus à travailler tellement je suis happé par ce truc-là. C'est une vraie passion. Bruno : [22:01] Tellement que tu es devenu laveble. Jérôme : [22:02] Je suis devenu, voilà. Bruno : [22:04] Exactement. Jérôme : [22:05] Et donc, on parle de ça parce que ce n'est pas sans conséquences. Il y a quelles conséquences sur la manière de programmer des applications, sur l'avenir de la programmation informatique, sur l'avenir des développeurs, etc. Et puis sinon, en fait, je parle d'une chose dont je t'ai déjà dit un mot la semaine dernière, mais ce n'est pas bien parce que, en fait, je n'ai pas diffusé l'interview que j'avais annoncée la semaine dernière. Elle va passer cette semaine sur le plus gros supercalculateur européen que vient de s'offrir et qui est en train de s'offrir le CEA. Donc voilà, je te le resserre cette semaine. Bruno : [22:42] J'étais tellement déçue. Jérôme : [22:43] Eh oui, tu ne l'as pas entendu. Donc voilà, c'est cette semaine. Alice Rococq, super, le plus gros, l'ordinateur le plus puissant d'Europe, le supercalculateur le plus puissant d'Europe qui va être installé. Ce n'est pas pour tout de suite, c'est pour l'année prochaine, mais il est en construction actuellement. Et donc, je reçois le directeur du centre, le grand centre de calcul du CEA qui abrite les plus grands super ordinateurs de France et qui me parle de cette nouvelle machine absolument formidable qui fera près de 300 tonnes et qui permettra, on l'espère, de faire progresser la science dans des tas de domaines. Voilà. Bruno : [23:22] On vous remercie. Jérôme : [23:22] De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno ? Bruno : [23:25] Cette semaine, notamment, je porte des lumières sur Culture Mania, qui est une nouvelle destination ici au Québec pour les gens qui s'intéressent à la technologie. Ça vient d'ouvrir, ça fait environ une semaine que c'est en ligne. Ça propose des portraits de soulever des questions par rapport aux technologies. Évidemment, ça parle de culture, c'est dans le nom, Culture Mania. Mais il y a aussi une section qui est plus Future Mania et qui regarde, pointe à l'horizon, qu'est-ce qui se passe. Alors, je parle avec la rédactrice en chef de cette publication. Sinon, je parle d'un nouveau téléphone canadien qui vient de sortir. Tu te souviens quand même du Blackberry? Jérôme : [24:07] Ah, ben oui. Bruno : [24:09] Bon, alors, les mêmes gens, dans le même, je dis les mêmes gens, Bruno : [24:12] c'est parce qu'ils sont de Waterloo en Ontario. Alors, cette même communauté vient de sortir un nouveau téléphone qui est vraiment monté pour la protection de la vie privée des utilisateurs. Et tout le stockage des données qui est générée par le téléphone, tu peux stocker ça localement. Exactement comme IW est en train d'offrir aux gens pour régler la question de la souveraineté numérique. Donc, avec ton téléphone…, Évidemment, quand tu t'en vas en chaîne, c'est une autre question. Mais quand tu es sur ton territoire, ça ne passe plus partout à travers le monde. Tout est géré. Jérôme : [24:47] Il n'y a pas d'accès au cloud. Bruno : [24:49] Tu peux avoir ton cloud personnel, ton info nuagée à toi. Jérôme : [24:53] On revient à la situation d'il y a 25 ans. Il va falloir faire ses sauvegardes sur son ordinateur. C'est horrible. Bruno : [24:59] Non, non, non. Ça t'a facilité. Mais quand même, on revient à quelque chose qui existait auparavant. Et puis, sinon, avec Luc Dupont, qui est prof à l'Université d'Ottawa, On regarde une étude qui vient d'être publiée par l'Université de Montréal et l'Université de Toronto sur la créativité et l'IA. Ils ont comparé 100 000 personnes, et puis dans un échantillonnage canadien, par rapport au niveau de créativité, puis ils ont comparé ça à des IA génératives. C'est surprenant de savoir qui est plus créatif que l'autre. Jérôme : [25:32] Ah, et c'est qui? Bruno : [25:33] Puis ça, vous l'entendrez. Jérôme : [25:35] Zut, il faut aller écouter ton carnet pour savoir, alors. Bruno : [25:38] C'est ça le truc. Jérôme : [25:39] Wow! À ça, j'aimerais bien savoir. Bon, zut, je vais être obligé de t'écouter cette semaine. Bruno : [25:43] Ah, je suis désolé. Mais les gens qui nous écoutent, je vous invite à écouter, vous allez voir, c'est fort agréable, surtout avec Luc Dupont, qui est un excellent compteur. C'est une des grosses pointures de l'enseignement des communications au Canada. Et puis, j'ai la chance qu'ils viennent me visiter une fois par mois sur mon carnet. Jérôme : [26:00] Écoute, super. Bon, j'ai été ravi en tout cas de te recevoir dans le monde numérique et puis de m'inviter dans ton carnet cette semaine encore. Bruno : [26:07] Je te dis pareillement, Merci d'être passé chez nous. Et puis, mon carnet, tu sais, les portes sont toujours ouvertes. Tu passes quand tu veux. Jérôme : [26:14] C'est sympa. Allez, salut. À la semaine prochaine, Bruno. Ciao, ciao. Bruno : [26:17] Bye, salut.
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