On évoque les démissions fracassantes dans le secteur de l’IA et les déclarations alarmistes qui ravivent des inquiétudes par rapport à l'IA : risques de manipulation, automatisation accélérée, impact sur l'emploi, usages dangereux, etc. Mais des parades existent.
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
Alerte IA : un climat d’inquiétude
Vous ne vous rendez pas compte mais quelque chose d'énorme est en train d'arriver... Des collaborateurs d'entreprises d'IA claquent la porte et alertent sur les risques de dérives. Que faut-il en déduire ? Au-delà des scénarios façon science-fiction, quels sont les scénarios les plus tangibles ? Des modèles trop puissants, mis trop vite à disposition, pourraient faciliter des attaques massives (cyber) ou la création d’outils de nuisance à grande échelle. A quel moment l'IA deviendra-t-elle un sujet de sécurité globale ?
Royaume-Uni : un revenu universel financé par la tech ?
Au Royaume-Uni, l’idée d’un revenu universel revient dans le débat, en lien direct avec les destructions d’emplois liées à l’IA. Le principe : aider les secteurs “victimes” de la numérisation. Particularité : celui-ci pourrait être financé par les entreprises technologiques. Une proposition choc.
Souveraineté : l’Europe cherche des alternatives aux GAFAM
Retour en Europe : la dépendance aux géants américains redevient un sujet brûlant. Nous évoquons le scénario d’une coupure de services — ou plus insidieux, d’une dégradation volontaire (latence, qualité) — tant la chaîne est dominée par les GAFAM : logiciels, cloud, hardware, câbles, infrastructures. La prise de conscience progresse, mais les réponses restent difficiles à industrialiser à l’échelle du continent. Quelles alternatives ?
Bruno :
[0:06] Bonjour, Jérôme Colombain à Paris.
Jérôme :
[0:08] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal. Dis-moi, mon cher Bruno, j'ai l'impression que ton décor a un petit peu changé cette semaine pour notre rendez-vous visio-hebdomadaire.
Bruno :
[0:18] T'es vraiment observateur, toi.
Jérôme :
[0:20] Oui, tu as déménagé?
Bruno :
[0:22] Oui, j'ai déménagé et je vais te dire qu'il n'y a pas que le décor qui va changer. Il y a probablement aussi l'ambiance sonore qui va changer parce que je pars d'un studio qui était isolé, qui était vraiment un studio de travail. Et là, je me retrouve dans un air ouvert. Et puis, où chat et chien, quand ils passent à la maison, seront probablement présents pendant les enregistrements que je fais dans mon carnet, puis aussi dans cette discussion de débriefs transatlantiques.
Jérôme :
[0:50] Ah oui, c'est formidable.
Bruno :
[0:51] Donc, si vous entendez des chats, des chiens, dites-vous que ce n'est pas dans votre tête, c'est chez moi.
Jérôme :
[0:57] Bon, donc tu n'as pas de chèvre ni de poule, ça devrait être supportable.
Bruno :
[1:01] Écoute, pas moi, mais cette semaine dans mon carnet, je parle avec Muriel et Joe et on entend des bruits de Dakar. Je ne te dis pas ce que c'est.
Jérôme :
[1:10] Eh bien, voilà. En fait, c'est très tendance de faire des podcasts en ambiance fermier.
Bruno :
[1:17] Immersif.
Jérôme :
[1:18] Immersif. Mais toi, tu n'es pas dans une ferme, donc tu es désormais au cœur, au plein cœur de Montréal.
Bruno :
[1:24] Exactement, dans le cœur battant du monde des affaires. Mais on n'est pas là pour parler de mon déménagement, mais je te remercie de le souligner. Moi, je veux être franc avec toi et franc avec les auditeurs. Évidemment, dans le déménagement, j'ai passé beaucoup, pas mal moins de temps à surveiller l'actualité d'ici et d'ailleurs. Quand je parle de d'ailleurs, c'est chez vous.
Bruno :
[1:44] Sauf que ce que j'ai vu passer, puis là, je veux vraiment t'entendre là-dessus parce que je sais que toi, tu l'as suivi, c'est cette peur de l'IA qu'on est en train de voir suite à des départs des grandes boîtes d'IA, puis aussi des publications qui sont en train de sortir un peu partout par des gens qui sont au cœur de l'IA. Et ça, ça n'a rien de rassurant.
Jérôme :
[2:04] C'est assez étonnant ce qui s'est passé ces derniers jours parce qu'effectivement, c'est des personnalités dans les plus grandes boîtes d'IA qui ont claqué la porte et pour des raisons qui peuvent laisser penser qu'il y a un peu d'inquiétude chez ces gens-là. Alors, on peut les citer, par exemple, quelqu'un qui s'appelle Mrindranke Sharma, chez Anthropic, qui était responsable de l'équipe Safeguard Research, donc autrement dit, l'aspect sécurité de l'IA.
Jérôme :
[2:35] Voilà, il est parti, et en annonçant dans un courrier qui a fait pas mal de bruit, que selon lui, le monde était en péril à cause de l'intelligence artificielle. et ça ne lui convient pas. Dans la foulée, c'est chez OpenAI également un départ assez marquant. Le jour où ChildGPT a introduit la publicité, c'est l'une des responsables de la stratégie publicitaire d'OpenAI, la chercheuse Zoé Hitzig, qui elle aussi a annoncé sa démission dans le New York Times et pour des raisons Vraiment profondes, ce n'est pas un coup de tête, ce ne sont pas des raisons personnelles, ce sont quasiment des raisons philosophiques, éthiques. Elle estime que OpenAI ouvre la porte sur un trop grand risque de manipulation des utilisateurs avec la publicité, parce qu'en fait, elle dit que la publicité va s'appuyer sur tout ce que les gens vont publier sur ChatGPT, toutes les données qu'on va donner à Tchadjipiti.
Jérôme :
[3:35] Et ça peut être des choses très intimes sur notre situation médicale, notre situation psychologique, nos croyances, etc., etc.
Bruno :
[3:43] Et ça, c'est exactement un porte-à-faux à ce que Sam Altman et tous les autres d'Open&Hind nous disent depuis quelques semaines, depuis qu'on sait que la publicité va arriver.
Jérôme :
[3:53] Ils nous disent que ça ne sera pas comme ça, mais pour que cette personne décide de partir, on se dit « waouh, attends, qu'est-ce qui se passe ?
Bruno :
[4:01] » Et qui est au cœur de la mécanique de cette machine-là. C'est ça qui est intéressant.
Jérôme :
[4:05] Alors, il paraît qu'en plus, par ailleurs, elle est poétesse et elle va repartir faire de la poésie. Donc, elle passe vraiment d'un monde à un autre. Non, c'est intéressant. Il y a eu également des départs chez XAI. Bon, il est peut-être difficile de rattacher également à ce mouvement-là. Mais malgré tout, je trouve que ça relance une certaine forme de questionnement par rapport au risque de l'intelligence artificielle. Puis on pourrait rattacher ça à d'autres déclarations publiques de ces derniers temps. Par exemple, tu as Moustapha Souleymane, le PDG de Microsoft AI, qui lui, alors ne se déclare pas inquiet, mais qui a des propos qui peuvent inquiéter, puisqu'il dit que oui, c'est clair, la plupart des tâches administratives effectuées par ce qu'on appelle les cols blancs, donc les employés de bureaux et autres, etc., seront probablement entièrement automatisées d'ici 12 à 18 mois. Donc conséquence évidemment sur l'emploi. Et puis je terminerai avec un autre papier que j'ai noté, que j'ai vu passer, qui est assez intéressant. C'est un poste en fait sur X d'un entrepreneur qui travaille dans l'IA. Alors il n'est pas dans une des très grosses boîtes connues, mais il fait partie de toutes ces petites boîtes américaines qui tournent dans l'écosystème de l'intelligence artificielle. C'est Matt Schumer et il a signé un long papier qui s'intitule Something Big is Happening. Donc quelque chose d'énorme est en train d'arriver où il compare l'IA à ce qui s'est passé et ce qu'on a connu tous au niveau mondial avec le Covid ?
Jérôme :
[5:35] Et quelques semaines avant que le COVID déferle sur l'Occident, on regardait ça de loin en disant, oui, il y a quelque chose qui arrive. Enfin bon, la vie continue, ça ne nous concerne pas vraiment. Et quelques semaines après, on était tous confinés. Il dit, vous ne vous rendez pas compte, mais avec l'IA, c'est la même chose qui est en train de se produire. Donc tout ça est un peu angoissant, mon cher Bruno.
Bruno :
[5:56] Oui, mais je suis content qu'on en parle dans le débrief parce qu'il y a des gens qui ont l'impression que nous, on est des apôtres de la technologie et qu'on est toujours en train d'encenser et de faire la promo. Bien non, quand il y a des voix qui s'élèvent de l'autre côté de la barrière,
Bruno :
[6:11] on est là aussi pour le mentionner. Puis merci, Jérôme, d'avoir amené ça. Mais si on poursuit dans l'actualité, ce n'est pas tellement loin. Là, je m'en vais du côté, c'est un petit peu plus au nord que la France, chez les Anglais. Il y a une réflexion qui est intéressante cette semaine qui a été émise par le gouvernement anglais et c'est cette réflexion sur, ils ne sont pas les premiers à l'avoir, sauf que c'est intéressant qu'eux, ils l'aient, la réflexion sur le revenu universel garanti.
Jérôme :
[6:38] Oui, alors là, eux, évidemment, c'est en lien aussi avec l'intelligence artificielle et avec la technologie d'une manière générale. C'est un ministre britannique qui a émis l'idée d'un revenu universel qui pourrait être versé, aux victimes, entre guillemets, de la numérisation et de l'intelligence artificielle, et un revenu universel qui serait financé par les entreprises de technologie.
Bruno :
[7:06] Imagine !
Jérôme :
[7:07] Alors, je ne sais pas si tu vois le truc. Je trouve que c'est une espèce d'énorme pavé dans la mare, parce que d'un côté, on peut se dire, non, mais c'est n'importe quoi, et puis quelle boîte de tech ? Et puis, bon, les boîtes de tech anglaises, il n'y en a pas énormément, etc. Mais on pense évidemment aux géants américains. Et d'un autre côté, on se dit, mais attends, pourquoi pas? Est-ce que c'est vraiment si absurde que ça?
Bruno :
[7:33] Puis d'autant plus que ça pourrait être financé par, et ça, c'est Stéphane Rico la semaine dernière dans mon carnet qui ramenait cette histoire-là, la théorie ou l'approche de Bill Gates qui dit qu'à partir d'un moment, chaque robot ou chaque IA qui remplace un travailleur, un employé, devrait payer une taxe. Et cette taxe-là générait des revenus qui permettraient de financer des revenus universels garantis pour les citoyens des pays.
Jérôme :
[7:59] Oui, mais cette histoire de revenu universel, on ne va peut-être pas ouvrir le dossier, mais c'est intéressant, mais ça peut se discuter, on peut trouver des justifications même philosophiques au revenu universel. Ce n'est pas une aberration communiste en réalité, ce truc-là. Loin de là, au contraire. Mais le problème, c'est que les États ne pourraient pas subvenir aux besoins et ne pourraient pas financer un revenu universel. C'est pas avec des...
Bruno :
[8:27] À son s'entend, il faut que ça vienne d'ailleurs.
Jérôme :
[8:29] Donc, il faut que ça vienne d'ailleurs. Donc, effectivement, solliciter les boîtes de tech, à mon avis, il a lancé un truc, là, je trouve ça assez énorme. Après, si tu me permets, Bruno, et puis après, je parlerai un peu moins parce que je parle beaucoup, là, cette semaine.
Bruno :
[8:42] Non, mais j'en profite. Allez, vas-y.
Jérôme :
[8:44] Sur ces histoires de peur de l'intelligence artificielle, je trouve que le problème, si tu veux, c'est que les lanceurs d'alerte, aujourd'hui, mettent tout dans le même panier. Et parce qu'on met beaucoup de choses, la peur de l'IA, c'est beaucoup de choses. C'est un, les conséquences sur l'emploi. Et ça, effectivement, il y a de quoi avoir peur ou en tout cas, il ne faudrait pas que ce ne soit que de la peur. Il faudrait que ce soit de la prise de conscience et de la prise de décision derrière. Mais ça, c'est quelque part à la fois le plus inquiétant pour beaucoup et en même temps le plus gérable, je pense. Après, il y a d'autres choses. Il y a la peur de l'IA Skynet à la Terminator qui va prendre le pouvoir. Ça, franchement, même si certains essayent de t'expliquer qu'avec les agents IA, etc., ça y est, on est à l'aube d'une autonomisation et tout. Bon, moi, je n'y crois pas trop.
Bruno :
[9:32] On se calme, c'est pas tout de suite.
Jérôme :
[9:33] En revanche, il y a un dernier volet qui, moi, j'avoue, personnellement, me fait assez peur. C'est les utilisations dangereuses de l'intelligence artificielle. C'est-à-dire qu'effectivement, des IA hyper puissantes qui permettraient de créer des virus d'un nouveau genre, qui permettraient de faire des cyberattaques hyper efficaces, hyper puissantes, qui mettraient des populations entières et des États et des économies entières à genoux, là, il y a un véritable risque. Et c'est là où on se dit que peut-être il faudrait se limiter un petit peu et continuer à innover, mais peut-être ne pas tout mettre à disposition de tout le monde tout de suite. tout ce qui est dans les labos aujourd'hui, il va peut-être falloir quand même un petit peu réfléchir, un peu comme pour le nucléaire ou la chimie.
Bruno :
[10:18] Mais j'avoue que cette dernière réflexion-là de ta part me fait un peu sourire parce que comme dans les bons films de James Bond où il y avait un super méchant.
Jérôme :
[10:27] Mais c'est exactement ça.
Bruno :
[10:28] Mais on s'entend, ce super méchant-là pourrait prendre les traits, on discute, on jase, genre Elon Musk, qui décide qu'il a la plus grande fortune au monde, qui possède les outils les plus puissants, qui est en train de construire une supracouche d'infos nuagiques autour de la planète. Et puis ce gars-là, si un jour il disjoncte, pourrait utiliser...
Jérôme :
[10:52] S'il n'a pas déjà disjoncté.
Bruno :
[10:54] Je ne veux pas aller là, mais là je suis dans l'hypothétique. Donc, disons qu'un jour il disjoncte, il utilise ça, il pourrait faire du dommage sur toute la planète, avec la puissance qu'on est en train de le laisser développer, par son propre financement, on s'entend, mais quand même. C'est là qu'à un moment donné, l'encadrement de l'IA et des forces...
Jérôme :
[11:17] C'est amusant parce que c'est exactement la thèse d'un de mes invités cette semaine, Emery Crouché, qui met en garde contre un pétage de plomb d'Elon Musk.
Bruno :
[11:26] Puis imagine, on rajoute, là, ce n'est pas encore dans le paysage, mais c'est une question de temps. quand est-ce que XAI va développer son ordinateur quantique? Rajoute une IA comme croque avec une puissance quantique derrière. Regarde, on lui fait faire les pires ennuis et ça se passe comme ça. Donc, il y a de quoi encore discuter pendant un moment, mais là,
Bruno :
[11:47] je veux t'emmener ailleurs. On reste en Europe, mais là, on lâche un peu l'IA pour s'intéresser aux GAFAM. Écoute, cette semaine, j'ai eu vent. de par les échos de l'Internet, qu'on a parlé beaucoup de souveraineté et on ramène cette fois-ci des craintes par rapport à la coupure de service de la part des grands joueurs américains.
Jérôme :
[12:09] C'est un sujet qu'on a déjà abordé ensemble. Effectivement, c'est la menace qui aujourd'hui plane potentiellement sur l'Europe.
Bruno :
[12:20] Ça fait partie des possibles.
Jérôme :
[12:21] Voilà. Est-ce que, pour des raisons politiques, L'administration américaine ne pourrait pas être tentée un jour de couper le robinet ou même, comme tu l'avais fait remarquer très justement, de dégrader la qualité de service.
Bruno :
[12:34] D'injecter de la latence.
Jérôme :
[12:35] Voilà, puisqu'ils maîtrisent absolument tout. Ils maîtrisent les outils qui sont sur nos ordinateurs, les systèmes d'exploitation, les différentes couches du cloud, le hardware, les data centers. Bon, on commence, nous, en Europe. Oui, alors, on dépend encore beaucoup des data centers américains, mais on commence quand même petit à petit à avoir notre indépendance à ce niveau-là. Mais elle est loin d'être totale. Et puis, surtout, les connexions, enfin, les grandes connexions sous-marines. Voilà, on en a un peu, nous. On en a en France avec Orange et autres, mais on n'en a pas autant. Ils sont allés très, très vite ces dernières années. Ils ont réussi à tisser un maillage incroyable. Donc, on est hyper dépendants.
Bruno :
[13:16] Parce que le deux tiers du réseautage de l'Internet dans le monde, il appartient aux GAFAM.
Jérôme :
[13:20] Exactement. Et c'est vrai que c'est un discours qui était sous le radar jusqu'à présent. Et là, depuis quelques semaines, il est devenu vraiment très, très prégnant ici en France, avec des reportages à la télé là-dessus pour expliquer notre dépendance chaque année, même dépendance financière. Et en plus, on engraisse entre guillemets les entreprises européennes. Plus de 80% des dépenses réalisées par les entreprises européennes en matière de numérique partent vers les géants américains. donc c'est vraiment une prise de conscience j'étais récemment cette semaine aussi à la conférence TEDxParis où il y avait une keynote, comme ça pour mettre en évidence notre dépendance et essayer d'appeler à une forme de sursaut pour peut-être essayer de trouver des solutions alternatives alors ces solutions alternatives elles sont très difficiles à trouver et en même temps on commence à en avoir un petit peu il y a des choses qui commencent à se faire jour on en a déjà parlé ensemble au niveau de l'administration française qui est en train de développer ses propres outils.
Bruno :
[14:20] Qui fait de la concurrence aux entreprises françaises.
Jérôme :
[14:22] Qui fait de la concurrence aux entreprises privées, etc., etc. Mais en tout cas, il y a une prise de conscience. Donc, je pense que ce n'est pas mort. Il va se passer des choses. Et cette prise de conscience, il faudrait vraiment
Jérôme :
[14:34] qu'elle soit positive, en fait.
Bruno :
[14:36] Qu'elle débouche sur quelque chose. Et dans les solutions, moi, je veux absolument mentionner un truc de chez vous. Dans les solutions françaises qui sont intéressantes et qui commencent à se développer, Moi, il y a les gens de Pixel, P-I-X-X-L-E, qui commencent à créer un écosystème. Ils ont déjà un OS, ils commencent à sortir des applications. Et j'avais fait une entrevue, j'en avais parlé, je pense, à l'émission de François Sorel aussi. C'est déjà vraiment intéressant. Et puis, c'est ça, on vient sur une conversation qu'on avait eue. Quand je vois l'État en train de développer ses propres outils, je me disais, ben non, mais comptez sur le savoir-faire de ce qui existe déjà chez vous.
Jérôme :
[15:12] Oui, au niveau privé, tu veux dire ? Oui, il y a des entreprises privées qui en développent. Oui, mais après, on retombe sur des tas de choses compliquées. Il faudrait plus d'appels d'offres de la part de l'État pour donner du travail à ces entreprises. Et le problème, c'est que, notamment pour des raisons réglementaires européennes, eh bien, on n'a pas le droit de faire du favoritisme pour des entreprises au profit d'entreprises européennes, au détriment d'entreprises étrangères. Donc, nous, on est tellement gentils qu'on est prêts à se tirer une balle dans le pied, si tu veux, pour respecter la concurrence.
Bruno :
[15:45] Et en attendant, vous êtes en train de financer celui qui a le marteau au-dessus de votre tête.
Jérôme :
[15:48] Oui, mais il y a même eu un clash cette semaine entre Elon Musk et Emmanuel Macron par poste interposé. Oui, j'ai vu ça. Oui, parce qu'Emmanuel Macron rappelait, mais à juste titre, qu'Elon Musk a lancé ses business avec de l'argent public aux États-Unis.
Bruno :
[16:04] Tout à fait.
Jérôme :
[16:04] Et ça, on l'oublie un peu. Mais l'autre, il a bien répondu en disant, oui, de l'argent public, mais qui ne représente qu'une infime fraction de la capitalisation actuelle de mes entreprises.
Bruno :
[16:15] Aujourd'hui, et au début, s'il n'y avait pas eu l'argent du gouvernement américain, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.
Jérôme :
[16:20] Ça a amorcé la pompe. Ça a amorcé la pompe. il ne tient qu'à l'Europe de faire la même chose et je vais te dire, on le souhaite tous tout le monde pleurniche, c'est presque pleurniché mais c'est pas gagné c'est pas gagné parce qu'il y a des rivalités entre les pays, parce qu'il y a des technologies qu'on ne veut pas partager, dans le militaire, il y a aussi des affaires actuellement où les français ne veulent pas donner les secrets de leurs avions aux allemands, etc.
Bruno :
[16:47] Donc on n'est pas sortis de l'auberge c'est les américains qui se font faire et qui restent toujours là. Aïe, aïe, aïe, aïe. Voilà. Jérôme. Merci pour ce tour de l'actualité.
Jérôme :
[16:58] Cette discussion nous a emmenés loin.
Bruno :
[17:00] Oui, mais quand même.
Jérôme :
[17:02] J'aurais un peu monopolisé la parole, mon cher Bruno.
Bruno :
[17:04] Non, non, mais moi, je suis content. Écoute, comme tu dirais, c'est tout bénef pour mes auditeurs.
Jérôme :
[17:09] Ben voilà, comme tu étais un peu en vacances cette semaine, donc...
Bruno :
[17:12] Pardon? Je te ferais charroyer des boîtes, puis tu verras que c'est pas...
Jérôme :
[17:19] Charroyer? Non, mais tu étais en vacances de l'actu-tech. Tout le monde se demandait où étaient passées tes newsletters. On ne recevait plus de newsletters?
Bruno :
[17:27] Je le sais, je le sais.
Jérôme :
[17:29] Comment ça se fait? D'habitude, on a 40 mails par jour et là, on n'avait plus rien.
Bruno :
[17:32] Écoute, c'était le silence. On entendait les pixels passer.
Jérôme :
[17:36] Oui, exactement. Il faut que tu t'y remettes.
Bruno :
[17:38] Oui, oui, promis. À partir de la semaine prochaine, je vais être là. Mais là, écoute, je te laisse encore le micro. Tu nous parles de quoi cette semaine?
Jérôme :
[17:47] Cette semaine, je vais te citer une interview.
Bruno :
[17:51] Oh non, pas juste une.
Jérôme :
[17:52] Non, non, ben si, parce que je n'ai pas...
Bruno :
[17:54] Ah, et sois généreux.
Jérôme :
[17:55] Je n'ai pas encore décidé de ce que je vais mettre après. Les deux. D'abord, je reviens, je vais parler des agents IA, C'est un truc qui me fascine en ce moment, notamment avec tout ce qui s'est passé dernièrement avec Moldbook, OpenClaw, je pense que c'est un truc... Et c'est étonnant parce qu'il y a une partie un peu farce, un peu gadget, et il y a une autre partie qui est hyper sérieuse, qui est très, très, très sérieuse. Donc j'en parle avec Emery Crouchet, qui est un jeune polytechnicien qui a écrit un livre qui s'appelle Super Intelligence Artificielle et qui nous explique le concept de la super IA et surtout, surtout, ce que vont changer les agents IA, de quoi il s'agit exactement. Et puis, alors, puisque tu en veux deux, eh bien, écoute, je lance une espèce de nouvelle série sur le monde numérique. Une nouvelle série d'entretiens long format avec des innovateurs, des personnalités qui vraiment font l'innovation. Donc, ce sont des interviews beaucoup plus longues que ce que je fais d'habitude, des interviews d'une heure en audio et en vidéo. Et on va démarrer avec une personnalité de la tech qui s'appelle Jean-Baptiste Kempf, qui n'est autre que l'un des cofondateurs du logiciel VLC, qui est le logiciel français le plus téléchargé au monde.
Bruno :
[19:14] Oui, la référence longtemps au niveau de la vidéo et de l'audio aussi.
Jérôme :
[19:20] Exactement.
Bruno :
[19:20] Et ça, on pourra le prendre à partir de mon numérique?
Jérôme :
[19:22] Bien sûr, bien sûr.
Bruno :
[19:24] Ce n'est pas caché quelque part?
Jérôme :
[19:24] Non, non, non, ce ne sera pas caché. Non, non, ça fait partie du monde numérique, mais ce sera un format un peu spécial.
Bruno :
[19:30] C'est du offre.
Jérôme :
[19:31] Oui, mais j'avais très envie de faire ça depuis très longtemps, en fait, ce concept de portrait d'innovateur. Parce qu'il y en a pas mal en France et j'espère bien en rencontrer plusieurs et pouvoir, comme ça, les inviter à se confier, à raconter leur vie et à parler aussi de leur regard sur l'innovation technologique.
Bruno :
[19:48] Oui, bien ça, c'est du service tout seul, ça.
Jérôme :
[19:51] Merci beaucoup. De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno ?
Bruno :
[19:55] D'abord, grande question pour toi, est-ce que tu écoutes toujours la radio?
Jérôme :
[20:00] C'est une grande question. J'écoute encore un petit peu la radio, mais de moins en moins, c'est terrible.
Bruno :
[20:06] Il y a des gens à travers la planète.
Jérôme :
[20:09] Mais tu sais, c'est un peu pour ça que j'ai quitté la radio aussi. Parce que je sentais bien qu'on n'était pas... Tu sais, j'ai des amis qui travaillent dans la radio. On est un peu l'orchestre du Titanic. Tu sais, qui va continuer à jouer jusqu'au bout. mais on ne sait pas trop où va le bateau.
Bruno :
[20:30] Parce que le 13 février, c'était la journée mondiale de la radio. Et puis, avec Chloé Sanderwas, on s'est intéressé à où s'en va la radio puis dans le contexte où l'IA commence à prendre beaucoup de place, autant pour en faire que pour aider les gens qui en font. Alors, c'est la question de faire un clin d'œil aux gens qui font de la radio et aux gens qui écoutent la radio. Et aussi, je vais parler avec Muriel Edjo, qui est le rédacteur en chef de We Are Tech Africa, pour prendre des nouvelles. Puis il y a quelque chose qui va probablement intéresser tes auditeurs, c'est l'Égypte qui, comme la France et aujourd'hui l'Espagne, s'intéresse à encadrer l'utilisation des réseaux sociaux pour les jeunes. Et ils sont pas mal avancés là-dedans. Et j'ai l'impression que ça va faire boule de neige en Afrique, malgré le temps, puis qu'il n'y ait pas de neige nécessairement. mais j'ai l'impression qu'ils sont les premiers marqueurs dans ce dossier-là.
Jérôme :
[21:25] Tu m'étonnes. Je pense que ça va effectivement se généraliser. De toute façon, le problème est mondial. Il n'y a qu'en Chine où le problème est réglé.
Bruno :
[21:34] En Chine, en Russie, en Iran, ils ont réglé le problème.
Jérôme :
[21:37] C'est vrai, c'est vrai. Bon, écoute, super. Beau programme, magnifique. Mon cher Bruno, je te libère alors pour que tu puisses te remettre au travail.
Bruno :
[21:46] Oui, ça veut dire de faire encore des boîtes. Jérôme Colombin, merci d'être passé sur mon carnet et je te dis à la semaine prochaine.
Jérôme :
[21:52] Merci à toi, Bruno. À la semaine prochaine. Ciao, ciao.














