Bruno :
[
0:06] Jérôme Colombain à Beyrouth, bonjour.
Jérôme :
[
0:09] Salut, Bruno Guglielminetti, tiens à Montréal, comment vas-tu?
Bruno :
[
0:12] Ça va bien, toi?
Jérôme :
[
0:13] Oui, je suis toujours à Beyrouth.
Bruno :
[
0:14] Toujours le beau soleil?
Jérôme :
[
0:15] Plus pour longtemps, mais oui, beau soleil, on mange bien. Écoute, tout va bien dans ce pays très bizarre, décidément.
Bruno :
[
0:21] J'aime bien cet accent du sud de France qui revient quand tu dis « beau soleil ». On pense que ça vient de là, le soleil.
Jérôme :
[
0:29] Oui, tu veux que j'imite l'accent libanais? Non, je ne vais pas m'y risquer.
Bruno :
[
0:31] Non, non, non.
Jérôme :
[
0:32] Je salue les auditeurs libanais éventuels.
Bruno :
[
0:34] Oui, on les salue de part et d'autre de l'Atlantique.
Jérôme :
[
0:36] Tout à fait.
Bruno :
[
0:36] Dis donc, Jérôme, tu t'es intéressé cette semaine à l'IA au Liban. Oui, parce que… Ce n'est pas évident à dire, à l'IA au Liban.
Jérôme :
[
0:42] Non, à l'IA au Liban, ce n'est pas évident à dire. Parce qu'effectivement, il se trouve qu'il y a une conférence qui se déroule en ce moment, sur plusieurs semaines, qui s'appelle AI and Lebanon.
Jérôme :
[
0:54] Et ça peut surprendre, dans un petit pays comme le Liban, qui a plein de problèmes, de s'intéresser aussi à l'IA. Mais je trouve que c'est vraiment intéressant, parce que du coup, ça montre à quel point c'est un élément important, et notamment pour le développement économique. Alors, ce n'est pas une conférence qui va changer la face du monde en hier, mais qui est sans doute importante pour la région. Et c'est essentiellement de la sensibilisation. Alors, il y a des actions qui sont entreprises. Il y a par exemple un bus IA qui va sillonner plusieurs villes du Liban, qui est en train de sillonner plusieurs villes du Liban pour évangéliser un peu les start-up. Tu sais que les Libanais sont des entrepreneurs et des commerçants hors pair. Exceptionnel, ils ont des leçons à donner au monde entier à ce niveau-là. et alors c'est vrai que de toute façon le Liban a toujours été très tech et a toujours utilisé des tas de solutions pour compenser tous les problèmes qu'ils avaient, moi c'est la première fois que j'ai vu une application qui te dit à quel moment il va y avoir des coupures d'électricité puisqu'il y a des coupures, puisque le pays ne paye pas la note etc, donc des choses très très pratiques ou pour trouver des voitures en dehors du circuit officiel et tout, il y a Uber, malgré tout, qui fonctionne au Liban, même s'il faut payer en cash à chaque fois. Bref, et donc cette conférence sur l'IA, c'est intéressant et dans le contexte qui est celui qu'on connaît.
Jérôme :
[
2:14] Notamment un peu la diaspora libanaise, l'enjeu pour le Liban, en fait, c'est aussi d'éviter la fuite des cerveaux parce que tous ces gens intelligents, souvent, ils vont créer des entreprises à l'extérieur, en dehors du pays, donc il y a peut-être un filon économique à maintenir, comme dans beaucoup de pays d'ailleurs avec l'intelligence artificielle et puis c'est intéressant aussi, par exemple il y a Nvidia qui a un projet de data center en Israël d'ailleurs et, possiblement au nord d'Israël, c'est-à-dire en réalité tout près de la frontière libanaise, sauf que, bon, comme on le sait, la frontière libanaise est fermée, il n'y a aucune communication, mais rêvons et peut-être un jour, il y aurait des Libanais qui iraient travailler dans ce data center, enfin voilà, on peut imaginer plein de choses, mais ça, c'est sans doute dans un... Ce ne sera pas pour tout de suite, je pense.
Bruno :
[
2:59] Mais c'est intéressant quand même parce que ça montre que le leadership dans le domaine du commerce et de l'innovation, pour chez les Libanais, il est maintenant aussi appliqué à l'IA, c'est une bonne nouvelle. D'ailleurs, on avait vu au CES, il y avait une petite partie, VivaTech, même chose, il y avait une plus grande présence du Liban, des petites start-up libanaises.
Jérôme :
[
3:22] Le Liban était hyper, comment dire, pas en pointe, ils ne développent pas des trucs de fou, mais ils sont hyper au courant et ils adoptent très, très vite toutes ces technologies.
Bruno :
[
3:34] Ils sont agiles, voilà.
Jérôme :
[
3:36] Absolument.
Bruno :
[
3:37] Mais restons dans le monde de l'IA. Dans l'actualité, ça aussi, ça a bougé, notamment du côté d'OpenAI. Tu as vu ça?
Jérôme :
[
3:45] Ben oui. Alors, ça y est, il se frotte les mains chez OpenAI parce qu'on a encore battu des records. C'est ça? On a battu un record. Enfin, le nombre de requêtes d'OpenAI ne cesse d'augmenter.
Bruno :
[
3:55] Ben là, on est rendu à deux. Selon les derniers chiffres que Sam Altman a communiqués, les chats de GPT ont atteint 2,5 milliards de requêtes par jour.
Jérôme :
[
4:07] C'est dingue.
Bruno :
[
4:08] C'est énorme. Oui, oui.
Jérôme :
[
4:10] Moi, je fais 0,5 milliards à moi tout seul.
Bruno :
[
4:14] Tu sais qu'un IA, on devrait l'utiliser avec modération. Est-ce que je dois te le rappeler?
Jérôme :
[
4:18] Oui, je sais, je sais. Mais quelquefois, je renonce à faire certains prompts en me disant non, non, je ne vais pas m'amuser à ça. Et puis, quelquefois, il y en a d'autres, parfois, je le prompte honteux. Tiens, j'ai fait un truc rigolo l'autre jour. J'ai envoyé une photo de moi. Je lui ai dit, fais-moi des cheveux frisés. Qu'est-ce que ça a donné? C'est incroyable. Je te montrerai la photo. Le résultat est incroyable.
Bruno :
[
4:36] Est-ce que tu veux vraiment le particuler?
Jérôme :
[
4:38] Écoute, pourquoi pas? Je la mettrai peut-être sur les réseaux.
Bruno :
[
4:42] Oui, mais parlant des tests que tu as faits, toi, tu as maintenant accès à le fameux IA agent de ChatGPT.
Jérôme :
[
4:49] Oui, au moment où on se parle, j'ai vu ça ce matin en allumant mon ordinateur. J'avais un pop-up. Tiens, l'AI agent est disponible. Est-ce que vous voulez l'essayer? Alors, évidemment, j'ai sauté dessus. Et c'est assez impressionnant. Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de l'essayer.
Bruno :
[
5:03] J'ai vu des démos, mais moi, au niveau du partage, parce qu'on y va de façon parcimonie pour faire le déploiement. Et donc, moi, il n'est pas encore arrivé sur mon compte. Mais dis-moi, ça ressemble à quoi?
Jérôme :
[
5:16] Ça ne saurait tarder. En fait, tu fais une requête, par exemple. J'ai fait une requête, là, tout récemment. Je lui demande de me commander, de passer une commande sur Uber Eats. pour, je vais préciser, donc la requête express, c'est planifier un dîner libanais, pour deux personnes, demain soir à 20h avec Uber Eats. Je veux des plats végétariens, mais aussi de la viande, un dessert, etc. Il me dit, d'accord, je vais planifier un repas libanais. Et alors là, c'est marrant parce qu'il t'ouvre une fenêtre qui est en fait une émulation d'ordinateur.
Bruno :
[
5:50] C'est son navigateur à lui, ouais.
Jérôme :
[
5:52] C'est son navigateur à lui, dans lequel il va se connecter à mon compte Uber Eats. Alors, à un moment, il s'arrête, il me dit, « Bon, là, j'ai besoin de ton mot de passe. » Donc, je lui donne, je ne lui donne pas, c'est à moi de voir. Et ensuite, il peut passer toute la commande. Je ne suis pas allé jusqu'au bout, je l'avoue. Donc, je ne pourrais pas dire exactement. Il n'y a pas de raison, ça doit marcher, puisqu'il le fait pour moi. Alors, cela dit, honnêtement, On peut s'interroger sur le bénéfice parce que déjà, ça prend un peu de temps. L'ensemble prend plus de temps qu'une requête normale puisqu'il faut le temps de se connecter. Et puis, est-ce que vraiment, ça va me faire gagner du temps de demander à ChatGPT si à chaque fois, il me pose une question, en fait?
Bruno :
[
6:28] Oui, mais c'est un peu comme travailler avec un assistant et être délégué. C'est-à-dire qu'au début, tu vas devoir spécifier des choses, mais à un moment donné, il va apprendre de ce que tu veux et il va savoir à quel moment il doit te demander quelque chose. Mais juste en parallèle, Jérôme, la même requête, je me suis amusé à la faire. Et ce que ça me dit, moi, avec le chat GPT normal, juste pour comparer, ça dit, je ne peux pas accéder directement à Uber Eats, mais je peux t'aider à planifier un repos Libanais.
Jérôme :
[
6:54] Il va t'expliquer comment faire. Il va même te donner les recettes.
Bruno :
[
6:58] Oui, puis ils m'ont proposé une heure, ils m'ont proposé un nombre de convives, le menu libanais classique.
Jérôme :
[
7:03] Voilà, la recette du Kébé, etc.
Bruno :
[
7:05] Exactement, puis les étapes pour commander chez Ubery. Mais tu vois, toi, avec ton agent, tu as le GPT.
Jérôme :
[
7:12] Je peux y aller.
Bruno :
[
7:13] Tu es carrément en train de l'organiser, pour de vrai, et de passer la commande.
Jérôme :
[
7:16] Et ce qui est impressionnant, Bruno, c'est qu'il te tient au courant au fur et à mesure de ce qu'il fait. Il te dit exactement, là, je suis en train de faire ça, je suis en train de faire ça. Parfois, il te dit qu'il est en réflexion. Alors, je trouve que le terme est… Alors.
Bruno :
[
7:29] Ça, c'est un peu particulier.
Jérôme :
[
7:30] C'est assez bizarre comme terme. Donc, tu vas marquer réflexion. Oh mon Dieu, il est en train de réfléchir.
Bruno :
[
7:34] Mais il ne voulait pas mettre calcul. Donc, il est en réflexion.
Jérôme :
[
7:36] Oui, voilà, c'est réflexion. Et ça, ça va très, très vite. Donc, tu n'arrives pas forcément à suivre. Il mélange un peu du français, de l'anglais, etc. Mais il te dit tout ce qu'il fait au fur et à mesure. Donc, tu as vraiment l'impression qu'il est là, il bosse pour toi.
Bruno :
[
7:49] Mais ça, c'est un exercice que tu as fait en lien, parce que tu es à Beyrouth, mais remets ça dans un contexte plus affaire quotidien. Tu as fait l'expérience avec ton courrier électronique.
Jérôme :
[
8:01] Oui, c'est vrai.
Bruno :
[
8:02] Ton emploi du temps, oui.
Jérôme :
[
8:03] Exact. C'était une requête qui était proposée par Chagipity. Je me suis dit, je me lance, je clique et c'est d'analyser mon calendrier sur les six derniers mois pour savoir comment j'utilise mon temps.
Bruno :
[
8:13] Mon emploi du temps.
Jérôme :
[
8:15] Mon emploi du temps, exactement. Et donc, il m'a sorti et bien le nombre d'heures consacrées à ce qu'il a identifié comme du travail, ce qu'il a identifié comme des meetings, ce qu'il a identifié comme des interviews, puisque moi j'appelle ça REC ou ITV, sur mon agenda, les voyages aussi, alors évidemment, dès que tu as un voyage transatlantique, tu te dis « oh, ça prend du temps, ben oui, Coco ! ».
Bruno :
[
8:40] Parce qu'il passe des commentaires sur ton emploi du temps, en plus.
Jérôme :
[
8:44] Oui, il t'a fait une analyse assez fine, en fait, sur comment tu es en train d'essayer de récupérer le résultat. Je voulais te dire un truc un peu plus rigoureux.
Bruno :
[
8:55] Pendant que tu cherches ça, moi, je te dirais que je me suis amusé à un moment donné, parce que ça fait quelques années maintenant que je l'utilise chez la GPT. Je lui ai demandé d'évaluer le travail que je faisais à partir de toutes les requêtes que j'avais faites depuis deux ans et quelques mois. Et c'est très intéressant. Puis même de me décrire, selon lui ou selon elle, quel type de personne j'étais. Et c'était vraiment fascinant. J'ai reçu un portrait de moi-même, vraiment détaillé sur mes forces, mes faiblesses, selon le système, où je mettais de l'emphase, qu'est-ce qui était important pour moi, comment je travaillais, j'avais vraiment l'impression qu'il y avait quelqu'un qui m'avait observé travailler et qui, au bout de deux ans, dit « Tiens, c'est le temps de faire le bilan, je vais te montrer à quoi ça ressemble. » C'est assez intéressant.
Jérôme :
[
9:43] Ah, c'est assez, oui. Oui, j'avais fait ça aussi.
Bruno :
[
9:44] Mais revenons à ton exemple, oui.
Jérôme :
[
9:46] Mais comme moi, on est plusieurs à utiliser mon compte, si tu veux, les requêtes partent un peu dans tous les sens. Il avait du mal à faire un profil très cohérent. Bon, enfin voilà. Bon, je ne retrouve pas. Je suis assis au titre de mon agenda Google, c'est ça, oui. Qu'est-ce qu'il me dit? Donc, il me dit comment il a travaillé. Il me donne toutes les heures. Voilà, vous avez passé une heure.
Bruno :
[
10:08] Qu'est-ce que tu peux vous dire là-dessus ?
Jérôme :
[
10:09] Qu'est-ce que je peux vous dire là-dessus ? Donc, mars et avril ont été les mois les plus chargés où j'ai travaillé. Quoi ? Plus de 65 heures de rendez-vous chacun. Ça ne veut pas dire que je travaille que 65 heures sur deux mois.
Bruno :
[
10:20] Non.
Jérôme :
[
10:21] C'est les rendez-vous qui sont inscrits dans mon agenda. Mars est dominé par des tâches autres. Donc, ça, c'est non identifié. Avril combine de nombreux voyages, 27 heures, 7 de voyages.
Bruno :
[
10:33] Quand même.
Jérôme :
[
10:34] Pourtant, je n'étais pas en bateau. Je ne sais pas. Et puis voilà. Tu as beaucoup voyagé. Après, il me donne des conseils pour la gestion du temps basée sur des études de l'Université de Géorgie, etc. Bon, j'avoue que je n'ai pas trop approfondi. C'est plus la démarche qui est intrigante. En tout cas, on met le doigt dans un monde complètement nouveau.
Bruno :
[
10:57] Oui.
Jérôme :
[
10:58] Enfin, voilà. Oui, les voyages représentent 25 % de mon temps, la catégorie autre, tac, tac, tac, les enregistrements totalis de 22 heures. Voilà, tu sais tout.
Bruno :
[
11:07] Mais tu vois, ça, c'est l'exemple d'un processus de réflexion, en guillemets, que normalement, tu n'aurais pas fait.
Jérôme :
[
11:15] Non.
Bruno :
[
11:15] Parce que tu n'as pas le temps de le faire. De demander à la machine d'analyser tes données à toi, comme une entreprise analyse ses données, pour arriver à bonifier l'expérience et sa productivité, c'est un bel exemple pour un solopreneur, par exemple.
Jérôme :
[
11:28] Absolument. Oui, oui, c'est vrai. Mais c'est un outil pour s'organiser qui est formidable.
Jérôme :
[
11:33] Bon, ça, c'est ChatGPT. Et dis-moi, parmi les nombreux papiers que tu as produits encore cette semaine, car tu deviens une machine à toi tout seul, j'ai vu que tu avais fait un papier sur les nouveaux petits amis d'Elon Musk, les personnages virtuels de Grock. C'est ça, les personnalités virtuelles de Grock.
Bruno :
[
11:52] Oui, ces avatars, qui sont des dérivés essentiellement, qu'on crée des personnalités avec la machine, la mécanique de Grock. Il y a déjà le personnage féminin, qui a un nom, mais je l'ai oublié.
Jérôme :
[
12:07] Donc, c'est le personnage visuel, c'est ça? C'est des images.
Bruno :
[
12:10] Exactement. Il y a le panda qui est un peu particulier. Il y a un personnage masculin. Et là, cette semaine, Elon Musk a dévoilé qu'il est en train de créer, pas lui, mais son équipe, Baby Grock. Et donc, le prochain marché qu'il veut atteindre ou séduire, c'est le marché des enfants. Je ne suis pas vraiment épaté ou époustouflé par cette démarche-là. J'ai l'impression que c'est comme quelque chose, un fait divers à côté, une utilisation qu'on peut faire. Mais tu sais, des personnages virtuels avec qui on peut s'entretenir, ça existe depuis longtemps. Mais là où ça pose des questions, et peut-être même une crainte chez moi, c'est de le voir arriver en disant, moi je vais m'occuper de vos enfants. Est-ce qu'il y a vraiment quelqu'un qui nous écoute, qui a des enfants et qui voudrait permettre à Elon Musk de s'occuper de la réflexion de vos enfants, d'informer vos enfants, d'éduquer vos enfants, de lui enseigner? Écoute. J'avoue que ça soulève des questions.
Jérôme :
[
13:16] Je comprends ton point de vue, voire ton interrogation, voire ton ton un peu sarcastique, mais moi, je dis, attention, on peut être surpris. On peut être surpris.
Bruno :
[
13:26] De sa part, oui.
Jérôme :
[
13:27] Ça, c'est sûr. Non, mais attends, Grock nous a déjà surpris. Grock, on s'attendait à ce que ce soit une espèce d'émanation, je ne sais pas quoi, néo-nazi, sans borne, sans foie ni loi. En fait, on s'aperçoit que c'est quand même un très bon agent.
Bruno :
[
13:42] Jusqu'à maintenant.
Jérôme :
[
13:43] Jusqu'à maintenant, malgré ses dérapages. Il y a eu des dérapages. Moi, j'en ai parlé de mon petit peu aussi.
Bruno :
[
13:46] Oui, mais ils ont tous, à un moment.
Jérôme :
[
13:47] Donné… Toutes les IA ont dérapé et on ne peut pas juger là-dessus, même si ça reste du coup un risque potentiel et d'autant plus grave s'ils sont des enfants. Donc, je ne dis pas, je suis comme toi. Aujourd'hui, je ne dirais pas à des enfants, allez-y, tranquillou, allez vous amuser avec Grock. Mais franchement, reviens dans quelques temps et je me dis qu'on pourrait peut-être avoir des surprises. une espèce de groc ou d'IA de manière générale de chatbot un peu bien bien encadré bien bien fine-tuné parce que c'est le terme c'est le terme, et spécialement polissé pour les enfants. Est-ce que même, ce ne serait même pas plus safe que des réseaux sociaux ouverts aux 80?
Bruno :
[
14:35] Oui. Mais tu vois, ce même outil-là, s'il était fait en Europe, j'aurais moins de crainte. Mais là, avec ce qui vient de passer aux États-Unis, le plan IA du président américain, là où il a fait sauter tous les verrous autour de l'encadrement de l'IA sur son territoire, il n'y a rien de rassurant là-dedans. Alors, de voir un XAI qui se met à piloter un produit comme ça, ça va se retrouver où? Est-ce qu'ils vont le vendre? Puis, ça va apparaître dans les petites Barbies, les petits labubus qui vont être vendus.
Jérôme :
[
15:05] Mais bien sûr, demain, il y aura de l'IA dans Barbie, évidemment. C'est ça, mais j'espère que ce ne sera pas… Tu pourras dialoguer avec elle.
Bruno :
[
15:12] Oui, mais pour le moment, j'espère que ce ne sera pas groc. Parce que quand tu entends parler Elon Musk qui veut revoir à l'intérieur de ses outils de XAI, il veut revoir l'histoire et réaligner les informations,
Bruno :
[
15:27] tu te dis que ça va jusqu'à haut. En tout cas, je ne veux pas aller plus loin là-dedans, mais je voulais au moins informer les gens qui nous écoutent.
Jérôme :
[
15:34] Oui, tu as raison.
Bruno :
[
15:35] C'est en train d'être développé. À vous maintenant, selon vos idées,
Bruno :
[
15:38] de choisir si vous allez faire confiance ou pas, c'est tout.
Jérôme :
[
15:41] Oui, mais c'est amusant. C'est intéressant que tu parles de ce qui se passe aux États-Unis où, effectivement, Elon Musk veut tout déverrouiller pour faire plaisir aux entreprises d'IA.
Bruno :
[
15:50] Je parle de Donald Trump qui veut tout déverrouiller.
Jérôme :
[
15:51] Donald Trump, oui, Donald Trump. Et je les confonds tout le temps.
Bruno :
[
15:55] Ah, l'absurde, ça, c'est intéressant.
Jérôme :
[
15:57] Alors que nous, en Europe, c'est l'inverse parce que début août, il y a l'EI Act qui va entrer en vigueur.
Bruno :
[
16:02] Mais oui, mais ça, ça va changer des choses, ça.
Jérôme :
[
16:04] Eh oui, normalement, ça va commencer à entrer en vigueur le 2 août. Donc, c'est ce règlement européen pour encadrer l'IA. mais tu sais que chez nous ça coince alors ça coince pour l'instant c'est surtout les boîtes américaines qui ne sont pas contentes et c'est normal, et la première étape c'est donc ce code de bonne conduite qui a été proposé et Meta a dit qu'il ne le signerait pas en fait, ça ne veut pas dire qu'ils feront forcément n'importe quoi, ça veut dire que en fait c'est un peu piégeux parce que ça veut dire qu'ils donneront plus de travail aux fonctionnaires européens qui vont devoir analyser tous les trucs de Meta, comme s'ils s'étaient engagés à rien faire de mal alors que les autres en s'engageant à faire quelque chose de bien, en s'engageant à rester dans les clous, et bien du coup ils auront une présomption d'innocence alors que Meta aura une espèce de présomption de culpabilité mais ça va faire un boulot monstrueux Et si l'objectif, c'est d'ensevelir les fonctionnaires européens sous des tonnes de travail, ils ont gagné.
Bruno :
[
16:59] Ils ont réussi.
Jérôme :
[
17:00] Ils ont réussi. Enfin, on va voir ce que ça donne, ce règlement européen, parce que c'est le vrai truc. Ça va être, à mon avis, l'événement, le sujet important de 2026. Est-ce qu'on va trop loin ou pas?
Bruno :
[
17:13] Mais Jérôme, à moyen terme, je ne parle même pas du long terme, mais à moyen terme, As-tu l'impression que ça, ça pourrait avoir le même impact sur les citoyens européens et les entreprises, par le même coup, que ce que vous avez fait quand vous avez encadré l'utilisation des données sur Internet? Oui.
Jérôme :
[
17:32] Mais le RGPD concernait plus directement les utilisateurs. Enfin, c'était les entreprises. Pour les protéger. Là aussi, le but du jeu, c'est de protéger, mais l'IA est quand même encore tellement à un stade expérimental. Enfin, en tout cas, on est dans la course à l'IA. Et donc, les entreprises inventent, inventent, créent, innovent, investissent, développent des nouveaux produits. On n'est pas encore complètement sur... Il y a presque des innovations de rupture tous les quatre matins. Et je pense que c'est surtout les entreprises qui vont être impactées. les citoyens, qu'est-ce que ça va faire ? Bon, on ne pourra plus générer des images qui ressemblent à des images de films parce que pour des questions de droit d'auteur, etc. Oui, il y aura peut-être ce genre de choses. Ça va être un peu la fin de la récré, en fait.
Bruno :
[
18:26] C'est drôle que tu donnes cet exemple-là de créer des images de films avec l'IA. On ne pourrait plus parce que c'est quoi? Je lisais cette semaine qu'il y a la fameuse série Caméra Café. Il y a le producteur de la série qui a dit qu'à compter de 2026 en France, les gens vont pouvoir retrouver les mêmes personnages, mais de nouvelles histoires à partir de matériels qui vont avoir été générés par l'intelligence artificielle. Donc, pas d'acteurs, pas de montage, pas de film, pas d'enregistrement, que des promptes qui vont générer les mêmes personnages avec des nouveaux scénarios. Des scénarios qui, certains vont être neufs et d'autres vont avoir été pris dans des productions qui ont reçu des licences pour développer la marque, notamment des histoires développées au Québec. Alors, ça va être intéressant de voir. D'ailleurs, les deux principaux personnages de la série ont accepté le projet. Alors, j'ai hâte de voir. Ça, ça va être l'an prochain. On va voir le résultat. Et puis, on va voir, surtout, si le public va être là.
Jérôme :
[
19:25] Exactement. C'est ça qui va être intéressant, c'est de voir si ça marche ou pas. Parce qu'on n'a pas eu vraiment encore d'expérience de ce genre de choses. On a vu des pubs, il y a des petits trucs par-ci, par-là. Il y a une série sur Netflix, là, qui est pas mal. D'ailleurs, comme moi, j'ai regardé, qui s'appelle Eternaute ou quelque chose comme ça. Et ils ont avoué, mais après coup, qu'il y avait des scènes qui avaient été faites grâce à l'intelligence artificielle. mais il y a quand même des vrais comédiens donc ça dénature pas du tout le côté humain.
Bruno :
[
19:55] Là tu es en train de me dire que pendant que tu es à Beyrouth tu as le temps de regarder Netflix ?
Jérôme :
[
20:00] Non j'ai autre chose à faire mais j'avais regardé avant mais voilà après c'est aussi ça le règlement européen c'est-à-dire qu'il faut qu'on puisse faire ce genre de choses si demain les Américains dérégulent et nous on régule et que du coup nous on ne peut plus faire ce genre d'expérimentation en tout cas même de production, Eh bien, eux, à Hollywood, ils vont s'en donner à cœur jour. Enfin, à Hollywood, ce n'est pas sûr, parce qu'ils auront des problèmes à régler avec l'industrie traditionnelle du cinéma, on va dire.
Bruno :
[
20:27] Oui, je trouve que là, tu as vu Donald Trump, cette semaine, qui, en conférence, justement, il y avait un sommet de l'IA à Washington, et qui disait, écoutez, oubliez ça,
Bruno :
[
20:39] la propriété intellectuelle, dans le contexte de l'IA, ça n'existera plus. Alors, c'est impossible de payer, de rémunérer les ayant droit, alors ça va être le free for all pour citer, Jérôme, cette semaine, quand même, on va arrêter de parler d'actualité, il y a des trucs qui sont au programme sur mon numérique?
Jérôme :
[
21:00] Écoute, des trucs pas mal du tout. D'abord, je vais parler de la manière dont on peut aujourd'hui faire des commentaires sur des épreuves de sport en direct. C'est une entreprise française qui fait ça, qui s'appelle Dot Vision. Il y a des trackers partout, GPS, etc. On suit les concurrents et c'est une IA générative qui fait du commentaire et de l'analyse en temps réel. Alors, est-ce que c'est la fin des commentateurs sportifs en chair et en os? C'est la question que je pose à mon invité.
Bruno :
[
21:32] Et tu me permets d'ajouter que la dernière fois que j'étais en Italie avec les gens de la F1, je parlais avec la grande patronne du sport chez AWS, chez Amazon, pardon, et elle me racontait que maintenant, avec les gens du circuit de golf aux États-Unis, il y a un service maintenant qui suit tous les gens. Parce qu'on voit l'équivalent de 15 % des jeux quand on suit une télédiffusion de golf à la télé. Alors maintenant, il y a des IA comme ça qui suivent chaque golfeur et on regarde une chaîne en particulier et c'est le golfeur qu'on suit pendant les 18 trous, avec une voix générée par IA qui commente la performance de son joueur préféré.
Jérôme :
[
22:15] Alors, D'autres visions ne font pas encore de commentaires beaucoup, mais évidemment, ils y réfléchissent.
Bruno :
[
22:18] On n'est pas loin.
Jérôme :
[
22:19] C'est du commentaire écrit. Puis sinon, je parle d'IA aussi parce que je fais des rediffusions d'interviews, tu le sais. cet été dans le monde numérique.
Bruno :
[
22:27] Qui valent la peine d'être réécoutés.
Jérôme :
[
22:30] Absolument. Et là, je reviens sur le sommet de l'IA qui avait lieu en février dernier. Et on écoute Demi Sassabis de Google, qui est le big boss de Google, qui avait fait une intervention orale. Donc, j'en rediffuse un passage. Et Luc Julia, mon camarade, enfin mon camarade, non, mon professeur, le docteur en intelligence artificielle, Luc Julia, qui analysait justement le sommet de l'IA. Donc, ça a écouté cette semaine dans le monde numérique. De quoi parles-tu dans ton carnet, de ton côté, Bruno, cette semaine ?
Bruno :
[
22:59] Bien, Jérôme, j'apporte ton attention et celle de tes auditeurs sur deux sujets. Tu sais, puis on l'a mentionné, Perplexity a lancé Comet, son navigateur, son furteur. Bien, Yannabelle Nicoud, qui est une ancienne journaliste ici du Québec, qui maintenant travaille à San Francisco, qui fait partie du club sélect de bêta-testeurs de Comet. Et donc, elle nous parle. Ça fait deux semaines qu'elle navigue avec ça. Entre nous, elle utilise quelque chose comme 300 furteurs différents sur son ordinateur. Mais là, elle a passé les deux dernières semaines avec Comet. Elle nous parle de l'expérience. Écoute, ça s'apparente à l'expérience que tu as eue avec Chad GPT. Alors, c'est vraiment, ça va changer notre façon de travailler. Puis sinon, on va aller faire un tour notamment en Afrique. Aller rejoindre Muriel Edgio, qui est mon collaborateur là-bas. Et on va parler de l'Afrique qui commence à s'intéresser aux travailleurs autonomes qui veulent s'expatrier pour, comment on appelle ça, les nomades numériques.
Jérôme :
[
23:59] Les nomades numériques.
Bruno :
[
24:00] Exactement. Et là, il commence à y avoir quelques pays africains qui ont développé des visas spécifiquement pour accueillir ces gens-là. Des gens qui dépensent entre 1000 et 3000 dollars par mois dans l'hébergement, la nourriture et développer la qualité de vie autour. Oui, alors c'est une manne intéressante qui est là.
Jérôme :
[
24:17] Très intéressant.
Bruno :
[
24:18] Deux sujets dont on parle, mais bon, il y a quelque chose comme 8 invités sur l'émission cette semaine.
Jérôme :
[
24:22] 8 invités?
Bruno :
[
24:24] Mais ce n'est pas possible. Oui, mais c'est le retour au travail.
Jérôme :
[
24:27] Mais on a dit que c'était les vacances. Non, la semaine dernière.
Bruno :
[
24:29] C'était les vacances.
Jérôme :
[
24:30] C'était la semaine dernière, les vacances. Donc, à écouter cette semaine dans ton carnet.
Bruno :
[
24:35] Oui, monsieur. Puis entre-temps, je souhaite une bonne suite de balado-diffusion à tes auditeurs et à toi. Est-ce que tu es capable de dire balado-diffusion, toi?
Jérôme :
[
24:45] Si vraiment tu me menaces, oui, je vais le dire, balado-diffusion.
Bruno :
[
24:50] Merci, tu as jeté en enregistré. Merci.
Jérôme :
[
24:52] Merci d'écouter ce balado.
Bruno :
[
24:55] Jérôme, entre-temps, je te souhaite une bonne fin de séjour à Beyrouth. On salue les Libanais qui nous écoutent. Et puis, je te dis à la semaine prochaine.
Jérôme :
[
25:01] Salut Bruno, à la semaine prochaine.