🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – VivaTech 2026 : le défi de la souveraineté technologique

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – VivaTech 2026 : le défi de la souveraineté technologique

VivaTech rivalise désormais avec le CES • La souveraineté numérique révèle ses contradictions • L’affaire Anthropic réveille l’Europe • L’IA s’affiche optimiste malgré les craintes sur l’emploi • Les robots restent encore largement en apprentissage • La deep tech française montre ses forces.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

VivaTech change de dimension

Nous dressons le bilan de la dixième édition de VivaTech, devenue un rendez-vous international capable de rivaliser avec le CES par son ampleur, ses intervenants et la diversité des innovations présentées. Bruno souligne toutefois l’écart entre les chiffres annoncés, la visibilité offerte aux délégations étrangères et les retombées commerciales réellement obtenues.

Une souveraineté numérique à double tranchant

Nous revenons sur l’omniprésence de la souveraineté technologique dans les allées du salon. La priorité donnée aux solutions françaises et européennes répond à une dépendance devenue préoccupante envers les États-Unis, mais elle risque aussi de fermer la porte à des partenaires comme le Canada, pourtant proches de l’Europe sur les plans économique et politique.

L’Europe ne pourra pas avancer seule

Nous défendons une souveraineté fondée sur la coopération plutôt que sur l’autarcie. Aucun pays ne dispose seul de toutes les infrastructures, des capacités industrielles et de la puissance de calcul nécessaires : la France, l’Allemagne, le Canada et d’autres partenaires doivent donc combiner leurs forces.

Quand les géants américains se disent souverains

Nous observons comment Microsoft et d’autres groupes américains adaptent leur discours en proposant des centres de données locaux, des services opérés en France et des dispositifs de contrôle renforcés. Leur argument est simple : la souveraineté doit rester compatible avec la compétitivité et l’accès aux technologies les plus performantes.

Des IA adaptées aux cultures locales

Nous insistons sur un enjeu souvent négligé : l’entraînement des modèles dans les langues, les références et les réalités culturelles de chaque pays. Des modèles majoritairement façonnés par la culture américaine risquent de diffuser des biais et des représentations qui ne correspondent ni à l’Europe, ni au Canada, ni au Brésil.

L’affaire Anthropic provoque un électrochoc

Nous analysons la décision américaine ayant conduit Anthropic à suspendre ses modèles Fable 5 et Mythos 5 après des inquiétudes liées à leurs capacités en cybersécurité. Même si l’Europe n’était pas directement visée, l’épisode a démontré qu’une décision prise à Washington pouvait interrompre brutalement l’accès mondial à une technologie stratégique.

L’optimisme de Jeff Bezos et Yann LeCun

Nous évoquons les interventions de Jeff Bezos, Amazon, Blue Origin et Prometheus, et de Yann LeCun, AMI Labs et New York University, qui ont défendu une vision moins alarmiste de l’intelligence artificielle. Face aux scénarios de suppressions massives d’emplois, ils mettent davantage l’accent sur la création d’activités, la productivité et le manque futur de main-d’œuvre.

Des robots encore peu autonomes

Nous faisons le tour des humanoïdes présentés par Unitree, Agibot, Wandercraft ou Enchanted Tools. Derrière les démonstrations spectaculaires, beaucoup de machines restent téléopérées : le véritable défi consiste désormais à leur apprendre à comprendre leur environnement et à agir seules de manière fiable.

Les robots vont-ils prendre nos emplois ?

Nous estimons que la robotisation touchera d’abord les tâches pénibles, répétitives ou dangereuses. Comme lors des précédentes révolutions industrielles, certains métiers disparaîtront ou évolueront, ce qui rend indispensables la formation, la reconversion et l’accompagnement des travailleurs.

Le luxe accélère dans l’IA

Nous observons la place centrale de LVMH et de L’Oréal dans l’écosystème VivaTech. Au-delà de la vitrine, les groupes de luxe utilisent désormais l’intelligence artificielle pour le conseil, la relation client et la visibilité de leurs produits dans les assistants conversationnels, appelés à devenir de nouveaux prescripteurs.

La deep tech française en première ligne

Nous mettons en avant la recherche menée par le CEA, Inria, le CNRS et Orange autour des agents d’intelligence artificielle et de leur interopérabilité. Ce travail de fond, moins spectaculaire que les démonstrations commerciales, constitue pourtant l’un des atouts les plus solides de l’écosystème français.

Des innovations venues de plusieurs continents

Nous soulignons la forte représentation du Canada, de l’Afrique et de l’Asie dans le salon. Bruno présente notamment Alexandre Triquet, Reveal Life Science, dont le dispositif d’analyse de tissus aide à détecter des cellules cancéreuses et a remporté l’OVHcloud Startup Challenge de VivaTech 2026.


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[00:00:03] Le débrief transatlantique Salut à tous et bienvenue à Paris pour VivaTech 2026, pour ce débrief transatlantique habituel, mais qui cette semaine n'est pas transatlantique puisque tu es là à mes côtés Bruno Guglielminetti, salut ! Salut Jérôme Colombain, d'ailleurs tu m'accueilles à mon numérique, très heureux de porter le micro. Effectivement, tu portes le micro Monde Numérique. Voilà, pour ceux qui nous regardent, qui regardent ce débrief en vidéo, J'espère que vous êtes nombreux parce qu'on a mis des petits plats dans les grands.

[00:00:32] Yai, yai, yai ! Écoute, on a eu une permission de la part des organisateurs de VivaTech pour avoir accès à un salon privé avec ce que Shakespeare aurait appelé un backdrop, Un décor de VivaTech, pour vous permettre justement que ça soit plus agréable à regarder. Exactement. Mais vous ne perdez rien si vous écoutez uniquement la version audio parce que les propos seront beaucoup plus intéressants. Mais quand même, attention Bruno, tu as vu, trois caméras. Ah oui, trois caméras !

[00:01:01] C'est tellement le gros budget là ! Je ne sais pas si tu te rends compte. Alors nous on aime bien bricoler, voilà, si vous nous connaissez, je pense qu'on est peut-être les podcasteurs les plus… Bricoleurs ! Bricoleurs ! Bricoleurs, mais les plus bidouilleurs ! Oui, mais toutes les semaines on invente des nouveaux trucs, puis en plus comme on travaille seul, il faut le dire, enfin quasiment presque seul, je ne parle pas des 25 personnes qui sont derrière toi et les 12 qui me suivent.

[00:01:26] Mais on est obligé d'inventer, on est obligé de ruser, etc. Donc là, eh bien, c'est mon petit setup, je me suis fait plaisir cette année avec deux petites caméras. C'est impressionnant. Et composé de deux… Deux DJI Osmo Pocket 3. Alors si vous connaissez, vous savez ce que c'est. C'est des petites caméras avec la tête qui est motorisée. Alors on en a une chacun qui nous pointe, c'est comme ça que vous arrivez à nous voir. Et puis, tu as aussi installé une troisième caméra.

[00:01:52] Et voilà, pour ce qu'on appelle le plan large, on a la troisième caméra là-bas qui est un iPhone en fait, tout simplement, qui nous filme. Voilà, et les deux petites caméras en fait, moi je les utilise aussi en interview puisque… pourquoi ? Parce que comme la tête peut tourner, ça permet de faire du champ contre champ. Oui, des deux côtés, oui. Et donc, ça filme la personne que j'interview et ça me filme moi-même. Mais là, tu es en train de décrire ce que les gens voient s'ils nous regardent par exemple sur YouTube.

[00:02:14] Sauf que, moi je vais ajouter que si vous les écoutez en audio et particulièrement si vous écoutez Mon Carnet, là, si vous nous entendez, c'est parce que sous les bonnettes… Je ne vais pas le défaire, je ne veux pas. C'est vrai. Sous les bonnettes, il y a des micros sans fil. Il y a deux micros. Il y a deux micros chacun. C'est fou de parler de ces détails-là, mais je suis sûr que ça intéresse des gens. Donc, sous la bonnette, il y a deux micros. Il y en a un qui est relié au système de caméra de Jérôme et il y a un autre qui est relié à un téléphone qui lui enregistre la conversation. Et ça fait 3 minutes 30. Mais oui.

[00:02:42] Mais pourquoi on fait ça ? Parce qu'on a plein de contraintes dans ce genre d'événements. Et là, juste après l'enregistrement, toi, tu dois partir très vite. Moi, je dois rester encore un peu. Toi, tu vas les monter. Tu as besoin d'avoir les sons tout de suite. Le temps que je te les envoie, ça te retarderait dans ton process. Donc, tu as besoin d'avoir ta version. Et ça ne paraît pas. Mais donc, c'est ça. Alors, ce que vous voyez chaque semaine, c'est vraiment deux versions différentes avec les mêmes propos, mais quand même deux versions différentes. Exactement. Bruno, revenons au cœur du sujet. VivaTech. Merci d'être venu. Merci d'accueil. Merci de venir chaque année maintenant à VivaTech.

[00:03:12] Oui. Et d'ailleurs, est-ce que tu viens à VivaTech parce que pour toi, vu du Canada habituellement, c'est devenu un salon important ? Je vais être franc avec toi. Tu vas dire non ? Bon ben, salut. Ok. Ça va aller vite, cette conversation-là. Non, vas-y, c'est quoi cette hésitation ? Sérieusement, pour être bien franc avec toi, je viens pour deux raisons. La première, parce que ça me permet de venir en France et de rencontrer des joueurs français.

[00:03:38] Tu sais, je l'ai fait à distance, mais de pouvoir être là, de savoir que tout le monde qui est dans l'industrie se retrouve sur VivaTech. Ça, c'est la première chose. Et deuxièmement, et c'est encore plus vrai cette année, si je compare à l'an dernier, et puis je l'ai dit sur le plateau de François Sorel, désolé pour ceux qui ont déjà entendu,

[00:03:57] c'est que cette année, moi j'ai l'impression, même comparativement à l'an dernier, VivaTech a plus rien à envier au CES parce que l'essentiel de ce qui est intéressant à voir est maintenant disponible chez vous. Mais je suis d'accord avec toi. Et c'est incroyable, on n'aurait jamais pensé dire ça un jour. Ben non. C'est la dixième année, c'est la dixième édition de VivaTech. Donc c'est important, c'est un anniversaire. C'est aussi les cinq ans de monde numérique, mais bon, c'est pas… Non, non, mais il faut quand même le mentionner. Voilà, on peut le mentionner. Bon anniversaire.

[00:04:25] Merci. Mais surtout, rappelle-toi, il y a dix ans, bon, c'était, il y avait, je crois, il y avait 40 000 visiteurs. Aujourd'hui, on parle de 180 000, 200 000. Ils vont peut-être aller sur les 200 000 quand on aura le bilan final. Et puis, effectivement, tout le contenu. Et au début, on se disait, ouais, c'est un salon, les Français pourront jamais tenir la distance.

[00:04:50] Et en termes de fréquentation, si les chiffres sont exacts, il y a toujours un petit doute. Ça fait deux ans qu'ils annoncent 180 000 visiteurs. S'ils ne mentent pas, et si le CES ne ment pas de son côté, ben c'est la même chose. On a du mal à le croire, parce que quand même, le CES, ce qu'on te voit, c'est énorme. Moi, mais pour le nombre de gens qui viennent, je n'ai pas trop de problème avec ça. Parce qu'évidemment, il y a du volume. Puis surtout que c'est ouvert au public. Le CES, c'est pas… Mais c'est ça, c'est que le Vivatec est un jour de plus et qui est ouvert au public. Ça fait la différence. Ça fait la différence.

[00:05:18] Où j'ai de la difficulté avec les chiffres, puisqu'on compare les deux, c'est que tous les ans, au CES, on annonce quelque chose comme 1000 startups qui sont dans le coin de Eureka Park, pour les gens qui connaissent, dans le coin de Venetian. Ici, c'est quoi? Ils en annoncent 15 000. Ben oui, mais bon, non, ça ne se peut pas. Alors attention, parce que au CES, tu as l'Eureka Park avec des startups, mais tu as aussi des startups à d'autres endroits. Oui, mais quand ils font la renonce officielle, il y a plus de 1000 startups qui vont être là. Mais ici, 14 000.

[00:05:48] Oui, c'est… Et puis on s'entend, probablement qu'ils sont 5 à partager le même kiosque. Mais 14 000, c'est énorme. C'est énorme. Alors, je ne dis pas qu'il y a quelqu'un qui ment. Mais c'est juste que le calcul, moi, je serais curieux de savoir comment ils arrivent à le faire. Oui. Bon, alors à part les chiffres, à part la chaleur écrasante… Oui, bien ça, c'est bien. Tant qu'à faire dans la déco, ici, cette année, c'est bien. Parce que pendant qu'il fait 35 degrés dehors, ici, on est à l'air frais. Là, actuellement, oui, on est climatisé, donc c'est pas mal. Ça, c'est ce qui est bien. Ce qui n'est pas bien, c'est que…

[00:06:17] Et c'est peut-être la preuve d'un grand salon, c'est qu'au côté télécom, il n'y a plus rien qui marche. T'en veux une bonne ? T'as du réseau, toi ? Moi, je n'ai rien du tout. Non, non. Quand j'arrive ici… Bien ça, c'est la lacune. Particulièrement cette année. Mais pire encore, ça, je ne suis pas sûr qu'ils vont aimer que je raconte. Ah, on dit tout, on dit tout. À l'ouverture de VivaTech, donc mercredi matin, j'arrive au kiosque du Canada. Pas d'électricité. Oh ! Tous les écrans. Écoute, c'est l'année où le Canada parle de l'IA.

[00:06:47] Pas un écran qui fonctionne. Oh mon Dieu. Ils avaient eu une fuite d'eau. Ils n'avaient pas payé la facture ? Non, la veille, ils avaient eu une fuite d'eau juste au-dessus du… C'est bizarre. Juste au-dessus du kiosque du Canada. Un attentat, tu crois ? Et finalement, ça a fait sauter le dujoncteur. Ça, ça arrive partout. Oui, je sais. C'est arrivé au CES, au plateau de BFM. Oui, oui. Le plateau de BFM inondé la veille de l'ouverture. Oui, mais là, on parle du VivaTech. Moi, je ne t'amène plus aux États-Unis. Je t'amène au VivaTech. Et donc, là, pendant une heure, ça a été la panique parce que, écoute, on commence

[00:07:17] le VivaTech, les officiels sont là, puis il n'y a rien. Mais heureusement, Isabelle Turcotte, qui est la grande patronne de la délégation canadienne, a fait aller ses contacts et ça a pris une heure. Il y avait une équipe qui est venue réparer ça. Mais quand même… Elle a appelé le PDG d'EDF. Remettez-moi tout ça en haut. Ça ne va pas. Bon, écoute, en tout cas, très beau salon. Très belle présence canadienne cette année encore. Ce n'est plus vous le pays chouchou cette année. Non, c'est les Allemands. Désolé, c'est l'Allemagne.

[00:07:45] Oui, mais grande coïncidence parce qu'en septembre, sur l'expo All-in à Montréal, c'est aussi les Allemands. C'est vraiment leur année. Oui, les Allemands. Écoute, pourquoi pas? Mais nous, je ne sais pas vous, mais nous, Français, il faut qu'on se rapproche des Allemands parce que nos relations… C'est notre puissance. C'est compliqué. C'est la deuxième… Enfin, c'est l'autre grosse puissance européenne. On a plein de choses à faire ensemble. Il y a des choses qui se font. J'ai appris, en fait, à l'occasion de ce bibliothèque, il y a une start-up franco-allemande spatiale pour l'espace. Ah ouais? Qui s'appelle The Exploration Company.

[00:08:13] Ils font des capsules spatiales. Est-ce que ça va être aussi bien qu'Airbus? Ah ben, ils bossent un peu dans tout l'écosystème Airbus, je crois. Bon, il y a plein de choses à faire, mais on sait qu'il y a des tiraillements avec les Allemands. Ce n'est pas facile. Alors qu'on devrait, tu vois, par exemple, unir nos forces pour de l'IA souveraine, du cloud souverain, etc. Et en fait, chacun joue un peu perso. Bon, les Allemands, il faudrait être un peu plus sympa. Je ne sais pas, peut-être que les Français, en sous-main, ne sont pas non plus irréprochables. Non.

[00:08:40] Mais voilà, il faut qu'on soit plus proche des Allemands, d'où peut-être le fait qu'ils soient nos amis. Bon, arrête de blâmer les Allemands, laisse-moi blâmer les Français. Je ne les blâme pas, je leur dis, soyons amis, quoi. Oui, mais tu me permets de blâmer les Français? Oui, bien sûr. Mais nous, c'est un sport national, l'auto-shaming. Oui, mais permets-moi de participer. Non, c'est juste que ce que je vois pour parler avec des entreprises qui viennent ici, des délégations, et pas que canadiennes, mais aussi canadiennes, c'est que tout

[00:09:08] le monde me dit, c'est merveilleux ici, c'est une vitrine, mais on ne peut plus faire de business en France. Ah, pourquoi? Ah bon, pourquoi? Parce que maintenant, la consigne, c'est on achète français ou on achète européen. Mais même le Canada, qui est probablement le pays hors Europe qui est le plus européen, bien la porte, elle commence à se fermer. Ah oui, d'accord. Et donc, moi, j'ai parlé avec des entreprises qui ont mis des milliers de dollars pour venir ici, pour s'installer, pour avoir de beaux habits, et finalement, c'est une vitrine.

[00:09:37] Ah mince, c'est intéressant ça. Et ça, tu vois, si ça vient du point de vue des Canadiens, puis des gens de différentes délégations asiatiques notamment, et africaines à qui j'ai parlé, il y a comme un malaise. Bien, c'est le revers de la fameuse souveraineté numérique après laquelle on court. Et d'ailleurs, c'est intéressant qu'on en parle parce que c'est quand même un thème vachement fort cette année à Vivatèque. Il est partout. Ça, puis l'IA, c'est partout. Oui, tout à fait.

[00:10:02] Et la souveraineté numérique, c'est comment être plus français, être plus européen, mais c'est surtout s'affranchir vis-à-vis des Américains. Et c'est super dur, mais c'est vrai que le revers de la médaille, c'est ça finalement. Bien, les joueurs qui sont... Et c'est ça que je trouve triste là-dedans, c'est que je comprends, puis on ne veut pas le dire. Puis quand tu parles, tu fais des entrevues avec des gens, c'est « oui, mais c'est important d'investir en France, en Europe ». Oui, bien sûr. Oui. Mais on s'entend que toute cette réaction-là est faite à cause, depuis un an et demi,

[00:10:31] de directives qui sont faites chez nos voisins aux États-Unis. Oui, c'est une réaction anti-Trump. Oui. Mais je pense que les décisions de Trump n'ont fait que rendre plus visible... Accélérer. Oui, parce que le risque de perte de souveraineté, ça fait des années qu'il y a des gens qui tirent la sommeil d'air. Bien sûr. Depuis des années. Moi, j'en parle depuis des années aussi. Mais ce que je trouve dommage, c'est que dans la réaction par rapport à ça, bien là, on est en train d'envoyer le bébé avec l'eau du bain. C'est vrai. C'est intéressant. Et donc, c'est important.

[00:11:01] Puis là, j'ai l'impression de faire de la politique, mais je pense que c'est important pour les pays, autres que les Américains, je ne veux pas être contre les Américains, mais autres que les États-Unis, bien de s'unir dans le développement de souveraineté. Parce qu'on s'entend, il n'y a pas un pays qui va réussir. Ça, j'entendais Yves Maître le dire, puis il a raison. Il n'y a pas un pays, la France, le Canada, l'Allemagne... Ça ne peut être 100 % souverain. Bien oui, qui va réussir. On n'a pas l'infrastructure. On n'a pas les manufactures pour le faire. Bien sûr.

[00:11:30] Donc, à un moment donné, il faut utiliser la force des uns et des autres pour arriver à faire quelque chose. Et ça, ici, je ne le sens pas. Et je pense qu'il va... Tu me permets de citer encore Shakespeare? Il faut que ce soit un reality check, là. Oui. De dire... Alors après, il faut... La carte à jouer, c'est peut-être aussi celle que jouent des acteurs américains. Je trouve ça très drôle parce qu'à Yvette, il y a un petit corner où il y a marqué souveraineté, etc. On retrouve des startups... Souveraineté.

[00:11:58] Alors non, attention, il y en a un, c'est écrit en français, le village de la souveraineté. Alors justement, je ne sais pas si tu l'as vu. Et là, on retrouve des startups, bon, moi que je connais bien, etc., qui proposent des tas de solutions souveraines. Souvent des suites bureautiques, des choses comme ça, qui ne sont pas très connues et qui sont utilisées dans certaines entreprises. OK. Et de l'autre côté du même hall, il y a un autre corner avec marqué « Sovereignty ». OK. Et ça, c'est quoi ? En fait, c'est les Américains qui se déguisent en souverains. C'est-à-dire que...

[00:12:27] Et le mot d'ordre, parce que finalement, c'est le biais qu'ils ont trouvé et qui est assez malin, y compris les grands, Microsoft, etc. Le message, c'est OK, OK, souveraineté, bien sûr, c'est important la souveraineté. Mais il n'y a pas de souveraineté sans compétitivité. Compétitivité, ça veut dire excellence technologique. Excellence technologique, c'est nous. C'est nous, les Américains. Oui. Donc, oui, oui, bien sûr, souveraineté, c'est normal pour vous. Mais franchement, vous ne pouvez pas vous passer de nous. Donc, vous êtes obligés...

[00:12:56] OK, on va mettre... On va vous faire des data centers opérés en France. On va vous faire des trucs souverains, etc. On va même vous installer sur vos serveurs, dans vos bureaux. Voilà. Mais n'oubliez pas que les meilleurs outils, vous serez obligés de faire appel à nous. Et c'est assez réaliste, quand même, malgré tout. Mais dans ce contexte-là, moi, ma perception du dossier, c'est de savoir que quand on parle de souveraineté, la version optimale, c'est que oui, il y a une partie stratégique de l'information qui doit être stockée sur le territoire d'un pays.

[00:13:25] Mais il y a d'autres informations ou de la puissance de calcul qui peuvent être utilisées à l'extérieur. Tu as raison. On peut l'anonymiser, on peut le chiffrer et donc bénéficier du savoir-faire d'autres pays qui nous regardent d'une certaine façon tout en étant sécuritaires chez nous. Bien sûr. Et même, alors, la souveraineté a plusieurs facettes et l'une d'elles, c'est l'entraînement des modèles d'intelligence artificielle. Oui. Est-ce que moins de la souveraineté que de la préférence culturelle? Mais c'est important.

[00:13:54] C'est très important aussi. Mais tu peux très bien aller entraîner des modèles, qu'ils soient européens ou pas, avec des données françaises, pourquoi pas à l'étranger. Bon, à condition qu'on soit sûr qu'ils ne nous les piquent pas au passage. Oui. Tu vois, si on leur donne toutes nos données de santé pour avoir des super-siais médicales, il ne faut pas qu'ils puissent tout choper au passage. Mais tu vois, ça, je trouve qu'on n'en parle pas assez souvent. C'est l'entraînement des modèles, mais dans un contexte culturel.

[00:14:24] C'est un enjeu dans tous les pays. Oui. Parce que le problème, c'est qu'à l'heure actuelle, les grands modèles qu'on utilise un peu partout sur la planète, c'est basé sur la culture américaine. Je ne veux pas dire nord-américaine, mais vraiment américaine. À partir de là, je m'excuse, ce n'est pas la réalité en Asie. Ce n'est pas la réalité chez vous. Ça l'est un peu chez nous, mais il y a des pans d'informations, de la réaction de la machine. Bien sûr. Il n'a rien à voir avec notre réalité. Et c'est là où c'est dangereux. Tu sais, à une époque, quand la télé américaine est arrivée sur vos écrans,

[00:14:53] Dallas et compagnie, on dit « Oh, l'impact que ça va faire. » Puis là, tout le monde s'est mis à triper sur les États-Unis. Je m'excuse, l'IA, c'est sournois, mais elle est en train de faire le même truc avec vous. Tu as tellement raison. Non, mais c'est vrai. Moi, je suis d'une génération où on était biberonnés aux rêves américains. Starsky & Hutch, les compagnies. Starsky & Hutch, tous ces trucs-là. Mais c'est ça. Mais l'impact de la télé américaine, du cinéma américain, elle a marqué une génération. Et là, avec l'IA, si on ne fait pas attention,

[00:15:21] vous allez, et je nous inclue là-dedans, on va tellement passer dans la moulinette, c'est dangereux. Comme tu le sais, j'étais au Brésil la semaine dernière. Oui. Et c'est exactement le même discours. C'est comment faire pour avoir des IA, des LLM, avec la culture brésilienne, qui soit... C'est du texte LLM, donc déjà, qu'il soit en portugais natif, et pas en portugais ou en anglais traduit, etc., etc. Donc, c'est super important. Bon, voilà. La souveraineté à Vivatec. L'IA aussi.

[00:15:52] Qu'est-ce que tu as vu de... Qu'as-tu vu de bien en matière d'IA? Ou qu'est-ce qui t'a marqué? Écoute, l'IA est embarqué dans tout. Oui. Et à partir de là, je... Quoi? On s'est nabus par où prendre le bout. Non, mais c'est ça. Tout est IA. Je pense que même le distributeur d'eau dans la salle de presse est connecté sur un modèle qui permet d'analyser, de te donner en fonction de ce que t'as soif. Alors, je ne sais pas toi, mais moi, je trouve que aussi, et c'est ce que je disais, pareil, sur le plateau de François Sorel, qu'est-ce qu'il a comme chance

[00:16:21] de nous avoir un coup l'un, un coup l'autre comme ça? C'est fou, hein? Oui. Je disais... Mais je trouve que c'est assez joyeux, ce Vivatec, assez optimiste, assez positif. Oui, oui. Tu es d'accord avec moi? Oui, tout à fait. C'est bien décrit, ça. Pourquoi? Parce que, bon, d'abord, il y a l'effervescence, il y a les gens sur les stands, il y a le dynamisme, la dynamique, etc., qu'on touche du doigt, mais aussi au niveau des speakers. Alors, l'invité vedette, on se demandait la semaine dernière qui ce serait? Jeff Bezos. J'ai perdu, c'est Jeff Bezos. Ce n'était pas derrière Medellin. On en a perdu tous les deux.

[00:16:51] On en a perdu. Jeff Bezos, donc fondateur d'Amazon et surtout patron de Blue Origin, maintenant. Mais est-ce que tu as écouté son ancienne conférence? Mais j'ai récupéré, j'ai entendu des bribes, oui, j'ai entendu des petits bouts. Bon, attends, mais non, mais il a tenu un discours quand même, un discours super positif. Oui, oui, c'était positif. Mais bon, lui, c'est quoi? Il s'en va dans l'espace. Oui, ben déjà, il dit, mais ça va être bien parce qu'on pourra mettre sur la Lune tout ce qui pollue sur Terre. Mais oui, on va aller polluer notre planète. On va aller polluer notre planète. On va aller polluer notre planète. Mais bon, oui. Une planète décharge. Non, mais aussi sur l'intelligence artificielle

[00:17:21] parce que là, par contre, c'est un truc qui est en train de monter chez nous. C'est la peur de l'intelligence artificielle par rapport aux emplois. Une peur qui est un peu entretenue. Merci Dario Amodei. Merci Sam Altman. Merci Elon Musk. Il a bien joué. Et lui, il a un discours totalement inverse. Et en disant, mais pas du tout, vous êtes fou. Au contraire, on va avoir une pénurie de, comment dire, de travailleurs dans quelques années à cause de l'intelligence artificielle. Et ça, je trouve, c'est... Alors, la vérité se situe sans doute entre les deux.

[00:17:50] Entre les deux, on s'entend. Parce qu'il y aura des suppressions de postes, etc. Mais ça ne va pas être la grande hécatombe et la job-pocalypse, comme on dit. Et bon, ça, ça contribue quand même au positivisme. Pareil, Yann Lequin, le papa du deep learning, qui a fait une keynote très remarquée, très applaudie, etc. Et qui a un discours très positif où il dit, mais ne croyez pas ces oiseaux de mauvaise augure. Ce n'est pas vrai. L'IA ne va pas nous précipiter. Je ne sais où.

[00:18:20] Cette semaine, à Paris, on a droit aux jovialistes de l'IA. Oui. Il n'y a personne qui vient de sortir d'alarme. Non, non. Genre Joshua Benjo ou d'autres, ils ne sont pas ici. Non, il y a beaucoup d'enthousiasme. C'est une édition très positive, je trouve. Quelque part, ça fait du bien aussi. Ah ben oui. Franchement. Quand on sort, je ne sais pas si vous voulez qu'on en parle cette semaine, mais quand on sort d'une histoire comme ce qui est arrivé en tropique le week-end dernier qui se fait siffler

[00:18:49] par la Maison Blanche. Il faut qu'on en parle de ça. On résume un petit peu le topo. Non, non, vas-y. Ben, vendredi dernier, donc, les gens d'Entropique reçoivent une consigne de la Maison Blanche en disant qu'ils ont quelque chose comme 90 minutes pour couper le sifflet à leur fable 5 qui est une déclinaison de l'IA... Mythos. Oui, Mythos. Et donc, à partir de ce moment-là, ils doivent s'assurer qu'il n'y a que des Américains qui ont accès à ce service-là.

[00:19:18] Même des employés étrangers, peu importe qu'ils soient sur le territoire américain ou à l'extérieur d'Entropique, ne doivent plus avoir accès à ça pour des raisons de sécurité. Ce qu'on apprend entre-temps, évidemment, bon, bien là, Entropique a dit, ben, le plus simple, c'est de couper le service à l'exception des États-Unis. Mais ce qu'on apprend entre-temps, c'est que c'est une discussion avec le patron d'Amazon, Jay-Z, qui a fait en sorte qu'il a alerté le gouvernement américain en disant,

[00:19:48] écoutez, je ne veux pas vous faire peur. Je ne veux pas vous faire peur. Mais les ingénieurs... Oui, ils ont été capables d'avoir des informations concernant la cybersécurité. Ils ont un peu hacké le FAB pour... Le FAB de 5. Le FAB de 5. Et que normalement, on ne devrait pas avoir accès à ça. Alors là-dessus, les gens qui ont discuté, qui ont reçu l'information à Washington, ne connaissant pas trop le dossier, ils ont dit, oh! Au secours. Au secours. La consigne a été lancée, le bureau du président a été alerté et puis on a fermé cette histoire-là.

[00:20:18] Ce qu'on apprend depuis ce temps-là, c'est que ces failles de sécurité-là dans les modèles, ça n'existe pas seulement chez Anthropique, ça existe sur d'autres modèles et que là, Anthropique, une fois de plus, est en train de payer le prix pour ses mauvaises relations avec Washington. Mais résultat, ça veut dire que toutes les entreprises qui avaient investi du temps pour adopter FAB de 5, qui n'avaient pas eu l'occasion de travailler avec Mythos parce que c'était le sacro-saint qui n'était pas accessible, bien, eux, ils se retrouvent le bec dans l'eau

[00:20:48] parce que ça ne fonctionne pas. Ils sont obligés de rétrograder tout leur système pour fonctionner avec le vieux système entre guillemets d'Anthropique. Et alors, cette histoire que tu as merveilleusement bien résumée, Bruno, du point de vue américain, a eu des conséquences chez nous. J'imagine. Ça a été panique à bord. Tout le week-end dernier, c'est devenu une affaire politique. Souveraineté numérique. Souveraineté numérique. Parce que, tout d'un coup, au début, on ne comprenait pas tout.

[00:21:18] On ne savait pas. On pensait que c'était une décision géopolitique de Trump. Encore une sanction contre nous. Voilà. Pour nous, vous emmerder. Et persécuter. Voilà. Et nous, dans la victimisation, tout ça, ça y est, regardez, c'est incroyable. Apple, Google, voilà. Ils nous coupent l'accès au modèle d'IA les plus perfectionnés. C'est complètement dingue. Il faut faire quelque chose. Et tous les politiques ont réagi. Oui. Mais on ne peut pas leur en vouloir. C'est normal. C'est normal. Ils ont bien fait de réagir,

[00:21:49] de tirer la sonnette d'alarme. Alors, il se trouve qu'effectivement, on n'était pas visé. Et ça, je ne voudrais pas dire, mais personnellement, je l'avais dit sur X très vite, très tôt. Je ne suis pas peut-être un très bon visionnaire, mais ça, moi, je me suis posé la question, j'avais attention. Est-ce que dans l'histoire, on n'est pas plutôt des victimes collatérales d'une affaire typiquement américaine ? Oh, c'est le cas. Et c'était exactement le cas. Et on est tous des victimes collatérales. Et on est tous des victimes collatérales. Mais il n'en reste pas moins que même si on n'était pas visé, eh bien, on en subit,

[00:22:19] ou tout d'un coup, ça a été une prise de conscience. Et encore une fois, c'est un double effet qui se coule. Le premier effet qui se coule, c'est l'effet panique en se disant on est super faible, super fragile, ils ont un modèle super puissant qu'ils ont inventé une nouvelle bombe atomique et ils ne veulent pas la partager avec nous. Donc, ils vont nous manger tout cru. Et d'un autre côté, c'est hyper positif parce que c'est une très grosse prise de conscience. Et une prise de conscience comme ça, la peur peut être un très bon moteur d'accélération. Écoute, Jérôme,

[00:22:49] ça fait un an et demi, toi et moi, qu'on essaie d'expliquer aux gens que le jour où Washington veut faire des pressions sur les pays, on fait juste jouer avec la latence. On ne coupe pas des services. On joue avec la latence, ça fout le bordel à la grandeur de la planète. Et évidemment, pire si on coupe des services. Là, ce qui est arrivé, en fin de semaine, c'est qu'on a coupé un service qui n'était même pas... Et c'est ça qui est intéressant. Et qui n'est même pas utilisé. Ben non, mais c'est ça. Et ça fout le bordel à la grandeur de la planète. Alors, tu dis, si un jour,

[00:23:18] je ne lancerai pas des scénarios, mais l'idée là-dedans, c'est qu'il y a une méchante prise de conscience. En faisant ce geste-là, déjà que tout le dossier de la souveraineté numérique, ça emmerde joyeusement les géants américains, Ben, Donald Trump et son administration, en faisant ce geste-là, il vient juste de provoquer encore cette prise de conscience-là. Elle est en train de faire un mal fou aux entreprises américaines à l'extérieur. Oui. T'imagines après, les Google, Amazon, Microsoft, comment ils rament

[00:23:47] pour vendre leurs solutions en France ? Ah non, mais c'est... Certains vont se roter les mains en se disant... Mais ce n'est pas réaliste parce qu'encore une fois, on le disait tout à l'heure, on a un peu besoin d'eux pour certaines choses et il va y avoir une méfiance totale. Mais bon, c'est peut-être... Il faut en passer par là, en fait. Mais il y a des gens qui ont souri. Je pense à ça, Mark Mann, qui lui, samedi matin, en se réveillant puis en voyant qu'Entropique avait bloqué son truc, quand même. Et souviens-toi, la semaine précédente, tu avais le patron d'Entropique qui disait vous savez, il faudrait peut-être

[00:24:18] ralentir le développement des IA parce qu'il était en avant de la parade puis là, il voulait que la compétition commence à ralentir un peu ce qu'Elon Musk avait dit il y a un an avant. Bien là, finalement, on n'entend plus de ralentir parce que là, lui, il est pris dans un... Et c'est marrant parce que cette image, on l'a revue à l'occasion du G7. Oui. G7 très tech puisqu'il n'y avait pas seulement... Il y avait du monde tout le tour de la table. Il y avait non seulement tous les chefs d'État, il y avait Donald Trump, il y avait Macron. Le G7 plus ensuite,

[00:24:48] ça a continué à... Donc, c'était en France, ça a évident. c'était à Evian. Et puis, ça a continué. Macron a emmené son petit cercle à Versailles. Tiens, viens voir, j'ai un château, tu vas voir, c'est cool. Tu vas voir, c'est dans les couleurs qu'à t'aime. Trump, il doit adorer. Ça brille de partout. Il doit adorer. Et il y avait donc Sam Altman, Dario Amodei, il y avait Demis Assamilis de Google. Il me semble que j'ai vu Tim Cook aussi. Ah, peut-être, je ne l'ai pas vu. Enfin. Ce qui était drôle aussi, c'est que moi, les images que j'ai vues, tu vois Sam Altman, tout guilleraient qui s'amuse

[00:25:17] et Dario Amodei qui fait la gueule. Et pour cause. Et pour cause, oui. Bref, voilà, donc, c'était quand même... Non, c'était une... C'était une semaine vraiment intense. Alors, c'est marrant, ça nous a un peu éloigné de Vivatech, mais en fait, tout ça est lié, quoi. Oui, et c'est ce que les gens discutent aussi sur le terrain. Bruno, les robots. Tu as vu des robots? Quels robots? Non, mais sérieusement,

[00:25:47] moi, je pensais que ça allait être l'édition des robots. Puis finalement, à part ceux de Unitree qu'on voit habillés différemment. Non, il y en a quelques-uns. Il y a Unitree. Il y a des Coréens qui sont là aussi. Il y a Agibot. Oui. Agibot, je crois que c'est chinois aussi. Unitree, c'est chinois. Il y a français. Il y a français. Vandercraft. Il n'est pas très beau, mais c'est un robot humanoïde sans tête et qui est solide, qui peut porter des charges de 40 kilos. J'ai reçu Jean-Louis Constanza,

[00:26:17] cofondateur de Vandercraft, grande interview à écouter sur Monde Numérique. Je fais ma pub. Il y a aussi Unchatting Tools avec son petit robot qui est sur une boule. J'ai reposé que c'est des robots très différents les uns des autres. Il y a ce robot coréen qui a fait une démonstration qui a cassé tous les écrans sur le stand. Donc, la carréographie avait été mal adaptée à la scène. Mais si vous êtes capable de voir ça, c'est affreux. Parce qu'il y a deux robots qui se mettent à faire leur chorégraphie sauf qu'ils sont tellement

[00:26:47] près des moniteurs sur le mur qu'ils se balancent des coups de poing dans les moniteurs et les moniteurs tombent. Ils font sauter les moniteurs. Mais c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup des robots. Pourquoi? Je crois qu'il y a plusieurs raisons. Il y a des raisons pratiques. C'est que pour faire des robots, il faut de la place. La place, ça coûte cher. C'est tout bête. Juste pour ça, oui. Et puis, l'autre raison, c'est que les robots, on en a beaucoup vu dans les salons et on commence à comprendre la magouille. En fait, ils sont super, mais la plupart du temps, ils sont télécommandés. Il y a quelqu'un derrière avec une manette.

[00:27:16] Et ce qu'on a vraiment envie de voir, c'est un robot capable de... Autonome, qui fait quelque chose. Vraiment. Et ça, il n'y a pas encore... On n'en est qu'à cette phase-là d'apprentissage des robots. Voilà, il faut leur mettre de l'intelligence. Il faut leur apprendre à faire ce que nous, on fait, en fait. Et puis, les robots, autre sujet d'inquiétude sur... Oui, les robots vont-ils prendre mon emploi ? Oui. Mais ça, je trouve que c'est encore plus facile avec les robots de dire, mais franchement, les robots, ils vont prendre les emplois pénibles. Ben oui.

[00:27:47] Il y en a mille des emplois pénibles. Et voilà. Alors, bien sûr, on va me dire, oui, mais les gens qui sont cassiers dans les magasins, qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Ils vont avoir du mal à se retenir. Oui, il va y avoir des frictions, il faut des accompagnements et tout. De toutes les époques. Ça a toujours été comme ça. À un moment donné, la révolution industrielle, il y a des gens qui avaient du travail vraiment pénible à faire. Puis bon, ben, ils se sont retrouvés dans d'autres milieux. Ben oui, les charbonniers, les porteurs d'eau, les allumeurs de réverbères, les poinçonneurs

[00:28:16] de tickets dans le métro, tout ça. Arrête-t'en. Tu deviens nostalgique. Il y a des métiers que tu as connus. Porteurs d'eau et poinçonneurs, non, pas vraiment. Non, mais les tickets dans le métro, moi, j'ai déjà vu. Chez vous ? Tu en as vu ? En France, oui. On était tout petits. Attends, non, moi, je crois que ça n'existait plus même quand j'étais petit. On verra. Bon. Donc voilà, les robots, c'est vrai que ce n'était pas le VivaTech des robots, mais bon, ce n'est pas grave. Il se passe d'autres choses. Si vous voulez faire des photos, il y en a. Après, c'est très, très business, VivaTech.

[00:28:46] Ce n'est pas le CES au sens... Mais c'est très business France et Europe. Je reviens à ce que je te disais tout à l'heure. Donc tu penses... Mais c'est vitrine. Mais c'est ça, c'est dans le sens. Il y a tout un hall qui réunit tous les pays. Alors il y a le Canada, mais il y a tous les autres pays. Oui. Tous les continents sont ici. Tous les continents, oui. Sauf l'Australie. Je n'ai rien vu de l'Australie. Si, il y a Canva. Ah oui ? Ah non, je ne sais pas s'ils sont là. Oui. Mais l'Afrique, l'Afrique est vraiment bien présentée. c'est vrai. Ils ont même une scène avec Africa Tech. Moi, j'ai été impressionné. D'ailleurs,

[00:29:15] j'ai fait des entrevues. Ça va être dans mon édition. Alors après, voilà, qu'est-ce qui en ressort de tout ça ? Est-ce qu'il y a du business derrière ? Est-ce que... Je ne sais pas. Il faudra voir. Tu le sais, même le CES, c'est des endroits où il y a des rencontres. Oui. Et puis c'est après que la business va se faire. Et moi, dans ce sens-là, je pense qu'on peut dire que cette édition-ci, pour leur 10e anniversaire, ils ont vraiment marqué le coup. Du fait qu'en plus, physiquement, ils ont quand même changé de lieu. Ils sont toujours dans la même zone d'exposition.

[00:29:45] On parle d'exposition. À Porte de Versailles. Mais maintenant, c'est sur trois étages. Oui. Et ça se fait beaucoup mieux que quand ils avaient des terrains de football, d'exposition et que là... C'est vrai. Oui, oui. Tu montres des escalators, mais tu es plus vite d'un niveau à l'autre. C'est pas plus mal. Et moi, j'ai l'impression que ça ressemble... En tout cas, la perception que j'ai, c'est que c'est plus vaste, c'est plus grand et ça a plus de gueule. Et donc, l'expérience du visiteur, je pense qu'il en a vraiment pour son argent. Pour son argent.

[00:30:15] C'est rentable pour les entreprises. Je pense que c'est très rentable. On verra. Tiens, il y a des entreprises dont on n'a pas parlé. On peut peut-être en dire un mot. Pourtant, c'est des acteurs historiques de Vivatech. C'est tout ce qui est des entreprises du luxe, du... LVMH. LVMH, voilà. LVMH, qui est quand même un fleuron français. Quino d'ouverture de Bernard Arnault. Oui. Ce n'est pas un homme de tech. Non. Mais sauf que si. En fait, LVMH, alors depuis le début, est partenaire premium. Oui,

[00:30:45] avec Publicis, là. C'est comme les deux qui sont... Ils sont quasiment... Non, je ne sais pas. Ils sont partenaires, mais ça doit leur coûter une fortune, leur participation à Vivatech. C'est une belle vitrine. C'est une très belle vitrine. Ils ont un des plus gros stands, un des plus beaux stands. Bon, pas de plus passionnant au niveau tech. Moi, j'ai fait la visite à l'intérieur du... Bon, ce n'est pas... Ce n'est pas se rouler par terre. Et puis, c'est un peu comme Apple, quoi. Tout doit être calé au millimètre. Mais c'est ça. Mais quand tu passes dans leur kiosque, c'est une marque. Oui. C'est une marque qui se distingue,

[00:31:14] qui est composée de plusieurs marques. C'est plein de marques. C'est ça. Ils ont acheté Tiffany. C'est le même principe. Oui, ou comme L'Oréal, exactement. L'Oréal qui a signé un deal avec OpenAI à l'occasion du truc. Et ça, c'est le côté un peu clinquant. C'est le Vivatech clinquant, mais qui existe. Mais c'est très français, ça. C'est toute l'industrie du luxe qui, effectivement, est française et qui est quand même passé à la vitesse technologique. Au début, on pensait que c'était que de l'affichage. Et en fait, non, je veux dire, ils internaient de plus en plus des technologies pour des tas de choses.

[00:31:44] L'Oréal, par exemple, le deal global avec ChatGPT, il va comporter plusieurs aspects. C'est comment utiliser l'IA générative pour le conseil, pour les clients, etc. Et aussi, dans l'autre sens, très important, comment soigner le référencement des produits L'Oréal dans les chatbots. Puisque les chatbots sont aujourd'hui prescripteurs. Ils vont remplacer les moteurs de recherche. Et c'est important d'être bien cité par ton chatbot quand tu l'interroges. Tu vois? Mais c'est ça. Mais donc, c'est ça. Alors,

[00:32:14] t'as des grandes marques. Mais eux, t'as l'impression que Vivatech est fait autour d'eux. Physiquement, quand tu rentres. À mon avis, c'est ceux qui signent les plus gros chacques. Il nous reste combien de temps? Écoute, moi, je te dis 10 minutes. 10 minutes? OK. Après, je te laisse aller parce que tu as des entrevues à faire. Oui. Moi, il y a un autre truc qui m'a marqué et c'est un élément important. Là, c'est plutôt en dessous de la ligne de flottaison. Pourquoi? C'est tout ce qu'on appelle la deep tech.

[00:32:44] C'est-à-dire tout ce qui est scientifique. C'est les innovations qui se passent vraiment au niveau de la recherche. Et donc, on voit des gens comme le CNRS, INRIA. Oui. Et même des labos de recherche privés. Il y a par exemple le CEA qui a annoncé un partenariat avec Orange, l'opérateur télécom, pour développer un truc qui est hyper pointu pour faire communiquer entre eux les agents IA. Parce que les agents IA aujourd'hui, qui sont des agents LLM,

[00:33:14] et comme tu le sais, les LLM, c'est du texte, donc ils n'ont pas de vie et ils ne connaissent la vie qu'à travers les mots. Ce qu'on leur a donné. Et quand ils doivent communiquer entre eux s'ils ne sont pas de la même famille, de la même culture, etc. Enfin, en gros, je ne sais pas, un agent IA financier qui doit communiquer avec un agent IA dans un tout autre domaine, eh bien, ils doivent faire des tas de passerelles comme ça. Et donc, on essaie de trouver un langage pour unifier tous ces agents IA. Et là, c'est vraiment de la recherche.

[00:33:43] Ce n'est pas du marketing. Il faut mettre des chercheurs là-dessus. Et donc, le CEA a passé un deal avec Orange pour développer ces trucs-là parce qu'il y a des chercheurs des deux côtés, en fait, chez Orange et au CEA. Voilà. Et c'est intéressant tout ce côté deep tech. Et nous, oui, il y a un vrai savoir-faire en France. Il y a des bonnes écoles, il y a des bons chercheurs, etc. Donc, c'est une dimension très importante. C'est vrai, tu as raison de le mentionner parce qu'on le dit rarement ça. Oui.

[00:34:13] Mais tu vois, j'ai l'impression que ça, c'est propre à Vivatech parce que, par exemple, au CES, tout le domaine de la recherche, il est plus ou moins là. il n'est pas trop. c'est plus... Mais tu vois, ça, c'est intéressant. Quand tu dis Vivatech, c'est devenu business, oui, mais pas que... Parce que ça, c'est l'exemple. Je vous posais la question. Est-ce que c'est devenu business? Mais vas-y, vas-y, continue. En tout cas, avec le volet vitrine, oui. Bon. Ah, alors, on a une annonce publique, là, c'est la première fois.

[00:34:44] C'est tellement malin de faire des annonces alors que c'est des salles d'interview où il n'y a que des gens qui sont en train de faire des enregistrements. Mais en tout cas, vous ne ratez rien, nous, on continue. Mais donc, c'est ça. Alors, c'est de voir qu'il y a une belle place qui est faite à la recherche. Moi, je trouve ça assez intéressant. C'est bien. C'est un peu la noblesse de l'innovation technologique, la recherche. Oui, mais c'est rare qu'on fait de la place comme ça. C'est vrai. Alors que c'est important. Voilà, voilà. Bon, écoutez. Mais Jérôme, pendant que je t'ai, mon numérique,

[00:35:14] ça va ressembler à quoi, l'édition spéciale? Bien sûr, on va vous faire un petit teasing, vous dire un petit peu ce qu'il y aura dans nos podcasts respectifs cette semaine. Évidemment, moi, c'est du spécial VivaTech avec plusieurs interviews. J'ai réalisé plusieurs émissions spéciales, en fait, qui seront diffusées, même en épisodes séparés. Pendant toute la semaine. Pendant toute la semaine. Alors, une avec mes partenaires Capgemini et avec les directeurs de l'innovation de Capgemini et on passe en revue. Ça, je t'envie. C'est vraiment un beau rendez-vous.

[00:35:44] J'ai donné annuel. Voilà, c'était déjà le cas l'an dernier. On a remis, on a refait ça cette année et c'est un regard assez intéressant de Mathieu Deboeuf-Rouchon et Patrice. Mon Dieu, j'ai oublié son nom. Enfin bref. J'espère qu'il ne m'en voudra pas. Et puis, autre émission consacrée aux startups que j'ai enregistrées sur le stand de Microsoft et avec différentes startups françaises et des super startups. Je ne vais pas tout citer. Une, notamment, Arlequin

[00:36:13] qui a été créée par des chercheurs en sciences sociales et en géopolitique. Et Arlequin, c'est une espèce de palantir français mais qui ne fait pas de militaire ou en tout cas qui ne fait pas de... qui fait essentiellement de l'analyse de bruit de fond, enfin de ce qu'on appelle les signaux faibles. En gros, il capte toutes les informations qui traînent sur les réseaux sociaux et il les analyse pour dire ça, attention, ça, c'est une fake news, ça, c'est une tentative d'ingérence

[00:36:44] de la Russie, ça, il y a une élection dans tel pays d'Europe actuellement, eh bien, il y a tel autre pays à l'autre bout du monde qui veut foutre le bordel et qui est en train de diffuser des fake news sur les réseaux sociaux et eux, ils filtrent tout et ils arrivent à séparer ce qui est de la vraie info et de la vraie conversation et ce qui peut être de la manipulation. C'est Arlequin. Arlequin, je te conseille d'aller les voir, c'est extraordinaire, c'est super intéressant. Et si vous avez vu la série La Fièvre qui a été tournée il y a quand même un certain temps

[00:37:13] et c'est un peu la même idée, c'est toute cette mécanique de discussion sociale sur les réseaux et toute la force, toute la puissance que ça peut avoir et on a un peu de mal à l'appréhender. Voilà, entre autres choses et puis on parlera aussi on parle de quantique, on parle aussi de quoi on parle, je ne sais même plus et si, si, si, on parlera sans doute de Netflix et de Meta aussi que je vais aller retrouver là dans un quart d'heure. Bon. Et toi Bruno, Bruno,

[00:37:43] de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ? Écoute, je voulais parler du Vietnam mais un spécial Vietnam mais je me suis dit que j'attendrai. c'est pas vraiment d'actualité. Non, c'est ça. Alors, Vivatec évidemment bien aussi de mon côté je roule avec des entrevues qui ont été faites ici. Évidemment, on parle avec la délégation canadienne question de parler des raisons pour lesquelles le Canada est présent ici mais aussi stratégiquement qu'est-ce que ça veut dire dans leur démarche. Il y a des entrevues avec différents pays, des gens qui proviennent de différents endroits

[00:38:13] notamment de la Tunisie, de la Côte d'Ivoire, de la Thaïlande. Je me suis fait plaisir et donc, dans certains cas, c'est des chercheurs à qui j'ai parlé, dans d'autres, c'est des gens qui sont dans la business et puis il y en a d'autres qui veulent vraiment faire une différence dans leur pays. Je pense entre autres à l'entrée que j'ai fait avec le créateur d'une boîte en Côte d'Ivoire qui veut vraiment offrir l'info logique dans le milieu rural. Il faut le faire

[00:38:41] avec des centres de données mobiles et tout ce que ça demande et tout ce que ça comprend. Lui, il veut vraiment changer son pays et aider tout le monde. En tout cas, de temps en temps, quand on fait des entrevues, il y a des feel good. Il y a des moments où tu dis, à lui, il va changer quelque chose et ça, c'est le cas. Puis sinon aussi, je fais un coup de chapeau à les gens de Reveal Life Science qui est une entreprise canadienne qui a remporté un des grands prix

[00:39:10] de Vivatech qui est décerné par OVH Cloud qui fait un concours international. Eux, ce sont les gens qui sont derrière ce petit ordinateur qui est capable de détecter les cellules cancéreuses dans les tissus. Ils ont déjà commencé à sauver des vies puis on ne parle pas encore assez d'eux et ça, quand ça va rentrer un peu partout à travers le monde dans les centres hospitaliers, c'est des vies. Puis je parlais avec le créateur de cette boîte-là, Alexandre, et puis je lui disais,

[00:39:39] quand on parle de technologie, souvent on dit, ouais, on ne sauve pas des vies, mais dans leur cas, eux, ils sauvent des vies et c'est fascinant de voir que c'est fait de chez nous. Alors, coup de chapeau à ces gens-là qui ont remporté un prix. Voilà. Voilà. Donc, vous avez plein de bonnes raisons d'écouter à la fois mon numérique et mon carnet puisque finalement, ce sont deux visions de Vivatech, deux regards sur Vivatech 2026. Jérôme, tu me permets de te remercier pour ton accueil en terre française. Avec grand plaisir,

[00:40:09] Bruno, je suis ravi de t'avoir au moins une fois de temps en temps comme ça de vivre voix et de visu. Merci d'être venu. Bon anniversaire. Oui. Cinq ans. Cinq ans déjà. Non, mais il faut quand même le redire. Ben écoute, oui, je m'en rends pas compte. Un coup de vieux, oui. Non, t'es mature maintenant. De quoi vous ressemblez les cinq prochaines années? Bonne chance. Moi, je suis rendu à 10 ans en septembre. Aïe, aïe, aïe, aïe. Ça va être encore meilleur au moins l'humain. On est des vieux de la veille, mais on sait que c'est pour ça que vous nous écoutez aussi. Bon.

[00:40:39] Salut, Bruno. Je te laisse aller courir. Bon retour chez toi. Et puis, merci à vous de nous écouter. Merci pour votre fidélité. Ciao, bye bye. Salut, tout le monde.

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