✍️ Edito - Critterz : le film créé par IA qui fait flipper les studios d'animation
Maison Connectée26 septembre 202504:53

✍️ Edito - Critterz : le film créé par IA qui fait flipper les studios d'animation

Alors qu’OpenAI annonce un film d’animation pour 2026, co-réalisé avec l’intelligence artificielle, la profession s’alarme : et si Critterz annonçait l’ère d’un cinéma sans humains ?

🎬 Un film pas comme les autres

En 2023, un court-métrage intitulé Critterz a fait son apparition sur YouTube. Derrière ces créatures poilues dignes de Pixar, on retrouve OpenAI. Prochaine étape : un long-métrage prévu pour 2026, avec l’ambition d’être présenté dans les plus grands festivals. Une annonce qui ne passe pas inaperçue à Hollywood.


⚡️ Polémique et craintes professionnelles

Certains créateurs dénoncent une menace directe pour le cinéma d’animation : perte d’emplois, disparition de la sensibilité artistique, exploitation d’œuvres existantes par les IA. Pourtant, Critterz n’est pas un film 100 % IA : les images fixes viennent de DALL·E, mais l’animation, le scénario et les dialogues restent réalisés par des humains.


💰 Le vrai enjeu : coûts et vitesse

Là où Critterz change vraiment la donne, c’est sur l’économie du secteur : 30 millions de dollars annoncés, contre 150 à 200 millions pour un Pixar. Et une durée de production de 9 mois au lieu de plusieurs années. Une révolution comparable à l’arrivée du montage numérique dans les années 90, qui pose une question simple : menace ou mutation naturelle ?

🎧 Ecouter sur votre app de podcast


Jérôme Colombain: [0:01] Vous avez peut-être vu cette petite vidéo sur YouTube qui montre des drôles Jérôme Colombain: [0:06] de créatures poilues qui évoluent dans une forêt mystérieuse. Un film un peu à la manière de Pixar. Habillage: [0:11] C'est une histoire écolo-philosophique qui raconte la vie de petites créatures dans la forêt. Sauf que ce n'est pas du tout du Pixar. Jérôme Colombain: [0:19] Il s'agit d'une production soutenue par Open AI. Habillage: [0:22] Le film Critterz. Critterz est l'un des tout premiers films réalisés par intelligence artificielle. Il a été fabriqué avec Dali. Jérôme Colombain: [0:30] Le moteur de génération d'images de la maison mère de Chat GPT. Sorti en 2023, en version courte donc, Critterz devrait sortir l'an prochain en long métrage, et même peut-être être présenté au Festival de Cannes. Habillage: [0:43] En tout cas, c'est l'ambition de ses créateurs. Jérôme Colombain: [0:45] Ce serait donc le premier vrai film de cinéma créé par intelligence artificielle. Habillage: [0:50] Sauf que ça ne plaît pas à tout le monde. Jérôme Colombain: [0:52] Des professionnels du cinéma ont protesté, car ils estiment qu'avec ce film, OpenAI menace l'industrie du film d'animation. Pour eux, le cinéma, même d'animation, ça reste une affaire d'humains. Et ils écrivent dans une tribune publiée cette semaine que l'outil technologique ne saurait remplacer la sensibilité. Habillage: [1:10] La vision et l'engagement des créateurs et des créatrices. Alors, cette réaction paraît légitime et pourtant. Jérôme Colombain: [1:17] Elle est surprenante. Habillage: [1:19] D'abord parce que Critterz n'est pas du tout un film entièrement réalisé par intelligence artificielle. Jérôme Colombain: [1:25] En effet, on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit généré avec Sora, l'outil d'OpenAI qui permet de créer des séquences vidéo. Mais le problème, c'est que l'IA a encore beaucoup de mal avec la vidéo. Habillage: [1:35] Elle n'arrive pas vraiment à faire des plans cohérents entre eux. Jérôme Colombain: [1:38] Par exemple, d'une image à l'autre, la forme des yeux, les couleurs, etc. Habillage: [1:42] Peuvent être différentes, ce qui évidemment pose problème. Même à coup de prompt très précis. Jérôme Colombain: [1:48] On n'arrive pas à la maîtriser et à la corriger. C'est pour ça que les auteurs de Critterz ont utilisé en réalité Dali, qui permet lui de générer des images fixes. Et ensuite, ils ont fait appel à un processus classique d'animation. Habillage: [2:02] Avec des logiciels d'animation et des animateurs humains, comme on fait d'habitude pour les longs-métrages d'animation. Jérôme Colombain: [2:08] Ce sont aussi des humains d'ailleurs qui ont inventé l'histoire, qui écrivent le scénario et les dialogues, même si évidemment ils se font aider pour l'écriture par Chagipiti. Mais on ne peut pas dire que Critterz est un film entièrement réalisé par IA, qui va donc mettre tous les graphistes, scénaristes, réalisateurs au chômage du jour au lendemain. Habillage: [2:28] Alors on pourrait comprendre que les professionnels s'inquiètent par exemple pour les droits d'auteur. Jérôme Colombain: [2:32] Car on sait que les IA n'inventent rien elles-mêmes, et elles s'inspirent fortement d'œuvres existantes, sans avoir forcément les droits pour ça. Mais hurler au loup contre un film qui se contente finalement de faire appel aux derniers outils technologiques à la mode. Habillage: [2:45] Ça peut paraître un peu bizarre. Jérôme Colombain: [2:46] Voire carrément rétrograde. En réalité, le problème est sans doute ailleurs. Habillage: [2:51] Car Critterz a aussi une particularité. Jérôme Colombain: [2:54] Ce film devrait coûter à peine 30 millions de dollars, un budget 5 à 10 fois moindre par rapport à un film Pixar ou DreamWorks. Habillage: [3:02] En plus, le film ne prendrait que 9 mois à être produit. Jérôme Colombain: [3:06] Au lieu de plusieurs années habituellement. Voilà de quoi inquiéter une filière habituée à des coûts beaucoup plus lourds, et donc c'est vrai, à plus de travail. Cette réduction de coûts signifierait effectivement, si elle devait se généraliser dans le cinéma, et dans la pub aussi, un manque à gagner pour de nombreux professionnels. Mais malheureusement, il n'y a rien d'immoral à ça. En fait, on pourrait comparer ce phénomène à l'avènement du montage numérique au cinéma, dans les années 90, qui a fait baisser les coûts lui aussi. Habillage: [3:34] Et qui a vu la fin des monteurs sur pellicule. Jérôme Colombain: [3:38] On l'a vu aussi à l'arrivée des effets spéciaux numériques, avec l'utilisation abondante d'images de synthèse. Habillage: [3:43] Qui ont forcément réduit le besoin en décors réels. Jérôme Colombain: [3:49] En figurants, en cascadeurs. Habillage: [3:50] Etc. Oui, des milliers d'emplois artisanaux. Jérôme Colombain: [3:54] Maquettistes, peintres, etc. ont disparu, ou beaucoup ont dû se reconvertir. Enfin, ne parlons même pas des doubleurs qui, eux, sont actuellement dans l'œil du cyclone. Jérôme Colombain: [4:04] Leur avenir paraît sacrément compromis, là encore, du fait de l'intelligence artificielle. Habillage: [4:09] Mais dans tous ces domaines. Jérôme Colombain: [4:10] On voit que l'humain n'a pas été entièrement supprimé. Habillage: [4:13] Et il ne le sera sans doute pas avant un paquet d'années. On aura peut-être même besoin d'humains, ne serait-ce que pour donner un petit côté un peu premium. Jérôme Colombain: [4:22] Genre fait à l'ancienne à certaines productions. Du coup, contester l'arrivée de l'IA au nom de l'authenticité du travail fait par des humains ne paraît pas très légitime. L'intelligence artificielle est là, c'est sûr, et comme dans de nombreux secteurs, il n'y a pas 36 solutions. Habillage: [4:37] Il faut s'adapter ou mourir. Jérôme Colombain: [4:40] Ça marche aussi dans l'autre sens d'ailleurs, mourir. Ou s'adapter ?
innovation,numérique,informatique,actualités,technologies,tech news,High-tech,