Et si la prochaine révolution technologique se portait… sur le nez ? Google et Meta relancent la course aux lunettes connectées avec des améliorations impressionnantes mêlant réalité augmentée et intelligence artificielle.
Lunettes connectées : le retour d’un vieux rêve high-tech ?
Google vient de présenter un prototype de lunettes connectées révolutionnaires, fonctionnant sous Android XR et intégrant son intelligence artificielle Gemini. Elles peuvent traduire des conversations en temps réel, projeter des informations en réalité augmentée et même… se souvenir de ce que vous voyez. Un concept qui rappelle les Google Glass d’il y a dix ans, mais avec une maturité technologique bien plus avancée.
Poids, autonomie, connectivité : les défis techniques restent entiers
Malgré des promesses fascinantes, la réalité est plus nuancée. Les lunettes connectées doivent encore surmonter des obstacles de taille : autonomie limitée, miniaturisation de composants, connectivité permanente et contraintes de poids. Un équilibre difficile à atteindre pour un objet que l’on porte sur le nez toute la journée. Les modèles actuels, comme les Meta Ray-Ban ou les Amazon Echo Frames, montrent que le chemin est encore long.
Gadget de geek ou nouvelle révolution numérique ?
Ces lunettes suscitent aussi des inquiétudes : vie privée, reconnaissance faciale, usage en public… Sommes-nous prêts à voir des caméras miniatures se généraliser dans la rue ? L'acceptabilité sociale, tout autant que la performance technologique, sera décisive dans le succès (ou l’échec) de cette nouvelle génération de wearable tech. Une chose est sûre : les lunettes connectées sont de retour, et cette fois, elles pourraient bien s’imposer.
Jérôme Colombain: [0:01] Google a présenté récemment une paire de lunettes connectées absolument étonnantes. Ce sont des lunettes qui fonctionnent sous Android XR et qui permettent de filmer, de traduire, de transcrire des conversations en direct, en temps réel, grâce à son outil d'intelligence artificielle Gemini intégré dans les lunettes. Ces lunettes peuvent aussi projeter des images en surimpression, ce qu'on appelle de la réalité augmentée. En apparence pourtant, elles sont quasi normales, elles ne sont pas très grosses, elles ressemblent vraiment à des lunettes traditionnelles.
Jérôme Colombain:
[0:31] Alors ce prototype, qui pour l'instant n'est pas encore commercialisé, vient donc s'ajouter à la liste de plus en plus longue de lunettes connectées qui existent sur le marché. Des lunettes d'un nouveau genre, bourrées de fonctionnalités high-tech. Il y a celles qui filment, celles qui ne filment pas, il y a celles qui peuvent afficher des informations en transparence sur les verres et celles qui n'ont pas cette fonctionnalité. Il y a celles qui sont connectées à un outil d'intelligence artificielle avec lequel on interagit avec la voix, comme par exemple les Amazon Echo Frames. Et il y a celles qui ont également la fonction de reconnaissance d'images par intelligence artificielle, comme les lunettes de méta version 2, les futures lunettes Orion de méta également. Sans oublier, eh bien, ces nouvelles lunettes signées Google. Bref, les lunettes connectées sont déjà là et il est presque étonnant qu'on n'en parle pas plus. Depuis les Google Glass il y a dix ans, rappelez-vous, ce concept de lunettes connectées fait fantasmer pourtant toute la planète high-tech. Est-ce le futur du smartphone ? Est-ce que c'est ça qui va succéder ou remplacer nos écrans qu'on est obligé de tenir dans la main ? Est-ce qu'on aura un assistant personnel en permanence sur le bout du nez ? La promesse est évidemment alléchante. On pourra lui demander, par exemple, de traduire une conversation avec quelqu'un dont on ne parle pas la langue. On pourra demander aux lunettes de regarder la carte au restaurant et de nous conseiller ce qu'on doit manger en fonction de notre régime alimentaire personnel, etc.
Jérôme Colombain:
[2:00] Tout ça, c'est formidable, c'est bien joli. Mais il y a néanmoins encore un certain nombre de limitations techniques. La première, c'est celle de l'autonomie. Comment faire entrer dans ces petites lunettes qu'on doit porter sur la figure des batteries suffisamment grosses ou en tout cas suffisamment puissantes pour qu'on n'ait pas besoin de recharger ces lunettes quand même deux ou trois fois par jour. Sachant que le poids total supporté pour une utilisation au quotidien se situe aux alentours de 70 à 90 grammes, au-delà ça devient quand même très compliqué. Les lunettes méta version 2 par exemple pèsent 72 grammes, tandis que les lunettes Amazon Echo Frames, elles, sont autour de 40 grammes. Ensuite, il y a la question de la connectivité. Il faut avoir une connexion réseau, donc de la 4G, ça, ça tire encore plus sur la batterie, ça joue donc sur l'autonomie. Mais c'est la condition sine qua non pour accéder à l'intelligence artificielle ou bien il faut se connecter à son smartphone et dans ce cas-là, on a encore un peu un fil à la patte, soit un fil réel, soit un fil virtuel via une connexion Bluetooth par exemple. Il y a aussi une question toute bête, celle de la solidité et l'étanchéité, car les modèles de lunettes connectées qui existent aujourd'hui, si vous les emmenez à la plage.
Jérôme Colombain:
[3:13] Elles apprécient assez mal, il faut bien le dire, le soleil lorsqu'il tape trop fort ou même les éclaboussures, a fortiori quand c'est de l'eau de mer. Bref, c'est toujours pareil, la boucle autonomie, solidité, résistance, connectivité, voilà pour les contraintes techniques. On a donc encore du chemin à faire, mais ça a quand même beaucoup progressé ces dernières années et c'est allé très vite. Ce qu'il y a de spectaculaire dans les lunettes de Google, c'est qu'elles auront la possibilité de se souvenir de choses que nous, on risque d'oublier, car elles filment en permanence. Et par exemple, si vous lui demandez où sont mes clés, elle sera capable de vous dire que vous les avez oubliés sur la table de l'entrée, car elle conservera la mémoire des images et grâce à l'IA, elle aura la possibilité d'aller chercher ce type d'informations. En fait, Google avait déjà fait une démonstration de ce concept il y a quelques
Jérôme Colombain:
[4:06] mois et c'est donc une idée qui visiblement fait son chemin. Alors voilà pour l'aspect technique. Mais au-delà de ça, il y a aussi et surtout la question de l'acceptabilité sociale.
Jérôme Colombain:
[4:17] Rappelez-vous les Google Glass qui permettaient de filmer et des porteurs de Google Glass se sont fait attaquer dans la rue il y a dix ans parce qu'on les soupçonnait de filmer et d'enregistrer tout ce qu'il y avait autour d'eux. En fait, l'idée que n'importe qui puisse être équipé d'un appareil très discret qui permette de filmer tout et n'importe quoi, un peu comme dans Black Mirror, on n'est sans doute pas prêt à accepter ce genre de choses. Alors pourtant, c'est déjà une réalité et on voit dès aujourd'hui sur les réseaux sociaux des vidéos tournées avec des lunettes connectées.
Jérôme Colombain:
[4:52] Malheureusement, ce n'est pas forcément ce qui se fait de mieux en termes de contenu vidéo, vous vous en doutez. Il y a aussi la question de la reconnaissance faciale. Si vous rêvez d'une paire de lunettes qui serait capable de vous donner le nom des personnes en face de vous, soit parce que vous ne les connaissez pas, soit parce que vous les connaissez mais vous n'êtes pas physionomiste et vous avez oublié comment elles s'appellent, ne rêvez pas. Il y a peu de chances que ce genre de fonctionnalités arrivent, notamment en Europe où évidemment les conditions réglementaires sont très strictes sur la protection de la vie privée. Enfin, est-ce qu'on acceptera que n'importe qui puisse avoir dans son champ de vision des choses qui vont venir le distraire alors qu'il est en train de conduire ou de traverser la rue, etc. ? Ce sera sans doute encore pire que ce qu'on voit aujourd'hui avec les smartphones.
Jérôme Colombain:
[5:38] Alors, gadget de geek ou prochaine révolution technologique ? En fait, la maturité technique et l'acceptabilité sociale seront les véritables clés du succès ou de l'échec des lunettes connectées.













