Lionel Tardy:
[
0:01] On sera plus dans la tech invisible cette année que dans ce qui a fait le succès du CES, c'est-à-dire, toujours pareil, ces énormes stands avec d'énormes trucs
Lionel Tardy:
[
0:10] qui t'en mettent plein les yeux parce que ça reste un show.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
0:13] Il y a toujours cet effet Waouh, toujours beaucoup de produits, mais la différence, c'est que le bâton aujourd'hui, il est sur l'IA, il est sur la deep tech, il va être sur les micro-composants.
Monde Numérique :
[
0:29] Mathieu Deboeuf-Rouchon, Lionel Tardy, bonjour messieurs.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
0:32] Et bonjour Jérôme.
Lionel Tardy:
[
0:34] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
0:35] Mathieu Deboeuf-Rouchon, directeur de l'innovation chez Capgemini Engineering. Lionel Tardy, vous êtes directeur des études à l'École supérieure de vente et d'exportation. Mais surtout, vous êtes là tous les deux, messieurs, parce que vous êtes les auteurs désormais mondialement connus du fameux guide de survie du CES, le CES de Las Vegas, que vous publiez depuis plusieurs années conjointement et dont on va parler, qui est vraiment la porte ouverte sur l'année 2026 qui s'offre à nous. J'ai envie de dire que c'est un peu le roman du CES que vous publiez chaque année.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
1:12] Avec pas mal de pages. Chaque année, il en prend un peu quand même à 30 ou 40. Cette année n'a pas été exemple de règne, même si Lionel a travaillé à quelques simplifications par bullet point de quelques chapitres. Alors, est-ce que c'est un roman ? En tout cas, on aime à penser que c'est le résultat de la façon dont on aurait aimé construire un guide ou préparer notre CES la première fois qu'on l'a visité, pour ne pas se perdre dans les allées, pour identifier comment travailler sur le CES, identifier les bons acteurs à rencontrer, optimiser son temps et faire de ce rendez-vous finalement un rendez-vous actionnable au quotidien parce qu'un CES bien préparé est un CES qui forcément va être un CES à valeur ajoutée quelque part entre guillemets dès notre retour. Donc c'est le guide qu'on aurait aimé faire dès notre première visite et finalement on l'a fait quelques années après. Je crois que c'est la sixième édition par ailleurs.
Monde Numérique :
[
2:08] Mais c'est quoi un CES bien préparé, Lionel Tardy ?
Lionel Tardy:
[
2:12] Un CES bien préparé, c'est un CES pour lequel le visiteur ou l'exposant se sera fixé de bons objectifs. Des objectifs, on va dire smart pour résumer, des objectifs qu'il va pouvoir mettre en œuvre et qu'il va pouvoir réaliser. Et ça, ça se fait véritablement en amont avec la compréhension de ce qu'est le salon. Et c'est vrai que le guide permet de transformer une visite ou une exposition qui va être forcément intense et, la plupart du temps, surtout quand on est exposant, même si on est accompagné par une délégation coûteuse, en un succès opérationnel, quelle que soit la facette dans laquelle on regarde le CES. Et cette préparation allait véritablement en avant. Pour l'exposant, savoir comment je m'y prépare, types d'interlocuteurs je veux rencontrer ? Qu'est-ce que je vais présenter ? Qu'est-ce que je vais dire à mes interlocuteurs ? On a quelques petits tips and tricks dans le guide, spécialement pour les exposants. Et pour le visiteur, pourquoi j'y vais ? Qu'est-ce que je vais faire ? Qui je veux rencontrer ? Et puis alors, évidemment, toujours à la place à la sérendipité, il faut en laisser 20 à 25%, parce que la déambulation au hasard, et on tombe sur un corner qui vous surprend et qui change peut-être parfois la phase de votre journal ou de votre visite complète.
Monde Numérique :
[
3:22] Et parce que la particularité quand même aussi du CES, c'est son gigantisme. Je pense que vous ne me contredirez pas. Et un gigantisme qui, cette année encore, c'est vraiment le cas.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
3:35] Totalement. C'est un CES qui ne cesse de s'accroître. Alors, ce qui est intéressant, c'est que le CES, c'est quelque part un peu le visage de l'humanité de ces 50 à 60 dernières années avec le numérique qui, dans les années 2000, a complètement explosé. Mais avant, c'était l'analogique, etc. Et quelque part, les grandes évolutions de la société moderne ont été vues au CES. Donc, c'est cette continuité. Et donc, quelque part, ça ne s'arrête pas. Alors, ça ne s'arrête pas aussi parce que le 3 de Los Angeles a fermé et on voit que du Netflix, des broadcasters, les réseaux sociaux, donc du TikTok & Co sont aussi présents sur le CES dans la zone qui est plutôt dédiée au contenu, au broadcasting, à la diffusion des contenus, à leur production, au marketing. Et là, c'est la zone de l'area au sud, un peu plus au sud du strip. Donc, on voit que ça devient un nouveau relais. Et puis, il y a aussi quand même, il faut le noter, l'initiative qu'a menée Gilbert Réveillon sur le Web3 et notamment le village Token, mais qui cette fois aussi prend une dimension particulière au CES. Parce qu'au-delà de ce village, il y a la Fonderie, qui est la nouvelle zone du CES, qui s'agrandit sur le Fontainebleau.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
4:37] Hôtel tout neuf par ailleurs et absolument magnifique, et qui fait écho de plein pied finalement à la Deep Tech, à l'IA, mais pas l'IA pour du Busy World, vraiment des acteurs de la Deep Tech autour de l'IA, de la blockchain, de la décentralisation et le CES n'en finit pas de s'agrandir. Le reste qu'à terme, il fera encore plus grand, je ne sais pas, tous les ans, on se pose la question, mais ça ne s'arrête pas. C'est le reflet de la complexité presque de notre monde. Tu prends le cycle de Gartner autour de l'IA, le cycle du hype de Gartner autour de l'IA il y a quelques années, c'était marqué IA Générative et maintenant, ça a été subdivisé en 6 à 8 spécialités. Donc on voit avant, il y avait Monsieur Internet est dans une société, maintenant il y a plein de métiers de l'Internet, et bien l'IA c'est pareil, et donc on voit finalement que ça s'adapte, et donc il y a une zone dédiée, notamment la fonderie cette année autour de l'IA, même si l'IA sera partout encore une fois.
Monde Numérique :
[
5:29] Encore un mot sur votre guide, est-ce qu'il y a des équivalents dans d'autres pays, parce que vous, c'est un guide francophone que vous proposez, enfin en français, vous êtes les seuls à faire ça ?
Lionel Tardy:
[
5:38] Alors, on a regardé, on a regardé un peu.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
5:41] Notre benchmark.
Lionel Tardy:
[
5:44] Alors, est-ce qu'on était les seuls il y a six ans ? Oui. Et est-ce qu'on est toujours les seuls ? Je crois. Mais c'est vrai qu'il y a six ans, on a commencé quand on s'est dit, tiens, et si on mettait ça sur du papier, si on le reliait, est-ce qu'il y a déjà quelque chose qui existe ? Parce qu'on aurait pu à la fois s'en inspirer et puis se dire, on va faire quelque chose de différent avec un autre biais d'approche. Mais en fait, il n'y avait déjà rien qui existait à part, bon, les comptes-rendus très classique, et puis celui d'Olivier Esrati de l'époque où tu avais une Bible, mais c'était le après. C'était pas la préparation. C'était véritablement un compte-rendu exhaustif, le plus exhaustif possible de ces visites qui l'enrichissaient tous les ans.
Monde Numérique :
[
6:19] Et c'est marrant parce que vous l'avez présenté à Gary Shapiro, qui est donc le grand patron du CES de Las Vegas, depuis toujours, enfin depuis très longtemps, l'organisateur. Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
6:29] Ces mecs sont fous !
Monde Numérique :
[
6:31] En fait, il nous a dit.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
6:32] Mais comment vous pouvez encore, enfin, comment vous pouvez écrire, parce que on a une version qui est la version classique, qui fait 200 et quelques pages et qui est dédiée vraiment au CES générique quelque part, et puis on a des versions personnalisées mais qui là font plus de 300 pages, donc là par exemple la région Auvergne-Rhône-Alpes sur laquelle il y a plus de 300 pages, donc tu as le guide de suivi accompagné vraiment d'un book dédié pour une région, une délégation particulière avec un parcours de visite, etc. Et en fait, quand on lui a présenté les deux, alors il y a au début du projet, parce qu'il fallait leur demander aussi l'autorisation d'utiliser CES, etc. Et puis, on s'est revu l'année dernière, notamment sur le CES Tech Trends. On a partagé ensemble quelques émissions de radio. Et en fait, ils me disaient, mais les gars, c'est quoi votre modèle là-dessus ? Parce qu'en fait, comment vous pouvez écrire ? Et ils appellent ça le guide Michelin du CES. C'est assez marrant parce qu'en fait, pour eux, c'est vraiment le guide de visite. Et effectivement, je pense que c'est… Alors, il est en anglais sur la version 2025. Cette année, on n'a pas eu forcément trop de demandes en termes de traduction. Donc, a priori, on n'en sortira pas cette année, bien que des fois, on en sorte 48 heures ou 72 heures avant le CES en Kindle, en anglais pour les quelques retardataires.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
7:41] Mais ce qu'on aimerait bien avec la CTA effectivement c'est que ce soit intégré parfaitement dans leur offre donc idéalement ce soit un guide qui soit vraiment le guide à destination de tous ceux qui font le CES parce que c'est un salon incontournable et parce qu'un guide c'est vraiment la façon de le préparer au mieux et d'en tirer profit parce qu'on peut très vite se perdre la sérendipité elle est énorme et donc forcément si tu n'as pas préparé ton CES en amont c'est un CES qui est perdu alors un peu comme on l'avait fait la première année avec le N il y a maintenant plus de 10 ans on s'aperçoit que de toute façon on n'a pas tiré autant profit qu'on aurait aimé et on a vite changé notre fusil d'épaule l'année d'après. Donc, Gary nous a dit les gars, c'est amazing.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
8:20] Avec Brian également et donc on voit bien que ils ont en tout cas, ils ont trouvé l'initiative qui était, remarquable dans la forme dans le fond également et je pense qu'on se pose la question pour 2027 maintenant de savoir comment est-ce qu'on s'intègre encore mieux avec la CTA sur une version anglaise parce que tu le soulignes, notre, auditoires, il est beaucoup plus sur la France et la dimension francophone. Et puis, en même temps, il ne faut pas non plus voiler la face. Le CES intéresse 40 000 personnes francophones, à peu près, sur les 140 000 personnes qui se présentent. Donc, dans les faits, on est quand même sur un segment extra niché. Qui fait que ça intéresse surtout ceux qui s'y intéressent. Donc, ce n'est pas un modèle économique sur lequel tu envies, mais plutôt sur un modèle économique de passion pour partager ce qu'on aime bien en ce début d'année.
Monde Numérique :
[
9:13] Alors, rentrons dans le vif du sujet quand même, sur le CES 2026 à proprement parler. Quelles sont les tendances que vous avez dégagées et que vous voyez, vous qui avez déjà exploré et examiné tout le programme ?
Lionel Tardy:
[
9:31] Pour moi, l'édition 2026, elle va marquer une structure fondamentale par rapport aux trajectoires précédentes. On avait beaucoup parlé dans les dernières éditions, au niveau notamment de la ligne éditoriale, de la CTA, qui est tous les ans vers le plus en plus durable, le plus responsable, le plus recyclable, etc. Là, avec l'arrivée de l'intelligence artificielle générative et surtout l'arrivée de l'IA agentique, on va quitter les cycles précédents où on était plutôt dans l'exubérance matérielle. Et je pense que cette année, et Mathieu donnera son avis avec un autre regard, j'imagine, on va le consacrer...
Lionel Tardy:
[
10:18] Davantage l'événement à l'infrastructure logicielle critique, c'est-à-dire ce qu'il y a à l'intérieur du matériel, ce que va délivrer le matériel, et plus le matériel en tant que tel. Le CES, tout à l'heure, on parlait de la fonderie, on parlait des startups. Le CES, aujourd'hui, c'est trois étages de fusée. Le premier étage, c'est celui de tout en haut, celui qui est visible, c'est le consumer électronique. C'est ce que l'on voit, c'est les enceintes, c'est les écrans transparents, c'est ce que l'on voit aussi dans les médias et dans ce que rapportent tous les journalistes du monde entier. Le deuxième CES qu'ils ont constitué il y a maintenant une quinzaine d'années, c'est le CES des startups, de ceux qui imaginent la mise en place de quelques verrous technologiques pour trouver des petites idées géniales qui vont peut-être demain intégrer d'énormes dispositifs. Et cette année, ils ont construit le troisième étage, mais qui sont en fait le premier étage, c'est-à-dire le gros booster, c'est-à-dire la deep tech, ce qui est le sous-jacent de tout, et ce qui peut-être demain sera le moteur de nouvelles technologies Deep Tech et intelligence artificielle.
Monde Numérique :
[
11:17] C'est ça ?
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
11:18] Oui, décentralisation beaucoup.
Monde Numérique :
[
11:21] Donc Deep Tech, c'est vraiment les innovations en profondeur, presque au niveau scientifique.
Lionel Tardy:
[
11:26] Et donc pour nous aujourd'hui, enfin pour moi en tout cas, on sera plus dans la tech invisible cette année que dans ce qui a fait le succès du CES, c'est-à-dire toujours pareil, ces énormes stands avec d'énormes trucs qui t'en mettent plein les yeux parce que ça reste un show.
Monde Numérique :
[
11:40] Il y en a quand même des grands stands, rassurez-nous.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
11:43] Bien sûr, beaucoup, t'imagines même pas. Le LVCC il est saturé, il faut dire ce qu'il y a. On va retrouver John Deerey, on va retrouver… Ça.
Monde Numérique :
[
11:53] C'est incroyable. C'est un fabricant de machines agricoles.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
11:58] Oui, mais de gros joujoux.
Monde Numérique :
[
11:59] De machines agricoles.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
12:01] Oui, mais parce qu'en fait, aujourd'hui, ce qui est intéressant, alors la vue agricole que nous avons en France vs la vue agricole anglo-saxonne et plus encore américaine est totalement différente. Mais c'est là qu'on voit depuis plusieurs années que le véhicule, bien qu'il dispose encore d'un volant, quoique chez Kubota, il n'en dispose plus, est aujourd'hui quasi 100% autonome. Et c'est là que, finalement, une des tendances majeures qu'on peut voir sur le CES...
Monde Numérique :
[
12:25] Oui, c'est des robots géants pour aller dans les champs, en fait.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
12:27] Exactement, intelligents, géants, et qui te permettent de déterminer au mieux les traitements en pesticides, fongicides qu'il faut opérer, de savoir à l'avance si tu ne vas pas avoir trop de pertes sur ta production. Et c'est là que le thème central qui reste lié, quand même, cette année, Lionel en parlait, agit vraiment comme plutôt l'intelligence artificielle comme un élément de décentralisé, comme un cerveau copilote, un cerveau orchestrateur. Et cette notion d'IA comme un orchestrateur, c'est vraiment l'élément transverse qu'on va retrouver cette année au-delà des autres topics qui ponctueront ce salon.
Monde Numérique :
[
13:02] Bon, est-ce qu'il y aura des robots ? Est-ce qu'il y aura des lunettes connectées ?
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
13:06] En tout cas, il y en a pas mal.
Lionel Tardy:
[
13:09] Des robots, il y en aura, oui. Des robots, il y en aura. Des lunettes connectées, il y en aura.
Monde Numérique :
[
13:14] Il y a beaucoup de robots aspirateurs aussi, chaque année aussi.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
13:17] C'est dans la partie lifestyle sur le Vénétien Campus, effectivement, je ne te cache pas qu'il y en a de prévus. Beaucoup d'exosquelettes, énormément d'exosquelettes, encore une fois.
Monde Numérique :
[
13:25] Oui, les exosquelettes, ça, ce n'est pas nouveau, en fait. Ça fait plusieurs années qu'on voit ça.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
13:29] Ce qui n'est pas nouveau dans les thématiques, Ce qui est nouveau néanmoins, c'est dans les matériaux, l'interopérabilité, la formation des exosquelettes, le fait qu'il y ait beaucoup plus d'exosquelettes lifestyle et opérateurs augmentés que d'exosquelettes centrés santé à proprement parler. Donc en fait, il y a les deux, mais il y a une vraie avancée sur la formation des exosquelettes où en moins de 20 secondes sur certains modèles sont en mesure d'avoir compris la façon dont marche la personne et de pouvoir prédire, anticiper, notamment des chutes et notamment aussi les besoins d'assistance. Donc c'est quelque chose qui est très présent cette année, les lunettes connectées. Personne n'en a vraiment parlé les dernières, alors qu'elles étaient quand même très très présentes en tout cas.
Monde Numérique :
[
14:09] Oui, il y en avait quand même pas mal. Lionel, qu'est-ce que tu as repéré de ton côté ?
Lionel Tardy:
[
14:14] Moi j'ai repéré des choses intéressantes, notamment dans... Alors tu parlais de lunettes connectées, on ira tous voir X-Reel par exemple, qui est un des leaders mondiaux et qui travaille sur les sous-jacents justement pour faire du spatial computing plus léger, plus abordable. Moi, j'avais repéré une société qui s'appelle Nacilogix et qui propose de transformer les écouteurs en une troisième main numérique, c'est-à-dire de transformer finalement les interfaces home machine qu'on a l'habitude de voir avec un écran et puis une main qui fait quelque chose avec une souris ou sur un pad. Et ce n'est pas simplement des écouteurs audio, c'est-à-dire que dans leur promesse, ils sont capables de piloter un avion simplement en regardant le tableau de bord.
Monde Numérique :
[
14:59] Et donc simplement.
Lionel Tardy:
[
15:00] Des mouvements de visage font que tu pilotes ton environnement faut pas sourire.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
15:05] Au mauvais moment.
Monde Numérique :
[
15:07] Faut pas rigoler c'est ça la mauvaise blague est-ce que face à tout ça l'électronique classique a fait un peu de mal à exister il y aura évidemment pléthore de grands écrans, d'enceintes etc mais finalement je vois ça peut-être avec un prisme journalistique, on cherche d'abord ce qui sort du lot et on n'a pas la même démarche que quand on est acheteur chez Darty ou chez Boulanger on ne cherche pas la même chose sur ce genre de salon, nous ce qu'on veut c'est du waouh du tape à l'oeil on l'a eu pendant des années, au CES avec la vidéo le magnétoscope, le laser disque etc, mais tout ça l'électronique de loisir est-ce qu'elle n'est pas un peu en retrait finalement.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
15:57] Alors, dans notre préparation, elle l'est forcément parce que ce n'est pas les angles que l'on prend, mais le CES reste un lieu consumer. Donc, dans les faits, le cœur historique, je ne dis pas le cœur battant, mais le cœur historique du CES reste le Las Vegas Convention Center, sur lequel on va avoir du LG, du Samsung, des écosystèmes. Alors, oui, les écrans sont là, mais en même temps, les écrans, c'est quoi ? C'est de la meilleure définition, c'est des écrans plus fins, des écrans qui n'ont plus besoin de câbles pour être connectés. Donc, en fait, quelque part, il y a moins d'effets waouh, si ce n'est des avancées technologiques à proprement parler. Donc, forcément, il y a toujours cet effet waouh, toujours beaucoup de produits, toujours ce qui fait le cœur de ce que l'on a connu du CES. Mais entre le cœur historique et le cœur battant, la différence, c'est que le battant aujourd'hui, il est sur l'IA, il est sur la deep tech, il va être sur les micro-composants, il va être sur des capteurs, par exemple, comme Point Fit, qui vont analyser la sudation des personnes par un capteur sur la peau pour analyser différents facteurs biologiques.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
17:01] Typiques, tout ce qui va tourner autour des maladies donc il va analyser le lactate la cortisol, enfin bon, plein d'éléments qui sont intéressants et qui permettent d'avoir des indicateurs de santé propres à finalement son suivi ou des suivis de pathologie, donc en fait ça c'est plus le CES que l'on voit finalement aujourd'hui et peut-être un peu moins les écrans, que l'on pouvait avoir ces quelques années oui ils s'enroulent oui ils sont transparents oui ils sont toujours plus grands oui ils sont toujours moins chers oui etc bon et bien effectivement voilà c'est et tu le soulignes d'ailleurs le sujet du vendeur de chez Darty qui va au CES il y va pour voir des nouveautés donc il va être rassasié de ce point de vue là après c'est à l'IFA de Berlin qu'il va vraiment falloir passer commande donc en fait il y a quand même un continuum qui se joue mais il y a un futur exceptionnel
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
17:44] quand même des produits au CES ça fait encore rêver il ne faut pas non plus voir les affas.
Monde Numérique :
[
17:47] Lionel, je t'ai vu tiquer quand on a parlé de Samsung. Il y a un problème ?
Lionel Tardy:
[
17:52] Oui, bien sûr, il y a un problème, parce que moi, j'ai le plan du Central Hall et il n'y a pas de stand Samsung cette année. On voit iSense, on voit TCL, on voit Panasonic, on voit LG. Je les ai sous les yeux, donc je vous les cite. Ce sont les plus grands qui font quelques centaines d'un millier de mètres carrés. Il n'y a pas Samsung. Samsung, il est dans les Hospitality Suite. Ils ont un best-in.
Monde Numérique :
[
18:14] Ils sont éparpillés un peu partout. ils font une présentation enfin je sais que pour la presse ils font une présentation le dimanche soir exactement ce qu'ils faisaient d'ailleurs depuis un certain temps ils ne le font pas au même endroit donc c'est sympa ça nous oblige à courir d'un hôtel à l'autre, il faut dire qu'un hôtel c'est tout de suite un quart d'heure vingt minutes en voiture c'est ça, mais en même temps traverser.
Lionel Tardy:
[
18:33] Un quart d'heure à pied et.
Monde Numérique :
[
18:34] À traverser un quart d'heure à pied ou traverser tous les casinos c'est pas comme de traverser la rue en France.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
18:39] Et oui, il faut se poser la question de leur intérêt d'être exposant comme on l'entend, c'est-à-dire qu'il y a différents types d'exposition sur le CES. Une startup, il va et vit un CES en tant qu'exposant, à proprement parler, où on pitch pendant 400 ou 500 fois par jour le même pitch à différentes personnes. Samsung ou les autres vont y aller d'autres manières. Donc en fonction du stand que l'on prend, de l'Hospitalist que l'on va prendre, ça dénote néanmoins d'une intention particulière entre le fait de se montrer et de s'afficher et le fait d'y aller concrètement pour voir, à proprement parler, des journalistes, faire du one-to-one, conduire des réunions. Et c'est là que le CES est un Rubik's Cube. En fonction des objectifs que l'on a, on ne va pas visiter les mêmes zones, on ne va pas y exposer de la même manière, on ne va pas préparer son CES de façon identique en fonction des objectifs que l'on a. Et ce repli présent en tant qu'exhibiteur sur des suites dénotent peut-être aussi de nouveautés un peu plus cachées ou de relations sur un réseau de distributeurs, différents, tel qu'ils peuvent aujourd'hui le penser sur ce CES 2026. Il n'y a que les suites et le fait de le vivre qui nous permettra de le savoir parce que on peut prévoir tout ce qu'on veut. La réalité, c'est que tant qu'on n'a pas fait le CES, on peut l'avoir fait virtuellement, en scrappant le site, en l'analysant, en regardant tous les CES Awards, en regardant tout. La réalité, c'est que tant qu'on n'est pas sur place, on n'a pas encore vécu le CES.
Monde Numérique :
[
20:07] Bon, et les Français ? Les Français qui, traditionnellement, sont quand même très présents, est-ce qu'on les verra autant que les années précédentes ?
Lionel Tardy:
[
20:15] Je pense qu'on les verra autant que l'année dernière, où l'espace était légèrement réduit, mais quand même très important et très centré sur le Récaparc. Ensuite, nous, on travaille beaucoup et étroitement, comme le disait tout à l'heure Mathieu, avec la région Rhône-Alpes, qui, elle, fait stand à part, mais parce qu'il déploie, je crois, entre 35 et 40 entreprises de la région qui viennent exposer. Et ils sont tous très près les uns des autres à portée de vue, tout ça dans le Récaparc. Et puis, quelques sociétés qui font l'expérience d'autres halls, c'est-à-dire de stands plus gros, plus chers, plus visibles, notamment comme Enchanted Tools avec son robot gyropode d'assistana au personnel médical.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
21:04] On peut noter peut-être juste pour compléter le propos sur les français de Lionel c'est que Business France et avec la région ORA sont massivement sur l'Eureka Park un peu moins de start-up par rapport à l'année dernière mais beaucoup plus qualifiés mais une présence sur le LVCC pour Amazon enfin pour Amazon pour Business France Automotive et donc un vrai rapprochement sur les entreprises dédiées à l'automobile en général sur le LVCC ils ne sont plus que sur l'Eureka Park c'est peut-être aussi cette étape charnière où on dit hop on va aller chercher d'autres leviers d'autres leviers ça veut dire.
Monde Numérique :
[
21:35] Monter d'un cran.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
21:36] Ils montent dans la hiérarchie en termes d'adressage marché c'est pas le même adressage quand t'es à côté d'Amazon Automotive c'est pas la même chose.
Monde Numérique :
[
21:45] Le récapark c'est la bourgeoisie et le Elvis ici c'est la noblesse.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
21:48] On pourrait dire ça j'en ai bien trouvé ce sera rude plus Jérôme.
Lionel Tardy:
[
21:54] La noblesse argentée parce que le maître ah.
Monde Numérique :
[
21:57] Bah oui c'est ça.
Lionel Tardy:
[
21:59] Effectivement.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
21:59] La noblesse.
Monde Numérique :
[
22:00] Argentée la noblesse des.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
22:01] Argentées non non tout à fait Mais.
Monde Numérique :
[
22:03] Est-ce que le contexte international, selon vous, peut peser un peu ? On dit que, par exemple, les Français ne veulent plus voyager aux États-Unis. Est-ce que vous avez constaté, vous ?
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
22:16] C'est un peu le moins cher en ce moment, donc il faut plutôt y aller.
Monde Numérique :
[
22:19] Oui, c'est ce que je pense aussi.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
22:21] Je vais introduire et puis je vais laisser Lionel compléter mon propos. On va faire comme d'habitude, pas ta de chaude. donc en fait oui clairement de toute façon le CES du temps de la 5G en 2017 c'était une crise géopolitique sur le hardware asiatique VS la souveraineté américaine etc donc de toute façon on n'échappera jamais à cette règle celle d'après les années après c'était autour de l'IAC etc, De toute façon, le CES est une cartographie de l'international. Donc, naturellement, c'est le reflet de la réalité du contexte dans lequel nous vivons tous. Après, je reste persuadé, c'est une conviction, que les gens ou les participants au CES viennent passer une semaine pour faire des affaires, se retrouver dans un écosystème qui est globalement en dehors du système, même s'il y est connecté d'une manière ou d'une autre, et que quel que soit le contexte, ce sont des participants qui sont dans l'action, dans le mouvement, dans l'après. Et donc, de fait, le contexte actuel est une variable d'ajustement sur une roadmap. Voilà, ça, c'est mon avis. Est-ce qu'il y aura moins de Français, en tout cas, dans tous ceux avec lesquels on partait classiquement et de l'écosystème élargi du CES ? Pour l'instant, tout le monde est là.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
[
23:29] Peut-être dans les entreprises qui doivent plus justifier un investissement ou une présence que d'autres, mais dans les faits, je suis moins sûr qu'il y ait moins de Français que d'habitude. Peut-être qu'on en parlera moins au regard de notre contexte à nous, qui font qu'on veut moins s'afficher comme étant présent à l'autre bout de la Terre pour aller voir des gadgets qui font poète-poète, ce qui n'est pas la réalité, mais c'est souvent la réalité malheureusement perçue.
Monde Numérique :
[
23:51] Oui, absolument. Yonel ?
Lionel Tardy:
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23:53] Les entreprises ont des roadmaps qui se déroulent à moyen terme, voire à long terme. Visiter le CES, ils nous posent souvent la question, quel est l'intérêt d'y aller tous les ans ? Et y aller tous les ans, c'est voir justement comment les innovations incrémentales, viennent s'ajouter et parfois se font distruter par des innovations tout à fait de rupture. Et le fait d'y aller tous les ans, c'est de toute façon nier complètement et évacuer, plutôt pas nier, mais évacuer toute l'ambiance géopolitique. C'est de dire, moi je m'inscris pour nourrir ma roadmap, que ce soit Trump ou Pierre, Paul ou Jacques, je dois y aller. Et moi ma réflexion c'est de me dire est-ce que j'y vais tous les deux ans, est-ce que j'y vais tous les ans est-ce que j'y vais tous les trois ans après ce qui se passe à côté, l'important c'est la survie et l'évolution de mon business et des produits que je propose à mes clients et je pense pas que les entreprises et ça par contre c'est sûr, oui les touristes combien ils ont eu ? 6% ? 10% de touristes en moins cette année en 2025 aux Etats-Unis, bon voilà mais.
Monde Numérique :
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25:03] C'est pas du tourisme d'aller au CES.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
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25:07] Paradoxalement les américains sont beaucoup plus présents à Las Vegas qu'ils ne l'étaient ces dernières années parce qu'ils sortent moins aussi de leur territoire.
Monde Numérique :
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25:15] Bon et bien on verra ça en vrai très bientôt le CES 2026 du 6 au 9 janvier en réalité ça dure plus que ça parce qu'il y a des événements avant, après etc et ça reste quand même, la boussole de la tech merci beaucoup merci à tous les deux messieurs Mathieu de Bavrouchon et Lionel Tardy est donc co-auteur du guide de survie du CES 2026 on peut encore se le procurer ?
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
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25:45] Sur Amazon sur la FNAC dans toutes les bonnes librairies sur commande mais sinon le plus simple c'est Amazon Livraison 48 heures.
Monde Numérique :
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25:52] Très bien merci beaucoup.
Matthieu Deboeuf-Rouchon:
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25:55] Et bon CES salut Jérôme.