Invité :
[
0:01] J'ai refusé effectivement des sommes qui font beaucoup, quoi.
Monde Numérique :
[
0:06] Qui font rêver.
Invité :
[
0:07] Ouais, quand il y a 8 chiffres, ça commence à faire rêver, ouais.
Monde Numérique :
[
0:10] T'es plutôt Steve Jobs ou plutôt Elon Musk ?
Invité :
[
0:12] C'est deux égos surdimensionnés et deux personnes qui ne sont pas forcément recommandables.
Monde Numérique :
[
0:17] Quelle qualité est-ce qu'il faut pour innover ?
Invité :
[
0:19] Ne pas avoir peur.
Monde Numérique :
[
0:24] Ils sont ingénieurs, entrepreneurs, inventeurs, solitaires ou en équipe. Ils font l'innovation technologique. Quel est leur parcours, quelles sont leurs motivations, quel est leur regard sur l'innovation ? C'est l'objet de la nouvelle série d'interviews de Monde Numérique que je vous propose. Bienvenue à l'écoute d'Innovateur, un format long en audio et en vidéo pour découvrir et comprendre les ressorts de l'innovation. Mon invité du jour est ingénieur avec un long parcours dans la tech, responsable technique d'une grande entreprise de cloud et surtout créateur et co-créateur de plusieurs technologies dont un logiciel que nous avons tous déjà utilisé. Bonjour Jean-Baptiste Kempf.
Invité :
[
1:08] Bonjour.
Monde Numérique :
[
1:09] Tu as cet objet qui te colle à la peau que je t'ai demandé d'apporter. Tu n'es pas entrepreneur de travaux publics.
Invité :
[
1:17] Non, mais d'ailleurs, c'est un peu l'objectif de VLC, c'est que les gens, quand ils vont à un cône de chantier, ils se disent que c'est un logiciel pour faire de la vidéo et pas un cône de chantier.
Monde Numérique :
[
1:26] VLC, ce logiciel qui est donc un player vidéo, qui existe depuis le début des années 2000, et tu vas nous raconter pour la unième fois l'histoire de VLC. Mais pas seulement, parce que comme je l'ai dit, L'idée, c'est d'aller voir un peu ta vision de l'innovation et ton parcours. Tu es né en 1983, tu es ingénieur, tu as fait l'école centrale. Tu es passé par différentes étapes, directeur technique de Scaleway, entreprise cloud fondée par Xavier Niel. Tu as créé également des entreprises. Tu es d'une famille d'ingénieurs, de scientifiques ou pas spécialement ?
Invité :
[
1:58] Pas spécialement. En fait, mon père, il est professeur d'économie, de macroéconomie théorique à l'université. et ma mère, elle était prof de français langue étrangère. Donc, moi, je ne viens pas du tout d'un monde ni d'entrepreneurs, ni de gens dans l'industrie, ni même dans autre chose que dans le public. Donc, pas du tout.
Monde Numérique :
[
2:20] Alors, je t'ai demandé de venir avec ce petit cône. Et puis, alors, il y a même...
Invité :
[
2:24] Ça, c'est le chapeau, ouais.
Monde Numérique :
[
2:25] Il y a que moi qui le mets ou tu en as un aussi ?
Invité :
[
2:29] Évidemment. Donc, effectivement... Alors, il y a deux façons de le mettre. Comme ça ou comme ça. Je ne sais pas quelle est la bonne façon, mais voilà.
Monde Numérique :
[
2:41] Mais pourquoi avoir choisi ça ?
Invité :
[
2:42] En fait, ce que les gens ne comprennent pas, c'est qu'en fait, VLC, ce n'est pas un projet qui a été conçu en tant que projet. C'est un projet étudiant qui est la continuité d'un projet étudiant, qui est la continuité d'un autre projet étudiant sur l'école centrale Paris et qui est devenu VLC. Mais il n'y a personne qui s'est dit, je vais lancer VLC. Donc, en fait, ce qui se passe, c'est que, pour faire la petite histoire un peu rapide, c'est que dans les années 60, l'école s'appelle l'École centrale nationale des arts et manufactures. Et le but, c'est de cette école centrale. Elle est du côté de la gare de Lyon et elle forme près 100 ingénieurs par an. Et donc, ce n'est pas du tout suffisant. Et donc, on lui dit, en fait, il faut agrandir cette école. Et comme elle s'appelle l'école centrale, mais surtout, contrairement à la plupart des autres grandes écoles, elle dépend du ministère de l'Éducation nationale. C'est une école relativement pauvre. Et donc, ils décident de l'implémenter au centre de la France, c'est-à-dire à Clermont-Ferrand.
Monde Numérique :
[
3:37] OK. Donc, toi, tu...
Invité :
[
3:39] Et pas du tout.
Monde Numérique :
[
3:39] Ah bon ?
Invité :
[
3:39] Et donc, c'était le plan de l'Éducation nationale. Puisque les écoles d'ingénieurs ou des commerces ont souvent des bons budgets, mais pas centrales, parce que dépend de l'Éducation nationale, qui avait des budgets globalement un peu plus faibles que ceux qui dépendent des télécoms ou de l'armée. Et les anciens élèves disent, « Non, ça ne nous va pas. En France, tout se passe à Paris. » Et donc, ils achètent un terrain à côté du parc de Sceaux, à Châtenay-Malabry. Et ils construisent un campus avec une association d'anciens élèves. Et l'école construit son bâtiment des enseignements. Mais en fait, on se retrouve dans ce truc complètement... Unique et aberrant pour des Français, c'est une école publique, avec de l'argent public, qui est sur un terrain privé. Certes, pas d'une entreprise qui fait de l'argent, mais d'une association. Et tout est géré par les étudiants. Donc, la radio, la télé, la bibliothèque.
Monde Numérique :
[
4:31] Vous êtes en autogestion, quoi.
Invité :
[
4:33] Oui, quasiment. Il y a une petite partie administrative, mais même le changement, la décision de qui va dans quelle chambre était gérée par les étudiants. Et dans les années 80, il y a une sorte d'essai des déploiements de réseaux à grande échelle par IBM sur 1500 élèves et qui déploient un réseau informatique en token ring, qui sont des très très vieilles technologies, dans les années 80. Et ce déploiement de réseaux, en fait, fonctionne relativement bien, mais c'est évidemment le début des années 90, c'est plus suffisant, il faut avoir un truc plus rapide pour le web qui naît, mais surtout pour faire du jeu vidéo.
Invité :
[
5:08] Et donc, les étudiants vont demander à l'école un budget pour avoir un réseau plus moderne. Et l'école leur dit « Écoutez, le campus, ce n'est pas chez moi, je ne peux rien faire. ».
Monde Numérique :
[
5:33] Bouygues construction, travaux publics.
Invité :
[
5:35] Tout à fait.
Monde Numérique :
[
5:35] Ce n'est même pas encore Bouygues Télécom.
Invité :
[
5:37] Non, non, non, bien sûr, Bouygues construction, mais il y a déjà dans la galaxie TF1, alors je ne sais pas exactement, là on est en 95, 96, et qui dit, le futur de la télévision, c'est le satellite, c'est du numérique. Donc, si vous êtes capable de transmettre ce flux satellite directement sur votre réseau, plutôt que d'acheter 1500 antennes satellites et box, qui coûteraient des fortunes, pour les étudiants, faites ça directement et moi je vous finance votre réseau effectivement ils lancent et le projet qui s'appelait évidemment Network 2000 dont le but était en fait de saturer le réseau pour justifier un nouveau réseau aurait dû s'arrêter là ok il y a une démo ça marche ça crache mais c'est pas grave la démo elle montre que c'est faisable et le projet aurait dû s'arrêter là il y a quelques étudiants en 97-98 qui relancent le projet en se disant, le streaming de vidéos sur un réseau local c'est pas idiot il y a plein d'autres gens qui en veulent on va le lancer en mode open source.
Monde Numérique :
[
6:31] Oui et puis c'était le début du streaming audio etc.
Invité :
[
6:35] Même vidéo non ? pas encore pas encore t'es quand même à l'époque 93, 94 c'est le MP3 t'es quand même pas dans le on est quand même 10 ans avant YouTube 11 ans avant YouTube et surtout il n'y a pas d'ordinateur c'est des 486 des 66 MHz des Pentium 60, 90 faire du décodage vidéo en temps réel c'est absolument impossible la vidéo c'est ça à l'époque les vidéos c'est du format vraiment timbre poste et, Mais ce n'est pas grave, ils y vont, le projet fonctionne et en 1998, ils relancent le projet dans le but d'être open source et qui va s'appeler à ce moment-là vidéo LAN.
Monde Numérique :
[
7:08] D'accord, ok.
Invité :
[
7:09] Ils vont mettre trois ans à convaincre l'école centrale d'autoriser à passer dans une licence open source, GPL, parce qu'en fait, ce n'est pas autorisé, parce que l'école considère que ça leur appartient. Oui. Et le 1er février 2001, donc pile il y a 25 ans et une semaine, l'école centrale autorise à passer en licence open source, GPL, et le projet en fait passe en GPL. Et ce projet, il y a plein, plein, plein de logiciels. Un des logiciels, c'est le client, qui s'appelle Vidéoland Client, qui petit à petit va s'appeler VLC, parce qu'on va rajouter plein de lectures. Et la plupart des gens qui utilisent VLC ne l'utilisent pas en tant que lecteur de la solution Vidéoland, mais en tant que juste lecteur vidéo.
Monde Numérique :
[
7:51] D'accord.
Invité :
[
7:52] Moi, j'arrive à Centrale en 2003. Je fais partie de l'association qui gère le réseau et de fait, qui gère en fait le projet Vidéolan. Et moi, ce que je vais faire, c'est qu'en 2006-2007, comme le projet devient trop gros pour l'école, je vais le sortir et créer une association loi 1901 qui va gérer le projet depuis 2008 jusqu'à nos jours.
Monde Numérique :
[
8:14] C'est incroyable, c'est ça.
Invité :
[
8:15] Et donc, en fait, à chaque fois, les gens disent, c'était créateur. Ben non, je ne suis pas créateur. Il n'y a pas vraiment de créateur. C'est qui les créateurs ? C'est les gens qui ont été là dans les années 80 pour lancer le premier réseau, ceux de 94, ceux de 98.
Monde Numérique :
[
8:26] Il y a toute une continuité.
Invité :
[
8:27] En fait, c'est une continuité de projets.
Monde Numérique :
[
8:29] Oui, mais tu as incarné le truc.
Invité :
[
8:31] Alors, ce qui est sûr, c'est que c'est moi qui ai passé le plus de temps de ma vie sur ce projet. Ça, il n'y a pas de débat. Depuis 2006, 2007, c'est quasiment tout ce que je fais. J'ai créé l'association. J'ai créé ensuite un certain nombre de sociétés autour de ça qui vont faire de l'intégration, qui vont faire du consulting autour de ça et qui va surtout transformer le logiciel qui a quelques millions d'utilisateurs à des centaines de millions d'utilisateurs.
Monde Numérique :
[
8:52] Ça sert à quoi VLC aujourd'hui ? C'est utilisé pour quoi ?
Invité :
[
8:56] Tout le monde l'utilise tout le temps et ils ne se rendent pas forcément compte. C'est qu'évidemment, il y a vraiment le logiciel en soi, l'application avec le cône qui lit n'importe quel type de fichier.
Monde Numérique :
[
9:05] C'est ça, il y avait une époque, il fallait l'avoir sur son PC parce que c'était le seul qui pouvait lire tous les formats.
Invité :
[
9:10] Alors, en fait, c'est encore un peu le cas, parce qu'on voit moins de formats, mais c'est vrai qu'à l'époque, toutes les semaines, il y avait un nouveau format. Et sous Windows ou sous Mac, il fallait installer ce qu'on appelait des codec packs, qui étaient des choses absolument horribles que tu installais, qui te rajoutaient plus de virus que de formats vidéo et qui étaient capables de faire la décompression de tous les formats vidéo. Parce que pour donner une idée, dans VLC, il y a à peu près peut-être un millier de formats différents qui sont supportés, avec plein de combinaisons. Et donc, c'est très, très compliqué. et VLC arrivait directement avec tout intégré. Donc, tu n'avais pas à télécharger quelque chose d'à côté. Et vu le nombre de virus qu'il y avait dans les extensions que tu avais téléchargées. Et donc, c'est ça qui a rendu VLC assez populaire sous Windows et sous Mac. En fait, c'était la seule façon de lire des DVD. Pendant très longtemps, sous Mac, tu n'avais pas les DVD. Donc, les Mac OS X, XI, XI, XII, XIII, tu avais obligé d'avoir VLC qui lisait tout ça. Et aujourd'hui, le moteur de VLC, ce qu'on appelle LibVLC, il est utilisé dans plein d'applications. donc il y a plein de gens plein de fois vous voyez de la vidéo vous n'avez aucune idée mais en fait c'est VLC c'est VLC qui est derrière c'est des VLC qui est devant ou derrière, Et surtout, à côté de VLC, il y a une autre partie de la communauté open source qui s'appelle FFmpeg et puis plein d'autres petits projets qui gravitent autour. Et ces projets-là, c'est ce qui fait tourner quasiment tout YouTube, tout Facebook. Dès que vous voyez de la vidéo en ligne, quasiment 90%.
Monde Numérique :
[
10:31] Ah ouais, c'est derrière YouTube et Facebook ?
Invité :
[
10:34] En fait, quand tu envoies une vidéo sur YouTube, la conversion, pour que ça soit affiché, C'est donc un logiciel open source qui s'appelle FFmpeg, qui est le projet frère de Vidéolan et de VLC, qui sont les mêmes gens. En fait, c'est une toute petite communauté d'une cinquantaine de personnes qui font tourner toute la vidéo.
Monde Numérique :
[
10:51] Que des Français ?
Invité :
[
10:52] Pas du tout. C'est vrai qu'il y a beaucoup de Français dans la vidéo, mais c'est surtout des Européens. Ce que tu vois, c'est surtout des Européens. Mais il n'y a pas que des Français. Il y a pas mal d'Allemands, des Anglais, des Italiens, quelques Américains.
Monde Numérique :
[
11:05] C'est ce qui fait quand même que tu es connu dans le monde entier et tu es connu en tout cas aux États-Unis. Ouais, tu es une vraie vedette aux États-Unis.
Invité :
[
11:13] Alors, je ne sais pas si je suis une vedette. Et je pense que ce n'est pas trop aux États-Unis, mais quand je vais en Inde.
Invité :
[
11:19] et c'est assez rigolo parce que quand je parle je dis j'ai fait Centrale Paris, en dehors de France personne connait mais en dehors d'Europe personne ne connait mais quand tu dis que tu as fait le lecteur VLC déjà il y a pas mal de gens et quand tu dis non mais le cône qui lit des vidéos là c'est universel donc tu te retrouves je me suis retrouvé au fin fond de la SAB ou dans le Kerala et les gens connaissent et d'ailleurs pendant très longtemps je faisais une conférence qui s'appelait comment VLC un projet qui est devenu plus connu que son école, c'est.
Monde Numérique :
[
11:50] Comme ça que tu t'es retrouvé notamment aux Etats-Unis, tu as fait un podcast il n'y a pas très longtemps.
Invité :
[
11:54] Très connu effectivement j'ai fait plein de podcasts mais surtout en fait, aujourd'hui dans la tech vidéo c'est devenu la référence VLC, FFMPEG, X264 c'est ce qui fait tourner vraiment toute la vidéo donc énormément de, mes sociétés qui sont de l'intégration autour de VLC c'est ce qui fait tourner YouTube, FFMPEG, Facebook, etc. Tout ça, c'est mes clients qui font de la R&D basée autour de l'open source. Ce qui est très important, c'est que la plupart du travail a été fait par des gens dans une communauté qui est... je ne sais pas, fédéré, désagrégé. C'est un mode de développement qui est quand même relativement rare.
Monde Numérique :
[
12:37] C'est ça qu'il faut que tu nous expliques un peu, parce que l'open source, ça réunit des millions de gens à travers le monde, mais ce n'est pas forcément hyper connu du grand public. C'est un mode de fonctionnement très particulier.
Invité :
[
12:50] Oui, parce qu'en fait, et notamment au début de VLC, la plupart des gens, en fait, c'était soit des étudiants, soient des gens qui étaient un peu distribués, des anciens élèves de Centrale, des gens qui avaient 25 ans, 30 ans, qui voulaient regarder des vidéos et qui ont contribué au projet. Mais globalement, l'open source à l'origine, c'est vraiment principalement plusieurs développeurs qui ont le même problème et qui se disent on va travailler ensemble. Ils font tout à travers Internet. Donc c'est vrai que par rapport à...
Monde Numérique :
[
13:19] Ce qui fait qu'à l'arrivée, ce n'est pas un logiciel propriétaire, ça n'appartient à personne.
Invité :
[
13:22] En fait, ça dépend. Ça appartient plutôt à tout le monde plutôt que de dire que ça n'appartient à personne. Le schéma, c'était la cathédrale contre le bazar. Donc, la cathédrale, c'est un truc hyper planifié. Microsoft, Apple qui décide. Tu as des product managers, des programmes managers qui vont décider qu'on va mettre ça dans cette version et qui font des décisions. Et tu as l'autre côté qui est plus une sorte de bazar organisé. C'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui font des choses et puis la communauté trouve un consensus. Donc, c'est ça qu'il faut comprendre. C'est que l'intérêt, c'est que comme tu as le code source en même temps que le programme, tu peux le prendre et le modifier comme tu veux. Et tu vas, si tu le veux, donner tes améliorations à la communauté ou tu ne vas pas les donner. Et c'est toi qui décides. Et la communauté est en droit d'accepter. Et ça, les gens ne comprennent pas. Ce n'est pas parce que quelqu'un fait quelque chose que je suis obligé de l'intégrer. Et donc, en fait, tu construis, c'est un peu darwinien, c'est un peu consensus. Et quand les communautés ne sont pas d'accord, elles se séparent. Et tu as le droit, parce qu'en fait, tu as le code source. Donc, tu vas avoir plusieurs versions de VLC.
Monde Numérique :
[
14:25] Donc, tu as plusieurs versions de VLC.
Invité :
[
14:27] Alors, c'est ce qu'on appelle un fork ou une fourchette. Ça n'est pas arrivé dans VLC, mais c'est arrivé dans plein d'autres logiciels open source. Et finalement, ce n'est pas grave et c'est normal.
Monde Numérique :
[
14:34] Ok. Mais ça reste un logiciel qu'on peut télécharger gratuitement, sauf des versions spécifiques qui, du coup, peuvent être commercialisées avec...
Invité :
[
14:44] Donc, en fait, l'open source ne t'interdit pas de commercialiser. C'est-à-dire que, par exemple, moi, j'ai des versions de VLC ou principalement du moteur de VLC qui sont spécifiques pour des gens dans les télécoms, des gens qui font une application de streaming, mais ils ont quelque chose de spécifique à rajouter.
Monde Numérique :
[
15:03] Ça aurait été enrichi d'une certaine manière.
Invité :
[
15:04] Énormément de gens utilisent VLC dans des moteurs de jeux vidéo pour afficher de la vidéo dans les lecteurs de vidéos. Il y a évidemment des applications dans l'industrie, dans la défense. Et comme c'est ouvert, tu peux le modifier comme tu le souhaites.
Monde Numérique :
[
15:20] C'est pour ça que je disais que tu es très connu en plein de pays du monde. J'ai même appris que j'ai vu que tu étais en France. Tu avais reçu... Tu es chevalier de l'ordre national du mérite.
Invité :
[
15:29] T'as vu, c'est classe.
Monde Numérique :
[
15:30] Oui, ça claque.
Invité :
[
15:31] Merci Mounir.
Monde Numérique :
[
15:33] Mounir Majoubi, qui était secrétaire d'État au numérique.
Invité :
[
15:37] Et qui avait décidé...
Monde Numérique :
[
15:38] C'était un copain ?
Invité :
[
15:39] Pas du tout, mais moi, je ne le connaissais pas du tout, Mounir. Il avait décidé de donner justement cette médaille à des gens qui travaillaient sur l'open source. Il y avait sur VLC, il y avait des gens sur OpenStreetMap et d'autres endroits. Moi, je n'étais pas du tout au courant, donc c'était un peu une surprise. Mais c'était une longue histoire. Et effectivement, c'est assez rare.
Monde Numérique :
[
15:59] Et le logiciel, tu l'as dit, il est connu dans le monde entier.
Invité :
[
16:02] Moi, ce que je dis, c'est le logiciel français le plus utilisé au monde, voire le logiciel européen le plus utilisé au monde, mais aussi le moins rentable.
Monde Numérique :
[
16:09] C'est fou, ça. Et pourtant, il y a eu des tentatives, je crois.
Invité :
[
16:14] Alors, effectivement, on a eu des offres de rachat. Surtout, on a eu des offres où, quand t'as installé VLC, ça allait t'installer autre chose en même temps. Tu sais, ça t'a installé à l'époque des Toolbar. Oui, ça s'est fait l'enfer. Oui, mais surtout, c'était le pire. Ça changeait ton moteur de recherche, ça te changeait ta pub dans ton navigateur, etc.
Monde Numérique :
[
16:34] Et ça, c'est un peu le côté pervers de la chose, non ? enfin le revers de la médaille.
Invité :
[
16:39] En fait, c'est vrai que c'est un problème.
Monde Numérique :
[
16:40] Tout le monde peut faire n'importe quoi.
Invité :
[
16:42] Oui, mais sauf que les gens, ce qui vaut le plus dans VLC, c'est le site web et c'est la marque. Donc, tu tapes VLC, tu tombes sur le site web. Donc, c'est plutôt ça. Mais c'est que si jamais la version principale, la nôtre, commence à avoir des choses horribles, en fait, tu fais énormément d'argent. Enfin, quand tu as une base installée d'autant d'utilisateurs, tu pourrais faire beaucoup d'argent.
Monde Numérique :
[
17:03] Et ça, tu n'as jamais voulu le faire ?
Invité :
[
17:04] Ce n'est pas moral. En fait, tu vois, ce n'était pas logique. C'est un projet. Le projet, il n'est pas à moi. Le projet, c'est des milliers de personnes qui ont contribué, c'est des générations d'étudiants. Oui, j'aurais pu le faire, mais moralement, ce n'était pas bien et je ne pouvais pas me coucher la nuit.
Invité :
[
17:23] Donc, voilà, je ne l'ai pas fait et j'ai refusé effectivement des sommes qui font beaucoup.
Monde Numérique :
[
17:29] Qui font rêver.
Invité :
[
17:31] Oui, quand il y a huit chiffres, ça commence à faire rêver.
Monde Numérique :
[
17:33] Mais c'était quoi ? Des grandes entreprises ?
Invité :
[
17:35] Oui, bien sûr.
Monde Numérique :
[
17:35] Des big tech américaines ?
Invité :
[
17:37] Des big tech américaines ou des boîtes plus ou moins shady qui allaient te mettre des trucs...
Monde Numérique :
[
17:44] Ah ouais, c'est ça.
Invité :
[
17:44] Bah ouais, mais en fait, tu te rends compte, imagine même que tu installes quelque chose en VLC.
Monde Numérique :
[
17:48] C'est notamment la base installée, c'est-à-dire c'est tous les gens qui utilisent le logiciel.
Invité :
[
17:52] Et surtout, la marque, c'est-à-dire que tu fais confiance à VLC. VLC, c'est là depuis 25 ans, tu sais que dans 20 ans, ça sera encore là, ça sera toujours capable de lire tes vidéos, ça sera toujours un moteur pour lire des vidéos.
Monde Numérique :
[
18:02] Ouais, mais si t'avais fait ça Et s'il s'était passé ça, la confiance, elle se serait émouissée.
Invité :
[
18:06] Ah oui, mais moi, j'aurais pris plein de l'argent. Sauf que tu te dis en deux ans. C'est ça qu'ils font comme calcul. Ils disent qu'en deux ans, on va détruire la communauté, mais ce n'est pas grave.
Monde Numérique :
[
18:15] Ce n'est pas grave, on va se faire plein d'argent.
Invité :
[
18:16] Exactement.
Monde Numérique :
[
18:18] Et c'est toujours, aujourd'hui, c'est toujours de l'open source. Mais ça n'empêche pas de créer du business autour.
Invité :
[
18:24] Alors tout à fait. Et ça, c'est très important. Open source, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de business autour. Il y a beaucoup de business models, que ce soit de la double licence, du support, de l'intégration spécifique, du hosting. Il y a beaucoup, beaucoup de projets qui sont open source, qui vivent. Juste, c'est plus compliqué dans l'open source de vendre... La licence, quoi. La licence du projet.
Monde Numérique :
[
18:49] Je t'ai entendu dans d'autres podcasts où tu expliquais que l'open source faisait que parfois aussi, il y avait des modifications qui étaient apportées, et y compris des modifications pas très recommandables et des tentatives d'infiltration, etc.
Invité :
[
19:04] Donc, effectivement, comme VLC, en fait, tu as envie d'aller peu mettre des choses dans des centaines de millions d'ordinateurs. On a eu des attaques pas très très rigolotes sur nos infrastructures pour remplacer la version VLC originelle. Parce que si tu la remplaces, tu vas diffuser la nouvelle version à énormément d'ordis. C'est une vraie target. On a eu beaucoup d'attaques. On a une façon dont on gère notre infrastructure qui est un petit peu compliquée à cause de ça. On a la CIA qui a fait une fausse version de VLC. C'était dans les leads de Wikileaks dans Vault 7 à l'époque fait par, Assange donc on avait appris ça il y a les Chinois aussi qui ont piraté des Indiens donc à un moment on s'est fait bannir VLC en Inde pendant un an parce qu'ils avaient pris c'était pas un vrai VLC mais, comme c'est open source, ils avaient utilisé le mot de VLC et puis après, ils avaient fait ce qu'on appelle des publicités targetées dans Facebook pour envoyer des mauvaises versions de VLC à des gens qui pouvaient...
Monde Numérique :
[
20:10] C'est Canada Drive.
Invité :
[
20:12] Exactement.
Monde Numérique :
[
20:12] Mais la CIA, c'est-à-dire, ils faisaient quoi ?
Invité :
[
20:15] Alors, la CIA, il y avait une version, c'est il y a longtemps, ils rajoutaient, c'est la même version de VLC, mais ils rajoutaient une DLL supplémentaire dans l'installation de VLC et avec cette... Donc, ils avaient un vecteur, en général, une publicité ou une autre façon et donc ils mettaient une DLL de plus et cette DLL elle se le chargeait en même temps que VLC et elle allait lire tous tes documents les chiffrer et les envoyer sur les serveurs de la CIGA cool mais c'est pas quelque chose en masse c'est des choses que tu target c'était ciblé bien sûr c'est ciblé sur.
Monde Numérique :
[
20:45] Certains utilisateurs exactement mais donc il fallait que ça se passe au niveau de votre serveur.
Invité :
[
20:50] Non parce qu'en fait ce qu'ils faisaient c'est qu'ils faisaient une pub et les gens ne faisaient pas attention qu'ils n'allaient pas sur notre serveur mais c'est pas juste une attaque que tu peux faire sur VLC.
Monde Numérique :
[
20:58] Comme un cœur de base.
Invité :
[
21:00] Oui, mais tu pourrais le faire avec Evernote, tu pourrais le faire avec Spotify. Ça n'est pas spécifique à VLC.
Monde Numérique :
[
21:05] C'était la notoriété de VLC qui était le vecteur.
Invité :
[
21:08] Et en fait, surtout, quand tu lis de la vidéo, tu t'attends. D'abord, ça fait du bruit. Parce que tu as du son, en général, tu regardes un film. Donc, en fait, tu ne t'étonnes pas que ton ordinateur ait un ventilateur qui tourne plus vite et des choses comme ça. Donc, c'est plutôt assez malin. Je pense que les gens de Spotify ont eu le même problème pour la même raison. avec des fausses.
Monde Numérique :
[
21:26] Versions de Spotify qui pourtant n'étaient pas en open source oui.
Invité :
[
21:29] Oui c'est pas une question d'open source là c'est pas du tout une question c'est ce que je dis souvent les gens l'open source c'est une façon de changer la méthode de développement, Ça ne change rien. Ce n'est pas plus sécure, ce n'est pas moins sécure. Il n'y a pas de business model. On peut faire de l'argent, on peut vendre de l'open source, on peut ne pas vendre de l'open source. Ça ne change rien. Ce que ça change, c'est la façon de développer. Et par exemple, dans le cas de VLC, c'est parce que c'est open source que c'est devenu populaire. Parce qu'à ce moment-là, chacun a pu arriver, rajouter un module, rajouter un autre module, rajouter un nouveau format. Et c'est la puissance de tout le monde qui a rajouté plein de formats.
Monde Numérique :
[
22:08] Alors, il n'y a pas que VLC dans ta vie ?
Invité :
[
22:10] Non, effectivement, mais ça m'a pas mal aidé parce qu'en fait, grâce à VLC, je me suis retrouvé en fait à un moment à Station F. J'ai fait trois ans à Station F dans un espace qui s'appelait Space Green, qui était géré par Naver. Et là, j'ai commencé à être plus dans le côté un peu startup et j'ai fait beaucoup d'advisory pour des startups. Et puis, pour des fonds de VC, donc des investisseurs qui avaient besoin de due diligence pour vérifier techniquement. ils vont dans une boîte. Qu'est-ce que j'en pense ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Et j'ai une tendance à être assez... assez franc et assez efficace. Donc, en une, deux ou trois journées, en fait, moi, j'ai dit ça, ça va, ça, ça ne va pas, etc. Après, ils en font ce qu'ils veulent, mais ils ont un rapport originel. Et grâce à ça, en fait, je me suis retrouvé rapidement en fait, ce qu'on appelle CTO de transition, tu vois, parce que souvent, tu es un nouvel investisseur, tu es un changement d'équipe. Et donc, j'ai fait plusieurs missions où tu es un mois, deux mois, trois mois.
Monde Numérique :
[
23:07] Le mercenaire du CTO mercenaire.
Invité :
[
23:09] Oui, parce qu'en fait, dès que tu arrives à une certaine taille de société, de startup, En fait, soit tu démarres très, très vite, mais souvent, le cas classique, c'est les gens, ils sont 5, 10, 15, 20 pendant un ou deux ans. Puis après, il y a une augmentation vers 50 et puis après, il y a une autre augmentation vers 100, 200. Et c'est d'ailleurs souvent corrélé avec les levées de fonds. Mais l'organisation, en fait, tu arrives vite à un problème d'organisation du code. C'est-à-dire que sur VLC, la façon dont c'est structuré permet d'avoir beaucoup de gens qui collaborent ensemble.
Invité :
[
23:40] Et je me suis donc retrouvé avec une mission chez Shadow, qui était donc cette société de cloud gaming.
Monde Numérique :
[
23:49] Start-up française.
Invité :
[
23:50] Start-up française, qui avait levé quasiment 120 millions à l'époque. Et donc là, j'ai fait une mission pendant neuf mois. J'étais CTO part-time, CTO. La société a raté une levée de fonds et donc elle est partie en redressement judiciaire. Donc là, je me suis allié avec Xavier Niel pour essayer de racheter la société. on n'a pas réussi parce que le système du tribunal de commerce c'est un peu compliqué mais c'est une sorte de double blind un peu comme au poker si tu ne mets pas assez c'est mort c'est mort, et tu ne.
Monde Numérique :
[
24:21] Sais pas forcément combien il faut mettre.
Invité :
[
24:22] Et tu ne sais pas combien il faut mettre donc bah et en fait le prix d'achat sert à éponger les dettes donc évidemment c'est l'offre la plus en général dans la plupart du temps c'est l'offre la plus élevée qui permet de payer les créanciers ce qui est normal donc.
Monde Numérique :
[
24:36] Shadow c'était Blade c'est ça.
Invité :
[
24:38] ?
Monde Numérique :
[
24:38] C'était Blade Shadow effectivement voilà c'est cette solution c'était révolutionnaire enfin moi j'étais à France Info à l'époque et j'en avais beaucoup parlé je crois que t'étais venu d'ailleurs en parler, c'était un truc qui permettait d'avoir chez soi, sur un PC basique, on va dire, la puissance d'un PC de gaming.
Invité :
[
24:55] Exactement.
Monde Numérique :
[
24:56] D'utiliser toute la puissance graphique des GPU dans le cloud. Et de faire du jeu vidéo.
Invité :
[
25:04] Par cette histoire-là, quand on a essayé de lever de l'argent, on a essayé de lever de l'argent avec un système où on avait vu plein de business angels, notamment Jacques-Antoine Granjon. Ensuite, j'ai fait deux ans en tant que VP of Engineering chez Vente Privée. pour encore parler énormément de tech et définir comment on avançait sur la tech. Et ensuite, j'ai fait une autre mission il y a plus de deux ans et demi chez Scalway où j'ai fait un audit tech de Scalway. Et puis ensuite, j'ai pris la direction technique de Scalway pendant deux ans et demi.
Monde Numérique :
[
25:35] D'accord. Et aujourd'hui, c'est Kyber ?
Invité :
[
25:38] Exactement. Alors, Kyber...
Monde Numérique :
[
25:39] C'est quoi, Kyber ?
Invité :
[
25:40] Kyber, c'est hérité justement de Shadow. C'est l'idée qu'on fait beaucoup de choses en mobilité et il faut contrôler des machines à distance. Que ce soit des ordinateurs plus puissants, avec des GPU pour faire de l'IA, pour faire du rendu 3D, du gaming, ou autre, ou contrôler des machines qui sont autonomes, mais qui ont besoin de temps en temps être contrôlées, que ce soit des drones, volants, roulants, sous-marins, des gens qui sont des voitures autonomes, des robots, énormément de robots. Aujourd'hui, les robots, même ceux qu'on aimerait bien, ils ne sont pas complètement autonomes, donc quand tu as besoin d'autonomie, il faut que, À un moment, quand ça ne va pas, il faut que quelqu'un puisse prendre le contrôle. Tu le vois sur les Waymo aujourd'hui, il y a énormément de... Quand la voiture, elle ne marche pas, même si c'est 0,1% des cas, c'est tellement important. Et donc, nous, on fait vraiment une solution open source qui permet justement de contrôler n'importe quel type d'ordi, de drone, de robot à distance.
Monde Numérique :
[
26:35] C'est-à-dire, qu'est-ce que vous apportez comme briques technologiques à ce niveau-là ? On va rentrer dans du lourd.
Invité :
[
26:42] C'est toute la partie réseau, donc toute la partie réseau à très très faible latence, c'est toute la partie encodage vidéo à très très faible latence et le décodage à faible latence. Et tout ça est fait pour que tout reste synchronisé, audio, vidéo, mais aussi les capteurs de température, de pression, de position, le clavier, le gamepad, la souris, qui tout passe sur le même réseau. Et puis, en même temps, il faut s'adapter aux conditions de réseau. Donc, quand le réseau va moins bien, il faut réduire la qualité, compresser un peu plus, tout en étudiant. en étant dans le cas où tu as besoin d'avoir la latence la plus faible, parce que ce que tu contrôles, c'est un vrai truc, qui est dans la vraie vie.
Monde Numérique :
[
27:25] Si c'est une voiture ou un robot...
Invité :
[
27:28] Combien de fois que Netflix n'est pas très beau, tu poses, ça rebufferise sur YouTube.
Monde Numérique :
[
27:32] Netflix, ça ne bufferise pas trop.
Invité :
[
27:35] Ça descend énormément en qualité, et puis le démarrage, ça peut prendre quelques... Tu as une bonne connexion, mais ça peut prendre quelques secondes à démarrer. Quand tu as un robot, tu ne peux pas attendre. Il est dans la vraie vie.
Monde Numérique :
[
27:47] Et donc, Et donc là.
Invité :
[
27:48] C'est vraiment cette solution technologique qui permet de faire tout ce genre de contrôle de machine.
Monde Numérique :
[
27:54] D'accord. Et pareil en open source ?
Invité :
[
27:56] Alors, c'est en open source avec une licence commerciale. Donc, tu as deux licences. C'est une licence un peu différente de VLC, mais c'est la même idée. Si tu veux l'utiliser et faire une application open source, tu peux l'utiliser. Si tu veux l'utiliser commercialement, tu achètes la licence commerciale.
Monde Numérique :
[
28:09] Donc, tes clients, c'est qui ? Enfin, les potentiels ?
Invité :
[
28:11] Des gros industriels, des banques, des assureurs, des gens qui font du bureau à distance, et notamment un truc que beaucoup de gens connaissent qui s'appelle Citrix. Et en fait, Kyber...
Monde Numérique :
[
28:23] Oui, qui est de la prise de contrôle d'ordis à distance.
Invité :
[
28:26] Et surtout des ordis virtualisés à distance. Et en fait, c'est un vrai sujet de souveraineté. Donc, ça recoupe un peu ce que j'ai fait chez Scalway et d'autres, pour justement, on a beaucoup de briques technologiques dont on n'a pas vraiment l'équivalent, et il faut les avoir. donc notamment ça peut faire du Citrix ça peut faire du cloud gaming ça peut faire du robot et du drone à distance ouais.
Monde Numérique :
[
28:47] Donc en fait tu t'es élargi par rapport à.
Invité :
[
28:49] En fait c'est le même en fait c'est juste que comme c'est une solution technologique elle peut servir à plein de choses mais c'est toujours la même idée c'est qu'il y a un flux vidéo à très très faible latence à très très haut débit et haute qualité et c'est ça plein d'autres flux audio, gamepad, clavier, souris, etc.
Monde Numérique :
[
29:06] D'accord. Il y a des concurrents sur ce type de techno dans le monde ?
Invité :
[
29:09] Alors, il y a quelques concurrents, mais sur certaines verticales. Il y a des gens qui vont faire ça juste sur les robots ou juste sur les drones, ou des gens qui vont faire ça vraiment plus bas niveau, vraiment sur les couches basses du matériel, pour les drones, les ondes radio. Et donc là, on essaye d'être vraiment... d'avoir un SDK qui fonctionne dans tous ces cas-là.
Monde Numérique :
[
29:30] On peut dire qu'il y a un vrai et du coup, il y a un vrai savoir-faire français par rapport à ça aujourd'hui ?
Invité :
[
29:35] Alors oui, c'est clair. La question souvent qu'on me pose, c'est est-ce que c'est une deep tech ? Bah, t'es à la limite, quoi. C'est-à-dire que ça reste du logiciel, ça reste utilisable aujourd'hui, mais ça demande des compétences en maths et assez poussées. Et c'est vrai que le background français autour de tout ce qui avait été telco à l'époque, Orange, Alcatel, qui fait qu'il y a énormément de gens qui font de la vidéo du côté de Rennes, du côté de Grenoble, fait qu'effectivement, il y a un savoir-faire français.
Monde Numérique :
[
30:08] On va passer un peu à une autre partie de cette émission, Jean-Baptiste. On va prendre un peu plus de hauteur. C'est passionnant de t'entendre raconter ton parcours. Maintenant, j'aimerais avoir un peu ton regard sur tout ça et si on dézoome un peu sur l'innovation en général. J'ai préparé une série de petites questions. D'abord, pour commencer, tout simplement, quand on parle d'innovation, c'est quoi pour toi ? Qu'est-ce que c'est que l'innovation ?
Invité :
[
30:33] Alors, je ne sais pas. en fait, je sais mais je n'aime pas quelque chose qui se passe sur l'innovation, c'est que tout le monde fait de l'innovation, et c'est un glissement sémantique, alors ça commence à revenir un peu en arrière, mais grosso modo avant tu avais des boîtes de conseils, et notamment pour avoir des crédits d'impôt recherche, je te disais que tout le monde faisait de l'innovation alors qu'en fait, vraiment l'innovation il faut que ça déplace l'état de l'art soit que ce soit vraiment de la recherche c'est-à-dire donc que ça te déplace l'état de l'art, théorique, soit des nouveaux produits qui n'ont jamais été vus. Et on a eu un peu, on a fait un peu n'importe quoi dernièrement, où tout le monde était innovant, mais à un moment, et c'est le problème, quand tout le monde est innovant, personne ne l'est, parce qu'en fait, tu perds la sémantique. C'est comme aujourd'hui avec la souveraineté, c'est un mot qui n'est pas très bien, parce qu'en fait, ça veut tout et rien dire. Donc pour moi, vraiment, la définition d'innovant, c'est qu'il faut que ça déplace l'état de l'art.
Monde Numérique :
[
31:31] Donc pour toi, l'innovation, elle est forcément disruptive, elle ne peut pas être incrémentale, comme on dit. Des petites choses, les nouveaux smartphones qui sortent année après année, ce n'est plus de l'innovation ?
Invité :
[
31:42] Il faut que ça te rapporte quelque chose de vraiment nouveau. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas forcément disruptif, ça peut être incrémentable. En fait, je pense que ça vient de la NASA à l'origine, c'est ce qu'on appelle le TRL, c'est-à-dire le niveau de readiness. Et donc, le TRL 1, c'est...
Monde Numérique :
[
32:02] Comment on peut traduire ça ? C'est compliqué.
Invité :
[
32:05] En fait, c'est vraiment le niveau d'une technologie, le niveau de préparation pour en mettre dans la main des humains normaux.
Monde Numérique :
[
32:15] Qu'elles soient utilisables.
Invité :
[
32:16] Qu'elles soient utilisables. Et donc, le niveau 1, c'est des maths fondamentales. Et puis, tu montes avec de la recherche, 2, 3, 4. Et après, tu montes vraiment dans l'innovation. Et normalement, tu passes de R&D, d'abord de théorie, puis de R&D, puis de R&D expérimental, puis de développement expérimental et de développement. Mais donc, ça veut dire quand même que à tous les niveaux, tu peux être innovant. mais l'innovation elle doit être quelque chose véritablement nouveau et c'est pas, c'est pas quelque chose que n'importe qui peut atteindre, j'ai répliqué quelque chose qui existe déjà aux Etats-Unis, c'est pas innovant ouais c'est pas une innovation en fait t'as quand même beaucoup de gens qui l'ont fait ou alors je prends, l'exemple de Uber et je le fais pour les scooters bon super, c'est pas de l'innovation, t'as juste prie deux choses qui sont, existantes et tu les combines. Donc il faut vraiment qu'il y ait un truc qui soit pas évident.
Monde Numérique :
[
33:17] Mais je crois que c'est, malgré tout, la définition de l'innovation par Schumpeter, c'est que ça peut être aussi une combinaison de choses.
Invité :
[
33:26] Oui, mais sauf que ta combinaison, elle doit être non-triviale. En fait, si, Ça ne veut pas dire que, et c'est ça qui est important, c'est qu'il y a des choses, elles sont difficiles à exécuter. Et là, beaucoup de gens oublient que l'exécution, c'est difficile.
Invité :
[
33:41] Donc, ce n'est pas forcément très grave. Mais tu ne peux pas dire que tout est innovant. Sinon, en fait, effectivement, j'ai vu des boîtes de conseils en organisation qui disaient « Ouais, j'ai fait un nouveau process pour une grosse société, c'est de l'innovation. » Non.
Monde Numérique :
[
33:57] Quelle qualité est-ce qu'il faut pour innover ?
Invité :
[
33:59] Ne pas avoir peur. Alors ça, c'est un... Pour moi, c'est ce que je trouve de mieux qui a été fait par tout ce qu'on appelle la French Tech. Pour moi, la French Tech, c'est Fleur Pellerin, Xavier Niel, Station F, qui était un peu la suite de choses qui étaient un peu plus confidentielles autour du sentier Silicon Carin, Silicon Sentier, le camping, etc., où il y avait sentier numérique, où il y avait quand même beaucoup de choses. on est passé du moment où l'échec ne faisait plus peur en France. Et ça c'est hyper important ça a été un changement culturel très très fort Tu.
Monde Numérique :
[
34:37] Penses qu'on a vraiment passé ce cap aujourd'hui ?
Invité :
[
34:39] Ah oui C'est simple, moi je suis sorti de Centrale en 2006 Sorti de 2006, tu prenais 40 à 50% de la promo qui allait faire soit du conseil en stratégie, soit du conseil en organisation, soit des mathématiques appliquées pour faire des priceurs de subprime, Aujourd'hui tu vas dans toutes les écoles d'ingé la plupart des écoles de commerce, 40% de la promotion elle veut aller en start-up en start-up et donc ça c'est un vrai changement et puis surtout je rappelle qu'avant quitte à prendre.
Monde Numérique :
[
35:04] Des risques en connaissant les risques qu'il peut y avoir.
Invité :
[
35:06] Bien sûr mais surtout je rappelle qu'avant quand tu plantais ta boîte en France tu étais fiché à la Banque de France non mais c'est fou c'est fou c'est-à-dire que alors que quand tu allais voir et moi j'ai alors que les Etats-Unis.
Monde Numérique :
[
35:18] Se vantent d'avoir fait des échecs parce que.
Invité :
[
35:20] Un échec.
Monde Numérique :
[
35:21] Est une ligne sur le CV.
Invité :
[
35:22] Un VC, Ok, la première question c'est pourquoi ? Par exemple, moi, je peux te dire ce qu'on a mal fait chez Shadow, pourquoi, etc. Et en fait, tu apprends. Moi, je suis capable de faire des choses que je ne pouvais pas faire parce que je me suis planté plein de fois. Et ça, c'est un changement culturel qui est pour moi l'héritage de ce qu'on appelait la French Tech originelle. Et c'est un changement qui est génial et qui va faire, et qui déjà fait que le changement de centre de gravité des startups en Europe est passé de Berlin à Paris. Je mets Londres à côté parce que Londres, c'est un peu différent. Et ça, c'est très important. Et d'ailleurs, aujourd'hui, on y a peut-être plus en plus de startups qui sont en France. Et ça, lié à une excellence en maths et en ingénierie, fait qu'effectivement, on a un vrai truc à jouer et qui est très, très bien.
Monde Numérique :
[
36:11] C'est bien. Tu as un discours plutôt super positif qui n'est pas forcément le discours qu'on entend le plus. Si, sur la qualité des cerveaux français, oui, mais sur les résultats, l'exécution...
Invité :
[
36:21] Alors, l'exécution, elle est compliquée. C'est très difficile. Mais je rappelle, le monde des startups, L'origine, c'est quand même sur 100 startups, tu en as 90 qui vont mourir au tout premier stade, vraiment.
Monde Numérique :
[
36:35] Oui, c'est la Starac.
Invité :
[
36:38] Je ne connais pas la Starac, donc je ne peux pas t'aider là-dessus. Ensuite, tu en as une dizaine qui vont être véritablement investies, qui vont faire des séries qu'on appelle des séries A. Et pour un fonds d'investissement, sur ces 10, il y en a une qui doit faire un multiple de fois 25, fois 40, fois 100. deux qui doivent être à l'équilibre et sept qui vont mourir donc c'est normal qu'il y ait beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas ouais, Mais la difficulté, c'est qu'il faut bien avoir cette start-up, les grosses, les licornes, les décacornes, qui va en fait ramener tellement d'argent qu'elle va couvrir les échecs de tout le monde. Donc, ça n'est pas grave d'avoir plein de petites start-up qui ne vont pas. Moi, ce qui ne me pose plus ce problème et qui m'a posé plus ce problème, c'est une forme de monoculture que tu peux avoir et que tu as eu à un moment dans les start-up.
Monde Numérique :
[
37:24] C'est-à-dire ?
Invité :
[
37:25] À un moment, c'est en train de changer énormément, mais il y a quelques années, c'était que des gens qui sortait d'école de commerce qui était le fondateur et il prenait un CTO qui était quelqu'un d'Inger ou qui sortait d'Epitech ou d'Epita. Non, c'est pas... C'est très bien, mais ça ne peut pas être l'unique schéma. Et ça, c'est important, c'est qu'il faut de la diversité dans les startups, parce que c'est de la diversité qu'on apprend.
Monde Numérique :
[
37:50] Mais c'est vrai qu'il n'y a pas forcément, et même aux États-Unis, les ingénieurs sont plutôt CTO.
Invité :
[
37:55] Et ça change, et notamment autour de l'IA, en fait. Tu le vois bien, que ce soit Mistral ou plein d'autres. C'est qu'aujourd'hui, et aux États-Unis, c'est l'inverse. Tous les dirigeants des grosses boîtes de la tech ont un background d'ingénierie. tous, tous, tous. Bon, sauf un chez Oracle, mais grosso modo, c'est toujours le cas. Parce que pour avoir... Parce que justement, il ne faut pas que c'est juste de l'innovation, il faut que tu aies une vraie disruption, il faut que tu aies... Et pour ça, il faut avoir une vraie compréhension. Il faut que la compréhension technique, ou en tout cas la compréhension du changement, soit incarnée dans l'ensemble de la société. Or, la culture, ça arrive du haut. Donc, mais je pense que...
Monde Numérique :
[
38:36] Mais les ingénieurs ne savent pas toujours bien...
Invité :
[
38:39] Mais tout à fait.
Monde Numérique :
[
38:39] C'est un peu le contre-exemple, mais ils ne savent pas toujours bien se vendre. Mais pas du tout.
Invité :
[
38:43] Je ne suis pas du tout un contre-exemple. Je suis le pire, j'ai été le pire. Mais ça s'apprend sur le tas.
Monde Numérique :
[
38:49] Tandis que l'inverse, ça ne s'apprend pas.
Invité :
[
38:50] Mais si aussi, ça s'apprend.
Monde Numérique :
[
38:51] Tu ne peux pas apprendre le boulot d'ingénieur sur le tas.
Invité :
[
38:55] Mais bien sûr que si. Mais bien sûr que si. Je veux dire, c'est sûr. Ça veut dire que tu as un an ou deux ans de reconversion. Et surtout dans l'informatique, tu peux vraiment te reconvertir. moi j'ai des exemples de start-up où justement c'est quelqu'un qui est sorti d'école, d'une école de commerce ou d'une école de com d'ailleurs c'était une école de com et qu'ensuite elle est passée deux ans chez 42 et ensuite elle est montée une boîte qui est très successful il n'y a pas de raison, ce qu'il ne faut pas c'est la monoculture et avoir peur.
Monde Numérique :
[
39:23] Tu parlais d'erreur c'est ta pire erreur c'est quoi.
Invité :
[
39:27] ? ma pire erreur, on pourrait en faire des catalogues, Peut-être, ce que j'ai fait le moins bien, ça a été justement de vendre. Tu vois, c'est pour ça que je te dis que je suis un ingénieur. Aujourd'hui, j'ai appris à vendre. Et d'ailleurs, je vends principalement des projets qui sont techniques. Je ne vends pas des choses non techniques parce que, justement, c'est un truc qui me passionne et je suis un bon vendeur. Au début, j'avais beaucoup de mal à gérer des équipes. Aujourd'hui, finalement, par exemple, quand je suis passé chez Scaleway, je pense que ce que j'ai fait le mieux, ce n'est pas du tout de la technique, c'est l'organisation des équipes. pour que tout le monde aille dans une même vision. J'ai appris beaucoup de choses aux Etats-Unis sur ce qu'on appelle du storytelling, mais qui, en fait, est assez important. C'est quasiment une vision. Les gens, ils veulent travailler pour un projet. Explique ton projet. Il y a plein de choses. Des erreurs. Les erreurs les plus compliquées, c'est les erreurs humaines. Tu ne t'expliques pas bien avec quelqu'un et ça part au clash.
Monde Numérique :
[
40:30] Donc, tu dis que tu es passé du statut d'innovateur solo en quelque sorte à celui un peu plus de chef d'équipe.
Invité :
[
40:37] De meneur c'est justement pour moi c'est ça a été très intéressant ce que j'ai fait chez Shadow puis chez Vente Privée puis chez Scaleway c'est que je me suis retrouvé de passer des équipes autour de VLC une dizaine de personnes et puis mes petites boîtes entre 3 et 20 personnes, à t'as 300 personnes t'as 400 personnes donc quand tu fais c'est pareil surtout quand tu fais une anerie t'impactes la vie de 400 personnes non mais c'est ça c'est ça qui est important donc.
Monde Numérique :
[
41:01] Et donc là, qu'est-ce qu'il faut comme qualité, justement ?
Invité :
[
41:04] En fait, finalement, c'est des qualités un peu de communication. Il faut réfléchir plus. Il faut simplifier. C'est très difficile de simplifier. C'est rentrer dans la technique, mais expliquer des technologies compliquées à plein de gens, c'est très difficile. Et expliquer pourquoi tu fais les choses, c'est pour entraîner beaucoup de gens. Donc là, moi, je me retrouve dans Kyber avec à nouveau une petite équipe. Mais j'ai appris beaucoup, justement, ouais.
Monde Numérique :
[
41:28] On parle des erreurs, mais quelle est la décision que tu as pu prendre et dont tu es le plus fier ?
Invité :
[
41:35] Refuser l'argent sur VLC, je pense que c'était la bonne chose à faire. Créer des sociétés. Finalement, je suis sorti de Centrale en 2007. En 2012, j'ai créé ma première société, j'en ai créé maintenant 12. Et donc, y aller, quoi, et ne pas avoir peur. et puis surtout en fait j'ai appris beaucoup par des rencontres et des mecs qui m'ont mis des claques, clairement en me disant là JB tu déconnes total Ah ouais ?
Monde Numérique :
[
42:06] On ne dira pas les noms ?
Invité :
[
42:08] Si on peut dire des gens mais surtout c'est plus rigolo c'est qu'il y a des gens qui ont eu un impact sur moi ils ne le savent même pas, un mec à centrale qui s'appelait Julien Rouillard il m'a changé ma vie mon premier chef qui s'appelle Louis Van Prozdy qui était un mec absolument génial, qui était en fauteuil roulant, c'est lui qui m'a donné envie de monter des boîtes et surtout de le faire de façon éthique. Un de mes chefs, pas mon chef direct, mais un de mes chefs, quand j'étais au ministère des Affaires étrangères en VIA à San Francisco, m'a montré ce que je voulais pas faire. Et j'ai eu des contre-exemples. Je vais pas les citer, par contre. Des contre-exemples avec des gens...
Monde Numérique :
[
42:46] Des modèles que tu voulais pas suivre.
Invité :
[
42:47] En fait, qui ont pété les plombs. Parce qu'en fait, le risque principal, quand t'es dans cette situation-là, c'est d'avoir un égo. démesuré et de péter les plombs et d'oublier à côté.
Monde Numérique :
[
42:58] Mais est-ce que ce n'est pas un peu nécessaire d'avoir un égo surdimensionné ? Tiens, d'ailleurs, je voulais te faire...
Invité :
[
43:01] C'est une bonne question !
Monde Numérique :
[
43:02] Voilà, regarde, tu vois, il y a des bouquins là. J'avais envie de te demander, est-ce que tu te sens plutôt... Tu es quel genre d'innovateur ? On va prendre deux modèles. Tu es plutôt Steve Jobs ou plutôt Elon Musk ? Ça, c'est deux égos surdimensionnés, de toute façon, les deux.
Invité :
[
43:17] C'est deux égos surdimensionnés et deux personnes qui sont pas forcément recommandables. C'est un peu difficile. je dois avouer que j'aime, Il y a trois ans, c'était évident, je t'aurais répondu, peut-être quatre ans, je t'aurais répondu Elon Musk, parce qu'Elon Musk, il a une vraie vision. Il a sa vision de, on va coloniser l'espace, il fait des voitures pour ça. Mais là, avec toute sa partie politique, c'est catastrophique. Mais surtout, il a réussi, il a vraiment l'orientation technique et il va dans quelque chose de complètement nouveau. Il arrive et il y va. Space X, c'est complètement nouveau, il y va, les robots, il y va.
Invité :
[
43:53] Steve Jobs, le problème, c'est que pour moi, c'est un génie. Il n'y a pas de débat. Les deux sont géniaux, mais c'est un génie du produit. Ce n'est pas un génie de la tech. Et après, le problème, c'est qu'en fait, il n'était vraiment pas sympa avec les gens autour de lui. Et ça, ça me gêne plus.
Monde Numérique :
[
44:11] Les deux, humainement, il faut se les faire.
Invité :
[
44:14] Les deux, il faut se les faire. Je ne suis pas... Mais tu vois, par exemple, j'ai trouvé que dernièrement, ce qu'a fait Satya Nathana, Adela, alors que vraiment, Microsoft, c'est vraiment pas... Avec l'open source, ça a vraiment été l'inverse de ce qu'on a mis.
Monde Numérique :
[
44:27] C'est une sacrée histoire, ouais.
Invité :
[
44:28] Satya Nadella, il est impressionnant. Je pense que c'est celui qui m'a le plus impressionné, même si dernièrement, je suis un peu déçu, mais il a transformé Microsoft en 5 ans, qui était autour de Windows et d'Office, en une machine autour d'Azure, qui marche, qui fonctionne avec un virage incroyable. Mais tu vois, je préfère Jensen Wang. Il n'y a pas de débat, tu vois, si tu choisis.
Monde Numérique :
[
44:48] C'est le chouchou du moment, en tout cas, Jensen Wang.
Invité :
[
44:52] En fait, c'est pas ça.
Monde Numérique :
[
44:53] C'est quand même.
Invité :
[
44:53] En fait, il est...
Monde Numérique :
[
44:56] Il est visionnaire, il est sympa.
Invité :
[
44:58] Il n'est pas sympa avec ses équipes, mais il est assez ferme. Mais il sait ce qu'il veut. Il a une vision. Il emmène sa vision. Il l'emmène jusqu'au bout. Il comprend le logiciel. Il comprend le hardware. Il est bon communicant. Ça, c'est des gens très impressionnants. Mais en France, tu vois, par exemple, ce qu'a fait Xavier Niel, moi, je suis toujours hyper impressionné par ce qu'a fait Xavier Niel. Donc, tu vois, ce que j'aime bien, c'est le démarrage à partir de rien. Ou quasiment rien.
Monde Numérique :
[
45:22] C'est ça qui fait rêver. Et si on reparle d'Apple une seconde, entre Steve Jobs et Steve Wozniak, toi, tu serais plutôt...
Invité :
[
45:29] C'est trop facile, tu vois, t'es comme tout un G, t'es plutôt du côté Wozniak. Et bon, Wozniak, enfin, tu vois, à un moment, c'est pas lui qui a créé Apple, enfin, tu vois, il a fait le début d'Apple. Mais le coup génial de Steve, c'est quand même de revenir...
Monde Numérique :
[
45:42] De quel ? De Jobs ?
Invité :
[
45:43] De Jobs, évidemment. Il revient au moment où, toi, c'était quand 95, 97, t'avais les PowerPC qui étaient vraiment des 68 000 Motorola, puis des PowerPC qui ne marchait pas, il arrive, il refabrique ses iPads avec un design incroyable, avec les translucides, le bleu, les iMacs, orange et bleu, puis l'iPod, etc. Et là, tu as un retour qui est juste incroyable d'exécution. Apple, c'était une boîte qui a failli mourir. C'est Microsoft qui a dû réajacter de l'argent pour sauver Apple. Et il est arrivé un peu en tant que sauveur. Il a transformé ça en une des meilleures boîtes au monde. Pour moi, ce qui est vraiment intéressant dans Apple et comme dans Nvidia, ce sont les seules sociétés que je connaisse qui soient fortes à la fois en logiciel et en hardware. c'est tout. Les résultats, c'est les deux plus grosses capitalisations au monde.
Monde Numérique :
[
46:36] Et qui était vraiment le mantra de Steve Jobs. Et ce qui n'était pas celui de Bill Gates au début.
Invité :
[
46:43] Tout à fait. Et surtout, Apple, aujourd'hui, ça continue et ça marche hyper bien.
Monde Numérique :
[
46:49] Ça ronronne un peu, non ?
Invité :
[
46:51] Ça ronronne un peu.
Monde Numérique :
[
46:51] Parce que là, question innovation, bon, ils ont un peu raté le train de l'IA. Ils essaient de s'y raccrocher d'une manière ou d'une autre. Est-ce que c'est une fatalité, finalement, au bout d'un moment ?
Invité :
[
47:02] Oui, je pense, bien sûr, tu as des cycles. Microsoft, ça a été absolument génial. Puis, c'est passé au moment Balmer. Il y a eu Vista, c'était complètement Hasbin. On est reparti. Il y a Satya qui a retransformé. Microsoft, c'était le maximum avec Azure. Et puis, le début d'OpenAI. Là, on se demande ce qu'ils sont en train de faire. On ne comprend rien à leur stratégie copilote où tout s'appelle copilote. Bon, ce n'est pas grave, c'est des cycles. En fait, tu ne peux pas être bon partout. Même Google, excuse-moi. Il s'est passé quoi entre Gmail et j'ai mini chez Google 12 ans qu'une idée ici ils ont fait 4 applications de chat 8 applications de paiement etc Android entre la version 8 et la 16 tu vois pas la différence donc, ouais mais sauf que et d'ailleurs c'est encore pire que ça Google Google c'est eux qui ont inventé les transformers donc c'est eux qui ont inventé les LLM et ils n'en ont rien fait sauf que là ils ont même.
Monde Numérique :
[
47:54] Failli vraiment perdre perdre la partie.
Invité :
[
47:56] Totalement et là, un an et demi, ils ont mis du Gemini partout, ils ont leurs propres puces, ils ont leurs propres modèles, ils ont tout ça intégré dans le cloud, ils l'ont intégré à la fois dans Google Search, dans Android, dans des IDEAE, dans Google Office, donc Google Docs, etc., dans Gmail. Incroyable ! Donc, tu vois, c'est pas...
Monde Numérique :
[
48:20] C'est la force de ces boîtes aussi, c'est que parfois elles s'encroutent, ça devient des paquebots, on a l'impression ingouvernable, mais finalement, quand ils reprennent le cap.
Invité :
[
48:27] C'est très intéressant quand tu connais pas mal ces sociétés c'est qu'ils ont une capacité en interne à faire des grands changements et tu vois ils n'ont pas peur, pour les gens c'est un peu c'est la blague chez Microsoft tu as une réorganisation tous les trois ans et quand tu finis la réorganisation tu commences la suivante, mais c'est vrai que ça permet un peu de changer ils n'ont pas peur de tuer des produits même si dans le cas de Google ils ont parfois un peu trop tué, mais en tout cas voilà y compris les.
Monde Numérique :
[
48:53] Produits des autres bah.
Invité :
[
48:55] Oui d'ailleurs c'est un peu Donc après, c'est un des problèmes de ces sociétés, c'est qu'elles ont peut-être trop de pouvoir, mais c'est intéressant d'être capables de faire ça. Et aujourd'hui, elles ont un avantage fort, c'est que l'IA demande des investissements qui sont colossaux, puisqu'on parle de... Par exemple, l'investissement de Google dans Gemini, ça doit être 100 milliards, tu vois, en tout. Mais en fait, c'est des sociétés qui font tellement chiffre... Mais ça ne s'arrête pas.
Monde Numérique :
[
49:21] OpenAI cherche aussi des centaines de milliards. Oui, mais tu vois.
Invité :
[
49:25] Moi, je suis beaucoup plus confiant dans Google que dans OpenAI. En fait, Google, ils font déjà énormément de cash. Tu vois, au lieu de distribuer 30 milliards par an, ils vont peut-être en distribuer 20, ils vont réinjecter 10 milliards dans l'IA. Mais donc, ça veut dire qu'ils peuvent se permettre de perdre 10 milliards par
Invité :
[
49:41] an parce qu'OpenAI, ils ne peuvent pas.
Monde Numérique :
[
49:42] Alors l'IA, justement, il faut qu'on en parle un petit peu quand même. Quel usage tu fais de l'IA, toi ?
Invité :
[
49:48] Je l'utilise principalement pour coder.
Monde Numérique :
[
49:51] Donc, c'est quoi ? On peut dire que tu fais du vibe coding ?
Invité :
[
49:54] Alors, j'ai fait... Non, je fais pas du vibe coding. En fait, je l'utilise pour m'aider. C'est-à-dire que je fais très très peu de trucs en disant, fais-moi une nouvelle application. Mais c'est... Je sais à peu près ce que je veux, mais je guide l'IA. Donc, c'est énormément guidé. Je veux une...
Monde Numérique :
[
50:12] Des bouts de code, en fait.
Invité :
[
50:14] Je veux un fichier comme ça. Voilà l'API que je veux. Voilà comment je veux le développer. C'est vraiment un super stagiaire. C'est-à-dire que tu lui dis quoi faire. Et surtout, ce que ça aide énormément, c'est que malgré tout, le métier développeur, c'est un métier créatif et les difficultés en création, c'est de démarrer. Et donc ça, moi, ça m'aide pour la page blanche. Tu arrives et tu dis, je veux aller là-dedans, aide-moi. Et peut-être qu'à la fin, il ne restera rien, mais tu as démarré. Et tu t'es dit, OK, je peux y aller. Et l'autre remarque qui est très, très utile, c'est que ça te permet de démarrer très vite. Parce qu'avant, tu vois, il me faut cinq heures devant moi, du blanc, être capable de faire des choses, avoir personne, pas de notification. Là, il te reste une heure, tu peux démarrer. Et donc là, ça permet de démarrer et de briser. La partie intégralement IA, c'est...
Monde Numérique :
[
51:05] Mais pourquoi ? Parce que toi, tu n'es pas client ? Parce que tu es développeur ?
Invité :
[
51:10] Parce qu'en fait, la difficulté, ce n'est pas d'écrire du code. La difficulté dans la vie, c'est de maintenir du code et de le faire évoluer. Donc oui, c'est une application qui dure un mois, va être code là. Mais dans la plupart du temps, ce n'est pas ça. Or, pour le maintenir, il faut le comprendre. Il faut avoir l'analyse. Et en fait, quand tu dis juste de tout faire, à la fin, ça fait un plat de spaghetti et tu comprends rien.
Monde Numérique :
[
51:31] Donc les inquiétudes sur le métier de développeur ?
Invité :
[
51:33] C'est un vrai problème, c'est que c'est génial pour des seniors comme moi. C'est génial pour des architectes ou des product managers seniors. Oui mais quand tu démarres tu fais comment ? Comment t'apprends ? Parce que moi je vois bien quand je lui demande un truc et je suis pas content je dis bah non ça ça me va pas parce qu'en fait je sais que plus tard ça va être utilisé dans un autre cas et que ça me va pas comme design ou je sais que là il va y avoir un problème de sécurité quand tu fais ça. Quand t'es jeune, comment tu fais ? C'est un vrai problème, c'est que ça enlève énormément de travail pour des juniors et surtout, les juniors, les entreprises vont vite être en train de lui dire je veux plus de rentabilité et de rendement parce que l'IA te permet ça et donc tu vas aller au plus vite sans comprendre.
Monde Numérique :
[
52:11] Et qu'est-ce qui va se passer alors après ?
Invité :
[
52:13] Je ne sais pas, je pense qu'on va avoir à un moment plus assez de juniors, on va avoir des catastrophes industrielles avec l'IA et puis on reviendra à l'autre sens. Moi, je ne suis pas inquiet, je suis assez optimiste c'est que ça va se corriger et ça va se corriger. On a fait trop de start-up pas assez tech, on fait des start-up plus tech. Les grosses sociétés, à un moment, elles ne vont pas bien, ensuite elles vont bien. Les choses sont faites pour fluctuer.
Monde Numérique :
[
52:34] Mais c'est vrai que, par exemple, un jeune développeur qui postule dans une boîte, on va lui faire passer toute une batterie de tests, etc. On lui demande encore aujourd'hui de coder, alors qu'une fois qu'il sera embauché, on ne lui demandera plus de coder.
Invité :
[
52:49] En fait, c'est mon point, c'est qu'en fait, c'est un accélérateur de performance, pour les développeurs. Ça ne remplace pas les développeurs. De la même façon qu'on a eu la mécanisation de l'agriculture ou l'électrification de l'industrie, en fait, tu as une accélération, des outils d'accélération pour les métiers intellectuels.
Monde Numérique :
[
53:07] Oui, mais ça transforme quand même.
Invité :
[
53:09] Ça transforme le métier. Donc, il va falloir retourner.
Monde Numérique :
[
53:11] On parle de développeurs, mais il n'y a pas que ça. En fait, ce schéma-là, il se reproduit à des tas de... Pour la médecine, ça peut être pareil. Tout à fait. Même les médias, même le journalisme, même...
Invité :
[
53:21] Et donc, qu'il faut retourner aux fondamentaux. C'est ça qui est important.
Monde Numérique :
[
53:25] Donc, on ne peut pas lâcher l'affaire, en fait. On ne peut pas s'en mettre uniquement...
Invité :
[
53:27] Non, mais ça veut surtout dire qu'il faut arrêter d'apprendre des trucs par cœur. C'est fini. Les développeurs qui disaient « j'étais spécialiste dans ce framework », non. Ou les gens qui sont historiens, qui sont spécialistes d'une période, ben, non. La valeur, elle n'est plus là. La valeur, elle est sur, finalement...
Monde Numérique :
[
53:44] Oui, mais c'est peut-être eux qui auront la profondeur de raisonnement, etc.
Invité :
[
53:47] Peut-être, mais ça veut dire que tu en as besoin de beaucoup moins. ça veut dire que ce qu'il faut faire c'est retourner aux maths retourner à la physique retourner aux français comprendre ce que tu fais vraiment comprendre pas ingurgiter et surtout apprendre à apprendre, difficile.
Monde Numérique :
[
54:01] Et en plus l'IA menacerait l'open source aujourd'hui. Est-ce que c'est un truc qui t'inquiète ?
Invité :
[
54:08] Non. Même chose, oui, c'est embêtant pour le moment. Bon, ça va s'adapter.
Monde Numérique :
[
54:13] Parce que l'idée c'est que comment on fait faire par l'intelligence artificielle, on s'adresse moins justement aux experts de tel ou tel logiciel.
Invité :
[
54:22] Oui, c'est l'avis. Ce qui va se passer, c'est que tu ne vas pas faire confiance aux experts en disant l'IA sait tout faire. Tu vas te rendre compte que finalement, elle ne sait pas tout faire bien parce qu'elle ne peut pas, elle ne comprend pas déjà. Parce que la difficulté numéro un quand tu es expert, c'est quand un non-expert vient te poser la question, c'est d'essayer de comprendre ce qu'il veut. Parce que la plupart du temps, les gens te disent « je veux ça ». C'est très souvent sur VLC, ils me disent « je veux une modification de VLC pour faire ça ». Alors tu fais « attends, arrête, qu'est-ce que tu veux ? C'est quoi ton besoin ? » Et en fait, quand tu regardes son besoin, tu te rends compte que finalement, il n'a pas besoin de VLC, mais il a besoin d'un autre logiciel que tu as fait. L'expert, il est là vraiment pour faire du conseil et de t'aider dans ton besoin. Et donc, c'est pour ça qu'on va faire plus ce qu'on appelle du produit et on va plus réfléchir en amont. Mais l'IA, elle va faire ce que tu lui dis. Alors, le problème, c'est que souvent, tu ne sais pas quoi lui demander.
Monde Numérique :
[
55:13] Et en fait, toute la valeur ajoutée de l'humain, c'est de savoir formaliser cette demande.
Invité :
[
55:19] C'est savoir formaliser, regarder, hiérarchiser toutes tes compétences. Et puis, c'est du savoir-être, savoir travailler en groupe, etc. Oui, ça va changer beaucoup de choses sur les professions intellectuelles. Mais bon, à la fin, tout le monde sera un peu plus efficace et je pense que les gains d'efficacité, on parle de 20%, 30%, c'est tout. C'est-à-dire qu'au global, d'ailleurs, quand tu regardes sur un développeur, quand tu oublies un junior, un développeur, combien de son temps il passe son temps à vraiment développer ? 40% de son temps. Donc, imagine, même si sur son 40%, tu arrives à le diviser par 3 ou 4, c'est plus de 10% de son temps. Quoi qu'il arrive, il va pouvoir développer 2 fois plus, 3 fois plus, mais la plupart de son temps, ce ne sera quand même pas. Ce sera de la conception, ce sera de la discussion, ce sera des réunions, etc. Donc, en fait, oui, ok, tu vas faire gagner 20% ou 30% de performance, mais pas beaucoup plus. Et ça, c'est très important à comprendre, c'est que tu fais, dans tous les métiers, tu ne fais pas que ton métier.
Monde Numérique :
[
56:21] Bien sûr. Ton prochain projet, c'est quoi ?
Invité :
[
56:23] Kyber. C'est sûr que pour les quelques prochaines années, c'est ça. Je me suis posé la question, je voulais faire d'autres choses, notamment je voulais bosser sur tous les sujets un peu d'alternatives aux GAFAM en Europe. J'ai bossé chez Scaleway sur la partie cloud.
Invité :
[
56:40] Je vais faire du Kyber.
Monde Numérique :
[
56:41] C'est vrai qu'on n'a pas beaucoup parlé de la souveraineté, de l'Europe, etc. Alors que c'est un sujet qui tient bien à cœur.
Invité :
[
56:46] C'est un sujet très important parce qu'en fait finalement on s'est endormi quoi c'est-à-dire que alors c'est.
Monde Numérique :
[
56:53] C'est trop tard c'est foutu ou on peut.
Invité :
[
56:55] Encore être trop fédé mais non mais même chose oui c'est foutu pour les 5 prochaines années puis il y a l'IA et puis il y a les évolutions en fait la tech avance tellement vite, Il n'y a rien qui est trop grave. Tu rates un train, tu prends le suivant. Par exemple, on avait complètement raté tout ce qui était le début des startups, la vague entre 2001 et 2008 en Europe. Et puis finalement, aujourd'hui, il y a plein de startups et il y en a plein de licornes, il y en a plein de boîtes qui fonctionnent très bien, tout ce qui était Web2. Là, en IA, on n'est plutôt pas mauvais. D'ailleurs, finalement, quand tu regardes dans le monde, dans l'IA, tu as les Chinois, les Américains. et puis en Europe, c'est quand même les Français qui sont les mieux placés. Donc tu vois, les trains, ça se rattrape, ça se perd, c'est pas grave. Ce qui est embêtant, c'est de continuer à injecter tout l'argent aux États-Unis. Ça, c'est gênant. C'est qu'en fait, il faut, j'appelle ça du patriotisme numérique, mais il faut consommer européens parce qu'en fait, on se rend compte qu'on n'est pas 100% alignés avec nos alliés américains, comme on pensait depuis la fin de la Seconde Guerre. Donc, il faut y penser et il faut régler ça.
Monde Numérique :
[
58:01] Merci Jean-Baptiste c'était super de t'avoir on peut te retrouver dans un podcast.
Invité :
[
58:07] Ah oui alors on a lancé un podcast à la French justement pour parler tech de la French tech puisque justement je trouvais qu'on parlait un peu trop French tech, donc c'est un peu plus technique quand même, c'est un peu plus barbu, mais c'est pour parler un petit peu comment ça marche sans être, un podcast de spécialiste tout le monde tout le monde peut comprendre c'est vraiment pour l'ensemble des développeurs et ça reste assez technique.
Monde Numérique :
[
58:37] C'est ce qu'on attend de toi.
Invité :
[
58:39] Je ne pourrais pas me faire autre chose.
Monde Numérique :
[
58:40] Merci beaucoup pour jouer les prolongations à la French avec Jean-Baptiste Kempf merci beaucoup d'avoir été l'invité de ce c'est quasiment le premier numéro de cette série, des innovateurs à retrouver sur le fil du podcast Monde Numérique et sur la chaîne YouTube.