🎤 Le français Lynx présente son nouveau casque de réalité mixte (Stan Larroque, Lynx)
Monde Numérique21 janvier 202625:03

🎤 Le français Lynx présente son nouveau casque de réalité mixte (Stan Larroque, Lynx)

L'entreprise française Lynx Mixed Reality présente, ce 21 janvier à San Francisco, son nouveau casque de réalité virtuelle. Destiné au marché professionnel, il s'agit du seul produit européen de ce type, concurrent des équipements américains et asiatiques.

Interview : Stan Larroque, fondateur et dirigeant de Lynx Mixed Reality

Punchlines

  • Lynx est le seul casque autonome européen.

  • Le champ de vision le plus large jamais vu sur un casque sans fil.

  • La réalité mixte fonctionne d’abord dans le monde professionnel.

  • La valeur se joue avant tout sur le logiciel.

Vous présentez un nouveau casque de réalité mixte. Qu’est-ce qui le distingue techniquement ?

On a entièrement revu le cœur du casque, avec une nouvelle optique et la puce Qualcomm XR2 Gen 2. Cela double quasiment la puissance graphique et augmente fortement les capacités de calcul dédiées à la vision par ordinateur et à l’IA. On a aussi 80 % de pixels en plus, ce qui améliore nettement la netteté, la réactivité et réduit la latence. Le champ de vue atteint 126 degrés horizontaux, ce qui est inédit pour un casque sans fil et change radicalement la sensation d’immersion.

Vous êtes souvent comparés à l’Apple Vision Pro. Comment se situe Lynx face à ce produit ?

Le Vision Pro est en 4K par œil, nous sommes en 2.5K. Notre écran coûte dix fois moins cher à produire. Cela permet de proposer un casque autour de 1200 euros, beaucoup plus accessible, tout en offrant plus de réactivité et moins de latence. D’un point de vue performance pure, c’est une vraie amélioration pour l’utilisateur sur de nombreux usages.

À quels usages ce casque est-il destiné en priorité ?

Il est clairement pensé pour le monde professionnel. Les usages qui fonctionnent aujourd’hui sont la formation et l’assistance à distance dans la défense, le médical et l’industrie. Pour nous, la formation, c’est du jeu vidéo sérieux : des environnements immersifs pour former des techniciens, des chirurgiens ou des opérateurs. C’est là que le marché existe réellement aujourd’hui.

Comment une startup française peut-elle rivaliser avec Meta ou Apple ?

Chez Lynx, nous allons vite, avec une vision claire. Notre casque n’est pas au rabais : sur certaines spécifications, il est même en avance. On est aussi souverains sur le logiciel, avec un système d’exploitation open source basé sur Android Open Source Project. Cela nous permet d’ouvrir entièrement le code à nos clients, ce qui est impossible avec les GAFAM. Aujourd’hui, être comparés à Apple ou Meta dans certaines analyses internationales, c’est déjà une victoire.

Site Web : https://www.lynx-r.com

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Stan Larroque: [0:01] Alors, le Vision Pro d'Apple, c'est du 4K par œil. Nous, on va être sur du 2.5K. C'est-à-dire qu'on n'est pas sur du super premium. L'écran nous coûte 10 fois moins cher à produire que celui du Vision Pro. Donc, le produit est aussi beaucoup moins cher. Donc, on a plus de pixels, il est plus réactif, il a moins de latence. Stan Larroque: [0:22] Donc, d'un point de vue performance pur, ça va vraiment être une amélioration pour l'utilisateur. D'autre part, le champ de vue du casque sera le plus grand champ de vue jamais vu dans un casque sans fil vendu au public. Monde Numérique : [0:43] Bonjour Stan Larocque. Stan Larroque: [0:44] Bonjour. Monde Numérique : [0:45] Fondateur et dirigeant de la société Lynx Mixed Reality. C'est une société en pointe dans la réalité virtuelle et même au-delà la réalité mixte. Et alors, on se retrouve parce que le 21 janvier 2026, grosse présentation à San Francisco de votre dernier masque de réalité virtuelle. Alors, on en parle et on enregistre avant cet événement. À quoi ressemble ce nouveau casque ? Je ne sais jamais s'il faut dire casque ou masque, d'ailleurs. Stan Larroque: [1:19] Les deux sont très bien. Alors, effectivement, le 21 janvier, grosse conférence, 2000 personnes, toute l'industrie est représentée avec les GAFAM et les sociétés de la technologie de la Silicon Valley. Donc, pour nous, c'est vraiment déjà sympa de pouvoir se présenter lors d'événements comme ça plutôt que de faire quelque chose peut-être d'un peu franco-français, alors que c'est un marché global, c'est vraiment un marché mondial. Stan Larroque: [1:42] Effectivement, la réalité mixte, donc on la voit souvent... Monde Numérique : [1:47] Alors c'est quoi la réalité mixte ? Stan Larroque: [1:49] C'est une bonne question, parce qu'on est encore un peu pionniers dans cet écosystème, c'est un écosystème assez jeune, et on en a encore à définir les mots. Donc les gens connaissent certainement réalité virtuelle, où on met un casque sur la tête, on est ailleurs dans un jeu vidéo, ou un film, par exemple. La réalité augmentée, c'est un peu l'inverse, c'est-à-dire que vous allez voir des objets 3D par-dessus votre environnement. Donc là, dans votre salon, vous voyez, Par-dessus votre vision, un Pokémon sur la table, un hélicoptère qui se pose sur la table de votre salon. Et la réalité mixte, c'est les produits qui peuvent faire les deux. Donc, le produit grand public qui fait la réalité mixte, c'est l'Apple Vision Pro. En fait, un casque auquel on peut voir au travers avec des caméras. Et ça, c'est des concepts que l'Inde s'a amené il y a plusieurs années, il y a plus de cinq ans. On a été dans les premiers à faire ça. Metal fait aussi avec ses derniers produits, le Post 3 et le Post 3S. Donc, on peut dire que tous les casques de réalité virtuelle aujourd'hui sont devenus des casques de réalité mixte. Donc, ça vient mixer le virtuel et le réel. Vous êtes parfois dans votre environnement avec une surimposition d'objets 3D Stan Larroque: [3:03] ou parfois, vous êtes complètement dans le virtuel. C'est-à-dire que les caméras devant le casque sont coupées, vous ne voyez plus à travers le casque. Et là, vous êtes en immersion complète. Monde Numérique : [3:11] Voilà. Alors, je me souviens avoir testé, il y a plusieurs années, Les premiers modèles de casques Lynx avaient été étonnés, agréablement surpris. C'était vraiment des très bons produits qui réagissaient très vite, qui immergeaient totalement, qui mixaient très bien justement ce côté réalité virtuelle et monde réel. Ce nouveau modèle que, en revanche, je n'ai pas eu entre les mains, à quoi ressemble-t-il ? Quelles sont ces caractéristiques ? Stan Larroque: [3:46] Déjà, on a changé le cœur du casque. Le cœur du casque, c'est deux choses. C'est la puce et l'optique. Dans un smartphone, c'est la puce et l'écran, généralement. Nous, on va parler de l'optique. C'est le combo entre la lentille et l'écran. Et donc, la puce, pour commencer, on était sur la puce Qualcomm qui s'appelait XR2 Gen 1, on est passé sur celle qui s'appelle XR2 Gen 2. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le GPU est deux fois plus gros. Ça veut dire que les DSP sont quatre fois plus gros. Monde Numérique : [4:17] C'est quoi les DSP ? Stan Larroque: [4:18] Alors, les DSP, c'est que vous avez le CPU et le GPU dans un processeur, généralement, dans un ordinateur ou un téléphone. Les DSP, c'est tous les petits calculateurs qui vont faire des calculs très spécifiques. Par exemple, il y a beaucoup de DSP dans votre modem pour traiter le signal radio du téléphone et de la 4G et de la 5G. Les DSP, c'est ce qui nous serve, par exemple, à faire du traitement de vision par ordinateur. Tout ce qui est reconnaissance des mains, traitement d'intelligence artificielle, ça tourne sur des processeurs neuronaux. Généralement, les constructeurs utilisent des termes un peu cryptique comme ça. En fait, derrière, on appelle ça des DSP. Et donc on a beaucoup plus de puissance de calcul le GPU est deux fois plus gros on n'a pas, 10 à 20% de pixels en plus on a 80% de pixels en plus du coup sur ce casque là donc on double presque la résolution c'est quand même un gap très important par rapport au. Monde Numérique : [5:17] Vision Pro d'Apple ça représente quoi ? Stan Larroque: [5:19] Le Vision Pro d'Apple c'est du 4K par œil, nous on va être sur du 2.5K, c'est à dire qu'on n'est pas sur du super premium. L'écran nous coûte 10 fois moins cher à produire que celui du Vision Pro. Donc le produit est aussi beaucoup moins cher. On a plus de pixels, il est plus réactif, il a moins de latence. Donc d'un point de vue performance pure, ça va vraiment être une amélioration pour l'utilisateur. D'autre part, le champ de vue du casque sera le plus grand champ de vue jamais vu dans un casque sans fil vendu au public. Et donc le champ de vue, il est de 126 degrés horizontale. C'est énorme. La sensation de présence en immersion va être vraiment décuplée. On est plutôt sur par exemple le Vision Pro, les casques de méta, c'est plutôt entre 100 et 105 degrés à peu près. Nous, on est vraiment 20% au-dessus pour le même... Monde Numérique : [6:16] Donc c'est quoi ? C'est de la vision périphérique ? Stan Larroque: [6:19] C'est vraiment la vision au centre. C'est ce qui est couvert par les lentilles du casque. Quand vous regardez dans une des lentilles, vous avez plus de 100 degrés donc plus de 120 degrés de champ de vue et après le casque effectivement reste ouvert sur les côtés on peut rajouter une mousse pour être en immersion complète en réalité vous pouvez enlever la mousse comme c'est le cas ici dans la vidéo qu'on montre, et sans la mousse, vous voyez sur les côtés là on parle de vision périphérique et quelque chose d'assez magique qu'on a breveté, c'est l'alignement entre la vision périphérique qui est la vision que vous voyez directement à travers vos yeux et la vision au centre du casque qu'on voit à travers les caméras et le but de tout faire un écran de casque c'est de vous faire croire que ce que vous voyez à travers le casque, à travers les caméras, c'est ce que vous verriez avec la qualité de vos yeux et donc on s'en approche dans le sens où les caméras qu'on a devant le casque qu'elles font du 3K par 3K par œil. Donc, on a vraiment une image de réalité mixte extrêmement riche, extrêmement détaillée. Et ça, ça va aussi faire la différence dans les usages qu'on verra derrière. Monde Numérique : [7:20] Alors, justement, alors oui, on va parler des usages. Si on reste encore un petit peu sur le casque lui-même. Donc, il en est où ? Il est lancé ? Il va être commercialisé ? Stan Larroque: [7:33] Il est annoncé le 21 janvier. Là, on a fait l'annonce. On est en train de le produire et il va être commercialisé à nos clients juste avant la fin de l'été. Pardon, juste avant le début de l'été, donc au mois de juin. Monde Numérique : [7:47] Et à quel prix ? Stan Larroque: [7:48] Alors, il sera autour de 1200 euros pour le moment, c'est ce qu'on s'est fixé. Donc, vous voyez que c'est beaucoup moins cher que l'Apple Vision Pro, par exemple. Monde Numérique : [7:56] Oui, c'est bien moins cher que celui d'Apple. Stan Larroque: [7:58] C'est une proposition de valeur, je pense, intéressante pour les différents usages qu'on voit aujourd'hui à travers les casques. Par ailleurs, il y a quand même des choses en suspens. Vous connaissez tous l'actualité le prix de la RAM, la disponibilité de certains composants, nous on se bat tous les jours avec notre bureau en Asie pour faire en sorte qu'on arrive à sourcer les composants sans trop de surprises et des surprises il y en a, pour le moment on est sur 1200 euros, on va voir si on est capable de faire baisser ça ou si au contraire on va subir un peu ce que le reste de la chaîne alimentaire subit avec l'IA. Monde Numérique : [8:34] Oui bien sûr, alors ce casque qui sert à quoi ? Il est destiné à quels usages ? Stan Larroque: [8:40] Ce casque, il est plutôt destiné aux professionnels. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, et depuis 7 ans qu'on porte cette entreprise, on voit que les usages très concrets de ces technologies, que ce soit réalité virtuelle, réalité augmentée et du coup réalité mixte, c'est quand même très B2B, c'est très orienté pour le monde professionnel, que ce soit la défense, avec par exemple du guidage de drones, de l'entraînement de soldats, du command and control, donc avoir un centre de contrôle et de commandes militaires où qu'on soit sur le front de manière déportée, sans installer plein d'écrans partout. Que ce soit dans le monde médical pour former des chirurgiens, des infirmières, pour assister des gens à distance, pour faire de la téléconsultation et ce genre de choses. Et dans le monde industriel plutôt classique, donc là c'est de la formation de techniciens et de l'assistance à distance. Du coup, quand je parle de ces trois grosses industries, médicales, défense et industrie, on se rend compte qu'ils font la même chose. C'est formation professionnelle, assistance à distance. Quand on se penche sur la formation, c'est quoi la formation ? La formation, en fait, pour nous, c'est un jeu vidéo sérieux à travers ces casques. Donc, il y a des casques grand public qui font du jeu vidéo. Nous, on va dire qu'on fait plutôt du jeu vidéo pour le monde professionnel. Donc, ça va être de la formation et en plus de l'assistance à distance. C'est là où l'entrée nous attend. Monde Numérique : [10:02] Ce qui est votre positionnement depuis le début, en fait. Vous n'avez jamais voulu en faire un produit réellement grand public. Stan Larroque: [10:09] Voilà, c'est vrai que... à Zuckerberg, ouais. Monde Numérique : [10:11] Ouais, à Meta. Du coup, quand on dit que la VR, ça prend pas, ou, en fait, c'est parce que vous vous dites que c'est pas fait pour le grand public ? Stan Larroque: [10:23] Alors, Je suis le premier à rêver que ça marche pour le grand public. Peut-être le deuxième. Mark Zuckerberg qui lui a mis des dizaines de milliards sur la table depuis 10 ans. Donc c'est 100 milliards depuis 10 ans. Donc c'est 1 milliard par mois. Ce qu'on peut dire, c'est que la VR grand public vu et vendu par Meta ne marche pas. N'a pas marché. C'est pas un succès. En fait, c'est peut-être un succès commercial. Il y a 30 millions de casques Stan Larroque: [10:50] qui ont été vendues. C'est beaucoup. C'est plus que certaines consoles de jeu. Mais c'est pas un succès financier c'est à dire qu'il n'y a pas de bénéfice encore créé, c'est un marché du coup qui est un peu artificiel, qui est un peu émulé par les GAFAM, donc pour une société comme Lynx, il a fallu faire très attention de pas tomber dans ses écueils de nous aussi on va chercher le grand volume, le grand public alors qu'en fait les usages existent depuis des dizaines d'années dans le monde professionnel, là où ces technologies sont nées la réalité augmentée, la réalité virtuelle c'est des technologies qui sont nées dans les armées par exemple et qui utilisent encore beaucoup ces technologies, Donc, on n'a pas pu, nous aussi, cramer des milliards. On n'a pas fait ce choix presque philosophique en se disant, la techno n'est peut-être pas encore là. Monde Numérique : [11:32] C'est peut-être la nécessité aussi. C'est moins facile de trouver des milliards en France qu'en Californie. Stan Larroque: [11:37] C'est moins facile. Si on avait levé des milliards, on ne l'aurait pas utilisé pour ça. On serait quand même resté sur un dogme peut-être un peu plus conservateur. Au final, l'histoire montre qu'on a plutôt raison par rapport à une adoption de grand public que certains milliardaires américains pensaient très court terme. Ce n'est pas le cas. Je pense qu'il faut regarder la réalité en face. Il ne faut pas forcément dire que c'est un échec parce que ça a donné lieu à des milliards de dollars injectés dans la R&D, dans les écrans, dans les lentilles, dans les puces Qualcomm et autres semi-conducteurs. Donc, ça a bénéficié quelque part, ça a fait avancer. ils. Monde Numérique : [12:16] Ont mis en route le marché en fait et ils ont. Stan Larroque: [12:17] Évangélisé c'est souvent comme ça je pense que ça va venir dans quelques années je suis toujours très optimiste mais en l'état il faut se concentrer sur ce qui marche et là où est le marché et aujourd'hui du coup c'est le monde professionnel. Monde Numérique : [12:31] En plus vous depuis le début c'est votre cible et vos casques sont déjà utilisés dans le monde professionnel ? Stan Larroque: [12:39] Tout à fait, donc c'est des sociétés qui vont de GRT gaz jusqu'à la PHP, à l'hôpital Bichat notamment et puis tout ce qu'on peut faire par ailleurs aussi en défense donc la version 1 du casque, on en avait produit suffisamment pour qu'elle soit un peu déployée que les gens se rendent compte de la techno donc c'était une belle V1 et là la V2 c'est plutôt la maturité, on va en produire plusieurs dizaines de milliers, voire centaines si tout se passe bien selon la demande qu'on voit, qui est une espèce de demande latente depuis plusieurs années, donc vraiment cette V2 va amener des déploiements massifs dans certaines industries. Monde Numérique : [13:17] Comment est-ce qu'on fait quand on est un petit français pour faire un produit comme ça sur un marché global où vous êtes face à des métas face à des géants coréens qui sont en avance, chinois qui vont sans doute pas tarder à arriver, c'est réaliste ? Stan Larroque: [13:37] On ne dort pas trop la nuit c'est vrai on travaille énormément bon, Ce qu'il faut se dire, c'est que nous, on fait ça depuis 6-7 ans. Et je passe une semaine par mois dans la Silicon Valley. On travaille beaucoup avec Qualcomm. On a signé un partenariat de plusieurs millions de dollars avec Google l'année dernière. Enfin, on est très identifiés. Et en fait, ce que j'ai réalisé, c'est qu'il n'y a pas tant d'avance que ça ailleurs. Il n'y a pas de magie noire opérée. Il y a des moyens délirants, ça c'est sûr. Mais parfois, ces moyens délirants, comme on peut le voir typiquement chez Meta ou chez Google, parfois des grosses sociétés, ça crée du désordre, il y a beaucoup trop d'équipes, il y a beaucoup trop de monde, on ne sait pas trop où est la vision, les choses ont du mal à sortir et à solidifier, alors qu'une startup avec une vision claire peut aller très vite et exécuter très bien. D'ailleurs, on sort un casque qui fait de la concurrence sur beaucoup de spécifications, on va avoir la meilleure optique du monde pour un casque de cette catégorie-là, on est state of the art, comme on dit, avec les dernières puces Qualcomm. Donc en fait, il n'y a pas... Monde Numérique : [14:40] Oui, ce n'est pas un casque au rabais ? Stan Larroque: [14:42] Exactement, ce n'est pas un casque au rabais, on n'est pas derrière, on a à la fois ce côté position souveraine européen, mais le casque en lui-même n'est pas moins bien que les autres, il est voire meilleur, et donc nous en tant que startup, on doit faire la différence sur quelques lignes du tableau de spec, et on y arrive, et en fait on y arrive, et c'est pour ça que ces grosses boîtes aussi viennent nous voir, c'est pour ça qu'il y a eu beaucoup de tentatives de ces GAFA. Monde Numérique : [15:11] Alors, ils viennent vous voir, c'est-à-dire, pour voir où vous en êtes ? Stan Larroque: [15:14] Comme Google l'a fait l'année dernière, en signant ce contrat de plusieurs millions pour des questions hardware et software et de partenariats relativement assez intéressantes. Ça peut être pour essayer de nous racheter, ça peut être essayer pour recruter mon équipe dans mon dos, comme ça s'est passé avec d'autres. Et il s'est passé à peu près tout. C'est un peu une série Netflix, cette boîte. J'en parlerai longuement un jour, mais on a vu un peu... Monde Numérique : [15:39] On viendrait en parler dans le monde numérique, alors. Stan Larroque: [15:41] Bien sûr, mais en tout cas, c'est vraiment... Je pense que ce qu'on peut montrer avec Lynx, c'est qu'on peut y arriver en France. Ou qu'il ne faut pas rougir, il ne faut pas être intimidé par les Chinois ou les Américains. On a des ingénieurs tout aussi talentueux. On a les moyens. Quand on est malin, on sait faire beaucoup de choses avec peut-être 100 fois moins d'argent que Meta. Je l'ai dit à une conférence, le budget de Lynx, um, un an de Lynx, c'est 4 heures chez Meta. Si tu prends 1 milliard par mois versus notre budget, tu tombes sur 4 heures ouvrées chez Meta. Au final, les gens nous mettent dans les mêmes phrases que Apple, Meta et Lynx, bien sûr, dans certains articles, dans certaines revues internationales. C'est le signe qu'on a déjà gagné. Si dans le discours, on est comparé dans les offres à ces gens-là, c'est que déjà, j'estime qu'on a gagné et qu'on s'est mis sur la partie. Monde Numérique : [16:45] Vous existez, vous êtes dans le scope. Stan Larroque: [16:48] Exactement. Et donc ces gens-là nous connaissent aussi par ailleurs, que ce soit Sony, Xiaomi, X-Reel, Cotex. Monde Numérique : [16:53] Vous avez des concurrents équivalents en Europe par exemple ? Stan Larroque: [16:56] Alors, on n'en a pas à ma connaissance. On est le seul casque autonome, donc sans fil européen. Il y a d'autres sociétés qui fabriquent des casques en Europe, Varjo et Virginie, qui sont en Finlande et en République Tchèque, qui font des casques reliés au PC, donc plutôt qui coûtent 10 000 euros. Je dirais que c'est même pas dans le même segment de marché. On est vraiment les seuls en Europe. Alors, je sais pourquoi maintenant, parce que c'est super dur. Si j'avais su à quel point c'était dur, je ne l'aurais pas fait. Stan Larroque: [17:30] Mais on a un positionnement extrêmement intéressant parce que ce qui fait très peur à un Américain ou un Chinois, justement, c'est qu'il y a un Européen qui sorte la tête de l'eau en disant « Maintenant, j'ai mon écosystème, j'ai mon produit, j'ai mon App Store avec mon niveau de censure, mon niveau de royalties et on fait ce qu'on veut. Monde Numérique : [17:46] » Alors justement, vous en êtes où à ce niveau-là ? Parce que oui, il n'y a pas que le matériel, il y a le software, il y a les applications, etc. Stan Larroque: [17:53] Eh bien oui, en fait, chez Lynx, pour tout vous dire, on a plus d'ingénieurs software que d'ingénieurs hardware. Donc, en fait, parce que la valeur et la part du lion, depuis 30 ans maintenant, elle est dans le software. Je pense que tout le monde l'a compris. Il suffit de voir ce qui se passe en IA. Et donc, on fait le casque, certes, on le conçoit et on le fabrique, mais c'est qu'une petite partie de l'histoire. La vraie partie, la vraie bataille, c'est sur l'OS, c'est sur les services qui tournent derrière. Et donc, on a notre système d'exploitation open source basé sur Android Open Source Project, donc la couche open source d'Android sur laquelle on a mis nos drivers et nos composants et notre interface. Et ça, ça nous permet d'être entièrement souverains. Et donc, quand on a des clients, par exemple, Défense, conjointement avec Qualcomm, on est capable d'ouvrir tout le code source, ce qui est impossible et infaisable, avec des concurrents de type GAFA. Donc, l'OS, c'est vraiment une grosse part de notre investissement. On a investi des millions d'euros sur ça et je suis très content qu'on soit chez nous, entre guillemets, avec ce système. Monde Numérique : [19:01] Et ça, c'est un argument auquel sont sensibles vos clients, notamment peut-être les militaires, etc. Stan Larroque: [19:05] Extrêmement sensibles. Hier, pour tout vous dire, j'étais à une journée à Bercy, donc au ministère de l'économie et des finances, organisé par Bercy pour toute la filière immersive, donc les gens qui utilisent nos produits ou d'autres produits dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Il y avait Renault, Airbus, toute l'industrie française était là. Et clairement, l'un qui s'est très très attendu, c'est-à-dire que ces gens-là en ont marre d'utiliser du matériel américain ou chinois, et il est temps qu'on arrive, et donc c'est ce qui nous motive aussi d'apporter quelque chose de souverain, sur lequel on puisse avoir une expression complètement libre autour de nos valeurs. Monde Numérique : [19:47] En termes d'applications, qu'est-ce que vous proposez ? Stan Larroque: [19:50] Alors, en termes d'applications, c'est un peu comme quand on achète un smartphone, il y a des applications que les gens font à l'extérieur qu'on peut ensuite télécharger. Et dans le smartphone, il y a toujours des applications qui viennent par défaut. Donc nous, c'est un peu pareil. On a des applications qui viennent par défaut dans le cas. Donc on a un navigateur web en réalité virtuelle et donc un navigateur web qui flotte dans votre espace autour de vous et qui vous permet d'accéder à du contenu web déjà spatialisé. Donc ça, c'est aussi très intéressant, comment le web va migrer et va aider ces technos à migrer. Monde Numérique : [20:24] Il y a des choses à faire, à inventer peut-être à ce niveau-là. Bien sûr. Sortir un peu des fenêtres carrées. Stan Larroque: [20:30] Exactement. C'est pour ça qu'on a beaucoup investi dans le navigateur web. On a des applications de démo assez éducatives, assez pédagogiques. On a des applications médicales aussi qu'on a développées en propre pour certains usages avec des partenaires. Et après, il y a toutes les applications que nos clients ont faites eux-mêmes ou en s'aidant de sociétés de développement. Et là, on voit des choses fantastiques dont certaines, dont je n'ai pas le droit de parler, mais il y a des applications absolument folles où justement autour de ce que je disais, autour de la formation et de l'assistance à distance. C'est-à-dire, en fait, quand vous regardez ces casques, où vous voyez à travers une caméra le monde extérieur, d'un point de vue philosophique, c'est assez intéressant parce que c'est la première fois qu'on partage notre vision avec un ordinateur, voire même qu'il voit les choses avant nous. C'est-à-dire que l'image qui arrive dans vos yeux a été vue et traitée et post-traitée par une caméra et tout un système CPU-GPU. Et donc ça, je pense que conjointement avec l'IA, d'ailleurs il n'y a pas une démo chez nous qui se fait maintenant sans IA, ça va être absolument incroyable c'est-à-dire qu'un espèce de copilote un espèce de Jarvis comme on peut voir dans le casque d'Ironman qui se sert de tous les capteurs embarqués dans le casque, donc les six caméras, les capteurs inertiels comme l'accéléromètre, le gyroscope, etc. qui. Stan Larroque: [21:58] Fusionner ensemble, permettent à une IA de comprendre ce que vous voyez, ce que vous êtes en train de faire vous-même, et vous aider à être meilleur, tout simplement. Monde Numérique : [22:06] Oui, c'est le principe de l'IA multimodal qui pourrait vraiment apprendre et s'intégrer dans le monde réel. Il faut que vous alliez travailler avec Yann Lequin. Stan Larroque: [22:18] Yann Lequin a créé sa boîte, il y a aussi Mistral, il y a aussi beaucoup de sociétés qui... Monde Numérique : [22:23] Ils ne sont pas trop sur le... Enfin, ils sont sur le multimodal, est classique à partir des LLM. Stan Larroque: [22:29] Oui, alors après, il y a les VLM, c'est donc les Visual Language Model, et donc ça, c'est un VLM, vie sa meilleure vie dans un casque comme le nôtre, avec l'accès au capteur. D'ailleurs, un accès au capteur qu'on permet que les autres constructeurs de casques ne permettent pas, ils verrouillent l'accès à beaucoup de caméras et de capteurs, ce que je trouve très dommage, mais ce qui est un différenciant énorme pour nous. Mais oui, il y a beaucoup de boîtes d'IA avec lequel on va développer conjointement des applications en 2026 et en 2027. Et ça, cette évolution vers du multimodal, c'est fascinant jusqu'à la robotique. Parce qu'en fait, quand vous y pensez, un casque, c'est la meilleure interface entre un robot et une IA. Déjà, on vient filmer, on vient enregistrer des données égocentriques, c'est-à-dire filmer en point of view vraiment depuis la tête d'un opérateur que vous soyez dans une usine ou en train de plier votre linge. Ça va être des données parfaites pour ensuite entraîner des robots pour replier du linge ou faire certaines opérations rébarbatives dont on aimerait délivrer l'humain. Monde Numérique : [23:34] Oui, bien sûr. Avant d'en arriver là, si j'achète votre casque, est-ce que je peux jouer avec ? Est-ce que je peux télécharger facilement des applications ? Stan Larroque: [23:43] Alors, pour le grand public, ce qui est intéressant, c'est que vous pouvez tout à fait utiliser notre casque pour remplacer celui que vous avez à la maison pour jouer à SteamVR, par exemple. Donc, si vous avez un PC qui tourne avec Steam, vous pouvez sans fil connecter notre casque et utiliser du contenu qui a été développé, pas forcément pour notre casque en propre. Donc la beauté du marché c'est qu'on arrive à une maturité des casques, que ce soit des lunettes ou des casques, d'interopérabilité il y a un standard qui s'appelle OpenXR qui permet aux applications, d'utiliser presque n'importe quel casque donc un développeur a développé pour le casque Sony, Playstation, Playstation VR il va très probablement pouvoir être le même contenu pour être utilisé avec un casque Lynx ou un casque Metal donc ça c'est ce qui permet aussi des gens du grand public d'acheter des casques Lynx et de s'en servir pour jouer ou consommer du contenu un peu plus classique. Monde Numérique : [24:37] Très bien, et donc présentation ce 21 janvier en fanfare au Moscone Center à San Francisco de la nouvelle version du casque Lynx. Merci beaucoup Stan Larocque, fondateur de Lynx Mixed Reality. Stan Larroque: [24:53] Merci beaucoup Jérôme Colombat.
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