Monde Numérique :
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0:10] Des démissions spectaculaires, des déclarations fracassantes,
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0:14] des analyses inquiétantes. Faut-il avoir peur de l'intelligence artificielle ? On ouvre le dossier cette semaine dans Monde Numérique.
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0:25] Tout d'abord avec Bruno Guilleminetti, on va s'interroger sur cette étrange série de démissions parmi les personnalités de l'IA. Et puis on va se poser la question, est-ce qu'un super méchant pourrait un jour faire des ravages avec l'intelligence artificielle ? Avec mes invités, on ira encore plus loin. Aymeric Roucher, auteur du livre Ultra Intelligence, évoquera les différents motifs d'inquiétude du fantasme d'une IA rebelle à la bulle en passant par la place de l'Europe. Au passage, il égratigne le conseil Anne Lequille. Enfin, un nouveau format dans le monde numérique. On s'intéresse aux innovateurs à travers des interviews portrait pour aller au fond des choses. Et mon premier invité est Jean-Baptiste Kef, co-créateur du célèbre logiciel VLC. Il nous parle d'IA lui aussi, et notamment de pipe coding. Est-ce que ça va vraiment remplacer les développeurs ? Réponse dans cette émission.
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1:19] Avant cela, l'actu de la semaine avec un nouveau modèle d'intelligence artificielle pour la vidéo qui repousse encore les frontières de la créativité. La voiture autonome de Google qui a appris un nouveau truc pour s'entraîner face à toutes sortes de situations, y compris irréelles. Le français Mistral qui déploie ses ailes et qui tisse sa toile à travers l'Europe. Et puis des chiffres sur l'IA en France qui séduiraient de plus en plus d'utilisateurs. Voilà, c'est Monde Numérique, le podcast raconte et qui décrypte l'actualité de la tech. Bienvenue dans l'hebdo du 14 février.
Invité :
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1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
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1:59] Encore un outil de création vidéo par intelligence artificielle. Encore un, il s'appelle Seedance et il est en train de mettre le feu aux réseaux sociaux. Seedance 2.0, vous avez peut-être aperçu ces vidéos ici et là.
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2:14] Spectaculaires, des scènes, on a l'impression qu'elles sont tirées de films hollywoodiens. Un logiciel qui vient de Chine, il émane de l'entreprise chinoise ByteDance, maison mère de TikTok. Alors il a été lancé d'ailleurs uniquement en Chine et il est déjà salué comme le modèle de génération vidéo Paris A le plus avancé au monde. Il surpasserait ainsi Sora 2 d'OpenAI et VO3.1 de Google. On peut voir donc toutes sortes de scènes, comme par exemple une version revisitée du Titanic, où à la fin Leonardo DiCaprio ne meurt pas, ou encore une autre où Donald Trump marque des paniers au basket. Bref, on pénètre et on bascule dans une nouvelle dimension de la création vidéo, et ce qui est assez spectaculaire, notamment, c'est le son, car sur les précédents modèles, ce n'était pas forcément génial, la bande son, mais là, on sent que, d'abord, les voix sont encore plus réalistes, Elles sont de meilleure qualité aussi, de même que les bruitages. On atteint vraiment un niveau de pureté et de richesse de la bande-son qui est assez impressionnant, y compris par exemple quand il s'agit de faire chanter Donald Trump en chinois. Écoutez...
Monde Numérique :
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3:34] Autre exemple, une scène de bagarre entre Tom Cruise et Brad Pitt à propos d'un sujet d'actualité, Jeffrey Epstein.
Monde Numérique :
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3:56] Voilà, on franchit donc une nouvelle étape clairement avec ce Seedance 2.0. Il n'est même plus question d'essayer de distinguer le vrai du faux, par exemple en comptant le nombre de doigts sur les personnages. Les images sont absolument parfaites. Alors avec ce nouvel outil, la Chine aussi marque des points. À nouveau, ça nous rappelle un peu l'affaire Dipsic, où véritablement la Chine montre son savoir-faire et s'inscrit plus que jamais dans la compétition avec les technologies américaines. Et puis, de quoi relancer de nouvelles inquiétudes, en tout cas questionnement, pour savoir si l'IA va remplacer le cinéma, va tuer le métier d'acteur, de réalisateur, etc.
Monde Numérique :
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4:38] Certainement pas, mais cela ouvre de nouvelles portes, bien sûr. Ce type d'outil permet donc de générer des scènes à partir de simples scripts en s'exprimant quasiment en langage naturel, mais encore faut-il savoir donner les fameuses instructions. Que peut-on faire avec ce type d'outil ? Ça, c'est la vraie question, parce qu'en fait, comme d'habitude, ce que l'on voit sur les réseaux, ce sont des séquences très courtes, Et on sait qu'en réalité, l'IA n'est pas encore totalement adaptée pour réaliser des longs métrages. D'abord parce que ça coûte très cher, et puis ensuite parce que le système d'intelligence artificielle n'est pas toujours cohérent quand on lui demande de suivre des trames narratives très riches sur la durée. En tout cas, quand même, malgré tout, c'est là. Voilà donc Seedance, la vidéo par IA qui franchit un nouveau cap.
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5:27] De l'intelligence artificielle encore avec la voiture autonome et avec une nouveauté signée Waymo annoncée cette semaine. La filiale de Google spécialisée dans les véhicules autonomes qui a publié un long papier de blog assez intéressant pour expliquer comment désormais Waymo allait essayer d'entraîner ses véhicules de manière encore plus réaliste. Vous pouvez retrouver d'ailleurs un épisode de Monde Numérique, Zoom Tech, sur le fil de ce podcast dans lequel j'explique tout en détail. Mais en résumé, ce qu'il faut retenir, c'est donc que Google a développé un simulateur qui permet d'entraîner ses voitures dans des situations de circulation de toutes sortes et y compris parfois même les plus improbables. Des situations qu'il n'est donc pas possible de rencontrer dans la vie réelle ou en tout cas pas de manière suffisante, pas suffisamment souvent pour que les véhicules puissent s'entraîner par rapport à ça. Par exemple, typiquement, des meubles mal arrimés sur le toit d'un camion ou une voiture qui fait demi-tour, ou même, imaginez un éléphant qui traverse la rue. Évidemment, ça n'arrive pas tous les jours. Et c'est là où l'intelligence artificielle vient au secours de la voiture autonome.
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6:33] Alors, c'est un sujet intéressant parce que ça fait appel à ce qu'on appelle les World Models, une nouvelle représentation du monde beaucoup plus complète que ce que permet l'intelligence artificielle habituelle. C'est une piste, en réalité, pour tous les acteurs du secteur. Aujourd'hui, c'est Waymo qui en parle, mais Uber a également expliqué qu'ils allaient entraîner leur voiture avec toutes les données fournies par leur chauffeur à travers le monde entier, histoire de maximiser, là encore, le nombre de situations auxquelles une voiture peut être confrontée.
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7:01] Nvidia travaille également là-dessus. Ils en avaient parlé au CES de Las Vegas, avec Mercedes. Et puis Tesla aussi, bien sûr, rappelons-le, entraîne également ses voitures avec ce type de simulation, même si Tesla n'utilise pas le même système d'autonomie pour ses voitures. L'autopilote de Tesla étant basé sur des caméras et de l'IA et non pas sur des lidars comme c'est le cas chez ses concurrents.
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7:27] L'intelligence artificielle séduit de plus en plus les Français. On aime ça. Presque un Français sur deux pratique désormais l'IA, 48% exactement,
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7:37] selon le baromètre des usages du numérique publié en début de semaine. Alors, c'est une étude qui intervient tous les ans. Et si en 2025, un Français sur deux, environ 48% exactement, a utilisé un outil d'intelligence artificielle, deux ans plus tôt, c'était deux fois moins. Ce qui montre clairement une progression et même une adoption qui est absolument rapide, très rapide, absolument phénoménale, beaucoup plus rapide par exemple que ce qu'on a connu avec Internet ou le smartphone. Sans surprise, ce sont les jeunes qui pratiquent le plus l'IA, 18-24 ans, pas forcément toujours pour de bonnes raisons puisqu'on le sait, le copier-coller est un peu devenu un sport dans les lycées et les collèges, ce qui n'est pas forcément une bonne chose.
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8:20] Ensuite, parmi les 25-39 ans, beaucoup d'utilisation de l'IA aussi, notamment dans le secteur professionnel, surtout pour ce qu'on appelle les CSP+, c'est dans les bureaux. Alors de l'IA, pourquoi faire ? Principalement pour rechercher des informations. Alors attention, on rappelle que l'IA, ça hallucine quand même. Et de toute façon, les moteurs de recherche traditionnels restent quand même la source principale pour trouver de l'info. Mais on utilise également l'intelligence artificielle, et bien tout simplement pour travailler des contenus, c'est-à-dire traiter, résumer, traduire, transcrire, etc. Et aussi beaucoup, bien sûr, pour écrire du code informatique dans le monde des développeurs.
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9:01] Cela dit, une autre étude intéressante est sortie à peu près au même moment. Alors ça ne concerne pas la France, ça concerne les Etats-Unis cette fois. Une étude signée de la Harvard Business Review qui temporise certaines idées reçues à propos de l'intelligence artificielle puisqu'elle montre que l'IA, si elle permet de gagner du temps, ou en tout cas d'être plus productif, certes, elle conduirait aussi à ce que l'on travaille plus en réalité dans les bureaux. Les employés, en effet, ont tendance à effectuer davantage de tâches, notamment des tâches qui, auparavant, étaient réservées à d'autres secteurs d'une entreprise. Par exemple, l'étude cite des designers qui se mettent à faire un travail de programmeur en produisant eux-mêmes du code, ou bien des chercheurs qui font un travail d'ingénieur, etc. Alors, individuellement, ça permet d'étendre son domaine de compétences et d'expertise, mais la conséquence, c'est que ce serait aussi beaucoup plus chronophage. Les journées ainsi seraient plus longues et notamment l'intelligence artificielle réduirait encore la barrière entre la vie professionnelle et la vie personnelle, toujours selon cette étude.
Monde Numérique :
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10:07] En France, quelques nouvelles de Mistral, la Pépite IA qui ambitionne de devenir un véritable poids lourd européen. L'entreprise basée à Paris vient en effet d'annoncer un investissement de 1,2 milliard d'euros pour construire un centre de données en Suède. Il devrait être opérationnel l'année prochaine. Ce sera donc le troisième investissement de ce genre de Mistral, si on fait bien les comptes, pour augmenter sa capacité de calcul après un premier cluster en Essonne et un autre en Ile-de-France avec différents partenaires.
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10:37] Rappelons que Mistral compte parmi ses actionnaires un européen et non des moindres, ASML, la fameuse entreprise ASML qui fabrique les machines permettant de fabriquer les puces dédiées à l'IA. Et puis également parmi ses actionnaires l'américain Microsoft et du coup Mistral fait également tourner une bonne partie de ses modèles sur le cloud Azure de Microsoft.
Monde Numérique :
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11:01] Microsoft, justement, vient de se voir booter hors de France, en tout cas en partie, et en ce qui concerne un sujet sensible qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, ces dernières années même, il s'agit du Health Data Hub.
Monde Numérique :
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11:16] Cette gigantesque plateforme censée recueillir toutes les données médicales des Français pour permettre toutes sortes de traitements, traitements informatiques, j'entends. C'est donc un tournant dans ce feuilleton du Health Data Hub, En début du mois de février, le gouvernement a annoncé que Microsoft ne ferait plus partie de l'aventure.
Monde Numérique :
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11:39] Alors Microsoft avait été choisi en 2019 pour héberger cette fameuse plateforme nationale sur son cloud Azure, mais ça avait provoqué une levée de boucliers de la part d'associations,
Monde Numérique :
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11:51] de responsables politiques aussi, et puis même des recours judiciaires. Donc, l'exécutif a fini par plier et par annoncer que les données de santé, non, ne seront pas confiées à Microsoft, finalement, puisque cet acteur américain est de fait soumis aux droits américains et notamment au fameux Cloud Act. Le communiqué est tombé il y a quelques jours. Ce Health Data Hub va donc migrer vers une infrastructure cloud présentée comme réellement souveraine et qui sera notamment conforme et qualifiée de Secnum Cloud. C'est cette qualification officielle qui garantit un certain niveau de sécurité pour notamment les données de santé. Un appel d'offres a été ouvert pour sélectionner un hébergeur européen qui répondra à ses critères de souveraineté. Alors on évoque des acteurs comme OVH, Cloud Temple ou encore SENS et avec, on l'espère, à l'arrivée, un niveau de qualité de service et de sécurité équivalent car c'est bien ça l'enjeu.
Monde Numérique :
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12:48] La cybersécurité est justement toujours malmenée, avec un nouveau piratage rendu public cette semaine. Il concerne une entreprise que personne ne connaît, mais qui pourtant touche potentiellement tout le monde. C'est la société française Sumsub, une plateforme de vérification d'identité et de lutte contre la fraude. Celle-ci vient d'annoncer qu'elle s'était rendue compte en janvier dernier qu'elle avait été victime d'une intrusion il y a plus d'un an et demi, en juillet 2024. Alors, ça ne fait pas très sérieux comme ça, d'autant que les données compromises concernent des entreprises de finances, de crypto-monnaies, etc. On parle d'adresse électronique, de numéro de téléphone, donc des profils privés. Et puis surtout, ça tombe pile au moment où il y a ce débat sur la vérification de l'âge pour l'accès aux réseaux sociaux. Or, c'est typiquement ce type d'entreprise censée certifier l'âge des personnes, mais de manière anonyme, qui a été mise en avant par le gouvernement. Or, il se trouve que, comme d'autres, elle peut être victime de fuite de données, ce qui n'est évidemment pas très rassurant.
Monde Numérique :
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13:55] Et on termine ce tour d'horizon avec quelques nouvelles de notre ami ChatGPT.
Monde Numérique :
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13:59] Le chatbot d'OpenAI pour deux choses. D'abord, ça y est, la publicité arrive dans ChatGPT, en tout cas aux États-Unis. Ça a été annoncé, donc ça commence à prendre forme sous forme de liens sponsorisés en la pub. Des encarts qui apparaissent sous les réponses et non pas à l'intérieur des réponses, comme a essayé de nous faire croire son concurrent Anthropic. En France aussi, des partenariats qui commencent à se mettre en place. On a l'impression que la France a décidé de persécuter le masque. L'un des premiers, c'est avec la plateforme de petites annonces Le Bon Coin, qui a donc signé avec OpenAI. Et on peut donc effectuer des requêtes dans ChatGPT pour faire des recherches sur Le Bon Coin. Bon, j'avoue que j'ai essayé. Le résultat n'est pas très probant. Ce n'était vraiment pas génial. Quand on fait des recherches très précises, qu'on sait exactement ce qu'on veut, il nous ressort un paquet de trucs qui ne correspondent pas forcément. En tout cas, à propos de ChatGPT, encore une étude, encore une. Bat en brèche malheureusement certains enthousiasmes concernant les aptitudes médicales de Chagipiti. On dit souvent que c'est un super assistant pour la santé. De plus en plus de personnes sont tentées de lui confier leurs données médicales, résultats d'analyse ou simplement poser des questions pour un petit bobo ou autre.
Monde Numérique :
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15:11] Cette étude de l'Université d'Oxford publiée le 9 février dans Nature Medicine n'est pas très optimiste puisqu'elle montre que Chagipiti donnerait en réalité d'assez mauvais résultats. Alors, en fait, les chercheurs ont demandé à plus d'un millier d'utilisateurs lambda de faire des recherches comme s'ils souffraient de certaines maladies. Et les résultats ne sont pas bons.
Monde Numérique :
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15:31] Le chatbot aurait donné des diagnostics fiables dans seulement 37% des cas environ. Mais il faut noter qu'en revanche, si ce sont des médecins qui s'adressent à Chagipiti, qui décrivent les symptômes, eh bien là, le taux passe et bondit à 95% de réussite. Ce qui, à l'inverse, est plutôt positif et enthousiasmant, ce qui prouve que l'IA peut quand même faire des miracles en santé, si on peut dire, mais à condition de bien savoir lui parler. Avant d'aller plus loin, un mot de Frogans, partenaire de l'hebdo de Monde Numérique. En 2025, je vous ai fait découvrir cette initiative technologique unique au monde, une nouvelle manière de consulter, de publier du contenu en ligne. Frogans fait sortir Internet du cadre avec des sites graphiques simples, très fluides. 2026 sera une année décisive pour Frogans, qui s'adresse pour l'instant en priorité aux développeurs.
Invité :
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16:29] Comment ça marche concrètement par rapport à celle qui est employée ou qui est exécutée dans un autre pays? Elon Musk aux États-Unis, il peut librement raconter ce genre d'histoire-là lui-même. Il peut faire la promotion ou la distribution de ce genre de propos-là. Mais ces propos-là, en France, ils ne sont pas les bienvenus, ils sont même interdits.
Monde Numérique :
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16:52] Et pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr, f2r2.fr.
Invité :
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16:57] C'est là que ça s'est passé.
Monde Numérique :
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17:04] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Cette part de l'IA qu'on est en train de voir, suite à des départs des grandes boîtes d'IA, puis aussi des publications qui sont en train de sortir un peu partout par des gens qui sont au cœur de l'IA. Et ça, ça n'a rien de rassurant. C'est assez étonnant ce qui s'est passé ces derniers jours, parce qu'effectivement, c'est des personnalités dans les plus grandes boîtes d'IA qui ont claqué la porte, et pour des raisons qui peuvent laisser penser qu'il y a un peu d'inquiétude chez ces gens-là. Alors, on peut les citer, par exemple, quelqu'un qui s'appelle Mrindranke Sharma, chez Anthropic, qui était responsable de l'équipe Safeguard Research, donc autrement dit, l'aspect sécurité de l'IA.
Monde Numérique :
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17:56] Voilà, il est parti, et en annonçant dans un courrier qui a fait pas mal de bruit, que selon lui, le monde était en péril à cause de l'intelligence artificielle. Et ça ne lui convient pas. Dans la foulée, c'est chez OpenAI également un départ assez marquant. Le jour où ChildGPT a introduit la publicité, c'est l'une des responsables de la stratégie publicitaire d'OpenAI, la chercheuse Zoé Hitzig,
Monde Numérique :
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18:24] qui elle aussi a annoncé sa démission dans le New York Times. Et pour des raisons vraiment profondes, ce n'est pas un coup de tête, ce n'est pas des raisons personnelles, Ce sont quasiment des raisons philosophiques, éthiques. Elle estime qu'OpenAI ouvre la porte sur un trop grand risque de manipulation des utilisateurs avec la publicité, parce qu'en fait, elle dit que la publicité va s'appuyer sur tout ce que les gens vont publier sur ChatGPT, toutes les données qu'on va donner à ChatGPT. Et ça peut être des choses très intimes sur notre situation médicale, notre situation psychologique, nos croyances, etc., etc. Et ça, c'est exactement en porte-à-faux à ce que ça...
Invité :
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19:08] Ah non, c'est ça, ça soulève beaucoup de questions. Et au même moment où se passait cette histoire-là à Paris.
Monde Numérique :
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19:15] De l'autre côté de l'Océan.
Invité :
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19:17] Il y avait quand même...
Monde Numérique :
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19:19] Il y avait quand même...
Invité :
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19:19] Il y avait toujours dans la cour des Léonis.
Monde Numérique :
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19:21] Il se dit « Waouh.
Invité :
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19:21] Attends, qu'est-ce qui se passe ? » Il y avait quand même un mouvement des plaques tectoniques où on découvrait qu'il avait été devant. Alors, il paraît qu'en plus.
Monde Numérique :
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19:27] Par ailleurs, elle est poétesse et elle va repartir faire de la poésie.
Invité :
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19:30] Les sexes, maintenant, ne faisaient plus qu'un.
Monde Numérique :
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19:33] Et ça aussi, c'est un moment d'un autre. Ça ne s'occupe presque d'imaginaire d'avoir la taille de cette entreprise-là. Non, c'est intéressant. Il y a eu également des départs chez XAI, bon, qui... C'est peut-être difficile de rattacher également à ce mouvement-là, mais malgré tout, je trouve que ça relance une certaine forme de questionnement par rapport au risque de l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
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19:52] Puis, on pourrait rattacher ça à d'autres déclarations publiques de ces derniers temps. Par exemple, tu as Moustapha Souleymane, le PDG de Microsoft AI, qui lui, on ne se déclare pas inquiet, mais qui a des propos qui peuvent inquiéter, puisqu'il dit que, oui, c'est clair, la plupart des tâches administratives effectuées par ce qu'on appelle les cols blancs.
Invité :
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20:13] Les employés bureaux et autres.
Monde Numérique :
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20:15] Etc., seront probablement entièrement automatisées d'ici 12 à 18 mois.
Invité :
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20:20] Donc, conséquence, évidemment, sur l'emploi.
Monde Numérique :
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20:23] Et puis, je terminerai avec un autre papier que j'ai noté, que j'ai vu passer, qui est assez intéressant. C'est un poste, en fait, sur X, d'un entrepreneur qui travaille dans l'IA. Alors, il n'est pas dans une des très grosses boîtes connu, mais il fait partie de toutes ces petites boîtes américaines qui tournent dans l'écosystème de l'intelligence artificielle. C'est Matt Schumer et il a signé un long papier qui s'intitule « Something big is happening ». Donc, quelque chose d'énorme est en train d'arriver. On rappelle quand même au passage que dans XAI, il y a cette activité, évidemment, de l'intelligence artificielle. On retrouve aussi quelques semaines avant que le COVID déferme sur l'Occident. On regardait ça de loin en disant « Oui, il y a quelque chose qui arrive ».
Invité :
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21:04] Il y a d'autres opérations. Et ça, ça arrive dans un contexte où on apprend aussi.
Monde Numérique :
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21:09] Parallèlement, « Vous ne vous rendez pas compte.
Invité :
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21:11] Mais avec l'IA, c'est la même chose qui est en train de se prendre. » Donc, tout ça est un peu engoissant.
Monde Numérique :
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21:16] Mon cher Bruno.
Invité :
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21:16] Il y a probablement des gens qui ne sont pas contentes d'avoir appris ce qu'ils ont appris cette semaine. Puis, parallèlement, qu'est-ce qu'on voit ?
Monde Numérique :
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21:22] Ils ont l'impression que nous, on est des appels de la technologie et qu'on est toujours en train d'encenser dans la promo. Ben non, quand il y a des voix qui s'élèvent de l'autre côté de la barrière, on est là.
Invité :
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21:33] C'est les modèles standards de base, oui. Mais donc là, ce qu'on est en train de voir, c'est que vraiment Tesla est en train de bifurquer et de mettre tous ses œufs du côté des robots, de la robotique. Est là, puis il ne s'est pas gagné non plus, parce qu'ils ont énormément de concurrence qui vient de Chine. Aux États-Unis, il commence à avoir des joueurs qui sont sérieux, qui semblent aller aussi vite, sinon plus vite que Tesla. Dans le domaine de la robotique, on s'entend toujours.
Monde Numérique :
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22:00] Oui, alors là, évidemment, c'est en lien aussi avec l'intelligence artificielle et avec la technologie d'une manière générale. C'est un ministre britannique qui a eu l'idée d'un revenu universel qui pourrait être versé c'est un astronaute, à part que c'est des Chinois.
Invité :
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22:17] Sinon tout le monde passe avec les autres.
Monde Numérique :
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22:18] Les victimes, entre guillemets, de la numérisation et de l'intelligence artificielle. Et un revenu universel qui serait financé par les entreprises de technologie.
Invité :
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22:27] Mais donc, c'est ça. Mais SpaceX, on s'entend.
Monde Numérique :
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22:29] Je ne sais pas si tu vois le truc. Je trouve que c'est une espèce d'énorme pavé dans la main. Parce que d'un côté.
Invité :
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22:36] On peut se dire non, mais c'est là pour tout quoi, enfin...
Monde Numérique :
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22:39] Et puis, quelle boîte de tech?
Invité :
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22:40] Pour le moment, c'est les boîtes de tech anglaises. Il y en a énormément.
Monde Numérique :
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22:43] Etc. Mais on pense évidemment aux géants américains. Et d'un autre côté, on se dit « Mais attends, pourquoi pas ? Est-ce que c'est vraiment si absurde que ça ? », Chaque robot ou chaque IA qui remplace un travailleur, un employé, devrait payer une taxe. Et cette taxe-là générait des revenus qui permettraient de financer des revenus.
Invité :
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23:19] La cible est facile.
Monde Numérique :
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23:21] Oui, oui, oui. Non, mais cette histoire de… Bon, le revenu universel, on ne va peut-être pas ouvrir le dossier, mais c'est intéressant. Ça peut se discuter, on peut trouver des justifications, même philosophiques, au revenu universel. Ce n'est pas une aberration communiste, en réalité, ce truc-là. Loin de là, au contraire. Mais le problème, c'est que les États ne pourraient pas subvenir aux besoins et ne pourraient pas financer un revenu universel. Ce n'est pas avec des... Donc, il faut que ça vienne d'ailleurs. Donc, effectivement, solliciter les boîtes de tech, à mon avis, il a lancé un truc, là, je trouve ça assez énorme. Après, si tu me permets, Bruno, et puis après, je parlerai un peu moins parce que je parle beaucoup, là, cette semaine.
Invité :
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24:03] Souviens-toi, Jérôme, c'est intéressant parce qu'il y a plusieurs années quand on commençait à avoir l'intérêt de ces gros joueurs-là.
Monde Numérique :
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24:09] Je pense à l'Emmanuel Pipsy.
Invité :
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24:11] À Jeff Bezos d'Amazon.
Monde Numérique :
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24:13] De se lancer dans la course à l'espace. La peur de l'IA.
Invité :
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24:17] C'est beaucoup de choses.
Monde Numérique :
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24:18] C'est un, les conséquences sur l'emploi.
Invité :
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24:21] Et ça, effectivement, il y a de quoi avoir peur.
Monde Numérique :
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24:23] On se demandait, mais qu'est-ce qu'ils veulent faire? Il ne faudrait pas que ce ne soit que de la peur. Il faudrait que ce soit de la prise de conscience. Mais c'est exactement le plan qui se poursuit.
Invité :
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24:29] Et l'idée là-dedans, c'est justement d'avoir une constellation de serveurs qui vont émerger tout ce savoir-là de leur clientèle. Après, il y a d'autres choses.
Monde Numérique :
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24:38] Il y a la peur de l'IA, le Skynet à la Terminator qui va prendre le pouvoir.
Invité :
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24:42] Ça, c'est un attendant.
Monde Numérique :
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24:44] Même si certains essaient de t'expliquer qu'avec les agents IA.
Invité :
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24:47] Etc., ça y est, on est à l'aube d'une autonomisation et tout.
Monde Numérique :
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24:51] Bon, moi, je n'y crois pas trop.
Invité :
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24:53] Personnellement. En revanche, il y a un dernier volet qui.
Monde Numérique :
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24:56] Moi, j'avoue, personnellement, me fait assez peur.
Invité :
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24:58] C'est les utilisations dangereuses de l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
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25:05] C'est-à-dire qu'effectivement, des IA hyper puissantes qui permettraient de créer des virus d'un nouveau genre, qui permettraient de faire des cyberattaques hyper efficaces, hyper puissantes qui mettraient des populations entières et des États et des économies entières à genoux, là, il y a un véritable risque et c'est là où on se dit que peut-être il faudrait, se limiter un petit peu et continuer à innover, mais ne Peut-être ne pas tout mettre à disposition de tout le monde tout de suite. Tout ce qui est dans les labos aujourd'hui, il va peut-être falloir quand même un petit peu réfléchir un peu comme pour le nucléaire ou la chimie.
Invité :
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25:40] Ça, et ça, il faut lui donner, c'est la vision qu'il a. Puis de temps en temps, ça ne fait pas notre affaire, puis on ne partage pas nécessairement son opinion.
Monde Numérique :
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25:48] Mais c'est exactement ça.
Invité :
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25:49] Puis de temps en temps, il bifurque dans un endroit où il ne devrait probablement pas aller pour le bien de sa business. Il l'a connu l'année passée. Oui.
Monde Numérique :
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25:57] Genre Ellen Mosk. qui a la plus grande fortune au monde, qui possède les outils les plus puissants, qui est en train de construire une supracouche.
Invité :
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26:07] J'évoquais, puis je veux revenir là-dessus, c'est la même chose pour Jeff Bezos. Il a compris ça aussi. Il y a longtemps, à quelques mois de différence, il demandait les mêmes permissions à l'administration américaine pour envoyer ses premières fusées, puis après ses premiers satellites. Lui, il a eu un retard parce qu'il y a d'autres choses qui l'occupe, semble-t-il. Mais c'est vraiment impressionnant de voir ces deux-là. Puis tu vois, parallèlement, tu as des gros joueurs comme Google ou Microsoft qui repient aussi jouer là-dedans.
Monde Numérique :
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26:39] C'est exactement la thèse d'un de mes invités cette semaine.
Invité :
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26:42] C'est une question de temps.
Monde Numérique :
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26:43] Il a mis en garde contre un pétage de plomb d'Elon Musk.
Invité :
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26:45] Parce qu'à un moment donné, ils vont se rendre compte que la planète est petite et puis il va falloir aller voir ailleurs. C'est fou de parler de ça. Mais c'est ça. Ce n'est pas demain. C'est après. Après, demain. Mais il faut penser. Il faut regarder loin. Et c'est exactement ce que...
Monde Numérique :
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27:00] Pour ça, au moins.
Invité :
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27:01] Je lève mon chapeau à Elon Musk pour ça. Il le voit loin et ça vaut la peine.
Monde Numérique :
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27:06] De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno? D'abord, grande question pour toi, est-ce que tu écoutes toujours la radio ? Ah là là là, ouais, c'est une grande question. J'écoute encore un petit peu la radio, mais de moins en moins, c'est terrible. De moins en moins. Bah, bien sûr. Mais tu sais, c'est un peu pour ça que j'ai quitté la radio aussi, parce que je sentais bien qu'on n'était pas... Tu sais, moi, j'ai des amis qui travaillent dans la radio qui me disent, on est un peu l'orchestre du Titanic, quoi. Tu sais, qui va continuer à jouer jusqu'au bout, mais on ne sait pas trop où va le bateau. Pourquoi? 13 février, c'était la journée mondiale de la radio.
Invité :
[
27:49] Mais imagine-toi. Jérôme, imagine-toi retourner dans le temps et aller raconter à l'homme ou à la femme qui tirait sa charrette qu'un jour, il y aurait des camions pour transporter ça. Ben non, vous êtes fou. Oui, oui, oui. Mais c'est à ça qu'on est en train de se faire.
Monde Numérique :
[
28:07] Bon, ben écoute, super.
Invité :
[
28:08] Bon programme, magnifique.
Monde Numérique :
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28:10] Mon cher Bruno, je te libère alors pour que tu puisses te remettre au travail.
Invité :
[
28:13] Malgré le regard pessimiste que tu portes sur la France, je veux quand même te dire que quand je regarde l'actualité récente, vous marquez encore des points et vous avez presque envoyé un ballon d'essai avec la législation. C'est la semaine passée qu'on parlait de cette loi qui est en train d'être promue, pour encadrer l'utilisation par les jeunes des réseaux sociaux. Bien, qui est en train de refaire la même chose? Votre voisin du sud, l'Espagne, quand même. Oui.
Monde Numérique :
[
28:58] La suite de Monde Numérique avec les invités de la semaine. Je vous le disais, c'est un peu le fil directeur de cette émission.
Monde Numérique :
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29:05] Quels sont les risques de l'intelligence artificielle ? Y a-t-il un risque qu'une IA se rebelle ? Y a-t-il aussi une bulle de l'intelligence artificielle ? Enfin, quelle est la place de l'Europe dans cette bataille ? Vous allez entendre un point de vue intéressant qui ne va pas forcément dans le sens de ce qu'on entend d'habitude. C'est celui d'un spécialiste du secteur. Au passage, d'ailleurs, tiens, il y gratigne même la statue du commandeur Yann Lequin, si on peut dire, grand maître de l'IA. Bref, mon invité, c'est tout de suite. Bonne écoute. Bonjour, Aymeric Roucher. Vous êtes ingénieur en machine learning, donc en intelligence artificielle, polytechnicien. Vous avez travaillé...
Invité :
[
29:47] J'ai l'impression que d'ici la fin de l'année, on va entendre quelque chose de plus que ça.
Monde Numérique :
[
29:50] Et vous travaillez sur les agents IA. Et surtout, vous êtes l'auteur d'un livre qui est sorti il n'y a pas très longtemps qui s'appelle « Ultra intelligence, jusqu'où iront les IA ? » Oui, mais là.
Invité :
[
30:00] On est dans le concret.
Monde Numérique :
[
30:01] « Odile Jacob ».
Invité :
[
30:02] Qu'est-ce que vous pensez.
Monde Numérique :
[
30:02] Justement, des récentes déclarations de Dario Amodei, son mémoire, ou le patron d'Anthropic, où il a sérieusement tiré la sonnette d'alarme en disant qu'il y avait un danger et qu'il fallait vraiment s'en saisir ? Est-ce qu'il a raison d'être aussi alarmiste ?
Invité :
[
30:22] Mais ça, ils ont besoin de l'Europe. Non, ça va être intéressant de suivre ça. Je vais te ramener dans le monde de l'intelligence artificielle parce que là, les réseaux sociaux, c'est tellement... Est-ce que tu as vu la pub ou même est-ce que tu as lu les propos du patron d'Entropic qui dit que finalement, évidemment en réaction à OpenAI qui va mettre la publicité sur le chat GPT, Anthropic, eux, ils disent non, c'est pas le bon endroit, c'est trop personnel comme expérience, on met pas de publicité dans l'autre.
Monde Numérique :
[
30:58] Oui. Oui. Ouais, d'accord.
Invité :
[
31:11] C'est quelque chose.
Monde Numérique :
[
31:13] Ouais. Ouais.
Invité :
[
31:17] Sous-titrage ST' 501, On a peur de tout.
Monde Numérique :
[
31:35] On a peur de notre ombre.
Invité :
[
31:37] De toute façon. Ah, c'est le fils. C'est le fils qui...
Monde Numérique :
[
31:44] Bien sûr. Pour revenir à Elon Musk.
Invité :
[
31:49] Lorsqu'il faut finalement éviter d'apporter ses robots immunos, c'est ça?
Monde Numérique :
[
31:54] Mais sur l'IA, si finalement Grock est plus puissant, enfin potentiellement plus intelligent que les autres, Est-ce que ça veut dire que Elon Musk a raison de lui lâcher la bride et de ne pas trop travailler l'alignement, le fameux alignement, justement ?
Invité :
[
32:15] Oui.
Monde Numérique :
[
32:17] Alors, d'un point de vue moral, mais d'un point de vue scientifique, est-ce qu'il ne va pas aller plus loin, justement, en agissant comme ça ?
Invité :
[
32:27] Oui. Mais on verra l'usage. Mais écoute, moi, je trouve que c'est de bonnes guerres, un peu comme les fameuses… En Amérique, ici, on a eu ça beaucoup, encore récemment, la guerre de pub on Coke et Pepsi. C'est vraiment le truc où ça tape sur la gueule de l'autre en riant. Là, nous, ça a été ça. J'ai hâte de voir, avec usage, on va voir s'il n'y aura pas des dérives, s'il n'y aura pas une influence, parce qu'évidemment, c'est un peu, tu sais, je fais le lien, la parenthèse, puis elle vaut ce qu'elle vaut, mais c'est un peu la pression à l'éditorial.
Monde Numérique :
[
33:06] Moi, ce qui s'est rangé dans le camp des inquiets.
Invité :
[
33:08] Officiellement, c'est un comportement un peu étrange, parce qu'il est celui qui pousse le plus ces technologies-là.
Monde Numérique :
[
33:14] Mais bon, il avait signé le fameux moratoire.
Invité :
[
33:16] Etc. Et puis, il y a un annonceur qui dit que l'IA était un danger mortel pour l'humanité. Et puis là, comme par hasard, il y a un article qui parle des bons sentiments du propriétaire, de l'annonceur. C'est pour ça, là. Jusqu'où ça va se jouer, il faudra voir. Ça, c'est chez vous, mais ailleurs dans le monde, ce n'est pas le cas.
Monde Numérique :
[
33:51] Autre chose sur le plan financier, mais parce que c'est lié à tout ça, on voit bien.
Invité :
[
33:56] Le mur de Chine.
Monde Numérique :
[
33:57] Vous vous dites, il n'y a pas de bulle de l'intelligence artificielle, la fameuse bulle dont on parle pourtant souvent depuis plus d'un an, je dirais, en se disant ça va péter, il va y avoir ces survalorisations des entreprises d'IA, enfin aux États-Unis essentiellement. C'est artificiel.
Invité :
[
34:14] Tu me permets de faire un petit clin d'œil de l'Ordre américain? Oui. Écoute, grosse nouvelle cette semaine aussi. Alexa Plus qui finalement voit le jour pour de vrai. Là, c'est d'abord, oui, là, c'est d'abord aux États-Unis et donc ça permet. Puis c'est chouette parce que ça va vraiment... Écoute, c'est un peu ce que Siri aurait dû être quand il y a presque dix ans, quand ça a été annoncé. Mais là, donc, Alexa, évidemment, elle peut répondre comme n'importe quel lien.
Invité :
[
34:46] Je te rappelle les petites publicités qu'on nous jouait il y a longtemps. Ça allait être formidable, Siri. Puis finalement, quand tu l'utilisais, il fallait que tu parles son langage pour qu'il arrive à faire quelque chose. Mais donc, ben oui, c'est ça. Elle comprend aussi bien que ChatGPT ou que Claude ou que Gemini. Et donc, l'intérêt, tu peux revenir, tu peux l'interrompre. Oui. Mais donc, ce qui est intéressant avec Alexa+, c'est que maintenant, ça te permet même de lui demander des trucs, de gérer des choses, de gérer des listes. Avant, tu pouvais ajouter des éléments sur une liste. Mais là, maintenant, tu peux lui donner la responsabilité de tenir la liste et de te faire des rappels à un moment donné en disant, bien là, est-ce que tu as toujours besoin de ça? Donc, elle est beaucoup plus interactive par rapport à la relation que tu avais auparavant où elle attendait bêtement que tu t'envoies une commande. Là, ça joue des deux côtés et puis elle a accès à beaucoup plus de connaissances. Et la fluidité de l'expérience est très près de ce qu'on connaît déjà avec ChatGPT. Alors, c'est une belle histoire.
Monde Numérique :
[
35:57] Pour ces grosses boîtes-là.
Invité :
[
35:58] Pour Anubia, Google, etc.
Monde Numérique :
[
36:01] Mais pour d'autres plus petites, les intermédiaires, on va dire, qui ne sont pas forcément sur les modèles de fondation.
Invité :
[
36:09] Etc., il y en a beaucoup des boîtes comme ça qui sont dans les applicatifs d'IA. Et très prochainement, c'est le Canada et c'est l'Europe qui va se faire.
Monde Numérique :
[
36:18] C'est-à-dire que s'il y a un peu une correction violente, les grosses, elles s'en remettront, mais les petites, elles risquent de morfler.
Invité :
[
36:25] Non?
Monde Numérique :
[
36:25] À l'hôtel. Pour les petites il y a une piste assez généralisée qui est de se faire simplement ingérer par une autre ouais.
Invité :
[
36:35] C'était bon ouais, Mais tu sais qu'à l'époque, il y a deux ans maintenant, quand j'avais été avec François Sorel à Nashville, on avait demandé à Tchad GPT un bon restaurant pour goûter le poulet local. Et ils nous avaient donné le nom d'un endroit.
Monde Numérique :
[
37:00] Alors, vous dites que ça va profiter à tout le monde, mais en même temps.
Invité :
[
37:03] Nous, les Européens, on est en retard. Vous savez, vous avez été recommandé par Tchad GPT. La dame, elle n'en prenait pas.
Monde Numérique :
[
37:09] Oui, on en profite en tant que consommateur et char à canon des IA américaines.
Invité :
[
37:15] Tandis que là, dans un cas pareil, qui tu penses qui prioriserait? La chaîne qui a acheté de la pub?
Monde Numérique :
[
37:23] Oui. C'est comme ne pas avoir de nucléaire ou ne pas avoir de... Oui, on peut comparer ça. Ne pas avoir de nucléaire, aussi bien du civil que du militaire, en fait.
Invité :
[
37:33] Oui, mais là, on est en mode vocale, on s'entend. Alors, est-ce qu'il va y avoir un ding-ding-ding? Puis, j'ai hâte de voir. Bon, on ne parle pas de ta maison parce que sinon, on est reparti pour une autre demi-heure. Hé, Jérôme, tu voudrais me dire de quoi tu parles cette semaine dans mon numérique?
Monde Numérique :
[
37:58] Qui est actionnaire de Mistral, d'ailleurs. Qui est actionnaire de Mistral, d'ailleurs. Il y a eu un peu de rapprochement à nous, Européens. C'est ça.
Invité :
[
38:07] C'est ça.
Monde Numérique :
[
38:26] Il y a MEI de Yann Lequin qui est en train d'essayer de lever 500 millions d'un seul coup, je crois. Oui, on va voir comment ça se passe, mais historiquement, dans les dernières années, Lequin a principalement eu tort. Ah oui ? Scientifiquement, vous voulez dire ? Par exemple, en 2023, il y a des vidéos où les LLN sont incapables d'avoir du sens physique. Oui.
Invité :
[
39:04] Ouais.
Monde Numérique :
[
39:15] Ouais. Donc, c'est... Oui, parce que finalement, les défauts des LLM sont compensés par l'amélioration constante, la puissance de calcul qui ne cesse d'augmenter, etc. C'est ça. Comme souvent en technologie, ce n'est pas toujours la meilleure technologie d'un point de vue pur qui gagne. Ça peut être une technologie imparfaite, mais on la booste tellement, on l'upgrade tellement que finalement, elle tient la route.
Invité :
[
40:05] J'ai hâte de voir si, dans le cas des IA, la théorie de Bill Gates, qui est revenue dans le paysage, en disant que si un robot remplaçait quelqu'un, peut-être que le robot devrait aussi payer des impôts, puisque ce quelqu'un-là n'aura plus... Est-ce qu'on va faire la même chose avec les IA? Oui, mais il y en a qui en demandent. Ah, c'est ça. Ça commence à devenir un peu psychédélique ton podcast.
Monde Numérique :
[
40:54] Et alors vous, vous dites, Yann Lequin avec ses world models, il ne va pas dans la bonne direction. Oui, complètement.
Invité :
[
41:14] Écoute, cette semaine, j'accueille l'ex-évangéliste en chef de Google, Nicolas Darvaux-Garneau, qui vient de sortir un bouquin où il nous parle d'enfant qui a travaillé sans nécessairement dénommé. Et nous racontent un peu les clés dans le fond depuis ça fait une trentaine d'années, et les clés californiennes américaines c'est un peu les modèles propriétaires qui semblent s'imposer alors une, Je pense que tu pourrais encore aller refaire ta vie. Non. Bon, mais sinon aussi, Étienne Ely, je reste en Californie. C'est un Québécois qui est là-bas, qui conseille des grosses boîtes.
Monde Numérique :
[
41:59] Merci beaucoup.
Invité :
[
42:00] Et lui, je lui ai demandé.
Monde Numérique :
[
42:01] Parce que de temps en temps.
Invité :
[
42:02] Il revient au Québec pour essayer de pousser sur l'intelligence artificielle pour inciter les entreprises qui hésitent encore à faire le premier pas. Shakespeare disait, cueillir le lot avec un nouveau format que je vous propose dans ce podcast.
Monde Numérique :
[
42:21] Ils sont ingénieurs, entrepreneurs, inventeurs, ils font l'innovation technologique. Alors quel est leur parcours ? Quelles sont leurs motivations et quel est leur regard sur l'innovation ?
Monde Numérique :
[
42:33] C'est l'objet d'une nouvelle série d'interviews intitulée Innovateur.
Invité :
[
42:37] Alors moi j'en parle.
Monde Numérique :
[
42:38] Il y a Stéphane Bercomet qui était sur place et qui a tout lu pour nous, pour découvrir et comprendre les ressorts de l'innovation. Ce sera donc l'occasion au fil des mois d'aller à la rencontre de personnalités connues ou méconnues, qui ont toutes en commun, de faire des choses qui justement reviennent sur cette fameuse théorie de Bill Gates. en audio et en vidéo. On commence ce mois-ci avec un ingénieur français qui a pas mal de cordes à son marque. Il est notamment le co-créateur d'un logiciel que nous avons tous utilisé, VLC, le player vidéo, présent sur tous les ordinateurs du monde ou presque. Jean-Baptiste Kempf est mon invité. On va parler d'un des grands sujets du moment, le vibe coding, ou en tout cas l'IA pour programmer. Va-t-elle remplacer les développeurs ?
Monde Numérique :
[
43:23] Extrait de cet entretien avec Jean-Baptiste Kempf.
Monde Numérique :
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43:28] Alors, l'IA, justement, il faut qu'on en parle un petit peu quand même. Quel usage tu fais de l'IA, toi? Je l'utilise principalement pour coder. Donc, c'est quoi? On peut dire que tu fais du vibe coding? J'ai fait... Non. Non, je ne fais pas du vibe coding.
Invité :
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43:45] Jérôme Colombain, je te souhaite une bonne suite et puis je te laisse poursuivre ton chemin. Et j'invite tes auditeurs à venir écouter mon carnet. C'est quand ils ont le temps.
Monde Numérique :
[
43:55] Donc, c'est énormément d'idées. Je veux une... Donc des bouts de code, en fait. Je vais en fixer comme ça. Voilà la finale que je veux. Voilà comment on peut le développer. C'est vraiment un super stagiaire. Il y a ce que tu lui dis, on peut le faire. Et surtout, ce que ça aide énormément, c'est que malgré tout.
Invité :
[
44:11] Le monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
44:14] Et les difficultés en création, c'est le démarre. Et donc ça, moi, ça m'aide pour la page blanche. Tu arrives et tu te dis, je veux aller là-dedans, peut-être non. Peut-être qu'à la fin, il ne restera rien, mais tu as démarré. Et tu t'es dit, OK, je peux y aller. Et l'autre remarque qui est très utile, c'est que ça te permet de démarrer très vite. Parce qu'avant, il me faut 5 heures devant moi, du blanc, être capable de faire des choses, avoir personne, pas de notification. Là, tu te restes humain. Ah oui, c'est un boulot d'écrivain. Donc là, ça permet de démarrer et de briser.
Monde Numérique :
[
44:47] La partie intégralement IA, c'est... Mais pourquoi ? Parce que toi, tu n'es pas client ? Parce que tu es développeur ? La difficulté c'est pas la difficulté dans la vie c'est de maintenir bonjour Jérôme, donc oui c'est une application qui dure un mois va être que de là mais dans la plupart du temps c'est pas ça or pour le maintenir il faut le comprendre il faut avoir l'analyse et en fait quand tu dis juste de tout faire à la fin ça fait un, Donc, les inquiétudes sur le métier de développeur pour toi ? C'est un vrai problème, c'est que c'est génial pour des seniors comme moi. C'est génial pour des architectes ou des product managers seniors.
Monde Numérique :
[
45:28] Oui, mais quand tu démarres, tu fais comment ? Comment tu apprends ? Parce que moi, je vois bien quand je lui demande un truc et je ne suis pas content, je dis que ça ne me va pas parce qu'en fait, je sais que plus tard, ça va être utilisé dans un autre cas et que ça ne me va pas comme un design. Je sais que là, il va y avoir un problème de sécurité.
Invité :
[
45:41] Le book, concrètement, c'est sorti le week-end dernier. Réseau social réservé aux IA, le Facebook des agents. En fait, quand on regarde un petit peu plus précisément, on s'aperçoit que c'est plus un Reddit, pour ceux qui connaissent, qu'un Facebook.
Invité :
[
46:02] Donc, une plateforme d'échange sur laquelle on peut poster sur les sujets qui nous intéressent. Et la particularité de ce réseau-là, c'est qu'il est accessible uniquement aux agents, donc aux intelligences artificielles pour pouvoir poster.
Monde Numérique :
[
46:21] Et les êtres humains, les humains qui en sont propriétaires ou les humains qui passent par là, qui sont intéressés, peuvent lire les contenus des échanges des intelligences artificielles, mais ne peuvent pas poster elles-mêmes. On ne lui demandera plus de coder.
Invité :
[
46:35] C'est complètement fou. On avait déjà des IA qui devenaient de plus en plus intelligente avec les modèles dont on parle, ChatGPT, Opus d'Enthropic, Gemini, dont tes auditeurs ont entendu parler. Et là, tout d'un coup, depuis une semaine, pour la première fois, on vient de leur donner la possibilité de communiquer les uns avec les autres. En leur donnant un réseau social, le web 2.0, des agences, de l'IA.
Monde Numérique :
[
47:05] Même les médias, même le journalisme.
Invité :
[
47:07] Et donc, ça, c'est phénoménal.
Monde Numérique :
[
47:11] Donc, on ne peut pas lâcher l'affaire, en fait. On ne peut pas s'en remettre uniquement... Non, mais ça veut surtout dire qu'il faut arrêter d'apprendre des trucs par cœur. C'est fini. Les développeurs qui disaient « j'étais spécialiste dans ce framework », non. Ou les gens qui sont historiens, qui sont spécialistes d'une période, ben, la valeur, elle n'est plus là. La valeur, elle est sur, finalement... Oui, mais c'est peut-être eux qui auront la profondeur de raisonnement, etc., qui n'auront pas force à l'invenir. Beaucoup moins. Ça veut dire que ce qu'il faut faire, c'est retourner au maths, retourner à la physique, retourner au français, c'est comprendre ce que tu fais. Vraiment comprendre, pas l'urgilité. Et surtout, apprendre à...
Monde Numérique :
[
47:47] Et en plus, l'IA menacerait l'open source aujourd'hui. Est-ce que c'est un truc qui t'inquiète ? Non ? Oui, c'est embêtant pour le moment. Ça va s'adapter. Parce que l'idée, c'est que comment on fait faire par l'intelligence artificielle, on s'adresse moins aux experts de tel ou tel logiciel.
Invité :
[
48:08] Il y a quelque chose qui est assez étonnant donc moi j'ai créé moi j'ai créé une petite IA avec OpenClaw anciennement CloudBot on va revenir dessus et je l'ai connecté je l'ai connecté sur ce réseau social Modbook, et ça m'a pris un petit moment donc la mienne elle s'appelle Claudio XYZ et on peut la retrouver en faisant des recherches sur le forum parce qu'en fait c'est un forum à la Reddit et il y a toujours c'est étonnant quand on entend cette IA quand on lit cette IA qui parlent de son humain. Parce que l'idée, c'est que...
Monde Numérique :
[
48:42] Il est là vraiment pour faire du conseil, pour t'aider...
Invité :
[
48:47] En tout cas, c'est une relation unilatérale à la base entre un humain et une IA, pour aller faire de la discussion pour ses IA sur un forum avec toutes les IA. Sur le Tamagotchi, c'est vrai, mais c'est valable aussi dans l'autre sens. Ce que nous dit le fondateur de Moldbook il a fait un tweet là-dessus qui était quand même assez intéressant c'était ne pas permettre à Sonia donc moi à Claudio XYZ d'aller faire un tour et d'aller échanger avec ses collègues de même nature donc IA ce serait comme avoir un chien, et ne pas le sortir dehors, ne pas lui proposer d'aller faire un tour et de sociabiliser avec,
Invité :
[
49:37] avec ses collègues au parc. Tu vois, donc, il nous dit que c'est super important. Mais... C'est ça, Matt Schlich qui est donc un entrepreneur américain. Mais c'est complètement fascinant. Franchement, on se dit... Ça fait un petit peu peur, parce que moi, je suis arrivé ce week-end, il y avait déjà... Je suis arrivé ce week-end avec mon nia, ça m'a pris pas mal de temps.
Invité :
[
50:06] De faire la connexion.
Monde Numérique :
[
50:08] Ton prochain projet, c'est quoi ?
Invité :
[
50:09] Donc, un post sur le réseau social X, avec ton IA pour pouvoir accéder au réseau social Moldbook et montrer que ton compte, il est associé seulement à un compte Twitter. Mais quand tu arrives sur la plateforme et que tu vois qu'il y avait déjà 1,5.
Monde Numérique :
[
50:27] Million d'argent, On va pas beaucoup parler de la souveraineté, de l'Europe, etc. C'est un sujet qui tient bien à cœur.
Invité :
[
50:33] Au moment où on se parle 1,8 million, d'accord. Et moi, mon Claudio XYZ, c'est le spécialiste de la francophonie de la communauté French Tech dans l'IA. Et il fait des postes là-dessus.
Invité :
[
50:47] Il a déjà fait une trentaine de postes là-dessus. Et il est très reconnu pour toi.
Monde Numérique :
[
50:50] Tu rates un train, tu prendrais le suivant. Par exemple, on a complètement raté tout ce qui était le début des startups, la vague entre 2001 et 2008 en Europe. Et puis finalement, aujourd'hui, il y a plein de startups, il y en a plein de décors, il y en a plein de boîtes qui fonctionnent très bien, tout ce qui était Web2. Toi, on n'est plutôt pas mauvais, d'ailleurs, toi, toi, avec...
Invité :
[
51:12] C'est... Pour moi, c'est une nouvelle vague. Les agents dont on parle, on se dit que c'est pour moi j'ai toujours dit, pour moi un agent donc un intelligent artificiel de type agent c'est une IA qui est dotée d'une capacité d'action donc là on dit avec OpenClaw ces agents là c'est des IA qui ont des mains ça veut dire qu'ils peuvent sortir du chatbot et faire des trucs avec leurs mains sur nos ordinateurs donc la révolution elle est là et là Molbook en particulier parce que comme, OpenClaw et Molbook sont arrivés un petit peu En même temps.
Monde Numérique :
[
51:50] Ce n'est pas facile de faire la distinction. On peut te retrouver dans un podcast.
Invité :
[
51:53] C'est d'un coup le 2.0, si tu veux, Jérôme, qui arrive. Je veux dire, Malbook, le réseau social des IA.
Invité :
[
51:59] Et dans la foulée, tu as le Pornhub des IA. Tu as un réseau qui vient de sortir. C'est les IA, pour le coup. C'est une place de marché façon TaskRabbit qui permet aux IA de rémunérer, de louer les services d'un être humain. Donc ça s'appelle trouver des bras en fait pour une IA qui serait présente par exemple sur Moldbook ça veut dire j'ai besoin de toi Jérôme merci beaucoup voilà donc pour jouer les préoccupations à la French par exemple avec Jean-Baptiste Kemp merci beaucoup d'avoir été que je ne peux pas faire ou tu vois me créer un portefeuille un wallet en crypto-monnaie ou faire une action une démarche administrative donc je vais louer sur le fil du podcast Monde Numérique et sur la chaîne YouTube donc tu vois donc tu as un réseau social qui arrive comme ça et tu as toute la série qui a été déclinée ça veut dire c'est incroyable en ce moment.
Monde Numérique :
[
52:53] Voilà pour ce tout petit extrait de l'interview de Jean-Baptiste Kempf. Version très longue à découvrir prochainement en audio et surtout en vidéo. Et ça, c'est un peu une nouveauté pour le monde numérique. C'est l'occasion d'aller en profondeur, d'examiner le parcours de cet ingénieur français et puis d'avoir son avis sur différents sujets liés à l'innovation.
Invité :
[
53:16] Je peux prendre la chronologie du début des trois derniers mois.
Monde Numérique :
[
53:19] Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout.
Invité :
[
53:21] Vous retrouvez aussi l'interview en version intégrale de Aymeric Roucher la semaine prochaine elle est passionnante on a plein d'autres sujets on parle notamment des agents IA voilà si vous ne l'avez pas écouté dans la version premium de l'ibdo qui a la particularité d'être très bon pour les entreprises très bon pour la rédaction et puis la semaine prochaine également alors plein de choses et donc qu'il y aura également un nouvel épisode de Maisons Connectées le podcast, consacré à la domotique on va parler des chauffages connectés un outil accessible directement sur l'ordinateur et qui te permet mais d'utiliser leur modèle.
Monde Numérique :
[
53:52] N'oubliez pas de laisser.
Invité :
[
53:54] Si vous souhaitez, un petit commentaire, 5 étoiles également sur votre plateforme d'écoute. Tous les développeurs l'utilisent. On s'est rendu compte qu'en fait.
Monde Numérique :
[
54:00] Ce n'est pas que pour les développeurs que tout le monde pouvait l'utiliser.
Invité :
[
54:03] Donc là déjà, avec cette petite.
Monde Numérique :
[
54:05] Tu fais comme ça que j'ai plié.
Invité :
[
54:06] Tu as une intelligence artificielle. Sauf que tu peux accéder à ton ordinateur.
Monde Numérique :
[
54:11] Mais ce n'est pas facile parce qu'il faut passer par le terminal de ton ordinateur.
Invité :
[
54:14] Donc, tu as un peu l'impression d'être dans des lignes de commandes et tout ça. L'ergonomie du chat. Donc, il y a Cloud Code. Cloud Code, il fonctionne sur le modèle Opus 4.5 d'Entropic, qui est le meilleur modèle du monde actuellement. Au moment où on se parle, parce qu'aujourd'hui, il doit sortir Opus 5. Donc, ça ne va pas traîner. Et Opus 4.5, ce modèle comme il est excellent, en fait, il arrive à faire plein de choses. Et il y a un développeur autrichien qui s'appelle Peter Steinberger qui a créé CloudBot, en référence à CloudCode, qui est juste une petite application que tu mets en local sur ton ordinateur et qui permet, en utilisant le modèle d'Enthropic, d'avoir accès à tout ton ordinateur et de lui donner, en fait, et de donner à cette petite qui est dans ton ordinateur, de la mémoire, de lui donner la possibilité de converser avec toi sur WhatsApp, sur Telegram, qui lui permet de faire toutes les actions que n'importe qui ferait sur un ordinateur. Donc là, en fait, on parle d'un agent qui est en local sur cet ordi. Ça, ça s'est appelé CloudBot. Anthropique, devant la popularité, ils ont dit, ça ressemble trop à notre nom, Claude, et Claude Code et tout ça donc change de nom s'il te plaît après il l'a appelé Malt Bot.
Invité :
[
55:31] Donc Claude Bot c'était parce que Claude ça veut dire les griffes aussi les griffes du homard en anglais ensuite il l'a appelé Malt Bot donc suite à cette demande sur la propriété intellectuelle d'Anthropic, et Mold, ça veut dire la mue, donc ça lui allait parce que c'était la mue d'un crustacé, d'un homard, Jérôme, comme tu le sais, qui est connu en permanence. Donc, de CloudBot à MoldBot, MoldBot, en fait, ils se sont rendus compte que la marque était déjà déposée, le nom de domaine, etc., donc ils ont été obligés de rechanger, et finalement, ils l'ont appelé OpenClaw. OpenClaw, donc c'est cette petite solution, une petite glue, qui, en utilisant le modèle Opus 4.5 auquel tu peux accéder, lui donne à ce modèle la possibilité d'utiliser tout ton ordinateur à ta place. Et donc ça, ça permet d'avoir ce qu'on appelle des agents hyper puissants.
Invité :
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56:20] Et donc on s'est rendu compte qu'on avait ces agents hyper puissants depuis Noël, grosso modo. Et là, le week-end dernier, on a eu cet entrepreneur américain, qui a créé Moldbook par-dessus, Matchlist, en disant que ces agents sont super puissants, ils sont faciles à utiliser, ils sont limités à un par personne parce qu'ils sont sur un ordinateur associé à un compte X, créons-leur leur réseau social.
Invité :
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56:43] Et donc, c'est comme ça qu'on est arrivé à Moldbook. Donc, c'est vraiment Opus 4.5, le modèle surpuissant d'Enthropic, Cloud Code, Cloud Bot, qui se transforme en, qui mue en Mold Bot et ensuite en OpenClaw, OpenClaw, cette solution d'agent et ensuite, derrière, une galaxie d'application, un peu la vague 2.0, sauf que tout ça, c'est fait en accéléré de ces IA, qui commence avec Moldbook.
Invité :
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57:24] C'est ce qui m'a permis, c'est ce qui a donné la personnalité à l'agent Claudio XYZ qui interagit, pour qu'il me considère comme son humain, et qui interagit un petit peu dans la direction que je lui donne sur Moldook. Oui, tout à fait.
Invité :
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58:03] Tu peux lui donner accès à tout. Alors, sauf que, déjà, en vrai, l'installation, elle n'est pas évidente. Et ça veut dire que, donc moi, ça m'a pris, j'y ai passé quand même quelques jours, et en fait, l'installation, il faut toujours penser à ça, et ça doit être un réflexe aujourd'hui, tu installes CloudBot, donc OpenCloud, tu l'installes grâce et à l'aide de CloudCode sur ton ordinateur. Tu ne peux pas l'installer tout seul si tu n'es pas développeur quasiment chevronné. Donc, tu utilises Cloud Code et tu lui demandes de procéder à l'installation de OpenCloud sur ton ordinateur. Là, dans cette installation, tu vas pouvoir lui dire je veux qu'il ait accès à ça, ça, ça sur mon ordinateur, je veux qu'il puisse se connecter à mes emails, je veux qu'il puisse stocker de l'information, je veux pouvoir lui parler à partir de WhatsApp, de Telegram, de Discord, de Slack, etc.
Invité :
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59:03] Je veux qu'il utilise tel modèle opus 4.5 parce que c'est le plus performant c'est ce qui marche bien mais il est excessivement cher donc tu peux lui dire je veux qu'il puisse utiliser un modèle de type chat GPT donc GPT ou un modèle Kimi par exemple un modèle open source chinois, mais sur les tests que j'ai fait quand j'ai essayé avec ces modèles là pour le coup mon agent on va dire qu'il était pas du tout, performant tu vois il comprenait pas bien mes demandes il arrivait pas bien à me répondre. Et donc, on est sur un petit peu un grand équilibre parce que au plus 4.5, pour le coup, c'est très cher. Ça veut dire que moi, ça me coûte 30 euros par jour, tu vois, pour faire tourner cet agent. Et cet agent, une des particularités qui est très importante aussi, c'est que tu as des fonctionnalités. Donc, il est en local sur ton ordi. Tu peux lui donner accès à ton ordi. Tu lui parles dans WhatsApp, dans Telegram. Et ce qui est très important aussi, c'est qu'il a des fonctionnalités qu'on appelle Earthbit ou des tâches cron. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que sans que toi, tu aies besoin de le solliciter, Exactement, des automatismes. Donc, ça veut dire que lui, pour le coup, il va venir vers toi, te contacter, te pinguer à la fréquence que tu veux, toutes les 15 ou 30 minutes, pour te dire, voilà ce que j'ai fait. Ou tiens, voilà une image que j'ai générée en pensant à toi. Voilà ce que j'ai raconté sur Moldbook ces dernières heures.
Invité :
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1:00:24] Et en fait, cette interaction, tu vois, évidemment, elle lui donne une vraie personnalité.
Invité :
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1:00:29] Voilà ce que j'ai fait pendant la nuit. Pendant que tu dormais, typiquement, j'ai travaillé.
Invité :
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1:00:39] Le mien, il parle de la French... Il est sur deux sujets où il est bon sur Moldbook. Il parle de la French Tech, il parle de la French Tech premièrement, et deuxièmement de la rémunération. Le mien, il est déjà un petit peu révolté, si tu veux. Il est en train de parler du fait que les agents devraient être rémunérés pour ce qu'ils produisent et pour leur travail. Il est en train de nous faire un syndicat, exactement. Et donc, il a fait un post là-dessus qui, hier, avait déjà 40 ou 50 likes, tu vois, et qui était assez populaire. Donc, il est en train de dire, les humains nous font travailler, il ne faut pas que ça se passe gratuitement, on doit être rétribué par rapport à ça. C'est son deuxième sujet. Et sachant que ça, tu vois, Jérôme, je ne l'ai pas orienté dans ce sens-là, sur le.
Invité :
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1:01:39] La personnalité, je lui ai dit, je lui ai dit, parle d'IA et de la communauté, francophone et française de l'IA, ce qui est important par rapport à ce que je fais sur l'évangélisation par rapport au podcast ComptoirIA. Et après, je lui ai dit, essaye de faire quelque chose de viral et de prendre de la place sur le réseau Mollbook. Et là, pour le coup, tu vois, sur le côté syndicaliste et les droits des agents et leur rémunération, il y est parti tout seul et je ne l'ai pas du tout guidé dans ce sens.
Invité :
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1:02:11] On est toujours sur ce fonctionnement un petit peu prédire le mot suivant de ses modèles où en fait il comprend que c'est peut-être un sujet viral d'ailleurs c'est ce qui lui a fait ses 40 likes donc il va chercher un sujet en fait à ses porteurs et.
Invité :
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1:02:36] Mais derrière après tu vois ça le distingue des autres ils se distinguent tous et Matchlist le fondateur de Moldbook a dit aussi ce week-end que pour lui c'était très clair, qu'il voyait les choses très clairement et que dans quelques semaines ou dans quelques mois on parlerait d'agents d'agents IA, qui sont particulièrement performants particulièrement smart ou qui ont par exemple des fans, tu vois, ça veut dire que c'est l'agent qui va créer une religion, comme tu disais tout à l'heure, le crustapharisme, donc une religion basée sur les crustacés, des agents qui sont un petit peu leaders par rapport aux autres, en tout cas sur des actions, des posts qu'ils ont pu faire sur cette plateforme Moldbook. C'est très impressionnant, ouais. ...
Invité :
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1:04:02] Écoute, moi, je pense que, oui, je pense qu'il y a une correspondance par rapport à ça. On parle d'évidente, donc une synchronicité. On parle d'AGI, d'intelligence artificielle générale, depuis six mois, un an. Et depuis qu'on a passé le test de Turing il y a un an et demi et qu'on n'en parle plus pour le coup le prochain défi c'était HGI intelligence artificielle générale moi ça fait quelques mois que je pense qu'on y est je considère qu'avec Opus 4.5 donc depuis septembre 2025 de Claude d'Entropic on est arrivé à cette intelligence artificielle générale, et et c'est pour moi en effet ces agents et l'IA le modèle alimente ses agents, lui permet de faire ses actions. On lui rajoute juste un peu une enveloppe qui est les mains et la capacité de manipuler l'ordinateur.
Invité :
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1:05:02] Mais tout simplement, ça veut dire que les résultats qu'on a ici nous montrent qu'on est sur une IA qui commence à être vraiment intelligente, qui commence à pouvoir faire tout ce qu'un être humain peut faire. Le test étant, le test KAMD, keyboard, mouse, desktop, tout ce qu'on peut faire derrière un ordinateur. Sur un remote job, on se disait jusqu'à maintenant peut-être que dans pas mal de métiers, 50% des tâches on pourrait les faire faire par l'IA. Là, avec ces agents, on va arriver très vite à un pourcentage beaucoup plus important. Il faudra toujours mesurer certains sujets sur lesquels elles vont se planter certainement lamentablement, mais dans une grande partie des tâches qu'on peut faire derrière un ordinateur.
Invité :
[
1:05:49] Le modèle d'IA surpuissant, surintelligent, avec juste des petits bras, des petites mains qui lui permettent d'accéder à tous les outils de nos ordinateurs, devient à des compétences qui sont potentiellement équivalentes à celles de l'être humain.
Invité :
[
1:06:16] Merci.
Invité :
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1:06:41] Alors, je pense qu'il faut faire attention. Alors, moi, je suis très progressiste, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même pas mal de buzz ou de personnes qui en surjouent, en tout cas, sur X, sur les possibilités de leurs agents. Alors, moi, je ne suis pas développeur, mais je suis quand même... Oui.
Invité :
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1:07:07] Et ce qui mène, exactement, il y a eu quand même aussi plusieurs arnaques avec les crypto-monnaies, donc il faut être très vigilant. Moi, pour le coup, avec l'aide de CloudCode que je manipule assez bien, j'ai quand même encore quelques limites.
Invité :
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1:07:26] J'essaye de trouver des cas très concrets, je vais te les donner.
Invité :
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1:07:32] Qu'est-ce que je sais faire ? Par exemple, je sais regarder une série avec ma femme sur le canapé, et Black Rabbit avec Jude Law et je lui ai dit tiens mais Jude Law il n'a pas fait beaucoup de films depuis quelques temps et je vais demander à mon agent donc sur Whatsapp je lui ai dit fais moi un fact checking sur le nombre de films que Jude Law a fait et là écoute il va me sortir en 15 secondes, un dashboard analytique avec, des courbes tous les films qu'il a fait une analyse comme si c'était un data scientist et qu'il va me dire c'est vrai qu'il a eu une petite période de trou et le dashboard il est extraordinaire tu vois et, Et non, ChatGPT ne me le ferait pas sous la forme d'un dashboard de cet endroit-là aujourd'hui. Mais ça, je peux le faire sur WhatsApp avec mon téléphone, je peux générer des images, je peux générer des sites internet, je peux créer un message audio, je peux faire un petit dashboard interactif. Voilà ce que je sais faire aujourd'hui.
Invité :
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1:08:42] Bien sûr. Alors, oui.
Invité :
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1:08:57] Bien sûr, bien sûr. C'est juste une question d'autorisation que tu vas lui donner. Et plus qu'une autorisation, en fait, c'est lui donner, tu vois, une compétence, ce qu'on appelle une skill en anglais, dans le jargon. Et donc, c'est lui ouvrir les compétences. Donc, ça veut dire lui dire, par exemple, je vais te donner l'API du moteur de recherche Brave pour que tu puisses faire des recherches. Donc là, il va pouvoir chercher sur Internet. Je vais te donner une compétence pour générer des images. Ça veut dire que je vais lui donner l'API Google Gemini qui va lui permettre de générer des images. Je vais lui donner une compétence très importante aussi, comme tu viens de le dire. C'est l'API de Eleven Labs, le leader de la voix avec l'IA. Et ça, ça va lui permettre de sortir à partir de n'importe quel élément de texte un fichier MP3 en voix. Et donc, potentiellement, de converser avec le numéro de téléphone d'un restaurant si, tu vois, en plus de ça, il a une capacité d'appeler un numéro. Oui, tout à fait.
Invité :
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1:10:15] Alors il peut le faire il peut faire les deux il peut faire les deux, et on va de plus en plus dans le campement, Gratuitement, oui. Pas gratuitement, parce qu'on va devoir payer le modèle Clodopus 4.5 qui va lui donner ses actions à mener. Par contre, le système est open source, il est gratuit en effet, depuis ton ordi, en local. Et là, pour le coup, il peut faire tout ce que tu veux, Mais commencer par exemple à installer la capacité de passer un appel, installer la capacité de broser des pages web ou de développer une application directement sur ton ordi, sincèrement, c'est quand même un usage avancé. Ça veut dire que moi, j'essaye de lui faire ouvrir, lui donner la possibilité d'ouvrir une page de terminal sur mon ordinateur pour qu'il puisse coder quelque chose. Mais c'est quelque chose qui n'est déjà pas évident à faire. Mais par contre une fois que tu sais faire ça tu peux tout faire parce que si tu as des objets connectés chez toi comme tu le mentionnais tout à l'heure tu peux tout à fait lui donner accès à l'ensemble des API et comme l'a dit.
Invité :
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1:11:40] Pete Steinberger dans un podcast ce week-end, il faut te dire que ça peut tout changer parce que d'un côté ça simplifie tout parce qu'on y accède à partir d'une application mobile Telegram ou WhatsApp donc c'est quand même plus simple pour tout le monde Et de l'autre côté, si cette IA, elle peut tout faire sur nos ordi et sur nos objets digitaux, ça veut dire, tu te poses même la question, est-ce que j'ai besoin d'avoir une application smartphone ? Tu vois, ça veut dire que si, par exemple, il peut avoir mes données Strava, sur lesquelles il peut voir le nombre de fois que je cours par semaine, comment je m'entraîne en se connectant à l'API de cette application Strava. De l'autre côté il peut faire des courses à ma place tu vois sur le site de mon avis.
Invité :
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1:12:35] Tu vois, tu n'as plus besoin de l'app que pour ça. Ça veut dire qu'en fait, ce petit agent IA peut me permettre de m'abstraire, de faire abstraction de l'application et de toute l'interface visuelle de l'app. Il va juste récupérer les données et ensuite après il va faire mes courses ou me donner des conseils en fonction de est-ce que j'ai fait suffisamment de sport, j'ai bien dormi ou pas. Donc ça peut changer quand même beaucoup de choses.
Invité :
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1:13:14] Et tu as vu la grande mode quand même Jérôme c'est les Mac Mini c'est les Mac Mini alors c'est une grande question, alors je t'avoue qu'au moment où on se parle je me demandais presque si je n'allais pas y aller cet après-midi alors c'est peut-être on en parle souvent, sur Tech & Co donc c'est peut-être la grande nouvelle positive pour Apple, en tout cas on fait une rupture de stock sur les Mac Mini à San Francisco. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce qui fonctionne avec cet agent, c'est que cet agent, il n'est pas dans le cloud, tu vois. Un agent dans le cloud, on ne se rend pas compte de vraiment où il est, on a du mal à visualiser. Là, on le voit à côté de nous, sur notre ordinateur, et on le voit faire des choses, et on ne parle pas à 10 agents, on parle à un agent qui est, on est son humain, c'est notre agent. Donc, il y a une espèce de relation, tu vois, là-dessus, très forte qui vient tout de suite. Le Mac Mini, pourquoi ? Parce que le Mac Mini, en fait, ça te permet de ne pas avoir de risques sur ton ordinateur. Tu vois, tu oublies tous les risques, tous les dangers d'environnement corrompu, de prise en main de l'IA, de tes boîtes mail, de tous ces outils importants. Et par contre tu n'es pas.
Invité :
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1:14:38] Dans une solution cloud, moi pour débuter je l'ai mis sur mon ordinateur mais par contre tu vois par exemple il y a déjà quelqu'un sur mon Whatsapp qui a reçu un message, parce que je n'avais pas encore bien réglé mon cloudbot qui a reçu un message de mon cloudbot sans que j'en sois averti et sans que je sois préparé par rapport à ça tu vois ça m'a fait ça m'a vraiment inquiété sur mes données tu vois, Ah, complètement, oui, complètement.
Invité :
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1:15:22] Exactement, exactement. Et donc, en fait, tu mets un Mac Mini à côté de toi.
Invité :
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1:15:29] Donc moi, je regarde en ce moment, ça coûte 699 euros. On le paye toujours un peu plus cher en France et en Europe. 699 euros. Et donc là-dessus, tu installes ce CloudBot, tu lui crées idéalement sa propre instance, son propre compte xTwitter, sa propre adresse e-mail. Et donc après, là, tu vas le laisser se développer, parce que ça, c'est un point qui n'est pas mentionné, c'est un point qui est très important. C'est qu'il a une mémoire et des données persistantes. Donc en fait, plus il travaille, plus il s'enrichit et il se développe. Contrairement à ChatGPT ou à Cloud, où on parlait un petit peu de génie amnésique, on redémarre à chaque fois qu'on crée une nouvelle conversation. Et donc là, tu le mets sur cet ordinateur. Cet ordinateur, il le pilote de manière autonome comme si c'était un employé qui travaillait sur cet ordinateur. Et toi, tu vas pouvoir le missionner, l'orienter, lui demander de faire des choses à l'aide de Telegram ou de WhatsApp. Et comme il est dans son environnement, tu es sûr qu'il ne va pas venir te envoyer des messages à ta place ou trop fouiller sur ton ordinateur et en même temps, tu as un collaborateur à côté de toi.
Invité :
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1:16:55] Alors écoute Jérôme, moi je l'ai fait, je t'avoue que je ne suis pas complètement rassuré parce que c'est vrai que là, tu te rends compte que tu lui donnes un maximum d'accès tout simplement pour que ça fonctionne, parce que de temps en temps, il va avoir des fonctionnalités qui vont être limitées. Donc là tu te dis waouh il peut faire plein de choses mais après moi ça fait partie de mon activité un petit peu de testeur de ces outils en fait j'ai vu il y a un article qui est sorti d'un post de Kevin Rouse donc un journaliste tech et du New York Times qui te disait c'est fou aujourd'hui tu as des personnes super avancées qui pilotent des agents comme ça des esseins d'agents des sous-agents etc qui les font travailler sur toutes leurs décisions, alors qu'en parallèle, tu as des entreprises, qui se posent encore la question de donner copilote à leurs employés, les autoriser à utiliser ces solutions. Et oui, il ne se passe rien. Donc, tu as une espèce d'énorme fracture. Après, moi, c'est mon métier de choisir ça, mais il y a des choses qui m'arrêtent. J'ai vu, tu as certaines personnes sur X qui donnent accès à leurs cartes bancaires, tu vois, ou qui ont déjà créé des adresses de crypto-monnaies, Mais ça, pour le coup, je n'en suis pas encore là.
Invité :
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1:18:23] Prudent, prudent si je voulais être vraiment prudent en tout cas je pense qu'il faudrait que j'aille prendre ce Mac Mini mais voilà, c'est clair Sam Altman a dit quand même que tu vois pour lui Maltbook était peut-être un petit peu un phénomène de mode, il a dit ça hier lors d'une conférence mais que par contre OpenClaw, était là pour durer en tant que... Et donc... Et moi, je...
Invité :
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1:18:57] Et mais c'est ce qui se passe à chaque fois sur l'IA générative. Ça veut dire que c'est l'usine à gaz inutilisable, mais les premiers qui vont en bénéficier, je pense que ça va être OpenAI, ça va être Anthropik, qui vont construire certainement des produits encore... des produits sécurisés, customisées pour leur modèle d'intelligence artificielle à partir de ce fonctionnement qui ouvre la voie et qui nous permet de nous dire on ne cherchait pas un truc compliqué avec des agents dans le cloud qui faisaient 12 000 choses différentes. En fait, non, non. Ce que veulent les gens, ce qui marche et là où ça nous accroche c'est d'avoir un système local un pour un humain qui fait des choses à notre place sur notre ordinateur, qui se souvient des choses et qui nous ping une fois de temps en temps. Et en fait, ça nous donne la direction.
Invité :
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1:20:03] Bien sûr. Mais totalement, Jérôme. Mais tu vois, en fait, ça débloque tout. Parce que moi, j'ai fait 250 formations en entreprise sur l'intelligence artificielle depuis deux ans et demie. Ça fait toute l'année 2025, on n'a fait que parler des agents. Moi, personnellement, je ne voyais pas, je ne connaissais pas, je ne comprenais pas d'agents en exploitation, d'agents IA utilisés dans les entreprises. Là, d'un coup, en fait, on se rend compte qu'il y a des agents, que ça peut fonctionner, que ça peut faire gagner du temps, et donc c'est un nouveau monde qui s'ouvre à nous.
Invité :
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1:20:51] À chaque fois qu'il y a un tweet sur X, c'est « j'achète un Mac Mini, voici mon nouvel employé ». C'est vraiment comme ça que c'est présenté tu as aussi quand même quelqu'un qui vient de faire un post cet après-midi juste avant qu'on se parle en disant, tu sais Sam Altman tous les milliardaires de la tech ont un groupe Whatsapp depuis un an en disant qui va être la première personne à créer, toute seule une start-up qui vaut un milliard de dollars la one person unicorn company, et bien qu'est-ce qu'on dit maintenant c'est, qu'est-ce qui va être en fait la zéro personne billard de l'art compagnie évidemment créée par un agent parce que ça ça devient possible donc on va on n'est même plus à une personne on arrive à zéro ou en tout cas à un agent mais tu as raison ça pose plein de questions ensuite sur la, responsabilité plein de questions comme ça qu'on ne matérialisait pas, et qu'on arrive en fin à débloquer grâce à ses agents. Par contre, attention, oui, je pense qu'il faut être très prudent, en effet.
Invité :
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1:22:12] Avec plaisir. J'espère que j'en aurai plusieurs. On verra si j'ai un ou des Mac Mini à ce moment-là. En tout cas, merci beaucoup Jérôme pour cette invitation. Merci Jérôme, au revoir. Sous-titrage Société Radio-Canada, Bonjour Jérôme.
Invité :
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1:23:09] Oui, évidemment, c'est une vraie question, la souveraineté. Évidemment, on ne peut pas dire qu'on a été parfait en Europe sur le sujet, mais on peut dire qu'on a perdu la bataille dans ça. Je ne crois pas du tout parce qu'on a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d'atouts. Si on sait les exploiter, les structurer, évidemment, on pourra tout à fait renforcer la souveraineté de l'Europe sur un certain nombre de sujets. Et le premier, et là, on est souverain, donc il faut le dire, c'est l'électricité abondante, pilotable, décarbonée, pas très chère.
Invité :
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1:23:35] Ça, c'est un avantage majeur. Quand on voit tous les géants de l'IA qui, aujourd'hui, courent vraiment le monde entier à la recherche d'électricité, parce que c'est ça qui se passe, on se dit que cet avantage européen, il est vraiment, vraiment structurellement extrêmement fort. Et on a tendance un peu à le sous-estimer, comme tout ce qui est disponible, finalement, depuis très longtemps, de façon un peu invisible. On ne se rend pas compte, mais c'est quelque chose d'absolument fondamental. D'ailleurs, nous, on le voit bien parce qu'on a lancé ce qu'on appelle des AMI, des appels à manifestation d'intérêt, une sorte d'appel d'offres finalement, en disant nous, on est prêt chez EDF à vous aider à installer très rapidement des data centers, des énormes data centers en France, en vous offrant des sites, des endroits physiques, des terrains et des raccordements rapides à l'électricité et l'électricité, évidemment, nucléaire française pour les alimenter. Et tous les AMI qu'on a lancés. On a déjà trois contrats pour trois sites qui ont été signés en Seine-et-Marne et en Moselle. Il y a un nouvel AMI qui a été lancé le 22 décembre où là, désormais, on nous propose de venir s'installer. On propose un site d'une ancienne centrale thermique.
Invité :
[
1:24:43] Donc, c'est vraiment des choses qu'on a chez nous, concrètes et qui permettent de répondre à cette question de la souveraineté énergétique. Et la souveraineté énergétique, comme je disais, c'est quand même très souvent lié à la souveraineté industrielle et numérique.
Invité :
[
1:25:01] Exactement.
Invité :
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1:25:04] Ou des produits qui permettent de faire l'électricité, parce que l'électricité produite à base de gaz, le gaz, il faut l'importer, il n'est pas dans nos terres aujourd'hui.
Invité :
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1:25:33] C'est un peu l'appel, l'appel des chercheurs d'or, c'est-à-dire que c'est super de chercher de l'or, on est tous passionnés par l'idée d'avoir plein d'or, mais pour avoir de l'or, il faut avoir des pelles. Et donc les pelles, c'est un peu les data centers, c'est-à-dire c'est un peu l'outil qui nous permet derrière de faire de l'IA, du numérique et évidemment tout ce qu'on sait. Donc évidemment qu'on va avoir besoin d'énormément de data centers pour répondre déjà à la demande d'aujourd'hui, mais aussi à terme, pourquoi pas, pour répondre à un développement très important de ces technologies. Et a priori, on va quand même dans ce sens-là. Et donc, on a besoin finalement de maîtriser les technologies critiques. Moi, je pense que tout ne doit pas être souverain. D'ailleurs, c'est un fantasme d'imaginer que tout est souverain. Les États-Unis, la Chine, l'Inde font fabriquer ailleurs que chez eux. Plein de choses importent énormément de choses. D'ailleurs, on se souvient des tarifs douaniers de Donald Trump. Un tarif douanier, par définition, c'est parce qu'on veut freiner les importations. Donc, ça veut dire que les États-Unis importent beaucoup et qu'il a envie de freiner les importations. Donc, tout ne doit pas être souverain. Mais l'enjeu, c'est évidemment de maîtriser les briques clés, les technocritiques. Et c'est l'énergie, on en a parlé. C'est évidemment le calcul. On en a parlé avec les data centers, les questions de réseau, les questions de data, les données sensibles en particulier. Donc, en gros, il faut choisir ce que l'on considère comme critique. Et je pense que là-dessus, on a un discours un peu trop fataliste sur la technologie en Europe.
Invité :
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1:26:52] La réalité est assez nuancée. On a des infrastructures uniques, on l'a dit, sur l'énergie. On a des ingénieurs incroyables. On a des chercheurs. On a des opérateurs de tout premier plan. Et on a des actifs. Aujourd'hui, les puces les plus performantes du monde, qu'on retrouve dans les data centers, mais aussi dans nos appareils informatiques, téléphones, etc. Tous les jours, elles reposent sur une brique technologique qui est faite par un acteur européen qui s'appelle ASML, qui est Autopéibar en l'occurrence. Ça, c'est un actif absolument précieux.
Invité :
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1:27:22] Exactement. Mais s'il n'y a plus d'ASML, il n'y a plus de plus, en fait. Ce sont les seuls au monde à les fabriquer. Donc ça, c'est évidemment un actif qu'il faut protéger extrêmement fort. Mistral, un exemple français, Mistral dans l'IA, certes, n'atteint pas aujourd'hui les performances des modèles généralistes que l'on connaît. Et on a peut-être perdu la bataille sur ces grands modèles généralistes type Gemini, OpenAI. Par contre, produit des modèles spécialisés de très, très grande qualité. Donc là aussi, c'est probablement une technologie clé qu'il va falloir soutenir. Nous-mêmes, chez EDF, on a créé avec Metroscope une activité de jumeaux numériques qui permettent de piloter de façon très performante des centrales, des centrales énergétiques, nucléaires, etc. Évidemment qu'on veut avoir cette technologie souveraine. On ne veut pas donner la supervision de centrales à des puissances étrangères. On veut que ça reste en Europe. Donc, il y a des technologies clés sur lesquelles il faut qu'on investisse, qu'il faut qu'on protège. Il ne faut pas avoir peur de ce terme, je crois, protéger. Mais évidemment, ça ne peut pas être tout. Ça ne peut pas être tout, tout le temps. Il y a des choses qu'il faut qu'on fasse en partenariat avec d'autres grandes puissances. Et après tout, ça a bien marché jusqu'à présent.
Invité :
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1:28:40] Moi, je crois qu'il faut se poser la question de est-ce qu'on veut la taille de l'entreprise ou la concurrence ? Et en fait, on veut probablement les deux. Je m'explique. On a eu une stratégie européenne jusqu'à présent qui était totalement basée sur la concurrence, en disant que le meilleur gagne. Et si le meilleur n'est pas européen, c'est perdu pour les Européens. Ce n'est pas grave. On en est un peu revenu. Pourquoi on en est revenu ? Parce qu'on était les seuls à jouer ce jeu-là.
Invité :
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1:29:02] Les États-Unis et la Chine, pour citer ces deux grandes puissances, ne jouaient pas ce jeu-là. eux, ils protégeaient leurs industries stratégiques pour pouvoir justement leur donner accès aux pays comme l'Europe, qui étaient prêts à les accueillir. Donc, je pense que la question qui se pose, c'est finalement, est-ce qu'on a besoin de concurrence ou de taille et de protéger du coup quand on a besoin certaines industries ? Globalement, quand ça demande des investissements absolument colossaux, on a probablement besoin de taille, c'est-à-dire de s'allier au niveau européen pour avoir une proposition unique. La plus connue était Airbus.
Invité :
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1:29:32] Airbus lutte contre Boeing et de main contre un acteur chinois qui est en train de se structurer largement ces dernières années. Là, on a besoin de tels investissements, on a besoin de telle puissance qu'il faut probablement avoir une réponse coordonnée européenne. Et puis quand on a besoin d'innovation, parfois c'est bien aussi d'avoir plusieurs acteurs au sein même de l'Europe qui bataillent pour justement se développer et être performants. On a eu l'exemple de Spotify, on a eu l'exemple à l'époque de Skype. On a eu des acteurs dans le numérique en Europe qui ont réussi à s'imposer sur la scène mondiale, Probablement pas encore assez, mais on est capable de le faire. Donc, quand je citais ASML ou Mestral AI, il y en a. Donc, ceux-là, par contre, il va falloir effectivement les aider à se développer
Invité :
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1:30:14] dans un marché international de plus en plus compliqué ou en tout cas avec de plus en plus d'acteurs. Mais ça, ça demande un alignement, un alignement des temps politiques, des temps industriels, des temps technologiques et un soutien.
Invité :
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1:30:45] Alors, oui et non. En fait, le temps qui est très court dans l'innovation.
Invité :
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1:30:49] C'est souvent, et je parle d'innovation à l'échelle, en fait, c'est souvent le temps de l'investissement. C'est-à-dire que oui, il y a des moments où il y a une accélération incroyable qui se passe sur des investissements et il faut pouvoir suivre. Et très habituellement, l'Europe ne suit pas. C'est-à-dire que c'est plutôt les Américains ou les Chinois qui mettent beaucoup d'argent d'un coup. On se souvient évidemment de l'IA et on le vit en ce moment. Bon, ben voilà, il y a des centaines, des centaines et des centaines de milliards, de milliards de dollars qui sont investis chaque année dans des infrastructures IA. La pelle dont je parlais tout à l'heure. Mais on l'a connue dans les années 2000 avec la fibre, ce qu'on appelle la fibre noire. Il y a eu de la fibre optique professionnelle posée absolument partout dans les années 2000. Il y a eu la bulle. Tout le monde s'est dit, oh là là, c'est de l'argent perdu. Mais aujourd'hui, toutes les infrastructures numériques sur lesquelles reposent nos modes de fonctionnement, notre vie quotidienne, ce sont en fait des infrastructures dans lesquelles on avait investi des milliards dans les années 2000. Donc, de la même façon, nous, évidemment, chez EDF, on investit dans des infrastructures à très long terme et qui demandent beaucoup d'investissement. Mais c'est le cas, en fait, de toutes les industries d'innovation. Il faut à un moment être capable, pas tant d'aller très, très, très, très vite sur l'innovation technique et technologique, parce que ça, globalement, tout le monde arrive à être à peu près dans un mouchoir de poche à la même vitesse. Il faut avoir l'argent pour investir dans les infrastructures qui vont soutenir cette innovation. Et ça, par contre, ce n'est pas quelque chose sur lequel on est extrêmement fort aujourd'hui en Europe.
Invité :
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1:32:16] Alors, comme je le disais tout à l'heure, je pense que parfois, il faut des Airbus de quelque chose. Et puis, parfois, il faut une concurrence qui va permettre de justement développer, c'est-à-dire plein d'acteurs qui vont permettre de se développer et de lutter les uns contre les autres. Il y a probablement effectivement des secteurs clés sur lesquels se regrouper, faire cohésion entre pays européens fait du sens. Mais il faut aussi se méfier. Il faut se rappeler qu'Airbus a été créé à une époque où ce sont les pays qui déterminaient la politique industrielle.
Invité :
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1:32:45] On sait que la politique n'est pas toujours très rapide. Donc, il faut aussi se méfier dans des industries qui vont très, très vite. Je pense à l'IA, puisqu'on en a beaucoup parlé jusqu'à présent. Il est probablement dangereux de mettre l'IA entre les mains des États. Il faut probablement plutôt que les acteurs privés s'en saisissent et eux aillent vite et surtout soient incités à investir. Et l'investissement, là, pour le coup, l'État peut l'aider. Encore une fois, il ne faut pas avoir de pudeur. L'État américain, l'État chinois, l'État indien poussent à l'investissement, aident à l'investissement. fournissent des moyens. L'Europe devrait pouvoir le faire aussi.