📆 L'HEBDO 14/03 - Un milliard pour l’IA, la ruée vers les agents
Monde Numérique14 mars 202652:18

📆 L'HEBDO 14/03 - Un milliard pour l’IA, la ruée vers les agents

La startup de Yann Le Cun lève un milliard de dollars pour réinventer l’intelligence artificielle. Les agents autonomes affolent les géants de la tech. Qwant passe à l'IA "équitable". YouTube dépasse Disney.

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Un milliard pour les “World Models” de Yann LeCun

Le chercheur français Yann LeCun, figure historique de l’IA et ancien directeur scientifique de Meta, lève un milliard de dollars pour sa start-up dédiée aux “world models”, AMI Labs. L’objectif : dépasser les limites des modèles de langage actuels pour concevoir des intelligences artificielles capables de comprendre le monde physique, avec des applications en robotique et en conduite autonome.

Ecouter aussi : 900 millions pour changer l’IA : le pari fou de Yann Le Cun.

Meta, OpenAI, Nvidia : la bataille des agents IA

La guerre des agents est lancée. Meta rachète Moltbook, plateforme présentée comme le “Reddit des agents IA”, tandis qu’OpenAI recrute le fondateur d’OpenCloud et que Perplexity lance un outil pour transformer un simple ordinateur en assistant autonome. Derrière cette effervescence, une même promesse : des IA capables non plus seulement de répondre, mais d’agir. Gérer des emails, automatiser des process métier, piloter des logiciels… Les agents pourraient constituer le prochain grand tournant de l’intelligence artificielle.

L’IA peut-elle influencer le vote ?

Selon une étude d’Ipsos BVA pour la Fondation Jean Jaurès, 27 % des Français envisagent d’utiliser un chatbot pour s’informer avant les élections municipales, un chiffre qui grimpe à 75 % chez les jeunes. Une tendance qui interroge sur la fiabilité des modèles et leurs biais potentiels. Des travaux scientifiques, avaient mis en évidence des biais politiques dans certains modèles conversationnels. L’IA peut éclairer le débat démocratique, mais elle n’est ni neutre ni infaillible.

Éducation nationale : Microsoft reconduit jusqu’en 2029

Le ministère de l’Éducation nationale renouvelle son contrat avec Microsoft pour un montant pouvant atteindre 152 millions d’euros. Un choix critiqué au regard des ambitions de souveraineté numérique française et européenne. Cette décision illustre la difficulté pour les grandes administrations de sortir de leur dépendance aux géants américains, malgré un contexte politique favorable aux alternatives locales.

Qwant teste l’IA générative avec les médias

Le moteur de recherche français Qwant expérimente “Réponse Flash”, une fonctionnalité d’IA générative intégrée à ses résultats d’actualité. Particularité : un accord de partage de revenus avec une vingtaine de médias partenaires. Contrairement à Google et son AI Overview, encore absent en Europe pour des raisons réglementaires, Qwant tente une approche concertée avec les éditeurs. Un test grandeur nature de souveraineté numérique.

YouTube, premier groupe média mondial

Selon le cabinet MoffettNathanson, YouTube aurait généré 62 milliards de dollars de revenus en 2025, dépassant Disney. La plateforme, propriété d’Alphabet, confirme sa transformation en géant mondial des médias, entre publicité et abonnements (YouTube Premium, Music, TV). Un basculement historique qui consacre la domination des plateformes numériques dans l’économie des contenus.

Le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti

Depuis Montréal, Bruno Guglielminetti – Mon Carnet analyse le rachat de Moltbook par Meta et explore un phénomène étonnant : des humains qui se filment 18 heures par jour pour entraîner des robots domestiques. Au programme également : un compositeur de Disney qui utilise l’IA pour créer, un hackathon canadien sur la santé mentale des jeunes et un jeu en ligne pour tester sa capacité à repérer la désinformation.

Portrait : Stan Larroque – Lynx

Dans la série Innovateurs, Stan Larroque – Lynx raconte comment l’inventeur d’Oculus, Palmer Luckey, lui a prêté sa maison en Californie en pleine pandémie pour rencontrer les investisseurs de la Silicon Valley. Une anecdote spectaculaire qui éclaire les coulisses du financement des start-up XR et la difficulté, pour une entreprise française, de lever des fonds face aux géants américains.

Delentra : un agent IA qui pilote votre ordinateur

Jean-Luc Haurais – Delentra présente un agent capable de manipuler la souris, d’ouvrir Photoshop, de traiter des candidatures ou de publier sur LinkedIn, le tout en langage naturel.

Pensé pour les entreprises, l’outil mise sur la sécurité via des modèles locaux et des environnements cloisonnés. Une illustration concrète de l’ère post-chatbot.

Cybersécurité : les agents IA, nouveau risque ?

[PARTENARIAT]

Vivien Mura – Orange Cyberdéfense évoque l'augmentation du risque cyber du fait du développement de l'intelligence artificielle. Accélération des attaques, automatisation de recherche des vulnérabilités, agents intégrés aux workflows critiques... L’IA renforce les capacités des entreprises… mais aussi celles des cybercriminels. La sécurité by design et la vigilance humaine restent plus que jamais essentielles.


Monde Numérique : [0:11] Yann Lequin qui décroche un milliard de dollars pour mettre au point ces fameux World Models. Meta qui rachète Moltbook, le réseau social des agents IA. Perplexity qui lance un logiciel pour permettre à n'importe qui de créer ses propres agents. Et oui, l'intelligence artificielle encore et toujours à la une de l'actualité. Et cette semaine, elle est donc aussi à la une de Monde Numérique. Monde Numérique : [0:37] Et puis l'actu, c'est aussi de l'IA pour s'informer sur les élections municipales. Microsoft qui renouvelle un contrat monstre avec l'éducation nationale, ça fait grincer des dents. Quant qui met de l'IA dans son moteur de recherche. Et YouTube qui devient le plus gros site média du monde. Comme chaque semaine, le débrief transatlantique avec Bruno Gugliel Minetti à Montréal. On reviendra sur ce rachat par méta de cet étrange Moltbook. On va décrypter un peu tout ça. Et puis on parlera de ces humains qui acceptent de filmer leurs moindres faits et gestes pour entraîner des robots. Monde Numérique : [1:17] Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews. Nouveau portrait d'innovateur dans Monde Numérique. Je reçois ce mois-ci Stan Larroque, créateur du casque Lynx de réalité mixte. Et il nous raconte une anecdote étonnante à propos de l'inventeur d'Oculus. Les agents IA, on en reparle aussi avec l'entreprise française de l'entra qui a mis au point le premier agent français capable d'effectuer n'importe quelle tâche sur ordinateur. Monde Numérique : [1:46] Mais cette folie des agents IA n'est pas sans poser des problèmes de cybersécurité. Eh bien, on en parle avec Orange Cyber Défense. Invité : [1:53] Monde numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:58] Bienvenue à l'écoute de ce nouvel épisode de l'Hebdo de Monde Numérique, épisode du 14 mars 2026. C'est parti pour, comme chaque samedi, 50 minutes au moins de news, de décryptage, d'interviews. Abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait à ce podcast sur la plateforme de votre choix. N'hésitez pas à poster un commentaire et des petites étoiles surtout sur Apple Podcast. Merci d'avance. Retrouvez l'application mobile de Monde Numérique signée Good Barber, disponible pour iPhone et Android et puis rendez-vous sur le site mondenumérique.info. Monde Numérique : [2:33] Un milliard de dollars, c'est le chiffre de la semaine, c'est l'info de la semaine. Un milliard de dollars pour inventer une nouvelle forme d'intelligence artificielle. C'est le pari du chercheur français Yann Lequin qui a annoncé en début de semaine qu'il avait réussi son premier tour de table financier, un tour de table spectaculaire pour sa start-up Amy Labs, basée en France. Un milliard de dollars, soit environ 900 millions d'euros, ce qui en fait la start-up IA française la plus valorisée, à hauteur de 3 milliards et demi. Mais au-delà des chiffres, ce qui est intéressant, c'est la démarche et puis ce qui se cache derrière. Alors, les investisseurs, ils sont pour environ un tiers européen, notamment français, comme la famille Muliez, le groupe Dassault, Xavier Niel. Monde Numérique : [3:15] Un tiers asiatique avec Toyota et Samsung, par exemple, et un tiers environ américain avec Nvidia, Jeff Bezos, etc. Bref, que du beau monde. Une compagnie qui est donc dirigée par Alexandre Lebrun, cofondateur de l'assistant virtuel Nabla, qui a rejoint il y a quelque temps déjà Yann Lequin. Emile Abzora, des bureaux à Paris, à New York, à Montréal, à Singapour. Et surtout, que va-t-elle faire ? Eh bien, elle va travailler sur ces fameux world models, cette nouvelle vision de l'intelligence artificielle prônée par Yann Lequin, l'ancien directeur de la recherche scientifique de Meta, on le rappelle. Il s'agit de développer des IA, des nouveaux modèles d'IA qui auront une vision, si on peut dire, complètement différente de celle des LLM actuels, des ChatGPT ou autres. Ils seront beaucoup plus intelligents, ils sauront réellement comment fonctionne le monde et ça servira notamment pour la robotique, la conduite autonome, etc. Monde Numérique : [4:11] Mais réussira-t-il vraiment son pari ? Car ce n'est pas simple face aux LLM, c'est-à-dire les IA d'aujourd'hui, ChatGPT, Cloud, etc. Eh bien, c'est toute la question. Pour en savoir plus, je vous invite à écouter l'épisode de Monde Numérique du 11 mars 2026 entièrement consacré à ce sujet. Monde Numérique : [4:29] Autre sujet de l'actu que j'ai eu l'occasion d'évoquer d'ailleurs cette semaine dans un épisode de Monde Numérique, c'est la grosse agitation dans le domaine des agents IA. Les agents, ces outils capables d'effectuer des tâches de manière automatique dans de nombreux domaines. Alors c'est encore un peu abstrait, il faut bien le dire, pour le grand public, mais c'est quand même super intéressant. Et cette semaine, les annonces se sont multipliées. D'abord Meta qui a annoncé avoir racheté Moltbook. Moltbook, rappelez-vous, on en avait parlé dans Monde Numérique, c'est cette plateforme de discussion pour agents IA. Monde Numérique : [5:00] Surnommé le Reddit des agents. Alors, pourquoi ce rachat ? Que va en faire Mark Zuckerberg ? Eh bien, il pense que nous aurons tous, un jour ou l'autre, un ou plusieurs assistants agents virtuels. Et donc, il a l'intention de se positionner sur cet univers comme il l'a fait pour les réseaux sociaux. Pour ça, il va sans doute d'ailleurs injecter de l'IA agentique dans tous ses outils Facebook, WhatsApp, Instagram, etc. Ça, c'est pour Meta. Quelques semaines avant, c'est OpenAI, la maison mère de ChadGPT, qui a annoncé avoir débauché Peter Steinberger. Qui est-il ? C'est le fondateur de OpenCloud, cette technologie qui est précisément... À l'origine de Moltbook. J'espère que vous suivez. Donc OpenCloud, système d'agent que l'on peut installer soi-même sur son ordinateur. Autre annonce cette semaine, c'est Perplexity, encore un grand acteur de l'intelligence artificielle, qui a lancé un outil baptisé Personal Computer, ordinateur personnel en français, qui permet de transformer un ordinateur, en l'occurrence un Mac Mini, en assistant personnel pour monsieur et madame tout le monde. Une sorte d'OpenCloud simplifié, accessible, sécurisé, en tout cas c'est la promesse. Et puis c'est pas terminé, Nvidia s'apprête également à se lancer dans la bataille avec Nemo Cloud, une plateforme d'agents IA open source pour concurrencer Open Cloud. Bon c'est un peu fouillis c'est vrai, mais en tout cas ce qu'il faut retenir de tout ça c'est que ça s'agit dans tous les sens. Monde Numérique : [6:26] Un agent IA, si vous vous posez la question, et bien c'est simplement une IA qui peut faire plus que répondre à des questions mais qui peut réellement agir, intervenir on lui donne un objectif par exemple, gère mes emails Il surveille l'actu d'un secteur, prépare l'embauche d'un nouveau salarié dans l'entreprise ou encore prépare une campagne marketing. Et là, il se débrouille tout seul. Il comprend ce qu'il faut faire. Il décide des étapes qu'il doit accomplir. Et avec l'aide des outils disponibles sur l'ordinateur ou au sein de l'entreprise, il passe à l'action. Donc, on imagine tout ce que ça va pouvoir donner. C'est un nouvel horizon pour l'intelligence artificielle dont on commence seulement à percevoir les implications. On en reparle d'ailleurs. Alors, cette semaine, dans mon numérique l'hebdo, on en parle avec mes invités tout à l'heure. Monde Numérique : [7:12] En attendant, les agents, et si on utilisait l'intelligence artificielle pour s'informer sur la politique et pour savoir pour qui voter aux élections municipales ? C'est la question intéressante que l'Institut Ipsos BVA a eu l'idée de poser aux Français pour le compte de la Fondation Jean Jaurès, proche du Parti Socialiste. Monde Numérique : [7:29] Résultat, plus d'un quart des Français, 27%, déclaraient au moment de ce sondage qu'ils avaient l'intention, oui, d'interroger un chatbot d'IA pour s'informer sur les programmes des candidats. Une pratique surtout répandue chez les jeunes, 75%. et parmi les sympathisants de gauche, notamment LFI, qui seraient les plus enclins à utiliser un agent conversationnel pour se renseigner sur un programme ou un candidat. On précise que l'étude avait été menée en décembre 2025. Donc voilà, si vous ne savez pas pour qui voter, vous pouvez poser la question à l'intelligence artificielle. Mais attention, parce qu'on le sait, les IA, si elles sont très utiles, peuvent aussi se tromper. Elles peuvent vous aider à comprendre rapidement un sujet politique, résumer un programme, comparer des positions, ou clarifier des institutions, mais elles ne sont pas fiables à 100%. On le sait, on le dit, on le répète. Elles peuvent inventer des faits, mélanger des dates, mal attribuer des citations ou refléter des biais dans leurs données et leurs formulations. En tout cas, c'est ce qui ressortait d'une étude scientifique très sérieuse, une étude néo-zélandaise, David Rosado, menée en 2024, qui révélait que la plupart des LLM conversationnels étaient biaisés et qu'ils avaient même un biais de centre-gauche. C'est ce qui avait d'ailleurs beaucoup plus énervé Elon Musk. C'est pour ça qu'il avait créé Grock, avait-il expliqué. Mais bon, ça, c'est une autre histoire. Monde Numérique : [8:48] En France, tandis que le débat sur la souveraineté des technologies est toujours aussi vif, une annonce a fait pas mal de bruit en début de semaine. C'est celle du ministère de l'Éducation nationale qui a décidé de renouveler son contrat avec Microsoft. Un contrat pluriannuel jusqu'en 2029 pour faire fonctionner et en fait continuer à faire fonctionner l'équipement des services administratifs centraux de l'Éducation nationale avec des solutions du géant américain. Un contrat d'un montant qui pourrait aller jusqu'à 152 millions d'euros. Alors évidemment, ça fait un peu de vagues. Des réactions négatives contre ce contrat. Ça va à l'encontre même des consignes de l'État ou du ministère qui préconisent plutôt l'utilisation de solutions informatiques souveraines, françaises ou européennes, mais un choix qui s'explique probablement par la solution de facilité et puis aussi pour des raisons financières, parce qu'il est très coûteux de sortir d'un seul coup de la dépendance aux outils américains pour une institution aussi importante que l'éducation nationale. Et c'est ce que prouve, une fois de plus, cette affaire en réalité. Monde Numérique : [9:56] Mais il se passe quand même des choses intéressantes qui vont dans le sens de la souveraineté numérique. Par exemple, cette initiative de Quant, le moteur de recherche français, qui lance une expérimentation avec des médias pour tester une fonctionnalité d'IA générative dans le moteur de recherche et une fonction respectueuse des droits des éditeurs de contenu. Alors cette fonctionnalité s'appelle Réponse Flash. Si vous faites une recherche d'actualité sur Quant, vous le verrez. C'est un petit résumé qui est généré par l'intelligence artificielle et qui apparaît en tête des résultats de recherche. Ça s'appuie sur le modèle de langage Mistral à partir de l'analyse de plusieurs sources partenaires. En fait, c'est ce qu'a fait Google avec AI Overview, mais qui n'est pas déployé en Europe en raison du DMI parce qu'aucun accord a été trouvé avec les médias. Donc, à l'inverse, Quant, lui, a signé des partenariats avec des médias pour un partage de revenus publicitaires à 50-50, une vingtaine de médias, dont le Figaro, Ouest France, etc., participent à cette expérimentation qui est prévue dans un premier temps pour durer neuf mois. Monde Numérique : [11:04] De son côté, YouTube devient le plus grand groupe média au monde, en tout cas en chiffre d'affaires. C'est ce que révèle un institut d'analyse américain, Moffett-Nathanson. YouTube aurait en effet généré en 2025 environ 62 milliards de dollars de revenus, ce qui surpasse l'activité média du groupe Disney, qui était jusqu'à présent le leader. YouTube génère des revenus grâce à la publicité sur les vidéos et aussi grâce aux abonnements à ses différents services. YouTube Premium, YouTube Music, YouTube TV, etc. YouTube TV qui compte environ 10 millions d'abonnés, ce qui pourrait dépasser les acteurs traditionnels de la télévision payante, en tout cas aux Etats-Unis. La plateforme qui partage néanmoins ses revenus, qui a versé plus de 100 milliards de dollars aux créateurs et aux partenaires depuis sa création. YouTube, on le rappelle, appartient au groupe Alphabet, maison mère de Google. Et on rappelle aussi que Monde Numérique est présent sur YouTube avec de plus en plus de vidéos, d'ailleurs, des interviews, des reportages et aussi des résumés d'actualité comme celui que vous êtes en train de regarder ou d'écouter. Monde Numérique : [12:13] Avant d'aller plus loin, un mot de Froganz, partenaire de l'hebdo de Monde Numérique. En 2025, je vous ai fait découvrir cette initiative technologique unique au monde, une nouvelle manière de consulter, de publier du contenu en ligne. Froganz fait sortir Internet du cadre avec des sites graphiques, simples, très fluides. 2026 sera une année décisive pour Froganz, qui s'adresse pour l'instant en priorité aux développeurs. Comment ça marche concrètement ? Alexis Tamas, cofondateur de Froganz. Invité : [12:40] Le fonctionnement de Froganz du point de vue de l'utilisateur final, c'est une application. Alors sur un téléphone, ça vient d'un store tout à fait traditionnel. Sur un ordinateur, pareil, on télécharge un petit logiciel qui s'appelle Froganz Player, qui est disponible gratuitement, qui ne nécessite pas d'enregistrement de la part des utilisateurs et qui est distribué par l'OP3FT qui est en charge de la standardisation de Froganz. Monde Numérique : [13:00] Et pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr, f2r2.fr. Monde Numérique : [13:06] Le débrief transatlantique. Transatlantique. Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Invité : [13:12] Salut Jérôme Colombain à Paris. Monde Numérique : [13:15] Bruno, grosse actu cette semaine, et ce sont encore les agents IA qui sont au cœur de l'actualité. Sujet un peu fumeux, un peu obscur. Invité : [13:26] Un peu geek, pas mal. Monde Numérique : [13:27] Un peu geek, c'est vrai. Invité : [13:29] Mais c'est un sujet qui t'intéresse. On parle d'une acquisition que Meta vient de faire. Monde Numérique : [13:33] Meta vient de racheter ce truc très bizarroïde qui s'appelle Moltbook. Alors, Moltbook, c'est le réseau social des IA. C'est une espèce de monde parallèle. Invité : [13:42] Des agents IA. Monde Numérique : [13:43] Des agents, on en a déjà parlé ensemble, phénomène d'il y a quelques semaines à peine. Mais c'est vrai que moi, ce sujet m'interpelle. Alors, c'est complètement abstrait, complètement geek, c'est très compliqué. Mais je trouve que c'est un petit peu la promesse de choses vraiment futuristes et pas si éloignées de nous. La question des agents, ça devient une réalité. Toutes les entreprises s'y intéressent. Alors, Meta rachète son ce Moltbook. En fait, les responsables vont intégrer l'équipe de Meta qui travaille déjà sur les projets les plus futuristes en matière d'intelligence artificielle. On se demande quand même pourquoi ils ont racheté cette boîte-là. Invité : [14:27] Pourquoi ? C'est quoi l'intérêt ? Monde Numérique : [14:29] Ça arrive à quoi ? Alors, je pense qu'il y a plusieurs raisons. Je pense que l'une des raisons, c'est l'espèce de compétition qu'on connaît, le concours de muscles dans la Silicon Valley. Quand il y en a un qui fait un truc, l'autre veut faire pareil. OpenAI venait d'embaucher ou de débaucher plus exactement l'inventeur de OpenClaw. Eh bien, Moltbook qui est basé sur OpenClaw, c'est Meta qui le rachète. Et comme ça, il accroche des trophées à sa panoplie. Au mur, exactement. Et puis, on sait que Meta, Zuckerberg, il rachète les startups plus vite qu'il ne respire. Invité : [15:07] D'ailleurs, ça lui crée certains problèmes des années plus tard. Mais bon, c'est au-dessus. Monde Numérique : [15:11] Bon, voilà. Après, il y a plein de... Peut-être que c'est un ensemble de raisons. Qu'est-ce que tu en penses, toi? Tu penses que... Invité : [15:16] Écoute, moi, la seule raison... Possible que j'imagine, c'est l'idée de pouvoir avoir un laboratoire pour voir évaluer des agents IA. Pour les voir interagir, voir comment, ce qu'ils sont capables de faire. Parce que jusqu'à maintenant, quand on a regardé, moi je lis ça, je m'intéresse à ça, des tests en laboratoire, anthropiques et généreux dans ces publications, mais il y en a d'autres aussi qui travaillent. Et essentiellement, on est toujours sur un agent IA et son comportement. Mais là, c'est un des rares endroits où on peut voir des les agents, il y a, interagir entre eux et donc se pousser, se challenger, se barber à la limite. Et donc, moi, je trouve ça intéressant de les voir interagir les fois où je suis passé. Mais je me dis que, Quand on est dans le développement de l'IA et d'agents IA, parce qu'on s'entend, 2026, c'est l'année des agents IA, d'avoir un laboratoire comme ça, où on peut voir des milliers d'agents IA interagir, il y a des champions qui vont sortir de ça. Il y a des leaders qui vont sortir de ça. Je pense qu'on veut savoir c'est qui. Alors, eux, maintenant, ils l'ont. Le radar, il est chez eux. Est-ce que ça va rester public? Est-ce que les gens pourront voir? Ça, ça va être la prochaine question. Monde Numérique : [16:28] Une sorte de bac à sable, en fait. Invité : [16:31] Exactement. Bonne image. Monde Numérique : [16:33] Bon, voilà. Écoute, on verra dans les semaines ou les mois qui viennent s'il ressort quelque chose de tout ça, parce que ça peut aller très vite. On sait très bien aussi que parfois, ils rachètent des trucs. Paf! Six mois après, ils le bazardent, le projet est enterré, on passe à autre chose. Il y a un petit côté un peu surréaliste, mais ça, ce n'est pas nouveau. Invité : [16:52] Entre-temps, les millions sont passés d'un compte de banque à l'autre. Monde Numérique : [16:55] Exactement, voilà. Mais quand même, les agents, je pense que vraiment, on est sur un truc de fond qui va vraiment, changer les choses. Bon, enfin, oui, nous... Invité : [17:04] Non, mais permets-moi d'aller, de pousser un petit peu plus sur l'entraînement des IA, parce qu'on est dans le thème. J'ai vu dans le Los Angeles Time, et d'ailleurs, ça m'a tellement inspiré que j'ai fait un papier dans mon carnet là-dessus, sur une nouvelle génération. Monde Numérique : [17:18] De toute façon, tu fais un papier comme tu fais des papiers comme tu respires, toi. Invité : [17:22] Un peu moins. Un peu moins, parce que sinon, je ne te parlerais pas, je serais en train d'écrire. Mais donc, il y a cette histoire-là d'une centaine de travailleurs maintenant, ils se retrouvent tous à Los Angeles parce que c'est une compagnie de là-bas qui a eu le contrat, qui maintenant utilise, ça c'est intéressant pour les gens qui nous regardent en vidéo, je vous incite à aller voir ce segment-là sur YouTube, ils ont, ils portent une caméra, Mais normalement... Monde Numérique : [17:46] Sur le fond. Invité : [17:48] Oui, parce que la compagnie n'a tellement pas de budget. Ils disent, bon, ben, prenez votre téléphone puis filmez. Alors, ils ont un porte-téléphone. Ils mettent leur téléphone. Ils se filment, ben, quoi, 18 heures par jour en train de faire leur quotidien. Monde Numérique : [18:01] C'est-à-dire, ils se filment. Ils filment ce qu'ils font, c'est ça? Exactement. Ils filment leurs mains. Oui, j'ai vu, il y a quelqu'un qui fait la vaisselle et il filme ses mains en train de faire la vaisselle. Invité : [18:09] La vaisselle, mais le rangement, charger, décharger le lave-linge. Mais toutes les petites tâches, parce que tu l'as vu, puis on en a parlé, on s'est payé la tête de robots il n'y a pas tellement longtemps encore, où on les voit, mais ils sont maladroits parce qu'ils ne savent pas comment faire les choses. Ça leur prend 30 minutes pour plier seulement un chandail. Heureusement que les humains, on n'est pas comme ça. Alors là, ce qu'ils ont décidé de faire pour l'IA physique, c'est de demander à des humains de se filmer dans toutes leurs tâches. Et j'imagine qu'il y en a qui ne filmeront pas, heureusement, mais probablement parce que les robots n'ont pas besoin de faire ça. Oui, ils se gardent une petite joie. Tu vois ce que tu veux dire. Monde Numérique : [18:51] On ne va pas rentrer dans les détails. Il y a peut-être des choses qui vont rester le propre des humains et pas des robots. Invité : [18:57] Oui, le propre prend tout son sens ici. Monde Numérique : [19:00] Voilà, oui. Invité : [19:01] Pour le robot. Et donc là, ce qu'il fait, c'est que vraiment tout ce qui est geste du quotidien est filmé et envoyé dans des bases de données et va servir à la formation des robots. Monde Numérique : [19:13] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet? Invité : [19:16] J'ai tout dit. Mais écoute, si tu veux absolument poursuivre l'écoute, je te dirais que cette semaine, je parle avec un Français. Je me suis payé ce luxe-là d'avoir un autre Français sur mon carnet. Monde Numérique : [19:33] Ça fait beaucoup de Français. Invité : [19:34] Non? Pardon? Monde Numérique : [19:35] Ça fait un peu beaucoup de Français, non? Invité : [19:37] Oui, ça va aller. Je vais essayer d'en avoir moins la semaine prochaine. J'aurai des Suisses la semaine prochaine. Ça fera différent. Mais donc, alors pour mon quota de français cette semaine, je parle avec un des compositeurs de Disney à Paris. Monde Numérique : [19:51] Ah oui ? Invité : [19:53] Qui utilise de plus en plus l'IA pour travailler sur sa musique. Alors, j'ai une intéressante discussion avec un compositeur de musique vraiment professionnel. Il fait autre chose dans la vie, mais on le connaît. Il y a des mélodies que vous entendez. Si vous avez été faire un tour à Disney Paris, vous allez le reconnaître. Donc, je vais parler avec lui de ça. Monde Numérique : [20:15] Ah, c'est lui qui fait les chansons quand tu vas à Disneyland. Tu ne peux plus te les sortir de la tête pendant huit jours après. Invité : [20:21] C'est de sa faute. Monde Numérique : [20:23] Non, non, non, non, non. Invité : [20:24] Non, non, ça, c'est quelqu'un d'autre avant lui, ça. Mais tu vois, comme là, pendant qu'on parlait, il était en train de travailler sur les chansons de Noël. Monde Numérique : [20:31] Ah oui, d'accord. Invité : [20:32] Ah, lui, il travaillait en avance. Un peu comme toi, toujours à travailler à l'avance. Sinon, tu connais le Mila à Montréal, hein? Monde Numérique : [20:38] Oui, bien sûr. J'étais allé. Invité : [20:40] Tu es un habitué. Chaque fois que tu passes à Montréal, tu le vois là. Monde Numérique : [20:42] Exactement. Je vais chez Bruno Guglielminetti et au Mila. Invité : [20:45] Et au Mila. Puis au Mila, c'est quoi? C'est 1200 chercheurs en IA. Alors, imagine-toi qu'eux ont décidé, et ça s'en vient très bientôt, ils créent un haqueton d'IA. C'est assez rare encore jusqu'à maintenant. Pour développer, mais à travers le Canada. Alors, c'est un gros événement qui se passe pendant toute une fin de semaine, coast to coast, d'un océan à l'autre du Canada. Et pour développer des gardes de fous pour l'IA, au niveau de la santé mentale chez les jeunes. C'est bien ça. Ça va être assez intéressant. Oui. Et puis aussi, je te parle. Évidemment, si tu écoutes. mais toi qui nous écoutes, je te parle si tu continues à m'écouter chez moi d'un nouveau jeu en ligne pour tester ta relation avec la désinformation et savoir si tu es capable de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux. Monde Numérique : [21:30] Ça, c'est très bien ça. Invité : [21:32] Et ça, ça se passe en ligne et c'est gratuit. Juste pour ça, ça vaut la peine de venir écouter mon carnet. Monde Numérique : [21:37] Et c'est donc chez toi, c'est au Québec ça? Invité : [21:40] Oui, mais peu importe que tu connaisses l'information québécoise, canadienne, c'est pas grave parce que tout a été inventé. Monde Numérique : [21:47] Ah, d'accord. C'est que des fake news, alors. Invité : [21:49] Non, justement. C'est qu'il y a des trucs qui sont vrais, il y a des trucs qui ne sont pas vrais. Monde Numérique : [21:53] Ah, bon. Invité : [21:54] C'est intéressant. Hautement philosophique comme jeu. Alors, ça, c'est dans mon carnet. Je vous invite à passer écouter si vous êtes curieux. Jérôme Colombain, merci d'être passé comme ça dans mon carnet et puis je te souhaite bonne route avec tes auditeurs que j'invite d'ailleurs à passer écouter mon carnet s'ils ont le temps. Monde Numérique : [22:12] Merci à toi et surtout merci à vous qui nous écoutez, qui nous suivait chaque semaine dans ce rendez-vous transatlantique. Salut Bruno ! Invité : [22:21] Allez, prends ta rame, on repart ! Monde Numérique : [22:22] Et retrouvez le débrief transatlantique en version intégrale avec encore d'autres sujets évoqués avec Bruno chaque lundi sur le fil du podcast Monde Numérique ou sur la chaîne YouTube en vidéo également. Invité : [22:45] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [22:53] Merci d'écouter Monde numérique, on passe aux interviews de la semaine tout de suite. Et on va parler encore d'IA agentique, avec une entreprise française de l'antra qui affirme avoir développé le premier agent IA réellement capable de travailler tout seul sur un ordinateur. On va aussi se pencher sur l'aspect sécurité de l'intelligence artificielle et notamment des agents IA à travers une nouvelle série de rendez-vous en partenariat avec le spécialiste de la cybersécurité Orange Cyber Défense. Mais avant cela, je vous propose un extrait du nouvel épisode de la série Innovateur de Monde Numérique, des portraits d'innovateurs, de créateurs, d'entrepreneurs. Le prochain portrait sera diffusé mercredi prochain, 18 mars. Il sera consacré à Stan Larroque de la société Lynx, qui nous raconte sa rencontre, ou plutôt sa non-rencontre, avec Palmer Luckey, l'inventeur du casque Oculus. Stan Larroque. Invité : [23:49] C'était en février 2021. On a des protos du casque. On a les premiers protos, si tu veux, montrables ou démontrables. On se dit ok ça va être ça, nous on pense que la réalité mixte c'est ça et qu'on va pouvoir le faire. Et j'ai un ami du coup qui est le développeur principal de A-Frame, donc c'est un framework qui permet de faire des applis à RVR, et qui me dit écoute j'ai été contacté par, Palmer Luckey, il aimerait rentrer en contact avec toi, est-ce que ça te va si je donne... Monde Numérique : [24:21] Donc le créateur d'Oculus ? Invité : [24:22] Donc le créateur d'Oculus, le gars le responsable du fait que moi j'ai eu un casque dans les mains quelques années plus tôt et je lui dis bah évidemment Diego, passe-lui sur mon contact, Et donc, rappelez-vous, on était semi-confinés. Enfin, c'était encore un peu bizarre à cette époque. Monde Numérique : [24:38] On avait le droit de sortir le chien, mais pas plus, quoi. Invité : [24:39] Ouais, c'était un truc comme ça. Et du coup, Palmer m'appelle. Donc, pour ceux qui connaissent pas le personnage de Palmer Lucky, Palmer, aujourd'hui, c'est celui qu'on connaît comme étant le créateur d'Endure Hill, donc la start-up de défense américaine qui fait du bruit et qui fait beaucoup de choses. Monde Numérique : [24:55] Non, il fait des drones de guerre, quoi, pour faire court. Invité : [24:57] Il fait des drones, des missiles, il fait plein de choses. Il fait plein de choses à côté. Monde Numérique : [25:01] C'est vrai que c'est un bonheur. Moi, je l'avais rencontré à Las Vegas. C'est un personnage de film. Invité : [25:07] Je sais. Et donc, lui, sa première aventure, c'était Oculus. Et il a vendu ça à 21 ans pour 3 milliards. Donc, imagine, tu as 21 ans et je te dis tiens, voilà, 700 millions de dollars. Donc, c'est un personnage de film. Donc, il m'appelle. Et moi, je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Je suis chez moi, j'ai le proto sur la table. Et il me dit, écoute, je te suis sur Twitter, Youtube et tout les trucs que vous faites j'adore ce que vous faites comment je peux t'aider donc là gros donc Enduril à l'époque Enduril il venait de lever je crois qu'ils étaient valorisés de 2 milliards ouais. Monde Numérique : [25:40] Donc lui il était riche mais il faisait autre chose et. Invité : [25:42] Il avait un peu lâché l'affaire il avait lâché l'affaire mais il n'y avait pas un deal dans la RVR qui se faisait sans lui il était toujours là c'était un peu il reste une icône il reste un peu le dieu des nerds dans la RVR et donc il me dit écoute comment je peux t'aider donc t'as un milliard d'air boum comme ça qui te tombe dessus, et je lui dis bah écoute c'est drôle je suis en train de lever de l'argent je galère, je suis en France c'est pas foufou et puis le covid, le machin etc elle me dit écoute, je peux pas investir dans ta boîte parce que je suis CEO d'une boîte de défense américaine du coup prendre des parts dans une société étrangère c'est compliqué, mais j'ai envie de t'aider du coup ce que tu vas faire c'est que tu vas prendre l'avion moi j'habite à Los Angeles donc il habite à Newport Beach sur une île artificielle. Invité : [26:26] Pas loin de là où il a grandi mais il a gardé sa maison de quand il travaillait, chez Oculus et du coup après chez Meta et cette maison elle est dans la Silicon Valley à Palo Alto sur les hauteurs de Palo Alto à Woodside il me dit tu prends ma maison à Woodside la clé est sous le paillasson, voilà il y a quelqu'un qui t'attendra tu prends la maison et tu prends des rendez-vous je t'envoie des investisseurs, des gens et comme ça tu te crées un nom tu développes, voilà tu fais parler de toi et puis peut-être qu'il se passera des trucs bien, je raccroche et là en fait les frontières sont fermées c'est le Covid, rappelez-vous donc je remue le ciel et la terre mais le ciel et la terre pour essayer d'avoir un vol pour les Etats-Unis et de rentrer. Donc, à l'époque, il fallait avoir un passeport, des deux nationalités. Enfin, c'était super compliqué. J'ai un copain... Monde Numérique : [27:12] T'étais pas sûr de pouvoir revenir ? Invité : [27:14] Enfin, t'étais même pas sûr de pouvoir passer. Ouais, bien sûr. Et donc, il y a un copain qui faisait des casques pour l'armée américaine. Un copain américain. Enfin, j'avais déjà des contacts là-bas. Il y a une boîte qui fait des casques pour l'armée américaine. Les casques coûtent 80 000 euros. Je vous laisse imaginer ce qu'ils font. Et du coup, il me fait une lettre en disant, je sous-signais machin, on a besoin de Stan Larocq pour regarder tel et tel capteur pour le DOD, à l'époque ça s'appelait pas Department of War, voilà il faut absolument qu'on le voit je vais avec cette lettre à la douane, française, américaine, je passe et j'avais prévenu personne parce que je m'attendais à ce que ça marche pas, que je sois pas sûr d'arriver aux Etats-Unis à ce moment là, Et donc, j'arrive et j'écris à Palmer, ben voilà, c'est bon, lui, il n'avait aucune idée, enfin, il ne s'était pas... Pour lui, ouais, tu passes la danse, c'est bon. Monde Numérique : [27:58] Ouais, c'est facile, tu prends ton jet, tu viens, quoi. Invité : [28:00] Ouais, c'est ça, c'était pas intellectualisé plus que ça. Donc déjà, petit parcours du combattant, et là, j'arrive à l'adresse qu'il m'envoie. C'est une maison avec 14 champs, 15 salles de bain, un terrain de tennis, les écuries, non, mais le truc de fou, une énorme piscine. Enfin, c'était dingo, j'ai des photos de tout. C'était absolument dingue, que c'était génial. Monde Numérique : [28:21] T'étais seul ou t'as vendu des gens de l'équipe ? Non, j'étais tout seul. Invité : [28:24] Et donc, je suis tout seul dans cette énorme baraque. Lui, il est à Los Angeles. Donc, je suis un peu sous le choc. Et du coup, j'écris à mes copains sur place en disant « Les gars, je suis dans la baraque de Palmer. J'appelle Palmer et j'appelle son chief of staff. » Parce qu'à l'époque, il avait déjà un chief of staff et je lui ai dit « Écoute, Austin, est-ce que je peux recevoir des gens ? Je ne suis pas à l'aise, je ne suis pas chez moi. » Et là, ils me disent « Ah non, mais t'as pas compris, c'est ta baraque maintenant, là, tu fais... Il faut que tu t'en serves, parce que nous, on s'en sert pas, donc autant que ça serve à toi. » Et donc... Monde Numérique : [28:54] Incroyable. Invité : [28:55] Pendant un mois et demi, je reste dans cette maison et je me fais... Enfin, voilà, tout le monde vient, je rencontre absolument tout le monde, des icônes de la Silicon Valley, tout le monde vient voir le casque, tout le monde vient me rencontrer aussi, c'était absolument génial, donc je remercie encore Palmer qui a contribué à ce moment-là. Après, je suis allé le voir à Los Angeles. Monde Numérique : [29:13] Qu'est-ce qui est venu ? Invité : [29:14] Ah bah il y a eu tout le monde des gens d'Apple, de Lenovo des investisseurs, j'ai pu pitcher Founders Fund, j'ai pu pitcher les plus gros fonds de la planète, c'était absolument incroyable Bon voilà, encore un truc. Monde Numérique : [29:28] Qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Invité : [29:30] C'est que au bout d'un mois et demi je vais voir Palmer, je lui montre le casque pour de vrai, on discute Non parce que lui il faisait endurie non il était pas venu me voir, il se trouve qu'il était pas venu me voir, Et donc, on se rencontre chez lui. Donc, la maison qu'il avait dans la Silicon Valley, déjà, c'était un délire. Alors, la maison dans laquelle il vit vraiment à Newport Beach, là, sur Lido Island, une île artificielle, c'est la maison du méchant de Jameson. Mais clairement, c'est... T'as une partie sur l'eau, l'autre partie sur la rue. Il a acheté la maison en face et, en fait, pour creuser un tunnel entre les deux maisons, et ça fait de lui le propriétaire du plus gros stand de tir privé intérieur de Californie. Enfin, bref. Il a un bateau de fou furieux il a 5 hélicoptères enfin c'est je t'ai dit 21 ans 700 millions de dollars bah voilà tout ce que tu fais tu perds. Monde Numérique : [30:21] Un peu la tête forcément. Invité : [30:22] Si c'est beaucoup et pour autant il est extrêmement il est extrêmement intelligent et donc j'ai pas levé des fonds à ce moment là c'est venu c'est venu quelques mois plus tard, lors de notre deuxième levée de fonds ça c'est pas en fait au final ça s'est fait avec un seul américain et sinon c'était avec des européens et puis des actionnaires historiques français que j'avais ça. Monde Numérique : [30:44] Aurait pu être mieux non. Invité : [30:45] ? ça aurait pu être mieux mais en fait si tu veux ce qui est compliqué avec Ling c'est que je suis une société française, tout est basé à Paris, donc un américain investit dans une boîte à Paris, soit si tu t'appelles Mistral, qui est essentiellement des actionnaires américains bah pourquoi tu vois alors que je peux investir dans l'autre bain dans la Silicon Valley et pour, c'est très compliqué en fait de lever des fonds moi ça a toujours été ma bête noire, je dirais ma principale faiblesse c'est que malgré le projet malgré l'équipe les débouchés on n'a jamais eu plus de soutien que ça financier parce qu'en fait le monde financier, ne suit pas aussi bien l'actualité que des journalistes tech par exemple des dons qui se disent ah ok une boîte d'RVR hop je google la RVR quelles sont les headlines mais t'as perdu un milliard par mois bon, qu'est-ce qui fait que ce jeune là dans son garage à Paris avec ses trois mecs et la bande à Basile il va réussir là où Meta ou Magic Leap ou Microsoft n'y arrivent pas. Monde Numérique : [31:43] Oui, ils ont une lecture très analytique des choses, mais pas beaucoup de profondeur finalement sur l'histoire de la tech. Invité : [31:51] Ils n'ont pas le temps. Ils ont d'autres risques à gérer. Il y avait d'autres choses. Il y a d'autres techs qui se finançaient. La RVR, ça a toujours été un peu le vilain petit canard du financement. Et en fait, expliquer cette espèce de guerre asymétrique où d'un côté, tu as des financements en milliards et de montrer qu'avec quelques millions, on fait un truc qui est stupéfiant et que les gens veulent acheter. Et en fait c'est pour ça que juste après les US j'ai fait le Kickstarter et du coup en discutant avec Palmer parce que l'USI avait commencé en faisant un Kickstarter, le Kickstarter pour moi ça a été un outil pour montrer au monde financier que les gens voulaient notre produit et donc pour les gens en France qui souhaiteraient un jour financer leur produit, faites un Kickstarter, c'est un bon plan c'est plutôt un bon plan parce que ça montre un intérêt avec un engagement et un risque qui est quand même vachement contrôlé, c'est un peu un espèce de contrat, tacite entre des gens qui prennent un risque et qui veulent voir de belles innovations. Monde Numérique : [32:52] Voilà, Stan Larroque, fondateur de la société Lynx. Entretien passionnant, donc je suis sûr que vous en voulez plus. Alors rendez-vous mercredi 18 mars pour retrouver l'interview complet. Plus d'une heure d'interview en audio et en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. C'est la série Innovateur. Et on continue avec les autres invités de la semaine de Monde Numérique Lébdo. Bonjour Jean-Luc Haurais. Invité : [33:24] Bonjour Jérôme Colombain. Monde Numérique : [33:25] Vous êtes cofondateur et directeur de la recherche de la société Delentra, qui a développé, alors que l'on parle beaucoup en ce moment d'agents IA, d'interactions entre l'intelligence artificielle et le monde réel, vous avez mis au point chez Delentra un outil capable, dites-vous, de prendre la main sur un ordinateur, comme le ferait un humain, pour effectuer un certain nombre de tâches. En quoi ça consiste exactement ? Invité : [33:52] L'idée est venue au départ d'une demande. On s'est aperçu que de nombreux clients avec lesquels on travaillait précédemment, de nombreuses entreprises nous ont demandé régulièrement d'effectuer des développements à base d'agents agentiques, principalement sous forme de vertical. Donc chacun avait des besoins qui leur étaient bien évidemment propres. Et on s'est dit que ça allait être très compliqué de pouvoir satisfaire l'ensemble des besoins des collaborateurs d'une entreprise, sachant que chaque personne a des besoins différents à des instants T. Et on a commencé à réfléchir, il y a maintenant un petit moment, au développement d'une solution qui serait capable, dans l'absolu. Invité : [34:28] De pouvoir répondre à l'ensemble des fonctionnalités. En fait, on est parti de l'idée d'un chat GPT. Aujourd'hui, un chat GPT, il est horizontal, ou un cloud, ou un produit type Mistral. On est capable de poser des questions sur n'importe quel sujet pour avoir dans l'absolu des réponses, quelle que soit la problématique posée. On s'est dit, il faudrait trouver, mettre en place un outil qui serait capable de pouvoir correspondre à n'importe quelle typologie de demande. Et à partir de là, on s'est dit, on va développer une solution, qui devraient dans l'absolu être capables de prendre la main, effectivement, comme vous disiez, sur l'ordinateur de l'utilisateur, avec son accord, bien évidemment, et dans un environnement totalement sécurisé, de façon à pouvoir effectuer des tâches qui peuvent être redondantes. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, dès l'entrée, sa force, c'est la capacité, notamment, à pouvoir manipuler la souris, parce qu'aujourd'hui, une grande partie des logiciels que l'on utilise sur un ordinateur, que ce soit un Mac, un PC ou autre, s'utilise naturellement avec un trackball ou avec une souris en complément du clavier, parce que tout a été conçu pour une interface humaine. Invité : [35:30] Bien évidemment, nous on gère bien évidemment tout ce qui va être API, tous les protocoles MCP comme tout le monde, comme des petits camarades, mais l'idée c'est de pouvoir potentiellement prendre la main et donc piloter l'ensemble des logiciels présents sur un ordinateur et de ne pas se limiter uniquement à un seul produit. Monde Numérique : [35:48] Donc, par exemple, si on compare ça à un navigateur Atlas d'OpenAI ou celui d'Enthropic, etc., qui peuvent effectuer un certain nombre d'actions déjà sur l'ordinateur, pareil, bouger la souris, quelle différence ? Invité : [36:03] Alors, typiquement, si on devait comparer à un navigateur Atlas, le simple fait qu'on cite le navigateur démontre en fait la limitation du système. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les solutions d'OpenAI ou d'Enthropic, effectivement, sont tout à fait capables d'aller piloter un navigateur, mais nous, on parle d'aller piloter l'ensemble des applicatifs disponibles sur un operating system, que ce soit Photoshop pour aller faire des opérations complexes, que ce soit des logiciels de bureautique, des logiciels de 3D, et ça va aussi fonctionner sur un logiciel tel qu'un navigateur pour aller piloter un Sage ou un Salesforce. Monde Numérique : [36:38] Oui, vous sortez du navigateur, en fait. Invité : [36:40] Nous, on sort du navigateur, on fonctionne avec tous les produits, et qui dit tout produit, dit, bien évidemment, aussi le navigateur. Monde Numérique : [36:47] Bon, ça fait un peu peur, non ? Invité : [36:49] Alors, c'est vrai que ça fait un peu peur, mais tout a été conçu. Je suis d'accord, je suis d'accord. Alors déjà, bien évidemment, lorsque l'on met en place la procédure d'installation, on a la possibilité de choisir aussi les produits sur lesquels on souhaite que des lentras ne puissent pas accéder et ne puissent pas piloter. Déjà, c'est le point numéro un, qui peut le plus, peut le moins. Le deuxième point important, c'est que tout va s'effectuer dans un bac à sable sécurisé, ce qui fait que, bien évidemment, le nerf de la guerre, c'est la sécurisation de l'information. Et pour parler un tout petit peu technique, mais sans trop rentrer dans les détails, bien évidemment, on va utiliser des larges langages modèles, mais on va aussi utiliser des SLM, ce qu'on appelle donc des small langages modèles, donc des petits modèles, qui vont être directement installés, encore une fois avec l'accord de l'utilisateur, sur le poste client, et ces petits modèles vont être capables de faire une succession d'opérations sans avoir besoin de sortir cette information sur un réseau tel que l'Internet. Donc quelque part, on va sécuriser une grande partie des datas grâce au small language model, au petit modèle, et l'autre partie va être sécurisée dans un bac à sable sur le poste client. Monde Numérique : [38:00] Et alors, pareil, autre élément de comparaison, quelle différence avec le fameux Open Cloud qui permet également d'agents de faire plein de choses ? Invité : [38:09] Alors, Open Cloud, lui, il n'a pas été conçu au départ dans une approche B2B. C'est-à-dire que nous, notre vision, c'est surtout le marché des entreprises. Donc déjà, principalement, l'objectif, ça a été de concevoir un produit totalement sécurisé avec des COPS, avec des bacs à sable, avec tout un tas de process qui vont faire en sorte que le produit ne permet pas de faire fuiter des informations sensibles. OpenFlow n'a pas été conçu à la base dans cette approche-là. OpenFlow a été plus conçu pour être, on va dire, B2C dans un premier temps et permettre à n'importe qui, à des geeks, à des informaticiens, parce qu'il y avait quand même un protocole d'installation préalable. Monde Numérique : [38:46] On ne sait pas trop pourquoi il a été conçu, d'ailleurs. Invité : [38:48] Voilà, voilà, voilà. Ça part un petit peu dans l'entreprise. Monde Numérique : [38:51] C'est un peu exploratoire comme système. Mais c'est plein de promesses. Invité : [38:55] Ah, c'est plein, plein de promesses. Mais nous, typiquement, ce que fait OpenClaw en pilotant des logiciels, on est tout à fait capable de le faire. Mais avec deux points différenciants. Un, on a quelque chose que OpenClaw n'a pas, c'est la main sur tous les logiciels graphiques, parce qu'aujourd'hui, OpenClaw ne peut pas diriger, je ne comprends pas, on ne peut pas chasser rien, un illustrator ou un logiciel de ce type, parce que si vous n'avez pas d'API ou de protocole, il ne sait pas manipuler la souris, et donc il ne sait pas manipuler le logiciel sur le post-client. Il va utiliser le terminal, des protocoles tels que le MCP ou des APIs. Et l'autre point fondamental, c'est qu'on met sur la sécurité. C'est-à-dire que nous, notre marché, c'est vraiment les entreprises. Il n'est pas question qu'on puisse ouvrir les vannes et les ports de tous les côtés. Monde Numérique : [39:36] Alors, à quoi ça sert ? À qui c'est destiné ? Et pour faire quoi ? Invité : [39:40] Alors, en fait, le marché, il est juste potentiellement énorme parce qu'aujourd'hui, n'importe quelle personne qui utilise son ordinateur tous les jours pour effectuer des tâches qui peuvent être redondantes ou chronophages va pouvoir demander à Delentra d'effectuer ces tâches à sa place. De la même manière qu'aujourd'hui, vous demandez à ChatGPT de répondre à des problématiques, en fait, Delentra, il va être capable d'exécuter, les réponses à ces questions, à tout moment où ça nécessite bien évidemment l'usage d'applicatifs qui seraient mis à la disposition de Delentra. Donc en fait, ça touche potentiellement tout le monde et comme la communication et l'usage se fait par le langage naturel, en fait, on n'a pas de véritable barrière technologique à l'entrée, ce qui en fait un produit, facilement déployable au sein aussi bien des PME que des grandes entreprises. Monde Numérique : [40:28] Mais vous pouvez nous donner quelques exemples de tâches qui pourraient être accomplies par Delentra ? Invité : [40:34] Oui, oui. Par exemple, nous, on a demandé aujourd'hui, dans le FAS, justement, dans un cadre de recrutement, nous, on a demandé à Delentra pour d'analyser sur notre boîte mail, par exemple, tous les mails qui allaient arriver. On a reçu plus d'une centaine de mails. On a demandé d'analyser tout ça, de nous les traiter, de nous les mettre en local, sur notre serveur local, et de les formaliser, par exemple, dans un format Excel. Donc, on est passé de format PDF de différentes formes à un format Excel totalement normalisé. D'analyser sur notre hotlook et sur notre base de données les agendas de la personne chargée des ressources humaines, de sélectionner les meilleurs candidats par rapport aux critères qu'on a bien sûr définis nous-mêmes, attention, je ne dis pas que c'est Lya qui définit les critères, on choisit nos critères, et automatiquement de faire le matching des envois de mails pour gérer les recrutements et les disponibilités des candidats en fonction de leur disponibilité et de la disponibilité chez nous, de la personne d'ERH qui est plutôt à mi-temps et qui est aussi en télétravail. Et tous ces types d'opérations, ça se fait sans aucun développement. C'est-à-dire qu'à aucun moment, on n'a développé un agent vertical. À aucun moment, on a eu besoin d'un informaticien. Tout s'est fait, tout simplement, en langage naturel. C'est un exemple. Monde Numérique : [41:43] Ouais, donc pour du recrutement, en fait. Invité : [41:46] Pour du recrutement, on a demandé de faire des posts au LinkedIn. On a regardé comment il pouvait s'opérer. Il a commencé à travailler comme on le ferait un chat de GPT, sur le contenu. Et puis après, l'étape la plus intéressante, c'est qu'il a dit, maintenant, je vais regarder la maquette que vous avez déjà réalisée. Je vais ouvrir Photoshop. Je vais aller modifier la maquette sous Photoshop. Je vais aller modifier l'échanté. Je vais sauvegarder l'image sous Photoshop. Et je vais choisir le JPEG parce que je sais que le PSD, ça ne marche pas bien sur LinkedIn. donc il va faire directement la démarche et il dit maintenant je me connecte sur votre LinkedIn et je vais pousser l'information. Monde Numérique : [42:17] Il nous demande notre avis quand même pour. Invité : [42:19] Validation alors bien sûr à tout moment vous avez la possibilité déjà de faire stop ou pause il peut vous demander notre avis notamment quand il fait les baselines est-ce que vous êtes d'accord sur les slogans sur les titres, les accroches et après tout le monde il dit go et il y va on peut à tout moment sécuriser et on a bien sûr des logs qui vont permettre de voir l'ensemble des opérations qui ont été effectuées par Le Poste. Monde Numérique : [42:43] Eh bien, merci beaucoup Jean-Luc Haurais de la société Delentra à découvrir sur Delentra.com. Invité : [42:50] C'est ça ? Exactement. Merci Jérôme. Monde Numérique : [43:00] La cybersécurité à l'heure de l'intelligence artificielle, on en parle à travers une nouvelle série d'interviews dans le monde numérique en partenariat avec Orange Cyberdéfense. Je reçois pour ce premier épisode Vivien Mura. Invité : [43:13] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [43:14] Vous êtes CTO, donc directeur des technologies, de l'innovation chez Orange Cyberdéfense. Et avec vous, on va inaugurer cette série et on va essayer de voir en quoi l'IA change la phase de la cybercriminalité et donc de la cybersécurité. En deux mots, je rappelle que vous êtes ingénieur, vous êtes développeur, vous êtes passé par l'ANSSI, l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information, le super gendarme de la cybersécurité française et vous êtes sur Orange Cyber depuis deux ans. Alors, l'IA, ça change quoi très concrètement ? Quels sont les nouveaux risques, notamment pour les entreprises ? Invité : [43:54] Ce qui caractérise le paysage aujourd'hui de la menace, ce qui nous mobilise beaucoup vis-à-vis de nos clients qui sont victimes d'attaques, c'est cette cybercriminalité avec un contexte géopolitique qu'on sait, qui favorise des mouvements idéologiques, des mouvements qu'on appelle activistes, qui vont chercher à déstabiliser. Et puis, de plus en plus aussi des attaquants de très haut niveau qui vont mener des attaques sophistiquées sur des secteurs critiques. On a quelques exemples récents. Monde Numérique : [44:19] On le voit tous les jours. Invité : [44:20] Et on le voit tous les jours. Donc voilà, pour bien resituer le contexte, ce qui caractérise essentiellement notre menace aujourd'hui, c'est ça. Et effectivement, l'intelligence artificielle fait partie des tournements technologiques de notre numérique, qui a des incidences dans le monde cyber, qu'on va décrire du coup. Et derrière, ce que ça signifie immédiatement, c'est une complexité supplémentaire, pour les entreprises, pour les différentes organisations, qui doivent gérer aussi ces nouveaux risques. Donc, on a des risques qui sont liés à l'usage même de l'IA par des attaquants. Monde Numérique : [44:50] Concrètement, est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples ? Invité : [44:53] Alors, très concrètement, très difficile de savoir exactement ce que les attaquants font avec l'intelligence artificielle. On n'est pas derrière leur dos quand ils font. Néanmoins, ce qui émerge de manière déjà évidente depuis quelques années, c'est qu'ils accélèrent leurs attaques puisqu'ils utilisent nécessairement l'intelligence artificielle pour pouvoir exploiter des vulnérabilités beaucoup plus rapidement. Ça, ça fait partie des choses qui sont évidentes. Le temps entre la découverte d'une vulnérabilité et son exploitation est réduit maintenant à quelques jours, voire quelques heures. Monde Numérique : [45:25] Donc ça a accéléré la potentialité des attaques. Invité : [45:31] Absolument. C'est ce qu'on décrit dans le Security Navigator qu'on a sorti à nouveau cette année, qui est notre livrable annuel sur l'état de la menace. Et donc ça, ça fait partie des éléments les plus frappants et qui nous incitent aussi à mieux gérer ce qu'on appelle le patch management et à faire en sorte aussi de gagner cette bataille du temps. Monde Numérique : [45:46] Selon vous, quels sont les trois principaux risques aujourd'hui pour une entreprise en matière de cyber à l'heure de l'IA ? Invité : [45:54] Le plus flagrant, c'est une perte de maîtrise, de contrôle de ces données, des usages. C'est tellement intéressant de pouvoir utiliser des chatbots pour pouvoir avoir des réponses qui avaient forcément une tendance de la part des employés à utiliser ces systèmes, mais qui ne sont pas toujours maîtrisés. Il y a des entreprises qui parviennent à instaurer des modèles maîtrisés, mais ce n'est pas le cas de toutes. Ça, ça fait partie des risques les plus évidents. Nous, ce qui va probablement nous empêcher de dormir prochainement, c'est le fait que des systèmes d'IA puissent automatiser des workflows, des activités qui peuvent être sensibles. Et là, effectivement, on a des systèmes d'IA qui ne sont pas encore complètement fiables dans la façon dont elles opèrent, elles font ce qu'ils sont censés faire. Et puis, encore une fois, c'est une surface d'attaque potentielle qui peut être utilisée par les attaquants. Monde Numérique : [46:44] C'est donc le risque potentiel que représentent les fameux agents. Les agents intelligents qui se développent. On voit qu'il y a une accélération actuellement. On est en train de passer un peu de l'ère des chatbots, qui était sympa, à l'ère des agents qui, vous l'avez dit, vont s'inscrire dans des workflows. Donc, ils vont pouvoir prendre des décisions, agir véritablement au sein des entreprises. C'est ça qui vous empêche de dormir ? Invité : [47:09] C'est ça. Et puis, on a plus que des signaux faibles. C'est-à-dire qu'on n'est pas encore sur un phénomène de masse. Mais l'événement OpenClaw qui est récent montre bien que quand on a un projet comme ça, qui est extrêmement sympathique sur le plan des fonctionnalités, puisqu'on peut automatiser une partie de sa vie numérique. Monde Numérique : [47:26] On rappelle qu'OpenClaw, c'est ce système ouvert en open source qui permet de programmer des gens pour tout faire. Il y a un emballement autour de ça. Meta vient d'investir là-dedans. OpenAI a investi également. C'est hyper séduisant, mais c'est aussi très inquiétant parce qu'on est obligé de donner accès finalement à Les informations d'une entreprise, vous en particulier d'ailleurs. Invité : [47:52] C'est ça. En fait, ces systèmes concrétisent le cas d'usage, c'est-à-dire donnent un ancrage économique à ces systèmes d'IA dont on se pose beaucoup la question de savoir si effectivement il va avoir une rentabilité. Donc, c'est pour ça que c'est très séduisant. Donc, techniquement, on s'approche de plus en plus à cette possibilité d'automatiser des choses complexes. Et puis, il y a quelque chose de psychologique derrière. C'est très intéressant pour l'humain de se dire, finalement, ma machine, j'ai un peu tenté de la laisser faire parce que ça me fait gagner un temps considérable. Donc, à quel moment on va réussir à conserver l'humain dans cette boucle d'action ? Et à quel moment on va être tenté de laisser la machine atteindre des niveaux de privilèges pour orchestrer des systèmes de paiement, pour orchestrer des systèmes physiques d'IoT, des systèmes industriels, etc. Pour l'instant, on ne sait pas. Mais on doit être vigilant et s'assurer qu'effectivement, dans toute cette tendance, on insère la sécurité au bon endroit. Monde Numérique : [48:47] Les grands principes qu'il faut respecter et appliquer aujourd'hui, quelle que soit l'activité de son entreprise, ou encore plus si on se met à intégrer des solutions d'IA au sein des process, c'est quoi ces principes ? Invité : [49:05] Déjà, je pense qu'il y a une question qui est récurrente. Ce qui est bien avec l'IA, c'est que les vieilles recettes fonctionnent encore dans le domaine de la cybersécurité. On a parlé de sensibilisation, la sécurité by design. Il y a beaucoup de code maintenant qui est développé par les systèmes d'IA. C'est très pratique. C'est probablement l'avenir à court terme ou moyen terme. Mais est-ce que ce n'est pas dangereux, ça, précisément ? Alors, oui et non. Oui, mais autant que les développeurs qui prennent des bouts de code sur Internet, sur Instacoverflow ou ce genre de site et qui les copient dans leur logiciel. J'ai envie de dire, si on a des process de sécurité dans les cycles de développement, normalement, on arrive à quand même cadrer ça. Et puis, on n'est pas à l'abri que les systèmes d'IA proposent aussi des codes qui soient peut-être plus matures, peut-être... Un petit peu moins vulnérable. C'est là où il va falloir trouver l'équilibre entre ce que l'IA peut apporter en termes de robustesse de développement et, encore une fois, la question centrale de la compétence humaine qui doit être maintenue pour vérifier que derrière, on n'a pas des systèmes qui sont effectivement vulnérables. Monde Numérique : [50:12] Merci Vivien Mura. Invité : [50:14] Merci Jérôme. CTO d'Orange Cyberdéfense. Monde Numérique : [50:25] Voilà pour cet épisode de l'hebdo de Monde Numérique du 14 mars 2026. Merci de l'avoir suivi jusqu'au bout. Et bien sûr, retrouvez les interviews en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Un épisode par jour, une interview par jour. N'oubliez pas non plus de laisser un commentaire, 5 étoiles à propos de ce podcast sur votre plateforme d'écoute, Apple Podcasts ou Spotify en l'occurrence parce qu'on ne peut pas mettre des étoiles partout. Et puis bien sûr, vous pouvez réagir et m'envoyer des messages via le site mondenumérique.info ou directement sur les réseaux sociaux ou bien encore via l'application Monde Numérique signée Good Barber sur iPhone ou Android. Monde Numérique : [51:09] On se retrouve la semaine prochaine, samedi et puis en fait tous les jours de la semaine, bien sûr. Merci de nous suivre pour ne rien rater du meilleur de la tech. Passez une bonne semaine pleine de tech. Salut !
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