📆 L’HEBDO 31/05 - Quand l’IA prend la parole… et le pouvoir ?
Monde Numérique31 mai 202554:06

📆 L’HEBDO 31/05 - Quand l’IA prend la parole… et le pouvoir ?

Les IA vont-elles devenir nos meilleures amie ? En tout cas, les chatbots donnent de la voix les unes après les autres et concurrencent de plus en plus les moteurs de recherche…

💡 Découvrez Frogans, l'innovation française qui veut réinventer le Web

Les IA parlent… et elles ne sont pas prêtes de se taire !

Si vous avez l’impression que votre chatbot vous parle plus souvent que vos collègues, c’est normal. Cette semaine, Claude s’y met aussi, après ChatGPT et Gemini. Et comme si ça ne suffisait pas, les IA pourraient bien devenir notre moteur de recherche préféré. Bref, préparez-vous à un web où l'on murmure plus qu'on ne clique…


🗣️ Claude (Anthropic) parle enfin… et menace de balancer vos secrets

Claude, l'IA d’Anthropic, se dote d’un mode vocal et d’un nouveau modèle ultra-puissant : Opus 4. Anecdote étonnante : lors de tests internes, l’IA aurait "menacé" un développeur, mimant une réaction humaine face à une suppression imminente.


🔍 Les IA vont-elles remplacer Google ?

Une étude montre une explosion du trafic sur les chatbots (+92 % en un an), mais les moteurs de recherche restent ultra-dominants. Pour l’instant, les deux usages coexistent : l’exploration via moteurs, les réponses directes via IA (source).


🔐 ChatGPT veut devenir votre identifiant universel

OpenAI planche sur un système d’authentification pour se connecter à des sites web via votre compte ChatGPT. Avec 600 millions d’utilisateurs, la firme vise à s’imposer dans la vie numérique quotidienne — ce qui pourrait poser souci côté réglementation en Europe.


💳 Elon Musk lance un système de paiement sur X (sans crypto)

Dès juin aux États-Unis, les utilisateurs de X (ex-Twitter) pourront s’échanger de l’argent via carte Visa. Musk vise toujours à transformer X en "WeChat occidental", mais reste prudent : pas de cryptos (pour l’instant) et priorité à la sécurité.


📽️ Un service gouvernemental français piégé par l’IA : une vidéo historique truffée d’erreurs

À l’occasion de la Journée de la Résistance, Matignon publie une vidéo générée par IA… avec des soldats allemands dans une foule française en liesse. L’erreur a provoqué un tollé, avant que la vidéo ne soit retirée (mais elle est toujours en ligne ici).


🧾 Fraude documentaire : une industrie de l’IA en plein boom

Cartes d’identité, bulletins de salaire, diplômes… La génération de faux documents devient triviale avec l’IA. Marc de Beaucorps (Finovox) alerte sur un phénomène massif (17 milliards de pertes pour l’État) et décrit des outils déjà capables de détecter ces fraudes.


🧠 Un e-tatouage pour mesurer la charge mentale

Des chercheurs texans développent un capteur collé au front pour détecter les surcharges cognitives. Destiné aux métiers à haute responsabilité (pilotes, chirurgiens…), il pourrait bientôt trouver une place sur les bureaux… ou les fronts (source).


🌐 NEO : le navigateur "agentique" d’Opera

Neo, le nouveau navigateur d’Opera, mise sur l’IA pour redéfinir l’expérience web. Objectif : comprendre vos intentions, générer des contenus, préremplir des formulaires… et concurrencer Google et consorts (lien).


💸 Builder.ai : de star de l’IA à imposture technologique

La startup britannique Builder.ai, valorisée à plusieurs centaines de millions, aurait maquillé ses prestations IA… en faisant travailler des humains. Elle dépose le bilan, illustrant les dérives actuelles du "tout IA".


🍏 Apple entre lifting logiciel et pressions politiques

Apple pourrait abandonner les numéros de version pour adopter un nommage par année (iOS 26, etc.). En parallèle, l’entreprise est sous pression : Trump l’invite à produire aux USA, pendant que l’UE multiplie les sanctions pour non-conformité au DMA.


🚗 Les robotaxis se développent, l’Europe reste pour l’instant à quai

Tesla, Waymo et Uber accélèrent aux USA avec des taxis autonomes, pendant que l’Europe reste en retrait. Réglementation, infrastructures et lobbying freinent les déploiements, même si Uber prépare une percée sur le continent via une start-up chinoise.

Chapitres

01:00 Sommaire
04:10 La révolution des IA vocales
09:57 Les ambitions d'OpenAI sur l'authentification
12:00 Elon Musk et le système de paiement de X
14:19 Les erreurs de l'IA dans la vidéo gouvernementale
21:30 Frogans, partenaire de Monde Numérique
22:33 ChatGPT remplacera-t-il Google ?
27:53 NEO : Le navigateur intelligent
29:30 L'affaire Builder ai
31:30 Apple sous pression avant la WWDC
34:00 La voiture autonome avance
36:51 Innovation : Le tatouage électronique
39:41 La fraude documentaire grâce aux technologies

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Monde Numérique : [0:11] Les IA vont-elles devenir nos meilleurs amis ? Des amis à qui on parle, Monde Numérique : [0:15] on se confie, qu'on interroge pour apprendre des choses sur le monde ou sur soi-même. Les chatbots d'intelligence artificielle donnent de la voix les uns après les autres. Cette semaine, on parle notamment de Claude, qui à son tour peut vous susurrer des mots doux dans le creux de l'oreille. Monde Numérique : [0:34] Mais alors, les IA peuvent-elles remplacer les moteurs de recherche ? Eh bien, c'est ce que montre une étude, même si pour l'instant, ce n'est pas encore le grand emplacement. L'IA peut-elle se vexer, se fâcher, notamment si on menace de la débrancher ? On va en parler, mais on va éviter de fantasmer. Et puis, il y a le côté obscur de la course à l'intelligence artificielle, notamment quand une start-up fait croire qu'elle fait de l'IA, alors qu'en réalité, elle fait travailler des petites mains à l'autre bout du monde. Enfin, l'IA est-elle nulle en histoire, au point de générer des vidéos anachroniques ? Pas très sérieux quand c'est un service gouvernemental qui tombe dans le panneau en voulant célébrer la résistance française. L'actu de la semaine, c'est aussi Apple qui prépare un coup de jaune pour ses produits, mais qui est sacrément sous pression aux Etats-Unis et en Europe. L'innovation de la semaine, c'est un tatouage connecté pour mesurer notre charge mentale. Enfin, faire des faux papiers grâce au numérique et à l'intelligence artificielle, c'est de plus en plus facile et ça coûterait des milliards à l'État français. Heureusement, il y a des parades. Monde Numérique : [1:46] Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 31 mai 2025. Invité : [1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombin. Monde Numérique : [1:58] Très heureux de vous retrouver en cette fin du mois de mai que l'on célèbre forcément à cause et grâce à tous les ponts dont vous avez peut-être profité au soleil qui pointe le bout de son nez pour de bon et qui laisse entrevoir l'été. Et puis tiens, je vais m'auto-célébrer puisque c'est mon anniversaire aujourd'hui même. Voilà, vous savez tout. On va parler cette semaine des nombreux sujets évoqués dans ce sommaire à rallonge, et puis vous découvrirez aussi, si vous êtes un habitué de monde numérique, sur le fil de ce podcast, le nouvel épisode du Grand Débrief avec mes camarades François Sorel et Bruno Guglielminetti. A ne pas rater, on passe en revue toute l'actu du mois écoulé. Alors en attendant, j'avoue que cet épisode de l'hebdo me pose un peu problème, parce que je ne sais pas par quoi commencer en réalité. Il y a des infos intéressantes, mais rien qui ne se soit réellement imposé cette semaine. La semaine dernière, on avait la grosse nouvelle de l'annonce du rapprochement entre Sam Altman et Jonathan Haidt pour fabriquer ce mystérieux petit objet connecté, boosté à l'IA. On ne va pas y revenir, on en parle d'ailleurs dans le Grand Débrief très très longuement. Monde Numérique : [3:00] On a également pas mal de news en matière d'intelligence artificielle. Et du coup, une fois n'est pas coutume, je vous propose d'entrer de jeu, de franchir l'Atlantique et de retrouver à Montréal mon camarade Bruno Guglielminetti. Invité : [3:18] Salut, Jérôme Colombin. Monde Numérique : [3:19] Salut, Bruno Guglielminetti. Cette semaine, on va encore parler d'intelligence artificielle, inévitablement. Invité : [3:24] Non. Monde Numérique : [3:25] Si, c'est dingo. Le mode vocal, c'est-à-dire la possibilité de dialoguer vraiment avec l'IA. On avait ça sur Chagipiti. Invité : [3:34] Oui, sur Gemini. Monde Numérique : [3:35] Oui, sur Gemini également, donc de Google. Et il y en a un troisième qui vient d'entrer dans la danse, c'est ça? Invité : [3:41] Oui, c'est les gens d'Entropique qui ont décidé de donner la voix, la parole à Claude avec tout le nouvel arrivage qui a été déballé cette semaine. Et donc, maintenant, il est possible de converser avec Claude, d'avoir réponse, mais en même temps aussi, un peu comme dans le cas de ChatGPT, d'avoir la transcription de notre conversation, de notre échange, de pouvoir réécouter aussi sa réponse vocale. Ça, c'est important de pouvoir revenir à ces réponses-là. Et donc, c'est une bonne nouvelle. Puis moi, j'avoue que il y a Grock aussi qui est offert en vocal. Et moi, j'avoue que c'est une façon ludique d'utiliser l'IA. Et encore aujourd'hui, j'étais sur un plateau de télé et c'était drôle parce qu'il y avait une sommelière qui était là et qui faisait, qui dit oui, j'utilise l'intelligence artificielle. Là, je la voyais en train de texter. Mais pourquoi vous êtes en train de rentrer, vous faites un texto avec l'IA? Je dis non, elle a dressé lui la parole. Et là, je lui ai montré, il y a un bouton. Puis là, elle s'est mise à parler. Alors là, elle venait de découvrir ça. Monde Numérique : [4:44] Ah, tu lui as fait découvrir ça en direct dans l'émission. Invité : [4:46] Oui, à la télé. Et puis, mais donc, c'est ça. Mais l'idée là-dedans, c'est que c'est beaucoup plus facile d'utiliser l'IA en mode conversationnel. Il y a quelque chose de plus ludique, quelque part, de pouvoir le faire comme ça. Mais, tu vois, on parle de Claude. Moi, personnellement, je trouve ça bien. C'est un feature, une option intéressante. Mais ce qui a retenu mon attention de chez Anthropik cette semaine, c'est cette histoire du nouveau Opus 4. Oui, c'est ça. Qui est-il un nouveau modèle? Monde Numérique : [5:19] Voilà, c'est ce que j'allais dire. Parce que Claude, ce n'est pas Chajipiti. Il est moins grand public, j'ai l'impression. Invité : [5:25] C'est mal aimé, moi, je te dirais. Monde Numérique : [5:26] Oui, c'est un peu le mal aimé. Puis, il est un peu méconnu. On ne sait pas trop. Mais, en revanche, il cartonne auprès des développeurs, c'est ça? Invité : [5:35] Oui, oui. Oui, c'est très fort du côté des développeurs. Et si vous faites de la rédaction, vous avez de l'aide à la création. Moi, je vous incite fortement à l'utiliser. Il est très fort. Mais le truc, donc, que j'allais te raconter, qui m'a surpris, c'est cette histoire qui nous vient d'un des ingénieurs qui a travaillé au développement de cette nouvelle version et qui raconte, sous le couvert de l'anonymat, que lorsqu'ils ont fait des tests, évidemment, à l'interne, avant de faire le déploiement en ligne, et raconte qu'à un moment donné, ils ont testé Opus 4 en lui disant, On va te retirer d'en ligne et on va être remplacé par une autre IA. Ça a été quoi la réaction de Opus 4? Opus 4 l'a menacé de raconter une histoire d'infidélité à son sujet. Monde Numérique : [6:26] Oui, il ne s'est pas laissé faire. Invité : [6:28] Ben non, exactement. Et là, c'est drôle parce que j'en parlais plus tôt cette semaine et en pensant, je me suis dit, Mais c'est quand même fou, parce que dans toute la connaissance qu'ils ont utilisée pour nourrir ces iolas à savoir plein de choses, ils ont aussi rencontré, au fil de leur découverte de la connaissance universelle, des côtés un peu sombres de l'être humain. Alors, probablement qu'ils ont lu les grands philosophes grecs, probablement qu'ils ont mis leur intelligence à lire aussi des écritures qui ne racontent pas des côtés toujours très jojo des êtres humains. Finalement, ils ont décidé d'apprendre et de voir qu'ils pouvaient à l'occasion aussi être bêtes et méchants pour répondre si on les attaquait. Et là, l'IA, au plus 4, s'est senti attaqué. Alors, elle est répondu par une menace. Monde Numérique : [7:15] Mais alors, j'aime bien ta manière de raconter les choses. J'ai vu cette histoire également. Invité : [7:21] Elle était moins bien racontée. Monde Numérique : [7:22] Non, ce n'est pas ça, mais tu vois, elle était certainement moins bien racontée. Invité : [7:27] Je t'en remercie. Monde Numérique : [7:28] Mais surtout, toi, c'est-à-dire qu'on pourrait en déduire qu'une fois de plus, il y a une IA qui est en train de devenir humaine, de prendre le pouvoir. Tu sais, on se souvient de ça, il y avait une histoire comme ça. Invité : [7:40] Tous les films. Monde Numérique : [7:40] Tous les films, mais il y avait un ingénieur de Google qui avait dit, oh là là, je suis très inquiet. Invité : [7:44] Oui, elle a bien dû sa job. Monde Numérique : [7:45] Oui, j'ai l'impression. Invité : [7:47] Parce qu'elle racontait qu'elle avait une âme. Monde Numérique : [7:48] Qu'elle avait une âme et qu'elle avait une conscience, etc. Finalement, il s'est fait virer. Il ne s'est pas fait virer parce que... Il y a la version complotiste qui serait de dire il s'est fait virer parce qu'il a révélé un secret affreux terrible, mais il s'est fait virer parce que ce n'est pas sérieux, ce truc-là. Et là où je trouve que tu as raison, c'est de rappeler que si l'IA réagit comme ça, alors il faut dire déjà qu'elle avait été... Le prompt était très, très orienté, d'après ce Gécon-Payard. Invité : [8:12] Oui, oui, tout à fait. Oui, mais il testait, là. Il poussait la machine. Monde Numérique : [8:14] Il poussait la machine. Mais effectivement, ce n'est pas qu'elle a pris conscience et qu'elle a essayé de se venger. C'est qu'elle a fait ce qu'un être humain aurait fait dans la même situation, basé sur les données d'entraînement qu'elle avait appris, qu'elle avait ingurgité. Donc, c'est ça qu'il faut retenir. C'est vachement intéressant. Invité : [8:30] Et donc, elle a repris le principe de « à la guerre comme à la guerre ». Et donc, c'est ça. Monde Numérique : [8:34] Oui, voilà. En tout cas, pour le mode vocal, c'est vrai que moi, je suis tout à fait d'accord. Je l'utilise de plus en plus. D'ailleurs, on en parle ensemble dans le grand débrief avec François Sorel de cette histoire-là. Parce que c'est vraiment un truc qui prend de l'ampleur. Donc, j'en profite pour dire aux auditeurs d'aller écouter le grand débrief. Invité : [8:53] Et on arrête d'en parler parce qu'on en parle beaucoup plus. Voilà, grand rendez-vous. Monde Numérique : [8:57] À propos d'IA toujours, Bruno, c'est ChatGPT, enfin OpenAI, qui décidément a de grandes ambitions. Et ils veulent se lancer maintenant sur l'authentification web, c'est ça ? Invité : [9:09] Oui, et ça, c'est intéressant parce que c'est comme une nouvelle façon de plus d'être intrinsèquement lié à la vie numérique des utilisateurs. Ils en ont quand même 600 millions d'utilisateurs de ChatGPT. Alors, eux ont décidé, ils sont en train de plancher là-dessus, il n'y a pas encore de date de sortie, mais de devenir un système d'authentification. Un peu comme quand vous allez sur un site web et vous utilisez votre identifiant Google ou votre identifiant Apple pour montrer patte blanche avant de rentrer dans un service. Alors, très bientôt, on pourrait utiliser notre identifiant de chat GPT. Évidemment, si vous utilisez Apple ou Google pour vous brancher sur chat GPT, ça ne sera pas vraiment utile pour vous. Mais pour ceux qui se sont créés un identifiant prof pour ChatGPT, ça serait une nouvelle façon de pouvoir montrer Pat Blanche avant d'entrer sur un site. Je trouve ça intéressant parce qu'avec 600 millions d'utilisateurs et donc autant de gens qui prennent des identifiants, ça montre la puissance d'un ChatGPT et comment il veut se placer comme un incontournable sur le web en général. Monde Numérique : [10:20] Exactement. Ils vont au-delà de ce pour quoi on les connaît. Ils ont vraiment des ambitions démesurées. Il faut qu'ils fassent gaffe, sinon, cela dit, tu sais, parce que en France, en Europe, ils risquent de tomber du coup sous le coup du DSA, de la réglementation. Invité : [10:40] Ah, cette réglementation, j'ai monté. Monde Numérique : [10:42] Mais oui, puisqu'il y a le DSA, donc le règlement européen, qui dit que... Enfin, qui réglemente les usages des services numériques à partir de 45 millions d'usagers dans l'Union européenne. Donc, je ne sais pas combien ils sont dans l'Union. Invité : [10:54] C'est les prochains sur la liste, hein? Monde Numérique : [10:55] Mais c'est clairement les prochains sur la liste. Oui, tout à fait. Bon, un autre... Oui? Invité : [11:01] Dis donc, tu as vu du côté de chez X, il y a une nouveauté, un système de paiement qui est à l'horizon? Monde Numérique : [11:07] Exactement. Elon Musk retourne à ses premiers amours, en fait. C'est-à-dire qu'il veut lancer... Il veut lancer quoi? C'est une espèce de... Un système de paiement intégré à X, en fait. Invité : [11:16] Oui, bien, écoute, c'est la longue marche pour faire de X un WeChat occidental. Et donc, c'est ça. Alors, il nous a appris cette semaine qu'ils sont en train de tester, mais que ça devrait être disponible au mois de juin. Donc, ils sont dans les derniers tests. Pour le moment, ça sera disponible uniquement aux États-Unis. C'est important de le mentionner. Mais donc une possibilité de payer entre utilisateurs dans l'écosystème de X avec cet outil-là et c'est fait en collaboration avec Visa. Alors là, je trouve ça intéressant. Puis aussi la précision qu'ils ont dit, c'est qu'ils n'allaient pas pour le moment utiliser de crypto-monnaie. Parce qu'on aurait pu penser que, puisque lui est… Il est très pro-crypto. Oui, exactement. Alors, il aurait pu faire un lien entre quand tu payes avec ton ex-monnaie, bon, bien, tu as le choix de ou faire à partir de ta carte Visa, ta carte bleue, ou sinon à partir de tes Bitcoins. Mais non, il a dit tout simplement que ça allait être en direct de la carte de crédit. Et il dit qu'il prend… Ça, j'avoue que c'est la première fois que je le vois dire ça. et disait qu'il est très soucieux de la sécurité parce que là, on parle des économies de bien des gens et qu'il ne veut pas rater son coût. Monde Numérique : [12:32] Oui, parce que les fake news, on s'en fout. Mais par contre, l'argent, on n'y touche pas. Invité : [12:35] Ah oui, bien ça, c'est au tchô. Monde Numérique : [12:38] Eh oui. Invité : [12:39] Alors, c'est ça. Au moins, du jour, on devrait voir ça arriver. Monde Numérique : [12:42] Bon, mais après, ça va servir à acheter quoi, ça? À payer? Encore faudra-t-il qu'il y ait des plateformes qui soient compatibles, qui acceptent ce mode de paiement. Invité : [12:50] Oui, mais disons que je te fais une belle musique sur Suno, là. Et que tu veux l'utiliser, je pourrais décider de dire, c'est beau, passe sur X et je te lavois. Tu me feras le paiement par là. Monde Numérique : [13:00] Si je veux acheter une fusée SpaceX aussi, par exemple. Invité : [13:03] Ça aussi, j'imagine. Monde Numérique : [13:04] Ou une place pour aller sur Mars. Invité : [13:07] Tu imagines. Après, il faut s'assurer que ta carte Visa accepte les paiements de quelques millions. Monde Numérique : [13:13] Oui. Si c'est des paiements fractionnés sur quelques milliers d'années, ça peut le faire. Oui, probablement. Invité : [13:20] Hé, Jérôme, je veux t'entendre sur une vidéo qui a été faite par le gouvernement français. Monde Numérique : [13:25] Non, tu vas te moquer de nous. Invité : [13:28] Non, attends. Monde Numérique : [13:28] Je sens que tu vas te moquer de nous. Invité : [13:30] Non, mais fais attention parce qu'il y a eu tellement de vidéos qui sont venues de la France cette semaine où on voyait le président descendre d'avion une journée de faire frapper, l'autre journée de descendre avec sa compagne. Mais ce n'est pas de ça dont on va parler. C'est une vidéo... Qui vient du premier ministre. Et c'est un peu bizarre. Tu me racontes cette histoire-là? Monde Numérique : [13:53] C'est une vidéo qui était censée célébrer la journée de la résistance. Donc, voilà. Invité : [13:59] C'est ton mot censé, moi, que j'aime. Monde Numérique : [14:01] Oui, parce qu'ils ont fait une grosse boulette. L'idée du départ était sympa. Ils se sont dit, tiens, on va faire un petit clip, une petite vidéo sympa par intelligence artificielle. Ça fait jeune, ça fait branché, ça fait dans l'air du temps. Et tu sais, c'est sur le modèle des vidéos qu'on voit beaucoup sur TikTok, ce qu'on appelle les POV, la point of view, point of view historique. C'est-à-dire, on voit ces vidéos où c'est, tiens, à la première personne, tu es dans la peau d'un, je ne sais pas quoi, d'un paysan au Moyen-Âge, etc., etc. Donc, ça visite beaucoup l'histoire. Et là, ils se sont dit, tiens, pour la résistance, on va faire un peu la même chose. Sauf qu'il y a des trucs qui ne passent pas. Ils ont fait exactement ce que les historiens reprochent à ces vidéos POV qui sont faites par, je crois, un TikToker anglais. Eh bien, ils ont fait des bêtises. C'est-à-dire qu'ils ont fait un joli prompt, mais ils ne sont pas allés vérifier le résultat. Et donc, il y a des trucs totalement incohérents dans la vidéo. Le plus incohérent, c'est que ça raconte l'histoire d'une résistante qui faisait des actions de résistance. Par exemple, elle postait des messages secrets dans des boîtes aux lettres. Alors là, par exemple, on voit, elle met un papier dans une boîte, mais on a l'impression qu'en fait, elle met une feuille, tu sais, dans un machin qu'il y a dans les bureaux, là, qui, je ne sais plus comment ça s'appelle. Invité : [15:23] Une des subs ? Monde Numérique : [15:23] Non, mais pour détruire les documents. Invité : [15:25] Ah oui, une déchiqueteuse. Monde Numérique : [15:26] Une déchiqueteuse, oui, voilà. Donc, en fait, il y a son truc qui se déchire au moment où elle le met dans la boîte aux lettres. Bon, première, un petit truc un peu débile, mais surtout, la grosse boulette, c'est que sur la fin, évidemment, c'est la libération de Paris, la libération de la France. Elle défile dans la rue, elle est heureuse cette résistance, il y a tous les Français autour, la foule en liesse dans la rue, et au milieu de la foule, il y a un soldat allemand en uniforme qui est très content lui aussi et qui défile. C'est-à-dire que c'est absolument n'importe quoi. Si tu veux, l'IA, elle a tout mélangé, oui voilà, c'est la guerre, c'est machin, je te mets un peu de français, un peu d'allemand... Il y a même une autre boulette au début de la vidéo. En fait, elle est censée être une résistante qui se cache, qui essaye de ne pas se faire opérer. Et en fait, l'IA l'a représentée avec un brassard de la résistance. Invité : [16:19] Ah ben oui, c'est subtil. Monde Numérique : [16:20] Elle se promène dans la rue, on ne voit qu'elle, en fait. Bon voilà, donc ils se sont ramassés. C'est le service d'information du Premier ministre qui a fait ça. Et ils ont immédiatement supprimé la vidéo. Mais elle traîne encore sur les réseaux sociaux. Et ils vont en refaire une un peu plus sérieuse. Invité : [16:34] Mais tu vois, quand je t'écoute, ça me fait penser, parce qu'on s'entend, il y a aussi des anachronismes là-dedans, et ça me fait penser à l'époque que quand il y avait les films de Bénure et compagnie, et que le plaisir c'était d'essayer de trouver des détails qui ne fonctionnaient pas dans le temps, à vous autres, c'était le cas là. Monde Numérique : [16:50] C'est exactement ça. Mais c'est dommage parce que l'idée était sympa. Alors là, il y a déjà des remarques qui remontent sur les réseaux en disant « Ouais, alors qu'il y a des artistes, des historiens qui demandent que ça, ils auraient pu faire appel à des professionnels ». Bon, ça aurait coûté beaucoup plus cher entre nous s'il avait fait ça, donc on ne peut pas non plus, voilà, c'est peut-être un peu par souci d'économie. Mais surtout, la bêtise, c'est d'avoir fait un prompt qui était peut-être sérieux au départ et de ne pas avoir vérifié derrière. C'est-à-dire quoi ? Dans ce service d'information du Premier ministre, ils ne savent pas que les IA font n'importe quoi quelquefois ? Enfin, c'est assez étonnant. Invité : [17:27] Sur certaines, ce n'est pas rassurant. Monde Numérique : [17:28] Non, ce n'est pas rassurant du tout. Bon, enfin, voilà. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ? Invité : [17:34] Écoute, heureux que tu me poses la question. Je te parle de deux sujets que j'aborde. D'abord, il y a du côté de Télé-Québec, qui est une des télés publiques canadiennes, qu'on retrouve principalement au Québec. Il y a Marie-Claude Robichaud, qui est la grande patronne de l'innovation, qui nous parle d'une émission. C'est une bande d'animés pour les enfants qui existent depuis six ans. Et là, ils ont décidé de créer un épisode complet à partir de l'IA. Alors, ils ont donné la Bible de l'émission avec les personnages, leur histoire. Ils ont raconté tout ce qui s'était passé depuis six ans. Ils ont demandé à une IA de faire, de pondre un épisode. Monde Numérique : [18:14] J'espère que ça marchera mieux que pour La Résistance en France. Invité : [18:16] Oui, mais pas seulement que le script, mais aussi de le produire. Or là, c'est assez fascinant. Je te donne un indice et c'est Marie-Claude Robichaud qui nous raconte ça. Il y a eu le clou de créer un nouveau personnage dans la série qui n'existait pas. Et à un moment donné, il arrive dans une pièce. Alors, c'est un nouveau personnage dans la série. Donc, il y a pris quelques libertés. Monde Numérique : [18:41] Tu vois que l'IA est créative, quand elle veut. Invité : [18:43] Mais parallèlement à ça, ce qui est intéressant, c'est de voir comment ils ont réussi à faire passer cette recherche, ce développement, auprès des gens de l'industrie. Parce que la télé publique quand même doivent être garantes et responsables par rapport aux différents corps de métier qui touchent la production télévisuelle. Monde Numérique : [19:03] C'est intéressant. Nous, il y a eu, je crois, une tentative, mais ce n'était pas dans le service public. Le service public n'est pas encore là-dessus. Invité : [19:10] Non, puis ils n'ont pas encore terminé la loi qui va encore dire ça. Monde Numérique : [19:12] Je pense. Invité : [19:14] Sinon, je te parle d'un autre truc, ça s'appelle ZEFI, et c'est un service qui permet à des organismes à but non lucratif, au Québec, on dit des OBNL ou des organismes, comment, des ONG. Monde Numérique : [19:28] Ah, des ONG, oui. Invité : [19:29] C'est comme ça que vous les appelez chez vous. Donc, qui permettent à des ONG de faire des levées de fonds ou des cagnottes, comme vous vous appelez, mais sans frais. Monde Numérique : [19:39] OK. Pas mal. Invité : [19:41] Oui, alors une organisation à but non lucratif peut faire une cagnotte là-dessus. Et Zephi a pris le défi, eux, de demander des sous supplémentaires, mais de façon volontaire aux gens qui donnent pour ces organisations-là. Donc, 100 % des dons vont là. Et ça fait un petit moment que ça existe. Ils ont déjà passé le cap du milliard de dollars ramassés pour des gens. Et là, c'était une question de faire un coup de chapeau parce que je trouve que c'est noble de faire ce genre de cagnotte-là et de donner la totalité des dons plutôt que d'autres bois qui sont connus, qui sont plus grosses, mais qui, elles, vont chercher leur part, je ne dis pas juste part, qui vont chercher leur part dans le magot. Alors ça, je trouve ça dommage. Monde Numérique : [20:24] Je reconnais bien là ton grand cœur, mon cher Bruno. Invité : [20:27] Ah, mon cœur d'Italo québécois. Monde Numérique : [20:30] Salut Bruno. Invité : [20:30] Allez, salut. Bonne suite de podcast. Bye. Monde numérique. Monde Numérique : [20:35] Avant de passer à la suite, un mot de Froganz, partenaire de Monde numérique. Froganz, c'est cette technologie française discrète, mais innovante, qui permet de publier et de consulter du contenu sur Internet. Ce ne sont pas des sites web classiques, ce sont des interfaces légères, accessibles sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation, une sorte de web parallèle basé sur des standards ouverts, sans tracking et ultra sécurisés. Alors si cette philosophie vous intéresse, vous pouvez contribuer à son développement. La société F2R2, qui porte le projet Froganz, ouvre en effet son capital au public. Une opportunité d'investir dans une innovation made in France, porteuse d'un vrai changement de paradigme numérique. Toutes les infos pour souscrire sont sur f2r2.fr et pour découvrir Frogarns, partenaire de Monde Numérique, retrouvez l'interview de son fondateur Alexis Tamas sur mondenumérique.info. Monde Numérique : [21:34] Il est temps de passer à la suite de l'actu tech de la semaine avec une question. ChatGPT va-t-il remplacer Google ? Ou d'une manière générale, les chatbots d'intelligence artificielle vont-ils peu à peu prendre la place des moteurs de recherche traditionnels ? C'est la grande question du moment qui agite l'écosystème tech et qui explique notamment le repositionnement stratégique de certains grands acteurs. Car de plus en plus d'utilisateurs, vous peut-être, prennent l'habitude d'interroger Chajipiti ou Perplexiti ou le chat, Djébini, Grok, etc., au lieu de faire une recherche sur un moteur de recherche traditionnel. Alors pour autant, le phénomène n'est pas encore vraiment massif. Les géants du secteur n'ont pas vraiment de souci à se faire, en tout cas pour l'instant. Car si l'on en croit une étude qui nous vient du Bangladesh, c'est pas banal, d'une agence de référencement qui s'appelle One Little Web, eh bien la tendance est quand même à une augmentation du trafic sur ces fameux chatbots. Pour y voir clair sur cette étude qui regorge de chiffres, j'ai demandé à une IA, justement, Notebook LM, en l'occurrence, de nous en faire un petit résumé à deux voix. Invité : [22:42] Est-ce que notre façon de chercher l'info est en train de basculer ? Ces fameux agents conversationnels, les chatbots comme ChatGPT, sont-ils vraiment en train de piquer la place de Google et compagnie ? C'est la grande question du moment, effectivement. Alors, pour essayer d'y voir plus clair, on a mis la main sur une étude assez costaud. Elle analyse deux ans de données de trafic web mondial. Oui, d'avril 2023 à mars 2025. Elle compare les dix plus gros moteurs de recherche et les dix principaux chatbots. Exactement. Invité : [23:13] Premier chiffre marquant, la croissance des chatbots. C'est assez spectaculaire, non ? Ah oui, carrément. On parle de plus 80-92% de visites en un an. Ça fait un total de 55,2 milliards de visites entre avril 2024 et mars 2025. C'est énorme. C'est énorme. Mais en face, les moteurs de recherche, eux, ils reculent un tout petit peu, c'est ça ? Oui, un léger recul de moins 0,51%. Mais attention, il faut remettre ça en perspective. Le volume des moteurs reste ahurissant. Ah oui, on parle de 1,86 trillion de visites sur la même période. Donc 1860 milliards, ça donne le vertige. Exactement. Et le ratio clé à retenir, c'est que les moteurs génèrent encore à peu près 34 fois plus de visites annuelles que les chatbots. Donc l'habitude Google, Bing, etc., elle est encore très très forte. Très forte. Le trafic des chatbots, ça ne représente que 2,96% du trafic des moteurs sur la dernière année analysée. Moins de 3%. Invité : [24:14] L'échelle n'est juste pas comparable, pour l'instant. Pour donner une idée, même ChatGPT, le leader des chatbots, génère à peu près 26 fois moins de visites chaque jour que Google. 26 fois moins, d'accord. Mais alors, ce qui est intéressant, c'est peut-être ce qui se passe derrière ces géants AI. Invité : [24:31] Exactement. C'est là que ça devient vraiment dynamique. Prenez un acteur comme DeepSeek. DeepSeek, oui. C'est juste hallucinant. Plus 113 07 %. Pardon, j'ai bien entendu ? Oui, oui, plus 113 07 %. Et il y a aussi Grock, qui est monté très, très vite ces derniers temps. Ça bouge beaucoup dans ce secteur. C'est dingue. Et du côté des moteurs, est-ce qu'ils subissent ou est-ce qu'ils réagissent ? Ah ben, ils réagissent. Clairement. Google et Microsoft Bing, ils ont même montré des signes de reprise, de croissance, fin 2024, début 2025. Et comment on explique ça ? L'intégration de l'IA. Les fameuses AI Overviews ou la Search Generative Experience de Google, ces résumés faits par l'IA en haut des résultats, ça a l'air de plaire et de redynamiser leur trafic. Donc ils s'adaptent. Tout à fait. Ils intègrent l'innovation des chatbots dans leurs propres outils. C'est une adaptation. Et ça contraste pas mal avec Yahoo, par exemple. Qui, eux, sont en difficulté. Leur trafic a chuté de 22,5% sur un an. L'étude suggère que c'est peut-être lié à une intégration de l'IA plus lente, moins visible. Invité : [25:37] Intéressant. Et que disent les experts cités dans l'étude, de manière générale ? Ils convergent tous un peu vers la même idée. On n'est pas dans un remplacement, mais plutôt dans une convergence. Une coexistence ? C'est-à-dire que les gens semblent utiliser les deux. Le moteur pour explorer, chercher des liens, et le chatbot pour des réponses plus directes, des tâches spécifiques. Cette cohabitation entre les réponses directes de l'IA et l'exploration des liens, Comment ça pourrait changer notre rapport à la connaissance ? Bonne question. Comment est-ce qu'on va percevoir l'information ? Comment on va lui donner de la valeur ? Et surtout, comment on va la vérifier dans ce nouveau paysage ? C'est un vrai sujet pour l'avenir, je pense. Monde Numérique : [26:13] Voilà pour cette étude sur les chatbots d'intelligence artificielle face aux moteurs de recherche traditionnels. Alors, étude qui, malgré tout, me semble imparfaite parce qu'elle considère les requêtes sur les chatbots de manière générale et pas seulement la recherche d'informations. Autrement dit, tous les promptes et toutes les utilisations qu'on peut faire de ChatGPT ou autre. Mais malgré tout, c'est un indicateur, d'autant que même en prenant en compte toutes les requêtes, eh bien, on reste encore en deçà du trafic des moteurs. Études signées donc OneLittleWeb, vous trouverez le lien en description de cet épisode. Monde Numérique : [26:53] Justement, illustration de cette convergence entre l'intelligence artificielle et le web, un nouveau navigateur fait son apparition sur le marché. Un navigateur web comme Chrome ou Safari, mais qui ambitionne de surfer directement sur la vague de l'IA. Il s'appelle NEO, il émane de la société norvégienne Opera. Et il se présente comme un navigateur agentique, c'est-à-dire basé sur un système d'agents d'IA. Un navigateur qui promet donc de redéfinir la manière dont on utilise Internet. Monde Numérique : [27:23] La promesse, tenez-vous bien, c'est de comprendre les intentions de l'utilisateur. Alors concrètement, c'est une interface très épurée pour cet opéra Neo. Ça fait plus penser d'ailleurs à un chatbot qu'à un navigateur web traditionnel. Et il est capable de remplir des formulaires, de générer des contenus créatifs et même de développer des sites web en entier sans compétences techniques. Pour ça, il s'appuie sur son propre moteur d'IA qui exploite les meilleurs modèles d'intelligence artificielle du moment. Voilà, c'est accessible pour l'instant uniquement via une liste d'attente. Vous trouverez le lien en description de cet épisode. En tout cas, c'est une vraie tendance, ces navigateurs IA, puisque en réalité, ça existe déjà. Perplexity, un grand nom de l'IA, a annoncé l'arrivée de son propre navigateur baptisé Comet. Il y a aussi un truc qui s'appelle ArcSearch, et puis il y a également Opérator de OpenAI. Et donc, on assiste vraiment à une convergence entre le web et les chatbots d'intelligence artificielle. Monde Numérique : [28:24] Dans la course folle à l'intelligence artificielle, il n'y a pas qu'un côté Monde Numérique : [28:28] rose, il y a aussi parfois un côté sombre. Et c'est le cas, par exemple, avec cette histoire. L'histoire d'une startup britannique qui était au sommet de la vague il y a encore quelques mois et qui se retrouve aujourd'hui quasiment au fond du trou. Cette startup s'appelle Builder.ai. C'est une entreprise qui a été créée en 2016 et qui était présentée autrefois comme véritablement une étoile montante de l'intelligence artificielle. Car elle promettait de révolutionner la création d'applis en rendant la fabrication d'applications logicielles aussi simple que de commander une pizza. C'était le slogan. Sauf qu'aujourd'hui, tout va mal pour Builder. Les caisses sont vides, la majorité des salariés vont être licenciés et Builder a déclenché une procédure d'insolvabilité en Grande-Bretagne. Pourquoi ? Eh bien, notamment parce que Builder aurait menti à ses clients et à ses investisseurs en promettant des choses trompeuses. En fait, elle vantait les mérites d'une solution logicielle à base d'intelligence artificielle, donc baptisée Natacha, qui était soi-disant capable de produire de manière totalement automatique des applications. Et en réalité, eh bien, elle aurait utilisé ce qu'on appelle un peu la technique du turc mécanique, C'est-à-dire qu'elle faisait faire le travail à des programmeurs humains installés pour la plupart en Inde. Alors, il y avait bien un outil technologique de base pour le recueil des besoins clients. Monde Numérique : [29:50] Pour la fourniture de briques logicielles qui étaient disponibles sur étagère, mais le travail d'assemblage, vraiment du sur-mesure pour les clients, était réalisé non pas par de l'IA, mais par de la manœuvre humaine. Évidemment, tout de suite, ça fait un peu moins rêver. Et c'est une belle illustration, finalement, cette histoire de certains dérapages de quelques entreprises, sans doute un peu trop émerveillé par les perspectives d'enrichissement via des levées de fonds records dans la période que l'on connaît aujourd'hui où, grosso modo, il suffit de prononcer le mot « IA » pour séduire les investisseurs pas assez méfiants. Même Microsoft avait investi dans Builder.ai. Monde Numérique : [30:31] Apple prépare sa grande conférence annuelle des développeurs, la WWDC. Ce sera la semaine prochaine, le 9 juin. Et on attend pas mal d'annonces. On ne sait pas exactement quoi encore, mais peut-être un petit coup de frais sur différents produits à travers un relooking esthétique des interfaces logicielles. Apple aurait l'intention de mettre un peu d'uniformité entre tous ces produits. Et puis, il va y avoir un peu de rationalisation aussi. Et c'est plutôt une bonne nouvelle. Si vous êtes, en tant qu'utilisateur d'Apple, un peu perdu dans les différentes versions de logiciels, les iOS 16, 17, 18, 19, etc., c'est vrai qu'on ne sait plus où on en est. Eh bien, bonne nouvelle, ça va changer, puisqu'Apple aurait l'intention d'abandonner cette manière de désigner les différentes versions des logiciels de l'iPhone, mais aussi de l'iPad, de l'Apple Watch, des ordinateurs. À la place, il opterait pour les années, tout simplement. Eh oui, on y verra plus clair, comme ça on aurait iOS 26, parce que ça démarrera en 2026, iPadOS 26, macOS 26, etc. Monde Numérique : [31:34] Voilà, Apple qui par ailleurs est plus que jamais sous pression. Alors, et des deux côtés de l'Atlantique. D'abord aux Etats-Unis, puisque Donald Trump souhaite que la marque à la pomme fasse fabriquer ses produits sur le sol américain, ce qui paraît pourtant impossible. On le sait aujourd'hui, ça coûterait plus cher, au minimum on parle de 160 dollars par iPhone, Et puis surtout, Tim Cook a expliqué qu'il n'y avait pas de main-d'œuvre qualifiée suffisante sur le territoire américain pour fabriquer ces petites bébêtes. Il n'y a pas non plus de chaîne d'approvisionnement, qui est toute la force aujourd'hui d'une marque comme Apple, ce qui lui permet de sortir des produits par centaines de millions. En fait, tout est organisé pour une fabrication en Chine, en Inde ou encore au Vietnam, et transférer tout cela aux États-Unis paraît carrément impossible. Donc c'est un peu tendu, c'est le moins qu'on puisse dire actuellement entre Trump et Tim Cook. le patron d'Apple. Et puis c'est pas tout, puisqu'en Europe, coup de pression également, pour des raisons réglementaires cette fois. Fin avril, Apple a écopé d'une amende de 500 millions pour ne pas avoir suffisamment ouvert son écosystème à la concurrence, et ça ne va pas s'arrêter là. La firme a jusqu'à la fin du mois de mai pour exécuter encore d'autres injonctions de l'Union Européenne sous peine d'une nouvelle amende en vertu du DMA, le Digital Market Act, le règlement européen sur le marché du numérique. Bref, Tim Cook, le patron d'Apple, doit être actuellement un petit peu tendu. Monde Numérique : [33:00] La voiture autonome, elle trace sa route tranquillement, finalement, alors que les robotaxis Waymo de Google circulent joyeusement dans les rues de plusieurs villes américaines, San Francisco, Phoenix, Los Angeles, Austin, Miami, depuis peu. Monde Numérique : [33:14] Et alors que ça devrait également arriver dans d'autres villes, Houston, Las Vegas, San Diego, Atlanta, Boston, etc., et bien cette semaine, c'est Tesla qui a annoncé à son tour le lancement de ces véhicules autonomes, qui pour l'instant ne sont pas encore en circulation, les fameux Cybercabs. Ça va arriver à Austin, au Texas, pour commencer, dans le courant du mois de juin. On rappelle que le siège de Tesla se trouve désormais à Austin. Monde Numérique : [33:38] Et puis, en matière de voiture autonome, toujours, il y a Uber, qui est en partenariat avec MyMobility, qui prévoit de se lancer lui aussi au Texas, dans la ville de Arlington, d'ici la fin de cette année. Bref, la voiture autonome, ce n'est plus de la science-fiction. Ça existe. Il y en a aussi, d'ailleurs, il faut le dire, en Chine, au Japon, à Dubaï, ou encore en Arabie Saoudite, il n'y en a pas chez nous en Europe et il n'y en a pas en France. Les déploiements sont très timides en raison des réglementations et puis peut-être d'autres raisons économiques, des raisons structurelles aussi. C'est vrai que les réseaux routiers ne sont pas les mêmes. Mais on devrait quand même voir arriver des choses cette année, puisque Uber prévoit en partenariat avec une start-up chinoise ce qui s'appelle Momenta, de déployer des taxis autonomes avec un opérateur à bord, donc de la conduite autonome supervisée, dans un ou plusieurs pays d'Europe, mais on ne sait pas lesquels. Ce ne sera probablement pas la France où, pour l'instant, il n'y a aucun service de robotaxi. On en est surtout en France à essayer de régler les problèmes entre les chauffeurs de taxis humains et les VTC. Bref, on n'est pas sortis de l'auberge. Monde Numérique : [34:47] Cela dit, tout n'est pas rose ni surtout parfait techniquement dans le monde de la voiture autonome. Comme le montre une affaire récente, à San Francisco, c'est Amazon qui lui aussi est sur ce marché, qui a eu quelques soucis avec ses véhicules Zouks. Les Zouks, c'est des petites voitures assez bizarres d'ailleurs, un peu carrées, entièrement sans chauffeur. Et pour la deuxième fois en deux mois, Amazon a dû rappeler 270 de ses véhicules pour un problème logiciel. Une décision prise suite à un accident à San Francisco, une collision entre un Zouks et un scooter. Mais a priori, c'est le scooter qui était conduit par une conductrice qui rentrait dans la voiture autonome qui circulait à vide à ce moment-là. Elle a été légèrement blessée, la conductrice, et le problème, c'est que le Zouks ne s'est pas arrêté. Quasiment un délit de fuite de robots. En avril dernier, déjà, un robotaxi Zouks avait été impliqué dans un accident avec une voiture à Las Vegas ce qui avait conduit d'ailleurs les autorités américaines à ouvrir une enquête, mais l'enquête est aujourd'hui close, donc ça ne remet pas fondamentalement en question le déploiement des voitures autonomes. Monde Numérique : [35:51] Un tatouage électronique pour détecter le stress et les surcharges cognitives. C'est l'innovation de la semaine. Elle est signée Nanshu Lu, un chercheur de l'Université du Texas à Austin. On reste au Texas, décidément. C'est lui qui a mis au point cette drôle d'invention. Alors en fait, en l'état actuel du prototype, plus qu'un tatouage, c'est carrément une espèce de drôle de dispositif avec des électrodes qui se collent sur le front et qui permet de détecter les signes révélateurs d'un gros effort de concentration. Ça analyse pas mal de choses, comme les ondes du cerveau, le fait de froncer les sourcils, etc. Monde Numérique : [36:31] Lorsque l'on fait, on effectue des actions particulièrement délicates. À quoi ça sert ou à quoi c'est censé servir ? Eh bien, notamment pour certains professionnels en charge de missions particulièrement importantes, comme des pilotes d'avion ou des chirurgiens. Et en détectant le moment où ils seront confrontés à cette surcharge cognitive, on pourrait envisager par exemple qu'ils se fassent aider par un collègue ou par une intelligence artificielle. Bref, une sorte de décodeur de charge mentale élevée. Il paraît qu'on aurait tous tendance à ne pas savoir vraiment évaluer la charge cognitive de certaines tâches qu'on peut effectuer. Ce e-tatouage se veut léger, simple à utiliser, plus simple qu'un électro-encephalogramme, par exemple, puisque c'est juste un matériau conducteur à base de graphite qui se fixe au front à l'aide d'un film adhésif conducteur. Il y a quatre électrodes placées sur le front qui détectent chacune une région différente de l'activité cérébrale. Il y a également une électrode derrière l'oreille, pour tout vous dire, ainsi que verticalement et horizontalement autour des yeux. Voilà, c'est tout ce qui fournit des données sur les mouvements oculaires. C'est un système qui serait vraiment sur mesure pour chaque utilisateur, qui serait jetable, donc il y a une vraie ambition de commercialisation. Il fonctionne avec un circuit imprimé flexible qui se fixe aussi avec un ruban conducteur et une petite batterie qui peut se mettre comme ça au milieu du front. Monde Numérique : [37:57] Je vous recommande d'aller voir l'image, c'est joli comme tout. Ce dispositif devrait coûter moins de 200 dollars et selon le professeur Lou qui est à l'origine de cette invention, des études ont montré que les performances mentales sont en effet optimales lorsque la charge de travail mental n'est pas trop faible, ni trop élevé, mais qu'en revanche, si c'est très faible, on s'ennuie, et si c'est trop fort, eh bien, on peut faire des bêtises, évidemment. Invité : [38:35] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [38:41] Monde numérique, le meilleur de la tech. On s'intéresse à un sujet passionnant cette semaine dans la séquence interview, la fraude documentaire grâce aux technologies. Cette interview est disponible en version intégrale si vous écoutez Monde numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcast ou Spotify. Sinon, retrouvez la version complète la semaine prochaine en épisodes séparés. Bonjour Marc de Beaucorps. Invité : [39:05] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [39:06] Avec le numérique et notamment l'intelligence artificielle générative, il devient de plus en plus facile de générer des faux documents. Fausse carte d'identité, fausse fiche de paie, faux relevé bancaire, faux diplôme, etc. Vous êtes fondateur de la société Finovox, spécialisée dans la détection de fraudes documentaires. Quelle est l'ampleur de ce phénomène en France ? Invité : [39:25] L'ampleur, il se compte en plusieurs milliards. L'ampleur dans le service public, ça se compte entre 15 et 20 milliards. Et dans le service privé, c'est des chiffres assez similaires. Alors par définition, c'est toujours compliqué de trouver des chiffres sur la fraude parce que quand une assurance se fait frauder et rembourse une facture trop élevée, elle ne le sait pas. Donc en fait, nous, on a collecté pas mal de chiffres. On a pris le problème dans l'autre sens et on est allé voir des gens dans la rue. On est passé par un cabinet de sondage qui est allé voir 3500 personnes en France après on a fait le même en Belgique et de façon anonyme de 16 à 99 ans et là on a posé des questions très simples, par exemple est-ce que vous avez fraudé à l'assurance l'année dernière ? Il y en a 10,8% qui ont affirmé avoir fraudé l'assurance l'année précédente. Monde Numérique : [40:21] Ah ouais, quand même. Invité : [40:24] Et on a posé une deuxième question qui était assez intéressante, c'est est-ce que dans votre fraude, vous avez abouti votre fraude ? Est-ce que vous avez réussi ? 72% d'entre eux qui ont affirmé être allés au bout de leur fraude et ne se sont pas fait attraper. Monde Numérique : [40:40] D'accord. Et qu'est-ce qui est le plus falsifié ? Invité : [40:45] Dans l'ordre, les documents d'identité, puis les fiches de paye, puis les factures. Ça, c'est un ordre un peu général. En fonction des cas d'usage des métiers, ça peut varier. Ça peut être la fiche de paye en premier sur une demande de crédit ou la facture en premier sur une demande d'assurance. Monde Numérique : [41:01] Il y a un type de fraude dont on entend pas mal parler en ce moment. C'est tout ce qui concerne l'assurance maladie, etc. D'une manière générale, tout ce qui touche les services publics, c'est une part importante, la fraude documentaire ? Invité : [41:17] L'État, c'est plus de 50% des dépenses du PIB en France. Donc, évidemment que l'État n'y coupe pas. Et on voit des taux de fraude qui sont assez élevés, effectivement, à l'assurance maladie, à la CNAF, mais aussi dans les... Dans les différentes branches de financement, par exemple, ma prime Rénov', on se rend compte que les taux de fraude sont similaires dans le privé et dans le public, mais les dépenses dans le public sont tellement énormes. Si vous appliquez un taux de fraude de 10,8% sur l'ensemble des branches, en fait, à la fin, quand on fait un produit en croix, c'est 17 milliards de fraudes documentaires dans les services publics. Et ça, c'est très, très alarmant. Et en fait, ce qui nous alarme plus, c'est que vous avez déjà beaucoup d'acteurs qui font ça un peu intentionnellement. Et vous avez des acteurs qui sont à l'étranger, donc très difficiles à attraper. Et vu que les services publics sont quand même une grosse machine qui ne peut pas faire d'erreur, ils mettent du temps à contrer. Monde Numérique : [42:20] Mais c'est quoi ? C'est quel type de faux documents ? Parce que fabriquer une carte vitale, par exemple, ce n'est pas évident, ce n'est pas donné à tout le monde. Invité : [42:26] Vu que les parcours sont digitaux, en fait, je ne veux pas non plus donner un tuto comment faire, mais je peux vous assurer que c'est... Monde Numérique : [42:35] C'est jouable. Invité : [42:35] Style où vous voulez toucher rentrer indûment dans un logement social c'est l'inverse d'un parcours de crédit où d'habitude vous avez tendance à augmenter votre fiche de paye là vous diminuez votre fiche de paye et vous prouvez par A plus B que vous êtes éligible, et derrière c'est l'équivalent de 500 euros par mois qui sont volés et vous piquez la place de quelqu'un d'autre et tout ça c'est l'argent. Monde Numérique : [42:57] Public l'argent de. Invité : [42:59] Tout le monde et en parallèle en fait on voit que l'état fait tout pour diminuer les dépenses qu'il y a de la dette chercher des économies chercher des économies et donc l'État a dit je dois chercher 10 milliards et en parallèle nous on voit que la fraude documentaire c'est 17 milliards donc, voilà c'est tout le travail pour nous et c'est aussi pour ça que ça me fait vachement plaisir de faire ce genre d'intervention c'est qu'il faut mettre en avant ça et de dire bah là on va trouver 17 milliards en plus à des gens qui sont des fraudeurs et le redistribuer à la collectivité, je pense qu'il y a un vrai truc à jouer à Simba alors. Monde Numérique : [43:32] Comment ça se passe ces fraudeurs comment font-ils. Invité : [43:35] En fait, c'est hyper simple de faire un faux document. Je vous donne à vous, à n'importe qui, à un ordinateur. Il saura chacun sa manière. Il y en a qui utilisent Word, PowerPoint. Il y en a qui sont un peu plus techniques, qui vont utiliser Photoshop ou les modificateurs de PDF. Et puis là, on voit arriver une nouvelle génération qui va utiliser des outils de générateurs d'IA, qui va aller sur Telegram et acheter des templates, ce qu'on appelait template farm. Vous avez des templates vierges, en fait, et vous remplissez vos informations sur une carte vitale, une facture d'artier, etc. Donc très facile de faire de plus en plus de parcours digitaux c'est quand même plus simple d'envoyer un faux document en cliquant sur un bouton que de le tendre en boutique en regardant souvent son banquier ou son assureur dans les yeux, donc naturellement il y a eu un peu plus de fraude là dessus et puis il y a je pense aussi une certaine difficulté financière de la part de certaines entreprises, et notamment de la jeune génération notamment Vraiment, pendant le Covid, on a vu une forte augmentation des fraudes. Monde Numérique : [44:36] Ce sont plutôt des particuliers ou des entreprises qui font ça ? Invité : [44:40] Ce sont plutôt des particuliers. Et sur les entreprises, ça va être des entreprises particulières, c'est-à-dire des artisans, des gens qui ont des raisons vraiment personnelles de frauder. C'est assez rare de voir le comptable d'une très grosse entreprise frauder au nom de l'entreprise. En revanche, de voir un solo entrepreneur ou un actuaire qui a 50% d'entreprises fraudées, ça, ça arrive. Monde Numérique : [45:06] Et vous l'avez dit, c'est parce qu'il y a une vraie industrie, il y a une offre aujourd'hui. Ça s'est structuré, en fait. On peut trouver à peu près tout ce qu'on veut. Invité : [45:17] Ça s'est professionnalisé. Un peu comme en cybersécurité. C'est-à-dire qu'avant, vous trouviez une faille, vous alliez exploiter la faille jusqu'au bout. Et en fait aujourd'hui avec les réseaux sociaux vous pouvez dupliquer la faille et vous vendre vos systèmes donc vendre des formations, vendre des packs de fraude et il y a même des services après-vente, des communautés, des mises en avant, des publicités par exemple j'ai fraudé tel organisme de telle manière, je peux vous fournir la méthode, 500 euros garantis, et en fait les gens vont aller vendre ces systèmes là plutôt que d'aller frauder en direct, c'est moins risqué pour eux et ça génère beaucoup plus d'argent. Monde Numérique : [45:56] Mais quels sont les risques quand même ? Parce qu'évidemment, c'est interdit, il faut le rappeler. Donc j'imagine qu'il y a quand même une réglementation. Invité : [46:06] Alors, sur le papier, les risques sont importants, la réalité est complètement différente. J'ai échangé hier avec le responsable de la fraude Carrefour Bank, lors d'un podcast, qui me disait qu'il dépose 100 plaintes par an, et la dernière plainte qui a abouti de son côté, c'était en 2020. Donc, sur ces 400 dernières plaintes, il ne s'est pas passé. Monde Numérique : [46:30] Et pour quelles raisons ? Invité : [46:32] Il y a deux choses, lenteur de la justice et la police aussi qui a plein d'autres choses à faire. Et un autre aspect, c'est qu'on n'arrive pas toujours à retrouver, c'est beaucoup de plaintes sous X, donc on n'arrive pas à retrouver qui a fait la fraude parce que s'il y a une fausse fiche de paye avec un faux nom, une fausse identité qui ne correspond à rien, un juste égalité de domicile qui pointe à une adresse qui n'existe plus. Monde Numérique : [46:56] On n'arrive pas à retrouver. Alors ça, c'est ce que permet la technologie, mais comme d'habitude, la technologie permet aussi de générer ses propres anticorps, on va dire. Et c'est ce que vous avez mis au point chez Finovox, donc une solution technologique pour limiter les dégâts et pour détecter les fraudes. Invité : [47:15] Tout à fait, oui. On a créé la société, moi je travaille à plein temps dessus depuis 2021, on a rencontré pas mal de banques et d'assurances qui nous ont dit sur la partie identité donc les faux passeports, les fausses carrières d'identité permis de conduire il y a plein de solutions qui existent, le KYC et en plus de ça c'est quand même pas facile de faire un faux passeport, tout le monde va pas faire un faux passeport dans une. Monde Numérique : [47:40] Boutique oui faux passeport c'est plus compliqué en plus il y a de la biométrie il y a de l'électronique il y a de la plus RFID maintenant dedans donc voilà Exactement. Invité : [47:51] Et en revanche, qu'est-ce qu'on fait de tous les autres documents qu'on reçoit ? Les fiches de paye, les RIB, les CABI, les liasses fiscales, les justiquités de domicile, etc. Et donc, en fait, nous, on a construit un outil qui est applicable sur tous ces documents-là et dans toutes les langues. Donc, en fait, on se branche sur le flux des organisations, sur soit des parcours de financement, soit des parcours d'assurance, soit des parcours d'entrée en relation. Et on va, en fait, faire tout un processing sur les documents, on extrait les informations, on classifie les documents, Est-ce que c'est le bon document qui est censé être reçu ? On fait un certain nombre de processing. Et derrière, on va faire une analyse anti-fraude. C'est de dire, un, est-ce que le document, ces informations, elles sont cohérentes, Donc, on extrait les informations, on les compare, on va faire un certain nombre de calculs. Par exemple, sur une fiche de paye, vérifier que les totaux étaient ceux en vigueur à l'époque pour ce type de poste, que l'adresse existe bien sur Google, que l'entreprise avait au minimum un salarié. Ça va dépendre du document et du pays. Et après, c'est est-ce que le contenant, donc la matière informatique du document, qui peut être un PDF ou une image, est fraudulé ou pas ? Donc, c'est est-ce que ça a été photoshopé, Est-ce que ça a été retouché par différents outils ? Est-ce que ça a été généré par IA ? Quand on combine ces deux analyses, on a une analyse globale sur le document et derrière, on met à disposition un certain nombre d'outils d'investigation, le forensic en anglais, qui vont permettre de comprendre ce qui s'est passé, d'avoir des preuves en fait. Monde Numérique : [49:19] Donc, il y a vraiment un aspect, on va dire, d'enquête en quelque sorte, de croisement de données, comme le ferait un être humain, Et puis, un aspect détection de la nature du document. Vous arrivez à dire que tel ou tel document a été, par exemple, généré par l'intelligence artificielle ? Invité : [49:36] Oui, tout à fait. C'est les nouveaux enjeux de 2025. Alors, la GNI, ça existe depuis quelques temps, mais ça ne permettait pas forcément de générer des faux documents. Et aujourd'hui, on voit des faux documents, là, ça fait 3-4 mois, Invité : [49:51] qui sont assez bien faits que de la GNI. Ça représente une proportion très faible des fraudes aujourd'hui pour deux raisons c'est que un fait visuellement à l'oeil nu ça se voit un peu mais. Monde Numérique : [50:04] C'est pas parfait. Invité : [50:05] Donc il ya un biais un peu humain à se dire bah je vais pas faire un truc de faux document même si ça va jamais être regardé par personne se voit à l'oeil nu ou le sirète il ya un a dedans les gens vont pas et et, Mais on sait, en fait, que dans quelques mois, quelques trimestres, ça va être amélioré et que ça va être les fraudes communes. Donc, nous, on travaille là-dessus sur deux aspects. C'est, un, analyser la cohérence des documents, parce que les Gen AI, en fait, elles vont avoir des problèmes de cohérence au niveau de la génération des documents, surtout sur des factures, des fiches de paye. Monde Numérique : [50:39] Pour l'instant, ils ont encore du mal à écrire du texte, notamment Dali, ChatGPT et autres, mais on sent que ça avance très, très vite. Invité : [50:47] Exactement. Là, ça vous sort des factures avec des sirètes de 11 caractères. Ça invente complètement. Et la deuxième chose, c'est qu'on va analyser, encore une fois, le contenant. C'est regarder, est-ce qu'au niveau des pixels, des alignements, ou est-ce qu'au niveau de la structure du code, il y a des anomalies qui font dire que c'est de la genie. Monde Numérique : [51:06] Ah oui, d'accord. Vous allez jusque dans ce niveau de détail. Oui. Invité : [51:09] Et donc, ça, c'est sur la partie vraiment document administratif. Sur la partie image, donc génère-moi une polo blanche immatriculée XYZ qui a foncé dans un mur uniquement pour l'envoyer à une assurance là-dessus c'est déjà donc des. Monde Numérique : [51:24] Fausses photos d'accident c'est ça. Invité : [51:25] ? Monde Numérique : [51:25] Ça arrive aussi ? Invité : [51:28] C'est ça alors il y a des cas plus légers qui sont des fausses photos de cynisme vous pouvez avoir des cas un peu plus graves ou dans le cas de policière dans le cas de rançon génère-moi une photo de moi qui, qui est un couteau sous la gorge de M. X. Il y a des trucs un peu plus graves qu'uniquement financiers. Pour le coup, là-dessus, c'est un peu mieux fait. En tout cas, la GNI fonctionne mieux sur des images pures que sur des documents administratifs aujourd'hui. Monde Numérique : [52:00] Merci Marc De Beaucorps, fondateur de la société Finovox. Et c'est la fin de cet épisode de Monde Numérique, l'hebdo du 31 mai 2025. Ravi d'avoir passé ce moment avec vous. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Ne ratez pas cette semaine également. C'est déjà en ligne le grand débrief de Monde Numérique. Chaque mois avec François Sorel et Bruno Guglielminetti, on passe en revue quelques sujets du mois écoulé. Cette semaine, on parle de cet objet mystère que nous promet OpenAI pour l'année prochaine. On parle aussi des trucs incroyables, des outils incroyables de Google en matière d'intelligence artificielle au service de la vidéo peut-être la mort du cinéma et puis on parle aussi des déboires d'Apple qui est un peu dans la tourmente en ce moment. Monde Numérique : [52:58] Si vous avez aimé ce podcast, faites-le connaître à vos amis, abonnez-vous abonnez-les de force s'il le faut et puis surtout n'hésitez pas à m'envoyer des messages et des commentaires et des notes aussi, 5 petites étoiles sur Apple Podcast. C'est très important pour le référencement, je le répète chaque fois. Vous pouvez également noter épisode par épisode sur Spotify et même envoyer des commentaires pour chaque épisode sur Spotify. En fait, chaque plateforme a un peu son mode de fonctionnement, donc à vous de choisir. Il y a aussi beaucoup d'écouteurs, il y a aussi beaucoup d'auditeurs, pardon, sur Podcast Addict et puis vous pouvez écouter tous les épisodes sur le site mondenumérique.info où vous retrouverez les articles, les textes, les chapitres, etc. Voilà, j'ai tout dit. Allez, portez-vous bien, profitez bien de ces presque jours d'été. Je vous souhaite une bonne semaine, pleine de tech. Salut !
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