🎤 Stan Larroque, Lynx : le petit français qui joue dans la cour des grands de la VR

🎤 Stan Larroque, Lynx : le petit français qui joue dans la cour des grands de la VR

Dans ce nouvel épisode de la série INNOVATEURS, consacrée à celles et ceux qui font l’innovation, je reçois reçois Stan Larroque, fondateur, pionnier français des casques de réalité mixte.

Parti de presque rien, quelques millions d’euros et une petite équipe, Stan Larroque s’est attaqué à un secteur dominé par les géants de la tech. Il raconte les coulisses de cette aventure entrepreneuriale, faite de paris technologiques, de levées de fonds difficiles et de batailles industrielles. Il explique aussi pourquoi le métavers tel qu’il a été imaginé par les grandes plateformes n’a sans doute pas d’avenir, tandis que la réalité mixte trouve aujourd’hui son véritable marché dans les entreprises. Il en profite pour partager sa vision de l’innovation, qui consiste selon lui à « déranger » et à bousculer l’ordre établi. Il évoque également les défis de l’entrepreneuriat hardware en France, les décisions stratégiques qui ont façonné Lynx — notamment face à Google — et les montagnes russes émotionnelles que vivent les fondateurs de startups technologiques. Enfin, il confie son admiration pour certaines innovations majeures comme Starlink et explique pourquoi, pour lui, l’innovation reste avant tout une aventure humaine.

Interview : Stan Larroque, fondateur de Lynx Mixed Realities

Punchlines

  • « Innover, c’est déranger. »

  • « Dans une startup tech, l’asset principal, c’est le cerveau des gens. »

  • « Faire du hardware en France ? Ne le faites pas… mais faites-le quand même. »

  • « Starlink est l’une des innovations les plus impressionnantes de ces dernières années. »

Comment une petite startup peut-elle exister face aux géants de la tech ?

Nous, chez Lynx, on est très concentrés sur un segment précis : le B2B. Il y a des entreprises prêtes à payer pour un casque qui leur apporte une vraie valeur dans leur travail. Ce n’est pas le même marché que le grand public. On ne parle pas de millions d’unités comme les smartphones, mais sur un produit avec de bonnes marges, il y a une vraie économie possible.

La réalité virtuelle n'est-elle pas en train de s’essouffler ?

Je ne pense pas que la VR n’ait pas d’avenir. En revanche, je pense que la vision du métavers qu’on nous a présentée n’en a pas vraiment. Le grand public a découvert la VR presque uniquement à travers la stratégie de Meta, et ce pari-là est en train de montrer ses limites. En revanche, dans le monde professionnel, la réalité mixte explose. Les entreprises ne sont plus au stade des tests ou des démonstrateurs. Elles déploient vraiment des solutions à grande échelle, parfois des milliers de casques pour la formation ou les opérations.

Qu’est-ce que l’innovation pour toi ?

Pour moi, innover, c’est inventer quelque chose qui trouve un usage. Une innovation, c’est une invention qui fonctionne dans le monde réel. Et surtout, innover, c’est déranger. Quand tu inventes quelque chose de nouveau, tu bouscules forcément l’ordre établi. Tu deviens celui qui agace les acteurs en place. Mais quelque part, c’est plutôt bon signe.

Quelles qualités faut-il pour innover ?

Il faut ne pas avoir peur. C’est vraiment la qualité essentielle. Quand tu montes une startup, tu vis une sorte de sinusoïde permanente : des moments incroyables et d’autres très difficiles. Il faut aussi s’entourer des bonnes personnes. Dans une entreprise technologique, l’actif principal, ce n’est pas la machine ou la propriété intellectuelle : ce sont les gens, leur cerveau, leur capacité à résoudre des problèmes.

Quelle innovation t’impressionne le plus aujourd’hui ?

L’innovation qui m’a le plus impressionné ces dernières années, c’est clairement Starlink. C’est un système d’une complexité technique incroyable, mais qui est exécuté avec une élégance remarquable. Aujourd’hui, on peut avoir du très haut débit dans des endroits où il n’y avait quasiment pas d’Internet. C’est un exemple spectaculaire de ce que la technologie peut apporter concrètement.


Monde Numérique : [0:01] Nous, on a vraiment introduit le concept de réalité mixte. Stan Larroque: [0:03] Il y a un certain petit attachement sentimental à ce qu'on fait parce qu'on Stan Larroque: [0:07] est vraiment les gars dans un garage face à des mastodontes. Ce qui emmène une équipe, c'est ce que les gens font avec le produit derrière. Et ça, c'est une satisfaction qui est incroyable. On a vu des partenariats qui partent en sucette. On a géré un partenariat avec Google en millions de dollars qui a fini presque en sang. On a tout vu. Monde Numérique : [0:31] Ils sont ingénieurs, entrepreneurs, inventeurs, solitaires ou en équipe. Quel est leur parcours ? Quelles sont leurs motivations ? Et quel est leur regard sur l'innovation technologique ? Bienvenue dans Innovateur, un long format de monde numérique en audio et en vidéo consacré à ceux qui font l'innovation technologique. Mon invité du jour est ingénieur. Il est créateur du premier casque de réalité virtuelle, réalité mixte français. Salut Stan Larroque. Stan Larroque: [0:57] Bonjour. Monde Numérique : [0:58] Stan Larroque, dirigeant de la société Lynx Mixed Reality. On va ensemble faire ta découverte. Tu vas nous parler de toi, de Lynx, de ses innovations. Comment est-ce qu'on peut produire un tel produit ? En France, on n'est pas habitué à faire ce genre d'appareil. Il est ici. Voici ton œuvre. Voici ton bébé. C'est donc un casque de réalité mixte. Alors, on connaît ce genre de choses. Mais c'est vrai que, j'ai envie de dire presque la particularité, Monde Numérique : [1:26] c'est que c'est une innovation française celui-ci. Stan Larroque: [1:29] Oui alors c'est une aventure qui a commencé il y a fort longtemps maintenant, la boîte a vraiment commencé en 2019 et là le casque que tu as avec toi c'est le Lynx R1 donc c'est notre V1 et j'ai pu annoncer fin janvier notre V2 donc à San Francisco lors d'une super keynote et tout, c'était incroyable, deux ans de travail et donc pour l'itération sur des casques de réalité mix qui font en fait l'activité principale de Lynx aujourd'hui, c'est une équipe incroyable c'est absolument hors norme tout le chemin parcouru je réalise pas encore tout ce qui a été fait, mais voilà on a fait ce produit on l'a fait il faut te dire que ça a commencé, quand la réalité virtuelle c'était Oculus qui venait de se faire racheter par Facebook, on savait pas trop encore il y avait pas ces histoires de metaverse il y avait pas ces histoires de Facebook meta, le Vision Pro n'existait pas il y avait juste Microsoft qui faisait HoloLens, dans son coin c'était pas du tout quelque chose de, si sensationnel que ça, en fait. Monde Numérique : [2:30] Enfin, ça avait à côté quand même un peu curieux, mais c'était vraiment... Stan Larroque: [2:33] C'était une curiosité. C'était les balbutiements. C'était les balbutiements. C'était l'industrie du smartphone qui commence à chercher autre chose que le smartphone. Et donc, du coup, il y a les drones, les casques, les voitures, tout un tas de choses. Et donc, moi, j'ai commencé, en fait, relativement tôt. En fait, c'est toute ma carrière professionnelle, Lynx, jusqu'à présent. Monde Numérique : [2:52] Eh bien, voilà. Alors, justement, on va brosser un peu toute l'histoire. Tu es né en 1994. Tu es originaire de Paris, tu as fait une école d'ingénieur à Grenoble. Et très vite, tu t'es intéressé à la VR, un peu même avant, je crois, tout ce qui était interface graphique. La VR, c'est dès que tu arrêtes tes études. Mais avant ça, il y avait eu déjà un premier projet. Tu avais lancé une app. Stan Larroque: [3:17] J'ai toujours été créateur. C'est comme ça que je m'exprime. Vraiment, la fabrication, là, c'est la fabrication d'un objet. Donc c'est vraiment une consécration pour moi mais effectivement j'ai commencé très tôt à faire du développement d'applications et donc si vous cherchez de manière lointaine sur internet vous trouverez que j'ai fait une application qui s'appelait Tiki Talk, avec un gars de Los Angeles et c'est devenu une appli de rencontre c'était assez chouette c'était ma première aventure entrepreneuriale j'avais 20-21 ans et après, donc je pensais à l'époque que j'allais faire des applications et des sites web toute ma vie. Monde Numérique : [3:57] Je me suis dit. Stan Larroque: [3:57] Ok, c'est comme ça que ça se passe, c'est ce qui est intéressant. Et lors d'un projet étudiant, toujours en école, en dernière année, j'ai eu pour un projet l'opportunité de travailler avec un casque de VR, l'Oculus DK2, qui était un des premiers dev kits d'Oculus que l'école avait acheté. J'ai dit, tiens, je vais essayer quelque chose de nouveau. Je l'ai eu dans les mains pour un projet étudiant et je me suis dit tout de suite... Ce truc, ça fait partie du futur. Il faut que je trouve un moyen de bosser là-dedans. Monde Numérique : [4:24] D'accord. Stan Larroque: [4:24] Tout de suite. Et en le mettant sur la tête... Monde Numérique : [4:27] Le coup de foudre pour la VR ? Stan Larroque: [4:28] Le coup de foudre pour la VR, c'est juste incroyable comme interface machine. Et donc, quand on le met sur la tête, la VR marche très, très bien. Et je me dis, bon, OK, c'est un problème réglé. À l'époque, Palmer Lucky, du coup, a craqué la VR. Oculus, c'est super. Monde Numérique : [4:43] Enfin, il fallait quand même... Moi, j'avais essayé le tout premier Oculus à Las Vegas, au CES. Il était très gros, il était lourd. Et il fallait une énorme machine derrière pour le faire tourner. Stan Larroque: [4:52] Ouais, alors, et il y a toujours plein de limitations. On peut toujours se plaindre de ces casques. Mais on sentait déjà que les problèmes étaient résolus, puisque en fait, ce qui était incroyable avec Oculus, c'est que Palmer a réussi à passer un produit qui coûtait entre 10 et 20 000 euros avant que Oculus arrive, c'était ça. Monde Numérique : [5:12] Oui, parce que c'est vrai qu'il y avait eu des trucs il y a très longtemps. Stan Larroque: [5:14] Ouais, il y a eu des vagues de la VR, mais même dans les années 90, Il y a eu plein de gens, même en France, qui ont fait des choses assez incroyables. Il y a eu plusieurs vagues, mais la vague de 2015-2016, c'était vraiment Oculus. Et du coup, il a dit qu'on va utiliser la supply chain du smartphone où on commence à avoir de super écrans, de super caméras, et puis on va faire un casque qui coûte 600 balles. Ils ont réussi, j'ai eu ce casque dans les mains et je me suis dit, bon, la VR, c'est un problème résolu où il y a des gens très intelligents, bien financés qui bossent là-dessus. Mais c'est dommage, quand je mets le casque sur la tête, je ne vois pas ce que font mes amis autour de moi, j'ai juste envie de voir à travers le casque. En fait, ça, c'est de la réalité mixte sans le savoir. Monde Numérique : [5:53] Parce que VR, on est complètement immergé, on ne voit pas ce qu'il y a autour. Réalité augmentée, on voit complètement ce qu'il y a autour et puis il y a des petites choses qui viennent en plus, je ne sais pas quoi, un parcours à suivre. Stan Larroque: [6:04] Un itinéraire. Des augmentations, des objets virtuels, du texte. Monde Numérique : [6:07] Et ce qu'on appelle la mixed reality, la réalité mixte, c'est comme son nom l'indique, un mix entre les deux, en fait. Stan Larroque: [6:13] C'est un mix entre les deux, et pour moi, c'est le mix le plus puissant. C'est la même voie qu'Apple aura pris aussi, au final, ce qui est une énorme validation pour les choix de techno qu'on a fait à l'époque. Stan Larroque: [6:25] Mais effectivement, la réalité mixte, c'est qui peut le plus, peu le moins. Donc, tu peux faire la réalité virtuelle, tu peux faire la réalité augmentée, et tu peux faire tout ce qui est entre les deux. C'est-à-dire voir un peu ton environnement, mais être immergé par ailleurs, dans le centre de ta vision. Et on peut mixer un peu tout. Monde Numérique : [6:41] Alors, c'est pour ça que ce casque, il a... Et ça, tu dis, ce n'est que la V1, en fait. Ça, c'est la V1. Tu ne nous as pas porté la V2. Stan Larroque: [6:49] Alors, la V2, elle est en cours de finalisation. On a quelques protos qui ne peuvent pas sortir du bureau. J'ai pu la montrer à San Francisco il y a quelques semaines. Et elle se reste sur le marché, normalement, si tout va bien, entre cet été et la fin de l'année. Monde Numérique : [7:01] D'accord. Et donc, on voit qu'effectivement, là, quand on met ça, je peux faire la démo si je fais ça en réalité je ne suis pas coupé du monde même si je mets l'écran devant moi j'ai encore une vue latérale de chaque côté alors ça c'est vraiment. Stan Larroque: [7:18] Une approche de design industriel et ergonomique qui a été vraiment la clé de voûte de la vision qu'on a pour. Monde Numérique : [7:26] La réalité mixte. Stan Larroque: [7:27] En fait pour les techno immersives le premier problème qu'on, que les casques ont, c'est qu'on doit le mettre sur la tête. Et donc, le fait de mettre quelque chose sur la tête, c'est très envahissant. Et même, il y a un challenge social. C'est-à-dire que là, tu vois, quand tu mets le casque sur la tête, on cache tes yeux. Socialement, même dans certaines cultures où le corps de la femme est voilé, on voit encore les yeux. C'est le dernier truc qu'on voit. Donc, si tu veux, nous, on va couper quelque chose de très important. On va te mettre un truc sur la tête. Il faut que ça marche avec toutes les têtes humaines et Dieu sait combien il y en a. Donc, il y a un challenge ergonomique. Et nous, ce qu'on voulait, c'est ne pas bloquer l'utilisateur le bloquer dans le tunnel d'immersion et cette histoire encore de voir attraire le casque et ne pas être coupé, donc t'as la vision périphérique, donc tu peux mettre une mousse en fait qui vient s'émanter que j'ai pas amené mais qui est dans la boîte mais généralement je le montre toujours ouvert comme ça donc. Monde Numérique : [8:18] Avec la mousse on est un peu plus immergé du coup. Stan Larroque: [8:21] Tu peux faire la VR complètement immergée mais tu peux faire pas immergé ce qui fait qu'avec ta vision périphérique tu seras jamais malade. Monde Numérique : [8:28] Oui, il y a ce problème-là aussi. Stan Larroque: [8:29] Tu es ancré dans l'espace parce que ta vision périphérique, elle te sert à ton équilibre vestibulaire, voire le danger qui arrive, tout un tas de choses liées à l'évolution. Mais en fait, on voit très très mal. C'est-à-dire qu'au-delà de 60 degrés, on ne voit plus la couleur. C'est-à-dire que le système visuel humain est très performant, mais en fait, il nous trompe aussi beaucoup. C'est-à-dire que sur ta vision périphérique, on a très peu d'acuité, très peu de contraste, Et ça nous sert à voir justement le danger et l'équilibre. Monde Numérique : [8:58] C'est pas précis, mais on en a besoin. Stan Larroque: [8:59] C'est pas précis, mais on en a besoin pour voir les prédateurs derrière nous. C'est pour ça que quand tu gardes ta tête droite, mais que tu bouges tes yeux sur le côté, ton champ de vue augmente verticalement et ça vient chercher 20 degrés en plus un peu derrière toi. Le champ de vue humain, quand tu bouges les yeux, c'est entre 200 et 220 degrés. Donc nous, notre métier, c'est de comprendre ce que c'est qu'un œil humain, une tête humaine, et de créer l'illusion. Donc en fait, on est un peu marchand de jouer là-dessus. c'est qu'il faut créer une illusion, il faut un peu être magicien et donc c'est comprendre le système visuel donc cette idée de vision périphérique on l'a eu assez tôt et ce qui est assez magique c'est que quand t'es en réalité mixte ou en réalité augmentée donc que les caméras devant le casque, t'affiches la réalité, il y a un alignement parfait avec ce que tu vois au centre à travers le casque et ta vision périphérique. Et donc, pour le prouver, si tu veux, pour montrer cette feature où il y a très peu de latence et à la fois un alignement géométrique parfait, on a fait des graphes, on a pris les casques des autres concurrents, mais personne disait ça. Du coup, moi, j'ai skié avec le casque sur la tête en disant, voilà, regardez, on a craqué les histoires de latence, les histoires de traitement d'images, les histoires d'alignement géométrique et de correction de la vision, etc. Monde Numérique : [10:06] Donc, skier pour prouver que tu ne te casses pas la figure en ayant un appareil comme ça sur la tête. Stan Larroque: [10:11] Que tu peux faire avec ce casque, que tu ne feras avec aucun autre casque, parce que les casques fermés comme ça, tu vas être malade très vite, dès que tu vas prendre de la vitesse. Et ce qui est assez intéressant, tu vois, tu l'as relevé comme ça. Avec le flip-up, là, c'est... Alors, le flip-up, donc ce qu'on appelle le flip-up, c'est cette espèce de charnière. Monde Numérique : [10:27] C'est le fait que l'écran bascule vers le haut. Stan Larroque: [10:29] L'écran bascule vers le haut. On peut aussi l'éloigner pour que ce soit compatible avec tes lunettes, parce que ça rajoute quelques millimètres. Ça a été extrêmement compliqué pour notre équipe mécanique et designer industriel à faire, mais c'était extrêmement important. Et au final, c'est une des features les plus appréciées des développeurs, parce qu'ils codent, ils peuvent relever le casque, revenir, et pour certains de nos utilisateurs, c'est capital, parce qu'ils vont se servir du casque pendant X minutes, le relever, revenir dans une application où le casque les aide. Et donc, c'est extrêmement important. Et il y a tout un tas de choses ergonomiques, le fait que les choses soient aimantées, puis s'enlever facilement pour les nettoyer la machine, voilà il y a tout un tas de choses assez bien pensées le poids. Monde Numérique : [11:11] Est équilibré aussi entre l'avant et l'arrière. Stan Larroque: [11:13] Donc il pèse 550 grammes et il y a un équilibre parfait c'est à dire que le centre de gravité du casque sur une tête humaine moyenne il arrive à ce niveau là juste devant l'oreille c'est le centre de gravité de notre tête et donc ça ça fait que tu peux le porter plus longtemps sur la tête sans qu'il te gêne de la même manière il ne touche pas ton visage, Donc, il va s'appuyer ici, mais les autres casques, ils s'appuient ici. Monde Numérique : [11:36] Ils s'appuient sur le front au lieu de s'appuyer sur les yeux. Stan Larroque: [11:38] Voilà. Et donc, ça vient sur ta structure osseuse. Ça vient aussi sur le maquillage pour une certaine partie de la population. Il y a plein de choses comme ça. Monde Numérique : [11:46] Tu parlais des lunettes. Stan Larroque: [11:47] Les lunettes. Monde Numérique : [11:48] C'est un problème, les casques fermés avec les lunettes. Stan Larroque: [11:50] Il y a tellement de choses à prendre. En fait, c'est tellement multifactoriel que c'est forcément un compromis. Et donc, nous, on a essayé de faire un compromis en disant, OK, on va essayer de faire le casque le plus fin du monde pour certaines raisons, de parallaxe avec les caméras, de mettre le paquet sur l'ergonomie puisque c'était assez facile par rapport à nos concurrents, surtout Meta qui met tout le poids à l'avant ou le Vision Pro, même aujourd'hui, ce qui est quand même assez fou. On a quand même marqué certains points. On a fait des vagues dans l'industrie, donc avec cette V1, avec la V2 encore plus. Donc voilà, on a réussi en fait à créer une équipe qui a ce savoir-faire de développer des casques de réalité mixte. Ça n'existe pas en Europe. Il n'y a aucune autre société en Europe qui fait des casques comme ça, sans fil, qui se mettent sur la tête. Monde Numérique : [12:32] C'est ça qui est dingue. Il n'y a que vous, quoi. Stan Larroque: [12:34] Alors, il y a des gens qui font des casques avec des fils encore, pour les gros PC. Stan Larroque: [12:38] Mais c'est des casques qui coûtent plus de 10 000 euros, qui ne sont pas du tout connus du grand public. En Europe, la seule société qui a réussi à faire un casque stand-alone, c'est-à-dire que c'est l'ordinateur spatial, comme le décrit Apple c'est-à-dire t'as l'optique l'optomécanique, l'électronique l'ordinateur de bord, le CPU, le GPU l'OS à prendre en compte tout ça on a réussi à le faire et avec 25 personnes à Paris. Monde Numérique : [13:02] Waouh ! Et Meta rappelle-moi combien ils sont pour refaire leur... Stan Larroque: [13:04] Alors Meta c'est assez drôle parce que Meta ils sont... alors ça bouge parce qu'ils font des lay-off, après ils recrutent du monde, ils sont plusieurs milliers, je crois qu'ils étaient en dizaines de milliers je crois que maintenant c'est plutôt entre 5 et 10 000 et j'ai fait un calcul, assez rigolo, j'en ai reparlé lors de la keynote à San Francisco faut pas oublier que le financement de Lynx, le financement annuel de ma boîte, c'est 4 heures chez Meta c'est à dire le burn rate donc Meta c'est 1 milliard par mois de pertes. Monde Numérique : [13:36] Au global, c'est où la division ? Stan Larroque: [13:38] Juste la division ARVR. C'est-à-dire que Mark Zuckerberg a fait un pari qui lui a coûté, et qui lui coûte toujours aujourd'hui, 100 milliards. Monde Numérique : [13:48] Et on ne sait pas où ça va. Stan Larroque: [13:51] On sait très bien où ça va. Nous, on sait très bien où ça va. Oui, oui. On sait ce qu'ils font avec. En fait, ils vendent à perte. Tout simplement. Ils subventionnent le produit, et c'est pour ça que chaque casque vendu ils perdent de l'argent donc ils vendent beaucoup de casques parce qu'il n'est pas cher et donc du coup ils perdent énormément d'argent parce qu'ils. Monde Numérique : [14:09] Le vendent quelques centaines d'euros. Stan Larroque: [14:11] Ils le vendent 400 euros et donc ils partagent énormément de composants semblables avec nous en termes de caméras en termes de chipsets Qualcomm et de tout un tas d'autres produits on sait combien ça coûte, oui je garantis qu'ils perdent plusieurs centaines d'euros pour chaque casque vendu tout comme les Meta Arrayban aussi qui sont une autre catégorie de produits chez eux les lunettes connectées. Monde Numérique : [14:34] On va en parler, tu me diras un peu ce que tu en penses de ça, justement, des lunettes. Monde Numérique : [14:39] Donc, en fait, vous avez craqué le deuxième step de la VR. Vous n'êtes pas parti de zéro. Ce n'est pas vous qui avez inventé le casque VR, mais vous avez franchi un cap. Vous avez introduit un nouveau concept, ce concept plus ouvert, etc. Stan Larroque: [14:55] Le concept, surtout, de réalité mixte à l'époque, c'était HoloLens. Donc, HoloLens, c'est le casque de Microsoft qui ne fait que de la réalité augmentée. Alors ils appelaient ça réalité mixte mais bon c'était des petits malins en marketing chez Microsoft et en fait nous on a vraiment rappelons. Monde Numérique : [15:10] Que c'était une vitre qui. Stan Larroque: [15:11] Venait devant les yeux transparente. Monde Numérique : [15:14] Un peu fumée en plus. Stan Larroque: [15:15] D'ailleurs ne vous faites pas avoir, les produits de réalité augmentée généralement bloquent pas mal de lumière ambiante c'est presque des lunettes de soleil au final donc ils ont réussi plein de compromis et c'est encore des produits très très chers, Nous, on a vraiment introduit le concept de réalité mixte. C'est-à-dire qu'avant que Apple et le Vision Pro des années plus tard, on était vraiment les premiers à dire, non, non, non, les gars, les technologies immersives, c'est la réalité mixte. Ça va être avec des caméras qui sont maintenant meilleures parfois que l'œil humain sur certaines métriques, qui vont nous apporter la réalité. Et on va pouvoir contrôler chaque photon, parce que les photons deviennent des pixels. Et on peut tout contrôler. Et c'est ce qui est assez extraordinaire avec ce produit, et surtout quand je vois les usages que les gens en font, c'est que c'est la première fois que tout ce que tu vois est partagé avec un ordinateur tout ce que tu vois le centre de ta vision oui parce. Monde Numérique : [16:09] Qu'il y a des caméras devant. Stan Larroque: [16:10] On voit. Monde Numérique : [16:11] À travers les caméras ce qu'on appelle le pass-rou. Stan Larroque: [16:13] Sur tous les casques mais le pass-rou c'est quoi ? le pass-rou c'est la reprojection de ce que la caméra voit sur ton oeil elle filme dehors et. Monde Numérique : [16:20] Elle me le montre devant les yeux. Stan Larroque: [16:21] Mais entre temps la caméra elle passe par un CPU elle passe par un GPU, elle passe par un ISP donc on peut faire du traitement dessus c'est là-dessus qu'on va rajouter les objets 3D c'est là-dessus qu'une IA va te dire tiens là il y a un truc qui t'intéresse, et donc tu partages ta vision avec un ordinateur et même l'ordinateur le voit avant toi parce que ça arrive sur la caméra avant d'arriver à ton oeil mais. Monde Numérique : [16:39] Tu dis l'ordinateur mais ce casque là il est autonome. Stan Larroque: [16:41] Il est complètement autonome, je parle de l'ordinateur qui est là-dedans qui est là-dedans et donc cet ordinateur on travaille avec Qualcomm on utilise leur dernière puce, pour travailler, une fois de plus on est les seuls en Europe sur ce crédit et on contrôle du coup toute la pipeline de l'image, donc il faut réduire la latence, il y a tout un tas de choix qui sont différents de la pipeline classique des smartphones, et en fait d'un point de vue même philosophique c'est, cet ordinateur voit les choses avant moi et va m'aider à comprendre ce que je suis en train de faire. Et donc nos clients qui sont des chirurgiens des pilotes d'avion des techniciens de la SNCF tout ce monde un peu professionnel, va être aidé par des outils d'IA, tout le monde parle de l'IA. Et en fait, la meilleure interface home machine pour interagir avec une IA, ce n'est pas le texte, ce n'est pas la vidéo, c'est au-delà. Mais il y a quoi au-delà de la vidéo ? C'est l'expérience et du coup, c'est avec ce genre de matos. Monde Numérique : [17:40] D'accord. Monde Numérique : [17:42] Tu as parlé des utilisateurs de ce casque aujourd'hui, justement. Alors, qui sont-ils un peu plus en détail et pourquoi faire ? Qu'est-ce que ça apporte concrètement ? Parce que vous n'êtes pas dans le gaming. Stan Larroque: [17:53] Surtout pas. Monde Numérique : [17:53] Surtout pas. Stan Larroque: [17:54] Non. Monde Numérique : [17:55] Et ce n'est pas un produit grand public, en réalité. Il n'est pas vendu à la FNAC ou chez Boulanger. Stan Larroque: [18:00] Non. Alors, justement, on ne fait pas le même pari que Meta. Je n'ai pas 100 milliards à brûler. Pas encore. Et donc, le pari qui a été fait, c'est de se dire, où sont les usages... Où on peut vendre le casque sans faire de perte, avec une plus-value, parce qu'en fait, il faut qu'on existe en tant que société. Et donc, clairement, ce qui a été identifié, c'est ce que j'appelle du jeu vidéo pas sérieux. Donc, c'est en fait, quand on dit formation professionnelle, en fait, c'est un jeu vidéo sérieux. Et donc, tout ce qui est formation professionnelle, dans la médecine, la défense et l'industrie, les casques de réalité mixte, c'est incroyable pour ça. Parce que tu travailles la mémoire musculaire, que tu sois un technicien ou un chirurgien, tu fais un geste qui a une valeur ajoutée, Et donc, ce geste, c'est vachement mieux de le faire en vrai, de t'entraîner vraiment sur une maquette réelle ou une maquette digitale que de regarder, comme nous, on a fait une vidéo ou un manuel. Monde Numérique : [18:53] Mais on s'entraîne sur une maquette, mais j'ai quoi comme image dans le casque ? Stan Larroque: [18:57] Par exemple, on a fait des choses avec le professeur Mataf. Oui, en fait, tu as un organe virtuel devant toi, tu as un cœur virtuel. Monde Numérique : [19:05] Et on te dit. Stan Larroque: [19:05] Tiens, vas-y, va chercher la tumeur qui est là. Et donc ça, sur un cœur réel, c'est compliqué à reproduire, sur même des cœurs de cochons, ça coûte cher. Et donc, tu as tout un tas de formations qui peuvent être accélérées, le taux d'erreur peut être réduit, tu peux faire plus de choses avec une augmentation virtuelle qu'avec quelque chose de réel, tu peux passer ton doigt à travers sans que ça fasse plein d'éclavoussures. Et donc ça en fait, ce genre d'utilisation, ça se translate assez bien. Dans tout un tas d'industries. Donc, former des pilotes, former des techniciens. On a fait des vols en zéro gravité avec l'Agence Spatiale Européenne pour former les futurs astronautes. En fait, il y a plein d'usages que ces casques trouvent, en fait, dans la formation professionnelle et l'assistance à distance. Stan Larroque: [19:51] Donc, c'est des usages pro. Le casque est quand même acheté par des hobbyistes, donc c'est-à-dire des gens qui veulent le dernier truc, qui veulent... Monde Numérique : [19:58] Ils peuvent développer... Qu'est-ce qu'ils vont utiliser comme logiciel, du coup ? parce qu'il n'y a pas d'appstore. Il n'y a pas de. Stan Larroque: [20:04] Store pour le moment. En fait, la pipeline de développement, c'est la même que les vrais jeux vidéo qui sont sur les casques. Donc, c'est du Unity, c'est du Unreal Engine. Et donc, tu as des standards, un standard qui s'appelle OpenXR, le casque est compatible. Une de nos grosses différences aussi, c'est que tout l'OS, on le contrôle. Et ça, c'est encore, je trouve, une encore plus grande valeur que d'avoir fait le casque en lui-même. C'est de contrôler l'OS. C'est-à-dire que l'OS, on le compile nous-mêmes, on est chez nous c'est basé sur Android donc la partie open source d'Android qui s'appelle AOSP Android open source project donc en fait c'est la base Android que tout le monde va utiliser que tu fasses une voiture, un frigo, un smartphone, qui est open source qui est open source, donc on prend cette partie open source et on va rajouter dessus nos drivers, les choses spécifiques à Lynx à nos produits, et par dessus on rajoute aussi une couche applicative, qui te permet, au lieu d'avoir Android en 2D t'as un menu en 3D avec, tu peux interagir avec tes mains Tu peux rappeler un menu où que tu sois, dans le casque, quelle que soit l'application lancée. Tout ce runtime, tout ce fonctionnement d'OS, ça a été fait par l'équipe, par nous. Monde Numérique : [21:12] Incroyable. Stan Larroque: [21:12] Et ça a pris des années, mais c'est un travail titanesque. Mais l'IA ne nous aidait pas beaucoup à l'époque. On n'avait pas Clone, on n'avait pas Gemini. Monde Numérique : [21:20] Aujourd'hui, vous connaissez avec Clone ? Stan Larroque: [21:22] Aujourd'hui, on n'a pas un ingénieur dans la boîte qui n'utilise pas les outils DIA. Donc, c'est clair. Monde Numérique : [21:30] Parle-nous un peu de la boîte, justement. Donc, créée en 2019, vous avez bien démarré. Tu avais levé 2 millions d'euros, c'est ça, pour le début ? Stan Larroque: [21:38] On avait levé 2 millions en 2019. Après, on a fait une levée de 3 millions, de 4 millions, pardon, en mai 2022. Depuis, on n'a pas relevé parce qu'on a pu faire des précommandes avec un Kickstarter pour la V1 de 750 000 euros. On a pu avoir des clients, avoir des projets européens tout un tas de choses qui nous ont permis de vivre et de ne pas céder aux sirènes étrangères parce qu'il faut imaginer que pendant, 6-7 ans, toutes les boîtes que vous connaissez, toutes, sont dû nous voir c'est-à-dire... Monde Numérique : [22:11] Les méta, Google, tout ça Snapchat. Stan Larroque: [22:14] Microsoft, Xiaomi, Bydence, asiatique américain, et donc ça, en fait on s'est rendu compte au fur et à mesure que les gens venaient nous voir que ce qu'on faisait c'était bien parce que du coup ça attire, du coup moi ça m'a permis de créer un réseau dans la Silicon Valley, qu'on se fasse un nom dans l'industrie de négocier avec les mêmes fournisseurs que les très grands dans la supply chain américaine grâce à Qualcomm, grâce à tout un tas de partenaires sur place et ça ça m'a permis de... Monde Numérique : [22:41] Donc t'es connu aux Etats-Unis ? Stan Larroque: [22:42] Je suis connu Dans le milieu de la RDR si tu dis Lynx, oui les gens connaissent et il y a un certain, un petit attachement sentimental à ce qu'on fait parce qu'on est vraiment les gars dans un garage face à des mastodontes. Il faut que tu imagines. Monde Numérique : [22:59] Alors, c'est ça qu'on n'arrive pas à imaginer. Et c'est là où on se dit, mais un, comment ils font ? Deux, comment ils vont faire pour la suite ? Stan Larroque: [23:06] Alors, nos plus petits concurrents, les plus petites boîtes, c'est des boîtes en milliards. C'est-à-dire, le plus petit, c'est peut-être HTC. C'est une boîte qui pèse encore un milliard. Et c'est Cher Wong derrière, la femme la plus riche d'Asie. Ça, c'est les plus petits concurrents. Et les plus gros, c'est des boîtes en trillions de dollars ouais, Et il y a nous. Et il y a nous, là, on est une anomalie. Tout est hors norme dans ce qu'on fait, la taille de l'équipe, le budget qu'on a. Et pourtant, on a là un produit sorti de l'usine sur la table qu'on a été capable de faire. Et ça, c'est une aventure extraordinaire qui nous a permis de comprendre, en fait, comment le monde tourne, tu vois, comment les sémiconducteurs sont payés, comment on les négocie, comment ils sont produits, les caméras, les écrans, en fait, comment ça arrive dans nos vies, tout ça, tout autour de nous. Donc ça, c'était une expérience juste extraordinaire. Monde Numérique : [23:52] Ça c'est de la folie tu passes ta vie tu vas aller en Chine aussi j'imagine tu. Stan Larroque: [23:57] Vas en Chine, à Taïwan, en Corée du Sud tu vas voir les usines, certaines usines qui sont aux Philippines notamment pour les écrans, t'es obligé en fait en fait c'est une des parties les plus agréables de ce travail peut-être aussi les plus durs mais c'est de faire le tour de la planète pour chercher la meilleure batterie le meilleur écran, la meilleure puce et tu es obligé d'être très vulnérable de rencontrer beaucoup de gens et c'était une expérience géniale et donc Au passage, je remercie énormément Grégoire, qui est notre relais à Taïwan sur place, qui est un Français qui a bougé là-bas il y a 13 ans, qui a rejoint l'équipe Lynx et qui nous a permis de sortir le casque, parce qu'il parle chinois couramment. Et donc, quand on est ensemble là-bas, c'est beaucoup plus simple. Et il se trouve aussi qu'il a une boîte de nuit, que du coup, négocier avec les gens à Taïwan, c'est beaucoup plus sympa. En fait, c'est aussi ça, une équipe, c'est des gens qui se rencontrent. Monde Numérique : [24:47] C'est ça, la vie d'une boîte. Stan Larroque: [24:48] Une entreprise, c'est des hommes qui se rencontrent. Merci. Et j'ai eu la chance, en fait, d'avoir une équipe absolument hors norme, à l'image du produit, en fait. On a vraiment mis énormément de boulot et d'âme là-dedans. Et je pense que ça se sent. Je pense que la communauté aussi nous le rend bien et nous soutient énormément. Monde Numérique : [25:06] Mais tu dis tous ces géants qui sont venus vous voir. C'était pourquoi ? Curiosité ? Taper à la porte ? Essayer de vous racheter ? Stan Larroque: [25:13] C'était pour nous racheter, c'était pour investir, c'était pour essayer de recruter mon équipe dans mon dos. Voilà, coucou Meta. C'était il n'y a rien de clean c'est le business, il n'y a rien de clean et plus ils sont gros plus ils s'en foutent. Stan Larroque: [25:31] Il y a eu un peu de tout de l'espionnage industriel, il y en a eu je vous donne un exemple ici on sort la V1 qui a une optique très particulière, je l'ai là, ça ressemble à un petit diamant et bien en fait cette optique c'est unique, c'est à dire qu'on est les seuls à avoir mis ce genre d'optique dans notre casque. C'est un prisme catadioptrique. C'est un truc de fou. Et au moment où... On l'a développé avec une société espagnole qui est basée à Madrid et qui, au moment de la sortie du casque, cette société s'est fait racheter par Apple. Donc, j'ai dû rattraper Pablo, le CEO, par les cheveux avant qu'il parte à Cupertino en disant « Ah, tu me signes de quoi utiliser la lentille pour mon casque. » Et donc, c'est pour ça que si vous regardez entre notre V1 et notre V2, on n'a pas du tout la même lentille. On a changé d'architecture. L'architecture est meilleure. Et parce que si, en fait, Apple, comme ils ne pouvaient pas forcément faire ce qu'ils voulaient avec nous, pour dire les choses ainsi, ils ont acheté un de nos suppliers. C'était vraiment je te le garantis parce qu'en fait aujourd'hui je suis toujours en contact avec eux, avec ces espagnols ils ne font rien chez Apple, ils sont à la retraite et donc c'est on vous achète, on vous parque et c'est fini mais c'est quoi. Monde Numérique : [26:50] Pour vous faire disparaître ? Stan Larroque: [26:52] Non pas pour nous faire disparaître pour mettre. Monde Numérique : [26:55] La main sur le truc. Stan Larroque: [26:56] Ouais pour essayer de déstabiliser parce qu'eux ils étaient en train de préparer le Vision Pro c'était en 2023, le Vision Pro a été annoncé un an ou deux plus tard donc c'était vraiment ok, l'un que ça fait ça il faut qu'on l'ait aussi, bon, comment faire ? et donc tous les moyens sont permis donc. Monde Numérique : [27:13] Apple a failli vous tuer ? Stan Larroque: [27:15] Tous ont failli nous tuer, tous par exemple un autre exemple c'est, on est en Asie, on est en train d'acheter les caméras, donc sur un casque en fait, là par exemple sur la V1 il y a 6 caméras, il y a aussi 6 caméras sur la V2, et donc tu as des caméras couleur pour le pass-through, et là tu as des caméras généralement qui sont monochrome, donc qui voit en noir et blanc qui sont plutôt un peu comme dans les voitures pour la vision par ordinateur, pour le tracking et tout ce genre de choses. Eh bien, on était en train de négocier ces caméras et le fabricant de ce qu'on appelle un module maker qui fait les caméras modules, c'est donc ces petites caméras qu'il y a aussi dans vos smartphones, s'est fait acheter tout son stock par Meta. Comme par hasard. Et Meta n'a rien fait des caméras. En disant, hop, voilà, on achète et du coup, personne ne peut toucher. Ça leur coûte un pognon de fou, mais c'est des techniques. Monde Numérique : [28:03] Ça frise le marché, ça vous en frise ? Stan Larroque: [28:05] Ça frise le marché, ça augmente les prix. Et surtout, ce qui était très particulier, c'est que pendant cette période de Covid, on pourra en reparler, mais nous, on était très, très bas dans la chaîne alimentaire. On n'avait aucun pouvoir de négociation. Les gens nous vendaient parce qu'ils nous trouvaient sympas et parce que le projet en soi était très novateur. Mais sinon, on ne venait pas comme les Américains en disant, vous achète 100 millions de caméras, 300 millions de puces et 500 millions d'écrans. Donc, on a dû négocier, on a dû se battre un peu comme des diables en Asie. Et ça aussi, c'est une expérience... En fait, il y a très peu de personnes en Europe qui ont ce genre de vue sur l'envers du décor, sur l'autre côté du miroir. Parce qu'en fait, en Europe, plus personne ne fait de... Enfin, si on l'a fait, il y a eu Nokia, il y a eu plein de choses, mais... Monde Numérique : [28:53] Oui, mais c'est plus là. Plus personne ne fait de hardware. Stan Larroque: [28:56] Plus personne ne fait de hardware, à tort je pense vraiment à tort parce que du coup on ne le comprend plus on ne le respecte plus j'ai plein de choses à dire là-dessus, mais c'est donc il y en a encore qui le font par exemple qui le font d'une bonne manière par exemple il y a WeThings il y a Parrot il y a quelques boîtes de consumer on pourrait dire consumer mais bon c'est pas forcément les mêmes segments mais qui font aussi ce genre de produit et nous on a vraiment on est vraiment parti de zéro je me souviens on a commencé en 2019 on n'avait rien mais rien du tout on avait le proto que moi j'avais fait quand j'étais dans cette période entre les études et la vraie vie. Et j'ai commencé comme ça avec cette levée de fonds qui m'a permis de recruter 10 personnes. J'ai eu une chance extraordinaire de tomber sur un noyau dur au début qui était extrêmement performant avec des gars qui avaient 25 ans d'expérience dans la VR. Donc ça aussi, ça se joue beaucoup. Mais ouais, c'est un parcours... Tellement difficile. Enfin, mettre un produit sur la table, quel qu'il soit déjà, c'est compliqué. Un produit comme un casque de réalité mixte, c'est un genre de produit qui a une profondeur, en fait. C'est-à-dire que tu te penches sur chaque sous-système, la caméra, l'optique, le tracking, en fait, dès que tu mets les doigts dans la prise, il y a trois thèses, deux boîtes qui peuvent être montées sur le sujet. Donc, tu vois, c'est des produits très profonds et faire quelque chose que tu peux financer, que les gens ont envie d'acheter, qui est nouveau et qui n'a jamais été vu ça n'existe pas ça. Monde Numérique : [30:24] Paraît surhumain tel. Stan Larroque: [30:26] Que tu. Monde Numérique : [30:26] Le racontes ça paraît. Stan Larroque: [30:27] C'est ouf et les gens le racontent aussi dans la boîte ça va t'arrives à dormir quand même ? Ouais non clairement pas c'est un combat de chaque instant je pourrais, rien faire d'autre que de créer des choses que de créer des choses comme ça parce qu'il y a une satisfaction comme quand ton code tourne la première fois ou que tu vois ta première page HTML c'est incroyable, ce genre d'émotion de la création quand tu poses un produit quand tu mets le casque sur la tête que ça s'allume, que ça marche et tu pleures, c'est moi qui l'ai fait alors c'est un effort de groupe et je me souviens très bien il y avait un de mes super zingés, justement qui avait beaucoup d'expérience c'était assez drôle à un moment on est en train de finaliser la V1 et le seul truc qu'il dit c'est, Bon, ça y est, on est fiers, on peut le montrer à nos femmes. Et j'ai trouvé ça super mignon. Et en fait, c'est ça, si tu veux. On crée quelque chose parce qu'en fait, on le voit utilisé par des chirurgiens, parce qu'on le voit utilisé pour régler des vrais problèmes. Et ça donne une force surhumaine. Vraiment, ça habite. Tu te lèves le matin en disant, en fait, il y a le professeur Nataf, Abisha, qui attend son casque. Tu vois, c'est pas bon. Monde Numérique : [31:44] C'est la vraie récompense. Stan Larroque: [31:45] C'est un casque qui va permettre d'avoir 20% de perfs en plus pour jouer sur Steam. Ouais, fine, très bien. C'est aussi un énorme marché. Mais tu vois, ce qui emmène une équipe, c'est ce que les gens font avec le produit derrière. Et ça, c'est une satisfaction qui est incroyable. Monde Numérique : [32:05] Tu vas nous parler un petit peu du futur. Mais d'abord, reparle-nous un peu du passé. Et notamment, tu l'as évoqué, la période Covid, ça a été hyper dur. Stan Larroque: [32:12] Oui, alors c'était drôle. c'était pas drôle, c'était horrible en fait on s'en souvient plus, c'était il y a 20 ans mais le Covid c'était... En fait on ça y. Monde Numérique : [32:21] A 20 ans le Covid oui psychologiquement. Stan Larroque: [32:24] Psychologiquement bien sûr ceux qui nous regardent dans 20 ans j'aurais peut-être raison à ce moment là en fait on a annoncé la V1, en février 2020 et en mars 2020 c'était fini c'était rideau le pays s'arrête, le monde s'arrête et donc on avait cette V1 je me souviens et vous pouvez si vous regardez nos images d'archives vous voyez la V1 en fait elle a pas du tout la même tête que ce qu'on a sorti. Et donc, on s'est dit, OK, le monde part en sucette, ça va prendre plus de temps que prévu. On va en profiter pour faire la V2. Et donc, on a profité du premier confinement pour redessiner le casque, pour faire un truc presque from scratch. Et quand les frontières ont commencé à se réouvrir, on a vraiment, si tu veux, démarré... Monde Numérique : [33:14] Parce que c'était quoi le problème ? C'est que vous n'aviez plus accès aux sous-traitants ? Stan Larroque: [33:17] Non, on n'avait plus accès à rien. c'est-à-dire que le monde était à l'arrêt, on s'en souvient plus surtout l'Asie mais à part du papier de toilette et encore tu pouvais à peine te fournir quelque chose donc c'était très très compliqué et puis nous on avait des moyens très limités on a toujours des moyens très limités, et là si tu veux première anecdote si vous voulez mais au deuxième non à la deuxième ou troisième vague je sais plus combien il y en a eu il s'est passé un truc extraordinaire c'était en février 2021, Stan Larroque: [33:50] On a des protos du casque. On a les premiers protos, si tu veux, montrable ou démontrable. On se dit, OK, ça va être ça. Nous, on pense que la réalité mix, c'est ça et qu'on va pouvoir le faire. Et j'ai un ami, du coup, qui est le développeur principal de A-Frame. Donc, c'est un framework qui permet de faire des applis à RVR. Et qui me dit, écoute, j'ai été contacté par Palmer Lucky. Il aimerait rentrer en contact avec toi. Est-ce que ça te va si je donne... Monde Numérique : [34:17] Donc, le créateur d'Oculus. Stan Larroque: [34:19] Donc, le créateur d'Oculus. le gars, le responsable du fait que moi, j'ai eu un casque dans les mains quelques années plus tard. Et je lui dis évidemment, Diego, passe sur mon contact. Et donc, rappelez-vous, on était semi-confinés. Enfin, c'était encore un peu bizarre à cette époque. Monde Numérique : [34:34] On avait le droit de sortir le chien, mais pas plus, quoi. Stan Larroque: [34:36] Ouais, c'était un truc comme ça. Et du coup, Palmer m'appelle. Donc, pour ceux qui connaissent pas le personnage de Palmer Lucky, Palmer, aujourd'hui, c'est celui qu'on connaît comme étant le créateur d'Anduril, donc la start-up de défense américaine qui fait du bruit et qui fait beaucoup de choses. Monde Numérique : [34:52] Non, il fait des drones de guerre, quoi, pour faire court. Stan Larroque: [34:53] Il fait des drones, des missiles, il fait plein de choses. Il fait plein de choses à côté. Monde Numérique : [34:58] Mais c'est vrai que c'est un bonheur. Stan Larroque: [34:58] Moi. Monde Numérique : [34:59] Je l'avais rencontré à Las Vegas c'est. Stan Larroque: [35:01] Un personnage de film je sais et donc lui sa première aventure donc c'était Oculus et il a vendu ça à 21 ans pour 3000 heures donc imagine tu as 21 ans et je te dis tiens voilà 700 millions de dollars bon voilà, donc c'est un personnage de film donc il m'appelle et moi je sais pas trop à quoi m'attendre tu vois je suis chez moi j'ai le proto sur la table et il me dit écoute je te suis sur Twitter, Youtube et tout les trucs que vous faites, j'adore ce que vous faites comment je peux t'aider donc à l'époque il venait de lever je crois qu'ils étaient valorisés de 2 milliards donc. Monde Numérique : [35:37] Lui il était riche mais il faisait autre chose et. Stan Larroque: [35:39] Il avait un peu lâché l'affaire mais il n'y avait pas un deal dans l'ARVR qui se faisait sans lui, il était toujours là, il reste une icône il reste un peu le dieu des nerds dans l'ARVR, et donc il me dit comment je peux t'aider, donc t'as un milliard d'air qui te tombe dessus, Et je lui dis, bah écoute, c'est drôle, je suis en train de lever de l'argent, je galère, je suis en France, c'est pas foufou, et puis le Covid, le machin, etc. Elle me dit, écoute, je peux pas investir dans ta boîte parce que je suis CEO d'une boîte de défense américaine, du coup, prendre des parts dans une société étrangère, c'est compliqué, mais j'ai envie de t'aider. Du coup ce que tu vas faire c'est que tu vas prendre l'avion moi j'habite à Los Angeles donc il habite à Newport Beach sur une île artificielle, pas loin de là où il a grandi mais il a gardé sa maison de quand il travaillait, chez Oculus et du coup après chez Meta et cette maison elle est dans la Silicon Valley à Palo Alto sur les hauteurs de Palo Alto à Woodside il me dit tu prends ma maison à Woodside la clé est sous le paillasson, voilà il y a quelqu'un qui t'attendra tu prends la maison et tu prends des rendez-vous, je t'envoie des investisseurs, des gens, et comme ça, tu te crées un nom, tu développes... Voilà, tu fais parler de toi, et puis peut-être qu'il se passera des trucs bien. Je raccroche, et là, en fait, les frontières sont fermées. C'est le Covid, rappelez-vous. Donc, je remue le ciel et la terre, mais le ciel et la terre pour essayer d'avoir un vol pour les États-Unis et de rentrer. Donc, à l'époque, il fallait avoir un passeport, des deux nationalités. Enfin, c'était super compliqué. Monde Numérique : [37:08] T'étais pas sûr de pouvoir revenir ? Stan Larroque: [37:10] T'étais même pas sûr de pouvoir passer. et donc il y a un copain qui faisait des casques pour l'armée américaine, un copain américain j'avais déjà des contacts là-bas qui a une boîte qui fait des casques pour l'armée américaine les casques coûtent 80 000 euros, je vous laisse imaginer ce qu'ils font et du coup il me fait une lettre en disant je sous-signais machin on a besoin de Stan Larroque pour regarder tel et tel capteur pour le DOD, à l'époque ça s'appelait pas Department of War, il faut absolument qu'on le voit je vais avec cette lettre à la douane française, américaine je passe et j'avais prévenu personne parce que je m'attendais à ce que ça marche pas que je sois pas sûr d'arriver aux Etats-Unis à ce moment là, Et donc, j'arrive et j'ai écrit à Palmer, ben voilà, c'est bon, lui, il n'avait aucune idée. Enfin, il ne s'était pas... Pour lui, ouais, tu passes la danse, c'est bon. Monde Numérique : [37:55] Ouais, c'est facile, tu prends ton jet, tu viens, quoi. Stan Larroque: [37:56] Ouais, c'est ça, c'était pas intellectualisé plus que ça. Donc déjà, petit parcours du combattant. Et là, j'arrive à l'adresse qu'il m'envoie. C'est une maison avec 14 champs, 15 salles de bain, un terrain de tennis, les écuries. Non, mais le truc de fou. Une énorme piscine. Enfin, c'était dingo. J'ai des photos de tout. C'était absolument dingue. que c'était génial. Monde Numérique : [38:17] T'étais seul ou t'avais en train de l'équipe ? Non, j'étais tout seul. Stan Larroque: [38:20] Et donc, je suis tout seul dans cette énorme baraque. Lui, il est à Los Angeles. Donc, je suis un peu sous le choc. Et du coup, j'écris à mes copains sur place en disant « Les gars, je suis dans la baraque de Palmer. J'appelle Palmer et j'appelle son chief of staff. » Parce qu'à l'époque, il avait déjà un chief of staff. Et je lui ai dit « Écoute, Austin, Stan Larroque: [38:38] est-ce que je peux recevoir des gens ? Je ne suis pas à l'aise, je ne suis pas chez moi. » Et là, il me dit ah non mais t'as pas compris c'est ta baraque maintenant là tu fais il faut que tu il faut que tu t'en serves parce que nous on s'en sert pas donc autant que ça serve à toi, et donc incroyable et pendant un mois et demi je reste dans cette maison et je me fais enfin voilà tout le monde vient je rencontre absolument tout le monde, des icônes de la Silicon Valley tout le monde vient voir le casque tout le monde vient me rencontrer aussi c'était absolument génial donc je remercie encore Palmer qui a contribué à ce moment là après je suis allé le voir à Los Angeles qu'est-ce qui est venu ? Ah bah il y a eu tout le monde, des gens d'Apple, de Lenovo, des investisseurs j'ai pu pitcher Founders Fund j'ai pu pitcher les plus gros fonds de la planète c'était absolument incroyable bon voilà encore un truc qu'est-ce. Monde Numérique : [39:25] Qu'il en est. Stan Larroque: [39:25] Ressorti alors ? au bout d'un mois et demi je vais voir Palmer je lui montre le casque pour de vrai lui il n'est pas venu te voir non parce que lui il faisait endurie il n'était pas venu me voir il se trouve qu'il n'était pas venu me voir, Et donc, on se rencontre chez lui. Donc, la maison qu'il avait dans la Silicon Valley, déjà, c'était un délire. Alors, la maison dans laquelle il vit vraiment à Newport Beach, là, sur Lido Island, une île artificielle, c'est la maison du méchant de Jameson. Mais clairement, c'est... T'as une partie sur l'eau, l'autre partie sur la rue. Il a acheté la maison en face et, en fait, pour creuser un tunnel entre les deux maisons, et ça fait de lui le propriétaire du plus gros stand de tir privé intérieur de Californie. Enfin, bref. Il a un bateau de fou furieux il a 5 hélicoptères je t'ai dit 21 ans 700 millions de dollars tu te sens tu. Monde Numérique : [40:17] Perds un peu la tête forcément. Stan Larroque: [40:18] Et pour autant il est extrêmement intelligent et donc j'ai pas levé des fonds à ce moment là c'est venu, quelques mois plus tard lors de notre deuxième levée de fonds et au final ça s'est fait avec un seul américain et sinon c'était avec des européens et des actionnaires historiques français que j'avais. Monde Numérique : [40:40] Ça aurait pu être mieux, non ? Stan Larroque: [40:42] Ça aurait pu être mieux, mais en fait, si tu veux, ce qui est compliqué avec Ling, c'est que je suis une société française, tout est basé à Paris. Donc, un Américain investit dans une boîte à Paris, sauf si tu t'appelles Mistral, qui est essentiellement des actionnaires américains. Pourquoi, tu vois, alors que je peux investir dans d'autres banques à Silicon Valley ? Et pour... C'est très compliqué, en fait, de lever des fonds. moi ça a toujours été ma bête noire, je dirais ma principale faiblesse c'est que malgré le projet, malgré l'équipe, les débouchés on n'a jamais eu plus de soutien que ça financier parce qu'en fait le monde financier, ne suit pas aussi bien l'actualité que des journalistes tech par exemple des dons qui se disent ah ok une boîte d'RVR hop je google la RVR, quelles sont les headlines mais t'as perdu un milliard par mois bon, qu'est-ce qui fait que ce jeune là dans son garage à Paris avec ses trois mecs qu'est la bande à Basile il va réussir là où Meta ou Magic Leap où Microsoft n'y arrive pas. Monde Numérique : [41:40] Oui, ils ont une lecture très analytique des choses, mais pas beaucoup de profondeur finalement sur l'histoire de la tech. Stan Larroque: [41:47] Ils n'ont pas le temps. Ils ont d'autres risques à gérer. Il y avait d'autres choses. Il y a d'autres techs qui se finançaient. La RVR, ça a toujours été un peu le vilain petit canard du financement. Et en fait, expliquer cette espèce de guerre asymétrique où d'un côté, tu as des financements en milliards et de montrer qu'avec quelques millions, on fait un truc qui est stupéfiant et que les gens veulent acheter. Et en fait c'est pour ça que juste après les US j'ai fait le Kickstarter, et du coup en discutant avec Palmer parce que l'USI avait commencé en faisant un Kickstarter c'était le Kickstarter pour moi ça a été un outil pour montrer au monde financier que les gens voulaient notre produit et donc pour les gens en France qui souhaiteraient un jour financer leurs produits faites un Kickstarter, c'est un bon plan c'est plutôt un bon plan parce que ça montre un intérêt avec un engagement et un risque qui est quand même vachement contrôlé, c'est un peu un espèce de contrat, tacite entre des gens qui prennent un risque et qui veulent voir de belles innovations. Monde Numérique : [42:43] Stan, mais ça va où la VR aujourd'hui ? Parce qu'on a l'impression quand même, je vais y aller franco, on a l'impression qu'il y a eu une grosse vibe, il y avait eu beaucoup d'enthousiasme, etc. Mais on en parle moins. Stan Larroque: [42:57] Le metaverse. Monde Numérique : [42:57] Ouais, le metaverse a un peu bu la tasse. Est-ce qu'il y a un avenir à la réalité virtuelle, vraiment ? Stan Larroque: [43:05] En fait, je pense pas qu'il y a un avenir à ce qu'on nous a exposé à la VR. Le grand public a été exposé à la VR à 99% via la méta et sa stratégie. Je pense que ça, ça n'a pas d'avenir. Et je pense que ça commence à se voir avec méta qui change de direction et puis en fait ce sera les lunettes connectées et pas les casques et puis en fait l'IA aussi c'est pas mal. Stan Larroque: [43:30] Donc ça commence à coûter cher, ça commence à fatiguer les gens, ça commence à fatiguer Wall Street. En fait, ce Paris-là ? Non, vraiment. Et nous, on n'a jamais fait ça. On s'est dit, mais c'est plus qu'utopiste. Quelqu'un disait à juste titre le premier client, enfin le seul client de Meta Reality Labs, c'est Marc Zucabré. C'est VR Boy number one. Ok, très bien. Par contre, l'usage de la VR, de l'AMR dans le B2B, ça ne fait qu'exploser. En fait, si tu veux, les boîtes aujourd'hui n'en sont plus à se dire, bon, on va revoir notre volet formation, on va acheter un casque pour voir si ça marche. Non, c'est on déploie, on n'en est plus au POC, les sociétés commencent vraiment à déployer ce genre d'outils. On voit des commandes, des demandes pour, tu vois, des devis de 1 000, 10 000, voire les plus gros en Europe, c'est 60 000 casques, une société. Donc ça, en fait, c'est pas les volumes du consumer, tu vois, c'est pas des millions de téléphones, mais pour un casque sur lequel tu fais une marge bruts corrects, il y a une vraie économie. Je ne pense pas qu'il y ait de réalité d'entreprise dans ce que les GAFAM voulaient, même Apple, quelque part, en fait, avec le Vision Pro, pour le moment, ce n'est pas encore transformé. Monde Numérique : [44:44] Et c'est peut-être ça qui fait que, finalement, une petite structure comme la vôtre peut plus facilement trouver sa place, alors ? Stan Larroque: [44:51] Oui, parce que nous, on est un peu laser focus sur un segment où il y a de l'argent. En fait, il y a des gens qui sont prêts à payer un peu plus cher pour avoir un casque un peu mieux, qui leur apporte de la valeur dans leur boulot. Donc, si tu veux, il n'y a pas de question sur l'acheter à la FNAC avec des tarifs délirants. Nous, ce qu'on voit dans la VR, c'est qu'il n'y a jamais eu autant de casques vendus. Si tu regardes les casques, il y a 10 ans, il n'y avait pas de casques verts. Il n'y en avait pas. Là, aujourd'hui, il y en a des dizaines de millions dans la nature. Et si tu veux, le Quest 2 a été plus vendu que certaines consoles, dont la Xbox. Donc, est-ce que c'est un échec pour autant ? Je ne sais pas. Je pense que ça a nourri l'imaginaire de toute une génération d'adolescents qui sont en train de devenir adultes, qui ont connu ces casques verts, pendant la pandémie et puis un peu après. Donc, je pense qu'il va y avoir d'autres vagues qui vont venir avec le matériel aussi qui s'améliore, en fait, qui suit le développement des smartphones. Et donc, on a toujours des puces meilleures, on a des caméras incroyables qui voient mieux que le humain sur certaines choses. Et ça me laisse très optimiste quand même sur le marché. Monde Numérique : [45:58] Mais du coup, les lunettes connectées dont on parle, toi, ça ne t'intéresse pas ? Stan Larroque: [46:01] Alors, bien sûr que si ça m'intéresse. Ça m'intéresse énormément parce que ça fait... En fait, moi, ce qui m'intéresse, c'est le champ, c'est le spectre, ce qu'on appelle le continuum AR-VR. C'est tout ce qui va de l'AR jusqu'à l'AVR. Tu peux dire que c'est la réalité mixte de manière générale, mais les lunettes, ça nous intéresse beaucoup et moi, je suis de très près l'optique dans ce domaine. Donc, tout ce qui est guide d'onde, tout ce qui est optique réfractive, réflective, on regarde tout ce qu'il fait, on achète tout ce qui peut passer entre nos mains. On n'en fait pas aujourd'hui chez Lynx. Avec Lynx, par contre, Stan Larroque: [46:34] c'est pas impossible qu'à l'avenir, mon équipe travaillent sur ce genre de sujet. Monde Numérique : [46:39] D'accord. Ça les brancherait ? Stan Larroque: [46:41] Ça les brancherait, et puis là, on est à un moment très particulier dans la vie de la boîte, où on est en train de s'adosser avec un industriel. Et donc, qui permettrait d'avoir les moyens de travailler sur des cas, sur des lunettes, tout en respectant la souveraineté, tout en respectant les valeurs de l'Inx, qui fait ce pour quoi j'ai créé la boîte et que je ne suis pas allé travailler chez Apple ou chez Meta, Dieu m'en garde. c'est justement... Moi, je l'ai dit, si tu veux, ma dernière slide à San Francisco, si vous voulez regarder ma keynote sur notre chaîne YouTube, c'est une photo de Kill Bill avec tous ses ennemis dans une des scènes finales, en disant qu'on ne peut plus le faire tout seul. C'est cool, on a levé 4 millions, on a fait un produit, on a une V2, on sait exactement où le marché va, on sait ce qui marche, on sait ce qui ne marche pas. Mais maintenant, il faut que soit on s'adosse à un gros industriel, soit qu'on lève des fonds de manière titanesque. Et donc, on est un peu dans ce point d'inflexion. D'accord. Monde Numérique : [47:38] C'est intéressant de t'entendre précisément parler de tout ça à ce moment-là. Et justement, dans cette émission, il y a aussi un volet sur lequel j'aimerais t'entendre. On va prendre un peu de recul. C'est un peu la deuxième partie. Monde Numérique : [47:55] Qu'est-ce que c'est pour toi la vision de l'innovation ? L'innovation, c'est quoi pour toi ? L'innovation technologique, innover, c'est quoi ? Stan Larroque: [48:01] Innover, c'est quoi ? Innover, pour moi, c'est inventer. Inventer vraiment... Enfin, même amener une rupture. Amener une rupture, tu vois, déranger. Monde Numérique : [48:15] C'est déranger. Stan Larroque: [48:16] Innover, c'est déranger parce que tu vas inventer, mais pas pour rien. C'est une invention qui trouve son usage. L'innovation c'est une invention qui trouve son usage et donc du coup tu déranges, tu bouscules t'es le gars qui énerve et ça j'adore surtout déranger les très gros de ce monde, les gars femmes finalement que Meta. Monde Numérique : [48:36] Ou Apple te fassent des sales coups c'est la preuve que tu. Stan Larroque: [48:39] Existes c'est comme un jeu vidéo tant que t'as des ennemis devant toi c'est que tu vas dans le bon chemin et c'est exactement ça et donc ça il y a une certaine satisfaction en fait c'est je sais plus qui disait l'honneur d'être une cible. Il ne faut jamais refuser l'honneur d'être une cible. Ça, c'est exactement... Dans le business, il faut garder ça en tête. Il faut aussi trouver la force pour continuer d'avancer. Donc, c'est avoir les bons investisseurs, la bonne équipe, être bien entouré. Ça, ce n'est pas tout seul, bien sûr. Monde Numérique : [49:06] Alors voilà, justement, quelle qualité il faut pour innover. Et puis, non, j'ai mes... Regarde, si je prends ces deux modèles incontournables, toi, tu serais plutôt Steve Jobs ou Elon Musk ? Stan Larroque: [49:21] Je pense qu'il faut un égo démesuré pour répondre à la question telle que tu l'attends peut-être. Je dois vraiment choisir l'un ou l'autre ? Monde Numérique : [49:32] C'est comme tu le sens, non, non. Qu'est-ce que ça t'inspire, on va dire ? Stan Larroque: [49:36] Alors, c'est tous les deux des gens très inspirants. Peut-être Elon Musk un peu moins sur certains sujets. Non, clairement, Steve Jobs, c'est assez incroyable. Moi, j'ai eu la chance, si tu veux, de commencer ma vie adulte quand il était encore là. Et d'avoir été inspiré par les keynotes de l'iPhone. L'iPhone 4, je crois, c'est le dernier qu'il a fait. Le 4S. Le MacBook Air qui sort de l'enveloppe. Mais en fait, ce qui est assez incroyable, c'est de justement présenter une innovation de la manière la plus humaine et la plus simple possible. C'est quelque chose où je pense que personne d'autre n'arrive à son niveau et qui, bien sûr, me fait rêver et m'inspire encore. Monde Numérique : [50:18] Et alors, avant cette époque-là, il y avait les débuts d'Apple qui étaient déjà une histoire incroyable. Toi, tu serais plutôt Steve Jobs ou Steve Wozniak ? Stan Larroque: [50:30] Je pense que j'ai plus de Steve Bosnia qu'en moi parce que je suis un énorme nerd en fait j'ai. Monde Numérique : [50:37] L'impression que t'es aussi quand même un manager un leader. Stan Larroque: [50:40] En fait tu le deviens parce que tu vois je monte sur scène je mets mon nom devant le truc, oui il faut savoir faire ça c'est aussi un plaisir, tu peux pas forcer quelqu'un à le faire donc c'est aussi quelque chose que j'apprécie beaucoup et c'est de transmettre en fait t'essaies de transmettre en disant, ben voilà, c'est notre travail, on a fait ça pendant deux ans, j'espère que ça va vous servir assez à ça. Mais pour autant, je suis un énorme geek, je passe 20% de mon temps à lire ce qui se fait en programmation, en hardware, je passe beaucoup de temps à lire même encore des thèses. Monde Numérique : [51:15] Et t'arrives à faire les deux, vraiment ? Stan Larroque: [51:17] Bien sûr que non. Bien sûr que si j'ai pas assez de temps dans une journée. Monde Numérique : [51:21] Voilà, quand on dirige une boîte, finalement, on risque pas, au bout d'un moment, de se retrouver plus souvent à faire des RH, du social, des embauches qu'à développer des produits. Stan Larroque: [51:30] Des licenciements. Des licenciements, oui. Ça, c'est... Ça, c'est la partie dure, en fait. En fait, il n'y a pas de vraie formation. Même, je pense, dans les école de commerce, tu ne l'as pas. C'est du terrain. Moi, je suis très heureux d'avoir eu la chance, à 23 ans, d'avoir commencé à manier ce genre de sujet, à gérer une boîte, en fait. Monde Numérique : [51:52] Mais ça, ça ne s'apprend pas en école d'ingénieur. Stan Larroque: [51:53] Ça ne s'apprend pas, ça ne se transmet pas. Tu peux avoir les meilleurs actionnaires du monde qui, peut-être, ont tout le temps raison, mais tant que tu n'as pas touché du doigt toi-même et que tu t'es pas pris un fou furieux qu'il faut absolument licencier, tu sais pas. Tu penses que le monde, il est gentil et non, en fait, tu te rends compte que... Monde Numérique : [52:10] Tu as vécu ? Stan Larroque: [52:11] On a vécu absolument tout. J'ai un super directeur général et tous les deux, on a vu des KRH, on a vu des partenariats qui partent en sucette, on a géré un partenariat avec Google en millions de dollars qui a fini presque en 100. On a tout vu. On a vraiment tout vu, donc ça durcit le cuir c'est ça qui fait l'expérience et encore une fois pour parler avec d'autres entrepreneurs en France il n'y en a pas tellement qui se frottent à tout ça, parce que tu vois Lynx en fait. Monde Numérique : [52:45] Ça a duré 7 ans c'est intéressant parce que Wissings je le sais pour avoir très souvent Eric Carel il a vécu un peu tout ça, les hauts et les bas des très hauts. Stan Larroque: [52:55] Des très bas et en fait moi le parallèle que je pourrais faire pour décrire un peu ce genre de vie c'est tu vois en fonction de la personne que tu veux devenir tu vas choisir carrière vie professionnelle, Et c'est une sinusoïdale. Et donc, par exemple, Eric, c'est des hauts à 300 millions, des bas aussi à 300 millions, des stress, pas possible. Moi, c'est pareil. Négocier avec Google, est-ce que ça va le faire ? Et puis, en fait, au bout d'un an, on s'écharpe et c'est horrible. C'est des levées de fonds, des levées de fonds qui ne se font pas, des escrocs qui viennent te voir. C'est une sinusoïdale assez incroyable. Et après, tu peux avoir d'autres carrières où, en fait, tu as une sinusoïdale plus tranquille. D'autres types de carrières, tu vois ? Je ne vais pas donner d'exemple parce que je ne veux que personne se sente diminué dans sa sinusoïdale parce que chacun vit ses combats à l'intérieur de soi. Mais voilà, moi, je vis une sinusoïdale quel que soit ce que je vais faire après, je pense que je vais me faire chier. Et on se le dit, tu vois, mon équipe, on se dit tous avec ce qu'on voit au bout. Monde Numérique : [54:05] L'histoire n'est pas finie. Stan Larroque: [54:06] L'histoire n'est pas finie. Dans quelques mois, il se passera peut-être quelque chose, comme j'ai dit, avec un industriel mais, on se dit avec mon équipe parce que c'est une série Netflix vraiment tous les jours enfin il y a vraiment il y a vraiment des saisons et l'équipe se dit mais qu'est-ce qu'on serait qu'est-ce qu'on va même des gens qui ont comme je t'ai dit 55 ans et plus, me disent Lynx c'est mon meilleur job et tu vois ça me touche moi parce que moi c'est mon premier job et c'est mon seul job et donc tu vois quand on arrive à des gars qui sont passés par Thalès plusieurs startups etc qui disent Lynx c'est ma meilleure expérience professionnelle, ça tu vois ça fait quelque chose aussi donc c'est un peu C'est ça. Monde Numérique : [54:43] Une entreprise, il faut qu'il y ait une dynamique positive. Sinon, c'est... Stan Larroque: [54:49] On parle de Venture Capital et tout, et il y a un gars très sage qui m'a dit, tu sais, non, mais le Venture Capital, c'est bien, mais au final, c'est plutôt l'aventure. Et il a changé le truc en disant, l'aventure, c'est capital, par rapport au Venture Capital. Donc, il ne faut pas trop se focaliser sur les chiffres, être perdu dans ces trucs-là. C'est les gens autour de nous. Parce qu'en fait, une entreprise, c'est un groupe de personnes. Monde Numérique : [55:13] C'est là-dessus que parient les investisseurs, bien souvent. Sur les gens, plus que sur les technos, non ? Stan Larroque: [55:18] En fait, l'asset intangible d'une boîte, c'est l'équipe, c'est le jus de cerveau. Enfin, en tout cas, dans une boîte comme Lynx. Après, si vous faites des petits pois chez Carrefour, c'est peut-être différent, mais dans une société de technologie, c'est l'asset premier, ça reste l'équipe, quel que soit le chiffre que tu fais. Monde Numérique : [55:32] Du coup, tu as des gens qui étaient là depuis le début ? C'est comment ça ? Beaucoup tourné ? Stan Larroque: [55:36] On a eu très peu de turnover pendant cinq ans. Personne n'est parti. et puis après en 5 ans les gens divorcent, les gens meurent tu vois il se passe la vie et donc on a eu, très peu de turnover je dirais qu'au total sur 30 personnes 35 personnes au total j'en ai 5-6 qui sont parties, mais tu vois il y a des gens qui la majorité en fait sont là depuis le début et ça aussi c'est un gros signal parce que c'est des gens tous très brillants qui pourraient tout à fait aller chez ils ont eu des offres, auprès de tous les GAFAM et pourtant ils y sont restés donc tu vois la mission aussi dans une boîte c'est pourquoi tu te lèves le matin et quel genre de personne tu veux devenir c'est capital faut pas s'oublier donc. Monde Numérique : [56:24] Faire du hardware en France et innover. Stan Larroque: [56:27] Ne le faites pas, c'est le premier conseil que je donne après je donne d'autres conseils ne. Monde Numérique : [56:33] Le faites pas vous allez souffrir mais. Stan Larroque: [56:35] Faites le quand même c'est un métier de chien C'est horrible. Monde Numérique : [56:39] Et faire tout ça à Paris, finalement, enfin, je dis à Paris, oui, en France, mais à Paris, qui n'est pas la place d'innovation technologique la plus fameuse du monde, il y a plein de choses intéressantes. Mais donc, c'est faisable aussi. C'est faisable. Stan Larroque: [56:53] Il y a des gens, on parlait de WeThings, on parlait de Parrot, il y a Lynx, il y a d'autres boîtes, peut-être. Oui, c'est vrai. Ça existe, mais il faut des moyens et il faut une hargne. Incroyable il faut être un peu fou fou quand même je me cache pas voilà je le dis t'as pas l'air t'as. Monde Numérique : [57:13] L'air droit dans tes. Stan Larroque: [57:14] Bottes sur la durée les gens te le diront lui il est fou il lâche pas, donc il faut être un peu ravagé quand même dans le bon sens du terme mais voilà moi je lâche pas, je pense qu'on a aussi plein de choses à faire dans l'existence donc voilà Lynx va prendre une nouvelle dimension cette année, l'équipe. Pareil, en fait, il y a un film que je recommande qui s'appelle General Magic. Est-ce que tu l'as vu ? Monde Numérique : [57:42] Oui, qui est incroyable. Un documentaire qui raconte l'histoire de cette boîte, californienne qui avait inventé l'iPad avant l'iPad, en réalité. Stan Larroque: [57:50] Et du coup, tu vois, une des dernières personnes qui est partie de chez Lynx, elle est chez Apple aujourd'hui. Et je me dis, mais quelle que soit la trajectoire de la boîte, en fait, ce qui en sort, c'est le savoir, l'expérience qu'on se... Fige quelque part, qu'on cristallise à travers tout ça et du coup je suis autant excité pour la suite que tout ce que j'ai vécu jusqu'à présent. Monde Numérique : [58:12] Avant qu'on se quitte, quelques petites questions, mon petit questionnaire de ce programme. Alors, une décision dont tu es le plus fier ? Stan Larroque: [58:20] Une décision dont je suis le plus fier. En fait, en 2024, en septembre 2024, on signe un très gros contrat avec Google de plusieurs millions, où Google voulait que notre prochain casque soit compatible avec Android XR. Et Android XR, c'est le système d'exploitation XR comme ils ont Android Auto, comme ils ont... Monde Numérique : [58:43] Qui sont en train de mettre dans le casque qu'ils font avec Samsung, d'ailleurs. Stan Larroque: [58:46] Qui est dans le Galaxy XR avec Samsung, qui va dans d'autres produits que vous verrez mi-2027, notamment. Et ils nous ont dit, ben voilà, on voudrait que votre casque soit compatible Android XR. Et donc, c'était génial. Les actionnaires sont contents. Tout le monde est content. Mais l'équipe software, ils ont un peu chaud. Ils se disent, attends, si Google amène l'OS... Monde Numérique : [59:03] Parce qu'Android XR, c'est pas Android, parce que toi, tu parlais d'Android. Stan Larroque: [59:06] En fait, c'est Android. C'est la même base que nous, mais avec la surcouche Google, le Play Store les API Google qui fait tout pour toi en disant, tu fais des casques super bien des smartphones très bien regarde on a un OS pour toi tu n'as rien à faire mais en fait tu finis par faire un casque Google et ça c'est leur technique ça a très bien marché avec les téléphones, et une de mes décisions ça a été de me retourner vers ma team software en disant les gars vous ne bougez pas, parce qu'en fait j'aurais pu virer toute ma team software et dire bah non maintenant j'ai Android XR qu'est-ce qu'on s'emmerderait en fait à continuer à faire du software et puis je vois un casque pareil et j'ai Google derrière moi j'ai dit à ma team software en parallèle donc on bosse avec Google sur Android XR et en parallèle on continue cet OS souverain et ce stack au-dessus d'AOSP d'Android Open Source parce qu'on a quand même des clients dans la défense, dans le médical, et peut-être que le jour d'après Google, voilà, ils ont l'habitude d'abandonner des projets aussi, il faut qu'on maintienne ce savoir-faire et cet asset, et ça c'est aujourd'hui ce qui fait une des grosses valeurs de l'un c'est tout le code en fait qui a continué qu'on a pu faire, donc je suis très content de ne pas avoir, de ne pas mettre endormi sur Google tu vois. Monde Numérique : [1:00:18] C'est une décision qui allait dans le sens de la souveraineté souveraineté numérique, avant qu'on en parle autant qu'aujourd'hui quoi Oui. Stan Larroque: [1:00:26] Oui, après bon, souveraineté on en parle mais est-ce que ça existe vraiment c'est un autre débat. Monde Numérique : [1:00:31] Non ça n'existe pas à 100% mais c'est comme on tend vers la souveraineté on tend vers le bonheur on tend vers la souveraineté on essaie tous, le conseil que tu as la décision où tu es le plus fier est-ce qu'il y a une décision à l'inverse que tu regrettes particulièrement ? Stan Larroque: [1:00:49] Des décisions que je regrette oui bien sûr, la décision que je regrette le plus je pense que c'est de ne pas avoir assez travaillé sur moi-même pour avoir le succès qu'on aurait aimé avoir avec le monde financier, le monde du venture capital ou du private equity. En fait, on incarne bien ce qu'on fait chez Lynx. Je pense qu'on a su le transmettre à notre industrie, à nos clients. C'est une marque aujourd'hui qui a une résonance mondiale dans le secteur. Et pour autant, je n'ai pas su jouer au jeu avec les codes du venture capital. Monde Numérique : [1:01:37] C'est-à-dire ? Qu'est-ce qu'il aurait fallu ? Stan Larroque: [1:01:38] C'est-à-dire peut-être que je pitchais pas assez bien, peut-être que je n'incarnais pas assez bien le sujet. J'avais pas les codes, j'ai pas forcément non plus le réseau donc tu vois par exemple aujourd'hui les investisseurs dans Lynx, j'ai pas de fonds j'ai pas de fonds d'investissement, ce sont des gens, que j'ai convaincus au fur et à mesure de l'aventure et donc dans ces gens là il y a des financiers des anciens capitalistes d'industrie il y a des gens très connus donc je dirais pas leur nom, qui ont vu mon truc sont tombés amoureux du produit en disant c'est extraordinaire, il faut absolument que ça marche et pour autant les fonds d'investissement j'ai toujours eu des noms et j'ai eu toutes les raisons possibles et inimaginables et donc je me suis beaucoup remis en question en disant mais qu'est-ce qui fait que j'arrive pas à passer, des choses où par ailleurs t'as des sociétés et tu te demandes comment elles ont réussi à lever des fonds donc ça c'est peut-être quelque chose que je regrette et qui sera peut-être différent dans une prochaine aventure. Monde Numérique : [1:02:35] Le conseil que tu aurais aimé recevoir quand tu avais 25 ans enfin quand tu... Tu as quel âge ? Stan Larroque: [1:02:41] J'ai 31 ans là quand. Monde Numérique : [1:02:43] T'as démarré quoi. Stan Larroque: [1:02:44] Quand j'ai démarré, c'est difficile le conseil que j'aurais aimé avoir, En fait, j'aurais aimé avoir du conseil... Enfin, j'ai perdu du temps sur certaines choses, notamment par rapport au monde financier, où je suis allé pitié des gens, ça n'avait pas d'intérêt. Je ne le sais jamais vraiment, mais c'est peut-être des conseils pour aller plus vite dans le développement d'une société. Donc, comme je l'ai fait une première fois, maintenant, je saurais faire... Monde Numérique : [1:03:10] Si tu devais le refaire aujourd'hui... Stan Larroque: [1:03:12] Ah bah, j'aurais peut-être pas fait Lynx en 6-7 ans, je l'aurais fait en 2-3 ans, tu vois. Et donc, voilà, il y a des jeunes aujourd'hui qui me contactent, ils disent, je vais monter ma boîte, comment vous avez fait, monsieur, avec votre casque et machin et donc mon deuxième métier c'est d'aider des jeunes à ne pas faire les mêmes erreurs que moi mais t'es déjà. Monde Numérique : [1:03:30] Dans le step d'après. Stan Larroque: [1:03:32] Ouais ouais un. Monde Numérique : [1:03:34] Jour ou l'autre tu seras ce mentor là dont des plus jeunes auront besoin. Stan Larroque: [1:03:38] Alors j'ai eu la chance d'en avoir des mentors incroyables que j'ai encore par exemple Bernard Kress, qui est un français qui bosse aujourd'hui chez Google qui a bossé chez Microsoft et qui était le président du SPIE donc c'est le Society for Photonics je sais plus quoi les ingénieurs optiques dans le monde c'est un peu le Karl Lagerfeld de l'optique, il est vivant, et Bernard lui c'est quelqu'un qui m'a beaucoup aidé comme il aide beaucoup d'autres jeunes et en fait c'est des gens t'as cette espèce de classe dans certaines industries d'hommes ou femmes qui arrivaient 55 ans sont arrivés au sommet de leur profession gagnent des fortunes colossales ils regardent autour d'eux et se disent comment je transmets, comment je mets la main sur l'épaule d'un jeune en disant je vais te montrer, et ça j'espère arriver à ce moment-là aussi dans ma vie ce serait un indicateur de succès clairement, mais j'en ai eu il y a eu Bernard, il y en a eu d'autres que j'ai aussi en actionnaire, et puis même dans certains membres de mon équipe c'est des ingénieurs avec qui j'ai beaucoup appris au final. Monde Numérique : [1:04:48] En dehors de l'INX quelle est l'innovation qui te fascine le plus aujourd'hui ? Stan Larroque: [1:04:53] L'innovation qui me fascine le plus, je pense que c'est clairement, c'est Starlink. Starlink, ça m'a mis par terre. En fait, j'ai installé Starlink il y a deux, trois ans chez mes parents. Parce que j'ai vécu tout mon lycée avec une connexion. On était au bout du cuivre dans la campagne. Et j'ai vécu mon lycée avec un méga par seconde. Donc, si tu veux, chaque téléchargement, c'était une crise d'angoisse. Stan Larroque: [1:05:22] Il fallait que rien ne bouge. et j'ai eu un peu ma vengeance de ça en installant chez mes parents, donc je leur ai fait un setup de fou où ils ont Starlink et sur le mât une antenne 5G et je mixe les deux enfin les deux culs dans l'équivalent de la fibre et en fait Starlink c'est phénoménal comme innovation, en fait c'est un ensemble d'innovations complètement fou hyper bien exécuté, et on revient donc à tes bouquins à Elon Musk, on peut dire énormément de choses sur lui, sur le personnage sur sa gestion de ses entreprises et Le volet Starlink, c'est un coup de mètre. Monde Numérique : [1:05:55] Les autres aussi, c'est pas mal quand même. Stan Larroque: [1:05:57] Les autres aussi. Monde Numérique : [1:05:59] SpaceX, Tesla. Stan Larroque: [1:06:00] La voiture électrique de base, à travers Tesla, SpaceX... Monde Numérique : [1:06:04] Ce qui est étonnant, c'est la cohérence entre tout ça, en réalité. Tout ça, c'est des briques dans son plan machiavélique de... Stan Larroque: [1:06:09] Quand tu parles avec des ingés qui bossent avec lui, pour en connaître certains, en fait, c'est la même boîte. En fait, c'est SpaceX, Tesla, c'est Téché Musk, Téché Elon Musk. Et pour lui il voit à travers une seule entité, tu vois c'est une extension un peu comme tu vois t'as beaucoup d'entreprises intuitives personnelles donc là pour le cas de ces entreprises Elon Musk clairement c'est le cas et ouais Starlink c'est l'Ukraine en dépend entièrement, en plus de mes parents mais c'est génial dans les avions aujourd'hui on a 300 méga dans les avions en plein vol surtout le vol c'est complètement dingue là où l'homme veut amener le réseau l'eau potable, il le fait. Et la manière dont c'est fait, l'élégance du système, la complexité technique, je trouve ça phénoménal. Ceux qui n'ont pas encore testé Starlink, ceux qui ont peut-être des parents ou des grands-parents en zone rurale, c'est phénoménal. Monde Numérique : [1:07:05] C'est-à-dire qu'on va vers Starlink quand on a un problème, pour résoudre un Monde Numérique : [1:07:08] problème, celui de la connectivité et des débits. Bon, où tu te vois dans 5 ans, 10 ans, 20 ans, toi et Lynx ? Stan Larroque: [1:07:16] Alors, j'en ai... la vraie réponse c'est que j'en ai aucune idée ça part vraiment dans toutes les directions, j'en ai absolument aucune idée mais je suis très très excité pour les 5 prochaines années parce que, Parce qu'en fait, on se rend compte qu'on arrive à un espèce de plateau, on a livré ces casques, on a montré que c'était possible. En fait, juste le fait de montrer que c'était possible, si tu veux, moi, j'ai déjà gagné. Parce que quand on parle de Lynx, dans la presse internationale ou même en France, parfois, dans la même phrase, on dit « Oui, Lynx, qui comme Apple, a fait un casque de réaction. » Quand dans la même phrase, on met ta boîte et « Apple, Google, Meta », juste avant même de voir le produit, t'as gagné. Et ça ça énerve beaucoup en face et j'adore et donc j'ai envie que ça continue j'ai envie de continuer moi dans ma vie à faire des choses comme ça, qui viennent un peu mettre des culbutes à ce qui peut être admis comme non mais ça ça coûte 100 milliards de toute façon et puis il n'y a que Google qui peut faire ça non non les gars en fait, toutes ces boîtes elles ont aussi commencé pareil avec 10 mecs dans un garage garder cette énergie, garder cette force, j'espère pouvoir conserver tout ça et continue. Monde Numérique : [1:08:30] Merci Stan Larroque. Lynx Mixed Reality et longue vie à Lynx évidemment. Stan Larroque: [1:08:36] Merci Jérôme.
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